X INTRODUCTION
Mogelasioy etqu*il a décrit d*après des renseignements recueillis de la bouche de marins arabes', n*est certainement pas Ttle à laquelle nous donnons aujourd*hui ce nom, mais le pays de Mogdicho, qui est situé sur la côte orientale d*Afrique, un peu au Nord de TÉquateur, et qui était au moyen âge le port principal et le plus fréquenté de toute cette côte :
€ Marco Polo n'ayant pas eu connaissance de Tlle que nous « nommons Madagascar, comment ce nom, qui appartient à un « tout autre pays, lui a-t-il été universellement attribué?
c Dès les temps anciens, cette tle était connue des Grecs et c des Arabes, mais les noms de Ménuthias, de Djafouna, de c Ghezbezat.sous lesquels ils la désignaient, et la description, « très courte, quoique exacte, qu'ils, nous en ont laissée, < n'avaient pas frappé l'attention des géographes européens qui « n'en ont appris l'existence que par les Portugais, en 1500. « Cependant, dès 1492, sur le globe de Nuremberg, le plus c ancien et le plus fameux de tous, figurait déjà une lie de ce
1. Les premiers colons qui se sont établis (vers le milieu du viii* siècle) sur la côte orientale de 1 Afrique, sont des Arabes nommés, Emozaydij, c'est-à-dire des sectateurs de Zeïd, qui y fondtM'onl des villes assez fortes pour être en sûreté contre les nègres. Ils vécurent ainsi jusqu'à ce qu'il y vint en grand nombre d'autres Arabes, originaires des environs de Lahsa (ville distante de 40 lieues de Tlle de Bahrein, qui est dans le golfe Persique ) ; ce sont ces derniers qui ont édifié sur la cOte trAjan d'abord Mogdicho, qui fut leur métropode, puis Baraoua. Les EmozaydiJ se séparèrent de ces nouveaux venus et, se mariant avec des négresses, ont formé la tribu des Bédouins (Baduijs). Ce sont les Arabes de Mogdicho qui découvrirent par hasard les mines de Sofala; ils se répandirent sur toute la côte africaine, fondant les villes de Kiloa, de Mombaz, de Malindi et peuplant les lies de Pemba, de Zanzibar et de Moniia, sans toutefois oser dépasser le cap Corrientes qui est situé en face de Textrémité Sud-Ouest de Madagascar et où les courants sont si violents que la navigation y est très dangereuse. Mais, s'ils ne s'étendirent pas plus uu Sud, ils s'établirent dans les lies Comores et eurent de nombreux comptoirs à Madagascar (Barros, Asia portuguega, Dec. I, liv. viii, ch. iv, p. 211 [édition 1628]; Diogo do Oouto, Asia^ Dec. X< liv. i, ch. vu, p. 43; Manoel Faria y Sousa, Asia portuguesa, t. I, 1666, p. 73; Ramusio, t. I, 1554, p. 387, G).