‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 99 sur 117 · DICTIONNAIRE DE LA LANGUE MALGACHE · texte numérisé non relu

DICTIONNAIRE DE LA LANGUE MALGACHE

Langue en usage parmi les habitants de la grande île de Saint-Laurent,

jadis nommée Madagascar*

Arrangé dans Tordre alphabétique, traduit en allemand et imprimé pour l'utilité des amateurs de langues étrangères^ par Jérôme Meciser, l'an

MDCLX.

Au bien veillant lecteur, Jérôme Megiser,

Afin que rien ne soit omis dans cet opuscule de ce qui peut être nécessaire a la description complète de la grande lie de Madagascar, en tant, bien entendu, que nous sommes à même d*en avoir à présent la connaissance, j*ai jugé bon, étant donné qu*il y existe une langue propre qui ne ressemble i aucune autre dans le monde, d*annexer comme appendice à ce petit traité un spécimen et un modèle de cette langue. Il y a quelques années, il est vrai, en faisant, dans mon Trésor polyglotte qui a étô imprimé en 1603 à Francfort-sur-le-Main (voir plus haut, p. 322j, un exposé et des extraits de toutes les langues principales et secondaires du monde, j ai déjà mentionné à la table X cette langue malgache et j*en ai donné, en divers endroits, des exemples et des mots, autant toutefois que je les ai pu connaître. Néanmoins, cette langue pouvant en de nombreuses occasions être utile à ceux qui vont aux Indes Orientales et étant assez bien connue depuis que les Hollandais ont été dans cette ile et en ont ramené quelques esclaves qui parlent bien aujourd*hui le bas-allemand, m*appuyant sur les travaux remarquables et le savoir universel de Frédéric Holtzmann [Houtman] von Gouda, je puis faire profiter nos hauts-Allemands de tous ces travaux intéressants; c*est pourquoi j*ai coordonné un grand nombre de mots malgaches en un petit dictionnaire établi dans

Tordre alphabétique avec la traduction en allemand ; j'y ai ajouté trois dialogues ou conversations conçus dans le même esprity convaincu qu'ils ne déplairont pas au bienveillant lecteur» car, malgré qu'il n'y ait que peu de gens de la Haute-AUemagpe qui fassent des voyages dans les Indes Orientales et qui soient & même de tirer un bon parti de cette étude, elle n'est pas sans quelque utilité, et, en tout cas, c'est un plaisir de comparer des langues si lointaines avec celles qui nous sont connues et d'être ainsi à même de méditer sur l'admirable et impénétrable sagesse de Dieu.

Puisse le Dieu tout-puissant permettre que ces peuples païens, complètement aveugles dans les choses de la foi, soient amenés par des moyens de ce genre et d'autres à la connaissance sanctifiante de notre Seigneur et sauveur Jésus-Christ.

Nota. — Ni les dialogues ni les mots du dictionnaire, quoiqu'on dise Megiser, ne sont de lui. Ils sont entièrement dus à Frédéric de Houtman, qui les a publiés en 1603 sous le titre Dialogues et Dictionnaire malais et malgaches^ traduits en hollandais. Megiser s'est contenté de traduire textuellement le hollandais en allemand et il a simplement rangé les mots malgaches par ordre alphabétique (ce qui n'a du reste aucune valeur, puisqu'ils sont tous mal orthographiés), tandis que, dans l'ouvrage de Fr. de Houtman, ce sont les mots hollandais qui sont disposés alphabétiquement. Il est donc inutile de reproduire ici cette partie de l'ouvrage de Megiser, puisque nous avons donné l'original plus haut (voir p. 321-392).

CONSTRUCTION D'UN FORT PAR LES ANGLAIS DANS LA BAIE DE SAINT-AUGUSTIN, AU COMMENCEMENT DU XVIP SIÈCLE.

Les sieurs Le Roy et Des Cots ont vu en 1649, dans la baie de Saint-Augustin, sur le bord de la mer, un petit fort où plusieurs Anglais avaient demeuré deux à trois années et qu'ils avaient

quitté parce que le pays était trop malsain et que les vivres y étaient trop rares, car les indigènes les haïssaient tant qu'ils ne voulaient rien leur vendre. Après avoir longtemps langui et avoir perdu plus de 300 hommes morts de maladies, le reste s'est embarqué dans un navire allant aux Grandes-Indes.

La haine que portaient les indigènes aux Anglais venait de ce que les Grands avaient plusieurs fois invoqué leur aide contre les ennemis avec lesquels ils étaient en guerre, et qu'ils l'avaient toujours refusée. Ils eurent beau leur demander seulement une douzaine de mousquetaires pour marcher en tète de leur armée, ce fut toujours en vain, de sorte qu'ils attribuèrent leur conduite à une grande poltronnerie et les méprisèrent tant qu'ils se refusèrent à leur vendre vivres et bétail. Les Anglais, n'osant plus aller eux-mêmes faire les achats, y envoyèrent leurs femmes, qui réussirent à acheter divers objets, mais i des prix élevés.

Les fosses fraîchement creusées dans le cimetière faisaient connaître combien de personnes étaient mortes en ce lieu (Fiacourt, Histoire de Madagascar, 1658, p. 249-250).

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