‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 47 sur 117 · IN · texte numérisé non relu

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Le 27 décembre 1601, Tamiral Geoi^e Spilbei^ rencontra auprès du cap de Bonne^Espérance deux vaisseaux français de Saint-Malo [le Croissant et le Corbin]j dont M. de la Bardelière était amiral et M. le Connétable (de Vitré) vîce-amiraP; un des pilotes était flamand et se nommait Mayor Wouter Willekens. Après qu*ils se furent parlé, ils flrent route ensemble.

Le même jour, Tamiral hollandais, désireux de s'entretenir plus particulièrement avec eux dans Tespoir d*avoir des nouvelles, alla à leur bord avec Cornelis Speck; le lendemain, les Français lui rendirent sa visite. Us lui dirent qu'ils avaient relâché à Tile d'Annobon [sur la côte de Guinée], où on leur avait montré les tombes de quelques-uns de leurs gens qu'on disait avoir été tués en combattant contre trois vaisseaux hollandais.

Ces messieurs les Français de Saint-Malo s'imaginaient être là en grande sûreté parce qu'ils étaient catholiques romains, surtout en venant à terre pour entendre la messe. Mais elle leur coûta beaucoup plus cher que s'ils en eussent payé le prix au prêtre, car les Portugais en massacrèrent quelques-uns et en retinrent d'autres prisonniers, pour lesquels ils durent donner une grosse rançon, mille écus avec diverses marchandises.

Le 1" janvier 1602, les Français ayant déclaré qu'ils voulaient aller par l'Est de Madagascar et par conséquent suivre une autre route que celle des Hollandais, ils se séparèrent bons amis.

En février, la flotte de l'amiral G. Spilberg fut en butte à une horrible tempête sur la côte de Sofala et vc^a pendant trois jours

1. Fr. Martin de Vitré et Pyrard de Luval, dont nous venons de donner les récils p. 280-303, étaient à bord de ces navires.

CONCERNANT MADAGASCAR 3ii

et demi à la merci des vents et des flots avec les mâts et les cordages seuls, allant à la dérive entre Fîle Jean de Nova et les Basses da India vers le banc de Madagascar, c'est-i-dire dans les parages les plus dangereux du monde jusque par les 20*.

Le 41, Touragan s'étant calmé, nous vtmes enfin paraître le soleil et nous recommençâmes à nous servir des voiles.

Le 17, vers midi, nous découvrîmes quelques-unes des lies Comores, sur Tune desquelles nous mîmes le cap. Comme, vers le soir, nous ne nous en trouvâmes qu*àune lieue etqu*il y avait 60 brasses de profondeur, on jeta les ancres et on fila les câbles afin de les faire descendre au fond.

Mais, pendant le temps qu on mit i faire cette manœuvre, le vaisseau fut poussé au-delà de Tendroit où il y avait fond, car ce sont des fonds à talus, si bien qu*on fila jusqu*à 150 brasses de câble inutilement, la profondeur augmentant de plus en plus à mesure que le vaisseau s'avançait. Aussi Ton mit le cap au large et on courut des bordées pour se maintenir dans ces parages, en attendant un vent favorable.

Le 18, notre navire étant à deux ou trois lieues au lai^e, nous découvrîmes une petite voile auprès de TUe. On présuma que c'était notre chaloupe, qui, en effet, arriva à bord vers midi, ayant été obligée de laisser prisonniers sur la côte d'Afrique entre les mains des Portugais le pilote Julien Steil et Louis de Vogel. Cette chaloupe avait été envoyée par le général le 4 février 1602 pour étudier la rivière Quama [le Zambèse] sur la côte d'Afrique ; elle y était restée cinq jours et, dès que le temps s'était amélioré, elle avait repris la mer et avait eu la chance de rejoindre la flotte.

Les 19 et 20 février, nous continuâmes â faire des bordées et, le 21, nous mouillâmes par 20 brasses près de l'Ile Mulaly [Mohély] ; on envoya un canot près du rivage pour pécher avec

la seine; ce canot, ayant poussé assez loin, découvrit le bateau qui était parti trois jours auparavant pour voir s'il n*y avait pas moyen de trafiquer avec les habitants ; les matelots qui le montaient nous donnèrent avis qu'on pouvait s'approcher deTile en toute sécurité et nous apportèrent les vivres qu'ils s'étaient procurés à terre.

Le 21, un interprète et quelques officiers du roi de l'Ile, s'étant embarqués dans notre canot, vinrent à notre bord, amenant un bœuf et diverses provisions qu'on leur paya largement; le général leur fit, en outre, présent de plusieurs verres pour le roi. Ils restèrent quelques heures à bord.

Le 22, on demeura encore en mer. Le 24, on leva l'ancre et on alla mouiller sur la rade, qui est bonne, par 30 brasses. Le 25, l'interprète revint à bord et on lui paya bien tous les vivres qu'il nous apporta.

Le 26, le général fit porter à terre dans la maison du roi une caisse pleine de marchandises diverses et quelques barres de fer, afin de bien lui montrer que nous payerions tout ce qu'il nous vendrait. Ce jour-là, le capitaine Mertman et Hans Woutersz achetèrent au chef du pays vingt-cinq bœufs et firent dresser une tente où ils les tuèrent et les salèrent.

Le même jour, le général commanda la chaloupe pour aller à Mayotte et i Angovan [Anjouan] chercher des nouvelles de nos autres vaisseaux et savoir s'il y avait du riz à vendre, car à Mulahy (Mohély) il n'y en avait point ou du moins il y en avait très peu.

Le 27, on envoya de nouveaux présents au roi de l'tle par un trompette nommé Hans et par Erasme Martsbergher , qui sonnèrent des fanfares et jouèrent de divers instruments; le roi parut y prendre plaisir. Il avait voyagé en Arabie et dans d'autres pays et, tous les ans, il faisait quelque tour sur le continent

africain. Il parlait assez bien le portugais et il avait vu jouer des instruments, tels que clavecins et harpes, dont il nous parla.

Le fils de ce roi vint à bord, suivi de nombreux officiers et de Tuk'cs, tous richement vêtus à Torientale et portant des turbans. Il amena aussi des tambours et des joueurs d*uhe espèce de flûte qui faisait grand bruit. Le général lès accueillit avec déférence et leur offrit des confitures et du vin, mais ils ne voulurent ni manger, ni boire, parce que c^était le temps de leur jeûne ; ils se divertirent à entendre la musique*

Le général fit des présents à ce prince pour lui et pour la reine sa mère, miroirs, colliers, ambre, cristaux, etc. Il en fit aussi aux gens de sa suite. Lorsque le prince s*en alla, les trompettes sonnèrent des fanfares et on fit une salve de quelques -coups de canon. De son côté, la reine envoya à bord des vaisseaux un bœuf et des chèvres.

Le 28, le temps fut beau et on fut occupé toute la journée à tuer les bœufs. Le l""' et le 2 mars 1602, le général descendit i terre, accompagné de plusieurs gens de Téquipage. Il en laissa quelques-uns dans le canot auprès de la tente et envoya en ville le capitaine Mertman et le secrétaire Hans Woutersz pour porter au roi un sabre doré, bien ouvragé, dans le but de l'amener à faire :un traité d^amitié avec la Hollande. La plupart de nos gens sollicitèrent le général d'entrer dans la ville, lui assurant qu'il n'y avait aucun danger, mais il ne le jugea pas à propos.

Quand le roi eut reçu le sabre et qu'il sut que le général était À terre, il vint sur le rivage avec sa suite et lui fit toutes les politesses possibles; ceux de sa suite en firent autant aux autres Hollandais. Il dit au général, et ses gens le dirent aussi, que les Hollandais pouvaient descendre dans Tile autant de fois qu'ils voudraient et se siervir en toute liberté de tout ce qui y était, en un mot, en user comme dans leur propre pays.

314 OUVRAGES ANUENS

Les trois jours solvants, il ne se passa rien de particulier, sinon qu'on fit prier le général de fafre une visite à la reine qui était venue tout exprès de lautre bout de rtlé, le roi lui ofTrant même son fils comme otage au cas où il eût quelque crainte de trahison. Mais il s*en excusa du mieux qu'il put.

Le 6, le roi vint à bord, avec une nombreuse suite de gens Vêtus à la turque, et il s^entretint de divers sujets avec le général. Il connaissait Tart de la navigation et demanda à voir nos cartes marines; on les lui apporta ainsi qu un globe terrestre, et il désigna les principaux points des Indes Orientales. On vit ainsi qu'il avait navigué dans la mer Rouge.

On ne put lui donner, comme divertissement, que de la musique, car leur jeûne durait encore. Il se montra très satisfait de Taccueil qu'on lui faisait. A son départ, les trompettes sonnèrent et l'on tira quelques coups de canon.

Le 7 et lé 8, notre chaloupe revint de Mayotte et d'Angovan [Anjouan] , n'ayant point trouvé de riz à acheter et sans nouvelles du vice-amiral, ni dû yacht.

Le 9, le général s'en alla dans la baie de l'aiguade et monta dans la ville sans en aviser le roi. En la traversant, il rencontra le prêtre qui l'invita i rendre visite au roî, ce dont il s'excusa pour cette fois, disant qu'il reviendrait exprès dans un ou deux jours, et il passa sans s'arrêter nulle part.

Le 15 et le 16, le roi demanda qu'il lui envoyât les joueurs d'instruments. Ceux-ci y allèrent et demeurèrent à terre deux jours et une nuit; ils reçurent comme cadeaux des mouchoirs de colonnade et un petit bœuf.

Le 19, le coq [cuisinier] et le trévier [maître voilier] moururent. On fut persuadé qu'ils avaient contracté leur maladie dans l'île où ils avaient passé plusieurs nuits, car l'air y est malsain; les habitants eux-mêmes s'en plaignenL

Le 20, le général fut de nouveau sollicité d'aller visiter le roi, mais il différa jusqu'à ce que le temps du jeûne fût passé, disant que le principal plaisir dans ces visites consiste à manger et à boire ensemble, ce qu'on ne pouvait faire pendant le Ramadan.

Notre chaloupe ne nous apporta aucune nouvelle des autres vaisseaux. Le 23, le roi nous fit avertir qu'on avait aperçu un vaisseau de l'autre côté de l'ile, et, le 24, apparut ce bateau qui était la pinasse V Agneau, ce <font nous eûmes une grande joie. Il avait relâché à Mayotte, où il n'avait eu aucun renseignement au sujet du vice-amiral ; en s'y rendant, il avait rencontré à 20 lieues au large une pirogue dans laquelle était attaché un habitant de Mayotte, qui s'était lié lui-même à l'un des bancs lorsqu'il avait vu ses compagnons enlevés par la mer pendant l'ouragan; il le recueillit et il le rapatria.

Avant d'être sur la rade de Mayotte, il avait encore vu un grand banguas [boutre] qui venait d'Afrique et allait à Madagascar ; la pinasse l'ayant abordé, on le trouva plein de mulâtres et d'autres gens qui parlaient portugais; on s'empara du capitaine de ce banguas et de quelques autres personnes avec huit ou neuf petites balles de riz et des mouchoirs de cotonnade qui venaient de Cambaye et de Malindi, où sont fabriquées ces sortes de toiles. Les gens à bord du banguas étaient vêtus et armés à la portugaise. Comme la mer était très forte, on n'avait pu pousser les recherches très loin ; il y avait à bord beaucoup d'esclaves qu'on transportait pour les vendre. Les mulâtres ou demi-Portugais eurent la liberté de s'en retourner à bord, sans qu'on leur fit aucune violence.

Le même jour, un coup de tonnerre avait emporté le grand mât de hune et le hunier de la pinasse et brisé du haut en bas le grand mât en plusieurs morceaux, de sorte que ce fut avec peine qu'on arriva à le jumeller pour pouvoir encore s'en servir.

. Le 25 mars 1602, le roi se rendit à bord de la pinasse pour saluer le capitaine Cornelis Specx. Comme le général y était aussi, il le pria de venir lui faire visite avec Specx, disant que le temps du jeûne finissait et qu*on ferait des réjouissances à la mode du pays, mangeant et buvant les uns avec les autres.

Le général répondit qu'il irait, si le temps était beau et qu*il en eût le loisir. Ce n'était pourtant point son intention, et il défendit à Specx d'aller à terre, lui ordonnant même d'y envoyer ses gens le moins souvent possible; car nous avions la liberté d'aller par tout le pays vendre et acheter et, partout, nous étions bien regus.

Le 26, le roi nous fit dire qu'on avait encore aperçu un autre vaisseau ; nous espérâmes que c'était le vice-amiraL Nous deman dftmes et reçûmes l'autorisation de couper un mât dans la forêt et on nous montra le meilleur chemin pour l'amener à la plag^e.

Le 29 et le 28, il n'y eut rien de particulier. Mertman passait ses journées i terre pour hâter le travail du mât, auquel du reste on renonça, parce qu'on arriva à maintenir l'ancien avec des clamps et des jumelles. Il y eut l'ordre de rapporter à bord les marchandises qui étaient en ville.

Mertman et Woutersk avaient une si bonne opinion des gens •du pays qu'ils sollicitèrent vivement le général de rendre au roi sa visite, mais il s'y refusa, ce que beaucoup blâmèrent.

Le 30, Mertman, étant retourné à terre, renvoya le canot pour lui amener encore des gens, et il fit dire â bord qu'ayant à s'occuper du mât, il ne reviendrait que le lendemain. Le soir, Woutersk annonça au général que le lendemain il irait de bonne heure à terre pour faire tuer et préparer un bœuf qu'il avait acheté; il l'avertit, en outre, qu'un des prêtres musulmans et trois ou quatre officiers l'avaient chargé de lui dire que roi désirait le revoir et traiter avec lui diverses questions importantes.

Le 31 au matin, la marée étant favorable, on alla dans une b^ie, située à une demi-lieue de la ville, faire de Teau dont on avait un grand besoin. Il y avait onze hommes dans le bateau avec six barriques, et le second canonnier,. Jean d*Ostende, qui les commandait, reçut Tordre de tenir toujours Tembarcation à flot et de revenir promptement.

Comme c/était un dimanche, le pilote Cornelis Jansz et quelques matelots demandèrent la permission d'aller dans la ville aussi bien pour se divertir que pour régler diverses petites affaires,, mais le général la leur refusa. Quant à Woutersk, il descendit, dans le petit canot de la pinasse avec trois ou quatre hommes pour aller chercher son bœuf, avec Tordre de revenir de suite, sans faire d'autres achats ni entrer dans la ville.

Vers midi, le général ne voyant revenir ni la chaloupe, ni le canot, fit tirer deux coups de canon et arborer le pavillon, afin que tout le monde ralliât le bord. Personne ne se montra» et tout le jour se passa non seulement sans que les Hollandais parussent, mais sans qu^aucun habitant du pays vint aux navires, comme ils avaient coutume de le faire; le soir, une foule de. musulmans envahit là plage, paraissant se livrer à des jeux et manifester une grande joie. Le général fit aussitôt mettre les deux navires côte à côte et préparer les canons afin, le cas échéant, d*être en état de se défendre.

Le 1*' avril 1602, n'ayant toujours pas de nouvelles de ce qui se passait à terre, il fit arborer un pavillon blanc qui resta hissé jusqu'au 3, sans que personne parût ou fit un signal quelconque; au contraire, toutes les embarcations et les pirogues restaient, sur la plage. De notre côté, comme nous q'avions ni chaloupe, ni canot, nous ne pouvions aller à la recherche des nôtres^ Nous avions beau appareiller et croiser dans la baie,, afin de faire croire que nous allions partir, personne ne bougea, si bien que le

iii OUTRAGES ANCIENS

capitaine Specxet les pilotes jugèrent à propos de lever Fancreet de prendre la mer.

Nous aurions pu, avant de partir, euvayer du monde à ferre dans un bourg d*une centaine de maisons où il y avait beaucoup de cocotiers et où le mouillage est tout près de terre ; plusieurs matelots s'offrirent à gagner la terre à la nage et à ramener une des embarcations abandonnées sur la plage par les liahitants du bourg qui s'étaient enfuis à la hâte. Le général ne le voulut pas et s'abstint de tout acte d'hostilité, quoique les insulaires nous eussent trahis, malgré les preuves d'amitié qu'ils nous avaient données pendant tant de jours, et qu'ils se fussent saisis de nos gens avec une insigne perfidie. Il n'y avait eu en effet aucune dispute entre eux et les nôtres, ce qui nous faisait espérer qu'ils finiraient par nous les renvoyer.

Aussi continuâmes-nous à courir des bordées le long de la côte jusqu'au 5 au soir, mais voyant que personne ne venait nous parler, nous nous résolûmes à aller à Mayotte et à Angovan [Anjouan], où réside la reine qui est la sou veraine des quatre îles de Comorre.

Pendant que nous louvoyions de nuit le long des terres, la pinasse se sépara de nous; le temps était si beau que cette séparation ne fut certainement pas accidentelle, mais préméditée.

Du 6 au 9, le vent nous fut contraire et nous continuâmes à louvoyer jusqu'à la rade de Mayotte, où nous finîmes par jeter l^ancre. Aussitôt, on envoya le nouveau canot, que nous venions de monter à bord, dans une petite tie où on fit de l'eau ; mais notre câble, ayant frotté sur un pâté de corail, fut coupé en deux morceaux, àe sorte qu'il nous fallut mouiller d'autres ancres et relever celle dont le câble s'était rompu.

Ce jour-là et le lendemain, la mer fut grosse; le vent, qui était du Nord-Est, soufflait en côte et, comme le navire était tout proche

de la ligne de brisants, il fallut mouiller une troisième ancre. Le péril était extrême; heureusement, le 11, il vint un ^ent de terre qui permit de mettre sur les bossoirs les trois ancres dont les câbles avaient beaucoup souffert, et nous primes le large à la faveur de la marée montante, passant au-dessus de rochers et sur des bancs que nous n'avions pas vus en entrant dans celte rade.

Pendant tout le temps que nous fûmes en rade de Mayotte, aucune embarcation ne vint et les habitants de Tlle ne nous firent pas le moindre signal; aussi n'osàmes-nous pas aller à terre, d*autant que notre canot était tout petit et que nous étions fort peu de monde à bord, en tout 25 hommes, dont plusieurs n'entendaient rien à la navigation et dont dix étaient malades.

Le 12, le vent tourna à TOuest. Le général avait résolu d'aller à Angovan [Anjouan] pour y chercher notre pinasse, puis de retourner à Mulaly [Mohely] pour tenter de délivrer nos compatriotes; mais il voulait d'abord voir s'il viendrait quelqu'un d'Angovan [Anjouan] afln d'informer la reine de la conduite barbare que les Mohéliens avaient eue à notre égard. Toutefois, l'équipage se montrant mécontent de ces arrêts qui exigeaient des manœuvres fréquentes et pénibles et qui mettaient le navire en péril, et les pilotes étant d'avis que les vents et les courants ne permettaient pas de gagner rapidement Mulaly [MohélyJ, le général, après les avoir tous pris h témoin qu'il avait fait son possible pour délivrer ses gens, se décida à mettre le cap au Nord, d'autant plus que l'eau et le bois de chauffage commençaient à manquer et que le nombre des malades augmentait.

Ce ne fut pas sans une grande tristesse qull se vit obligé d'abandonner ainsi vingt-huit de ses hommes, les meilleurs et les plus vigoureux. Il vogua vers l'Inde et, le 23 mai, il se trouva sur la côte de Malabar, tput près de Coçhin ; le 26, il aperçut le cap Comorin et, le 28, l'île de Ceylan {Indue Orienialis pars septima^

auctore Gotardo Arthus, a Dé Bry fratribus, 1606, p. 8-9 ; Hisioris Joumael van de Voyage gedaen met 3 Schepen uyi Zeeland naer d'Oost-Indieny 1601-1604, Amsterdam, Joost Hartgers, 1648, p. 24-25; De Constantin, Recueil des voyages qui ont servi à rétablissement de la Compagnie des Indes Orientales formée dans les Provinces-Unies des Pays-Bas, t IV, 1725, p. 29-30 et p. 42-60).

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