Voir les récits originaux, p. 163-237 et p
Le 14 septembre, ils arrivèrent à une petite tle près de la côte [Nosy Manitsa, auprès d*AmpaIaza] ; là, beaucoup de leurs malades moururent et y furent enterrés; aussi lui donnèrent-ils le nom de Cimetière des Hollandais.
Le 10 octobre, ils arrivèrent dans une baie située exactement
sous le tropique du Capricorne. Les gens du pays se montrèrent
au début un peu plus aimables et leur vendirent des provision> à des prix modérés. Mais cette amitié n*eut pas une longue duréo.
et des escarmouches ne tardèrent pas à avoir lieu entre les Hollandais et les indigènes. En cette occasion, ceux-ci eurent pour la première fois peur des armes à feu ; au début, ils croyaient que les arquebuses ne portaient pas plus loin que la longueur de leur canon. Les Hollandais firent prisonniers quelques-un< de ces sauvages, qu*ils emmenèrent avec eux. La plupart de leurs malades, du reste, se rétablirent et, au mois de décembre, ils continuèrent leur route vers Java. Mais, à Noël, ayant recommencé à souffrir du scorbut, ils s'arrêtèrent le 11 janvier 1596 auprès de Tile de Sainte-Marie, à quatre milles de la côte orientale de Madagascar; les indigènes leur apportèrent di riz, des poules, du poisson, des cannes à sucre, des citrons, du gingembre frais et diverses espèces de fruits. Le roi, que le5 indigènes appellent Phulo [Filohany], vint lui-même faire visite au capitaine et monta à bord; il était noir comme du charbon et avait sur la tête des cornes, de sorte que les Hollandais crurent que c'était le diable en personne.
Le 23 du même mois, ils allèrent à la baie d'Antongil, où il> se procurèrent beaucoup de provisions et de la bonne eau. ï\> firent connaissance avec le roi du pays et festoyèrent avec lui.
Le 8 février, ils eurent une escarmouche avec les indigènes.
Le 14, ils se rembarquèrent et se dirigèrent vers Bantam a Java], après s'être pourvus de provisions pour une année entière.
Le 13 mars 1598 une autre flotte de huit navires bien équipés, montés par cinq cent soixante Hollandais, fit voile d*Amsterdam pour les Indes orientales ♦ Us n'arrivèrent à nie de Saint-Laurent que le 24 août. La vue de Tile les mit en joie.
Le 29, ils se dirigèrent sur le cap Saint-Sébastien [pointe Sud de Madagasc€u* ou cap de Sainte-Marie], et, le 30, ils passèrent devant le cap Saint-Julien [cap d'Andavalca?], faisant route vers l'Est; le' 18 septembre, ils arrivèrent à l'île inhabitée, mais charmante de Cime^ qu'ils appelèrent Ile Maurice, Us y trouvèrent de la bonne eau et une grande quantité de poissons, d'oiseaux, de tortues, etc.
Trois vaisseaux de cette flotte, ayant été par hasard séparés des cinq autres près du cap de Bonne-Espérance, ont abordé à l'Ile Sainte-Marie, sur la côte orientale de Madagascar, et ils y ont fait prisonnier le roi qui racheta sa liberté en leur donnant une vache et un veau gras. Ils ont vii là, comment les indigènes pèchent les baleines; nous l'avons raconté plus haut (voir p. 246 et planche 246 *"). Ils arrivèrent ensuite dans la baie d'Antongil, où ils remplirent leurs tonneaux d'eau fraîche, et ils constatèrent que les rois de ce pays étaient en guerre les uns avec les autres, que toute la région était dévastée et que ses habitants étaient dans la misère. Un des rois avait même péri. Aussi les Hollandais ne s'y arrôtèrent-ils que pendant cinq jours, puis ils partirent pour Bantam (Java).
Tel est en peu de mots le résumé de ce qu'ont fait à Madagascar les Hollandais. Ceux qui désireraient en savoir plus long à ce sujet devront lire les relations des voyages dé Jehan Hagen von Lindschot, de même que les Diaria nautica et autres livres latins et allemands dont nous nous sommes servi pour écrire cet opuscule.