Tome IJI,b^. Partie. l
De cette* énumératioii' des conjuréâ.^ M. SainneriOe pasàe à Texamen détaillé de leurs moyens.
Il paraît que leurs fonds se composaient de 1071 francs ^ dont fun d'entre eux dvaH distrait 8a 1 francs pour son | usage ( p. 85 ). Cette sbmnie de 107 1 francs f comme ie marqua M. Sainneviile , « ne s'élève pas aussi haut que les 1 aoo francs • téciamés par M. le général Canuel pour dépenses de haute » police (p. 86). » 1
Leurs enrÔlem^ens se bornaient à 'un seul eofâleur, un cordonnier, et à trois recrues 9 un infirme, un mendiant, i^t un troisième qui n'a pas même, à ce que croit JII. Sainnc- TiOe, été ihis-en jugement (p. 86). ^
Leurs fusils n^excédaientpas cinquante, et leurs cartouches n'auraient pas suffi pour alimenter pendant une heure le feu d'une compagnie de vingt hommes ( p* 87 )• ' j
Avec des moyens, quel était le plan des conspirateurs? « d'attaquer une ville défendue par cinq mille soldats dé- 9 voués et six mille hommes de gatdes nationales...; d'as- S IsatHh' simultanément tous lei po^es, toutes lieé casernes et )k l'atsenaL... ; de détruire qainsse cents Suisses, en Ifaisaot D Yôtder sur eu\ psr cent hommes non armés, les jpierre# )» d'uti foit démoli, où il ne reste plus de pierres, ou en 1» Incendiant âVeç des fagots placés dans des souterrains, des n tcasërne^ tiôm lesquelles 11 n'y a pas de souterrains ( p. 88 *)» et 89). 1) Ainsi s'allumal&nt , suivant M. le préfet, ces deux ' 9 foyers d'instik'rection , c lescfuels s'àppuyant sur la Saône > tl^ufn cdté, surle fthdtte'de l'autre, et sur IVntre-deux des » deux routes du Bourbonnais et de la Bourgogne , pouvaient, Il -en thoins d'une heure, ie réunir, laisser Lyon a la tétîe du n triangle, s'isoler du reste du département, et dminer m ' la daeiliié «d'étendre ie nniuvetnisat 9 potir te porter à la fols p tp&T les roiUtes defaoulrusu tie Màeon, ou de Toulouse, sur » èa«ifte(p. 83). m
. Nous chargeons le leetéUr ée oomparer ce vaste tyrofet avecles ressources que HOU» aToinsiiidîqu逻,etdontlesaétatls .phi» développés doivent être lus dan» d'ouvrage die H* S.itn* nevjilev et hmis arrtvoos au^résuttat. '
Oe Téftultat (fat, « qu^is uii «lin d'œil tout fut diftpeifsc
» ( c^BSt Ml ^ Cimbrel lui-mèmne qui i^utteste); 48ms moins
« ide ^vfo^iHiitalve litouMs -tdut était 'rtùtré^m^otàte , «aas
Y que la fdree amée eût éké xAM^é^'ûia tirer tfki«^Hl eoup
'» defu«li-(i!>.'«5).'ii ' - •• I . ' ..
Âkk^ i'ioAmrééCiaii 'était «l{pat»ée, la «kreié ^«MiifHe -^k
« Mort on prixilaina que la France Tenait d'être sauf ^ à\m slbime épouvantable; que le gouvernement légitîmf avait été«urle:point d^être renversé; les nobles, les prètr^ et tous les vrais royalistes près d'être égoi^és; que .le^<i moyens , le plan et le nombre des conspirateurs étai^n^
immenses thi assurait que les mouvemens exécutés k
Xjon se liaient avec des manœuvres tpratlquées dans Itif 4^partemens defAin, de Tlsère, de la Drûme^de lai«oir^ An 'Puy-de-'Dôme 9 de Saône-et-Loire, du Jura, et môin^ dans les environs de Paris , dans les Vajrs-Bas^t Ja Bavtér^ et fusques dans Je pays de Yaud (p. 91 ). » ^tait-ce, continue m. SainneviUe, était-ce la peur fui 4g;roSsisscait ainsi les objets? Cette exagération inouïe, ces inexplicables suppositions, ne seraieni-ellesspai» plutôt unç nouvelle preuve de la nature et de Porigine du mouvement? It parâlit certain que s'il était Touvrage de ceux qui s'*en 'firent un triomphe , ce n'était pas tout pour des- agitsttenrs d'avoir eitùcité quelques scènes de désordres, hç\x^ sécurtté'leor avait commandé de restreindre le mouvement ;. maris Icurintérêt leur faisait une loi deTexagérer. Il fallait grossir le danger, pour pouvoireffrayer le gouvernement; il 4e fallait, pour exalter le mérite des libérateurs; il îe fallait , pour frapper l'opinion publique et la préparer aiji changement de système qu'on poursuivait depuis si longtena|w...«. (p. 9a ). Dans l'hypothèse oùee mouvement n^ût été en effet qu'un simulacre de complot , destiné à servir les projets 4'une faction perfide, tout s'enchaîne et se lie, les démonstrations et les tentaliyes qui ont précédé le taouvement , ralTectation de ne rien faire pour le prévenir, l'exiguité de ses résultats et denses moyens, et eniïin la manière dont on a exagéré et le mai et la vengeance (p. 94)''» .
A mesure, que nous a^ani^ns, notre tâche devient, plus triste. Jusqu.'icinous n'avons eu à parler que de dénonciations fausses, de négligences bizarres, de tenta.lves impuis-, tantes et d'exagérations ridicules. Le moment est venu où , en vertu de ces fausses dénonciations , de ces déplorables nég!i3;ences, dcces tentatives insensées, de'â|s exagérations démcmties par .les taitsi, les cachots vont s'ouVrir et le saqg , couler. Nous resterons ,plus que jamais Ddèlesànotresy»- y tème d'emprunter les paroles de M. âainoeviUe, ,ftkl^^ qu'aucune imputation dans une matière aussi grave, ne f^x^ "S de nous. C^e^ donc lui qui va exposer les faits, « Il lesAx-, • posera, dit-il, sans être touché delà doctrine de M. de
'« ClmWoL 11 mmuta^ti m résoudre & penier ^u'U f(dlU •t» cretiner jmau'uu ve/tUn de la t<yrre pour y enêêveUr > ic« e/rreum mn ntnnhtral». Il lui «etni/U; que i jI rbymuttit^f ^ tii la polillfiue y tie »^iccotnftiodefit de cet étrange et e4mi« » mode «ynU'me. Il ne {»etit voir un itiâUieur d^n» un «eiift* » date qtil lui j^anilt le moyen le yUin «ûr de forcer lei» ma* )» fçUfraf»/i vriller mr eux-ttiémei, el II o»e dire que Tlndé* » pef;danee judiciaire proel/iniée par la ebarte «era bien plu» t réelle 9 le )our où le» frihunaux^ fortemont averti» par n i^oplnion publique 9 ne pourront prononcer leur» arrêt» » »an» »e dire ; U mayiëtrat qui juge 9 à son tour to eêtjuffi (p. t7fy)* n Voici donc le taoleau qull traee de réiat du déiaHefuent du libdne^ aprlin le 8 julti iSf^*
« Au moment où TEurope r<'lentii>»uit du va»te complot n dé< ouvert d;um ce déparfetnent^ celte malbeureti»e coti'* » irée était livrée a un ^y^ti'ftie de terreur. Plu» de 4<>o pertr »énfle» furent privée» de leur liberté. De» agen» olOcleitx n on »alarié» dre«»alent de» li»te» de »u»peci»i c'e»t'l'dlre^ h de tou» ceux <|ue de »inq>le9 90u|>çon» devaient faire Arréier
• ou »ot'me1tre k une r/goiire4f^e Mirveillance. Le» citoyen»
• iù tmite» le» cLiMitM voyaient leur a»ile violé par d4T»vi»lte» 0 domlellIalreM^ el «VHtifnalent hetuetu lor»i|ue le» agen» Tt qui le» dirigeaient i^Vtaa rit cont<;nté» de leur enletrer leur» « amie» et de livret' h ur^ p.qilerM à une odleu»e lnve»tlga' n tion« C'e n'éf/fU jta» m ulemenl à ceux que de» dénoncia- «» f lonii ou defi à{mpv(fm al leignaient , qite ce» riguettr» ét44ien t tt réNrrvée». tn pri^enu paivenalt-u k m »ou»lraire aux » recberebe», »e» jiaren^ et r^n nntin expiaient au»»ltô( dan»
• le» fer» le» llemi mil le» uni^ftolent  hil t>e» enfan» f d^» f épouse» « él il l^ut lnearc<^ré» pour le» forcera «léolarer U » letrailede leur p*re, de leur mari..,. Le» arrél» fie lac^mr fi ]in vMalejriaient VifCmi dan» tmtn le» ceeur». Le t<»mberc«iM /f lat«d parcourait le» campagne» déM»iée»(p. 9^1). 9
Il enire en»u{tr dan» le délaîl d^» procédure»/ ()tf y v<Ht que Pun de» pr}nclp.4UY aufeur» de Pin»urr€;eflofi avjfH été un nommé Marblerf quj« »e pré»enlant §ouê dlfféreii» nom»« dl»ttlbualt dit'» tifrr», pmmefbilt df»fré»or», «avait ou HuU Honaparfe (p, toi), avait An^f^é le plan d^attaqu* ( [>, uS)^ f'ii le g juin encore , diitritnié de» cariomlu» k iu» malbetuMtx qui « pour ce fait 9 a péri dinq loar» apH» »ui récbaf^ud {pé 107), Ce Barbier^ demeuré tranquille a lyofi , pendant que rell'rol tuiNAî tnW et le» coupable» et Icn imioeen»^ e»t cnHn conduit devant la maire, le »a JuSn, 4%uiMfftê jour» apri'» rexplonloii. lA^ «pour con»orv«r 1«»
« apparencses , dit M. Sainneville , il commence par tout nier. » * Hais bientôt il fait les^aveux les plus circonstanciés. « IF f serait venu depuis long-temps révéler ce qu'il savait de la* 1 conspiration 9 s'il n'avait pas craint d'être assassiné par les 1 conjurés. » Il développe « dans des interrogatoires qui se
• sont disséminés dans un espace de quatre mois, le ronian »dela conspiration.... Ses déclarations ont fait arrêter, de
• l'aveu de M. le maire, deux cent seize personnes \
• Fidèle, en prison, au système de perfidie qu'il avait suivi
• avant d'y entrer, il y trompait les malheui^ux au milieu
• desquels on l'avait placé à dessein. 11 tes provoquait par » des révélations mensongères et faisait encore des dupes de
• ceux dont il avait fait des victimes (p. io8). » M. Saiuneviile voulut l'interroger lui-même 5 mais sa présence lui fut refusée avec obstination. «Enfin, par arrêt de la cour prévô-
• tale, Barbier, ainsi que le lecteur' doit s'y attendre, recou-
> vra sa liberté, comme révélateur ( p. 109). »
Un second agent était Brunet, celui qui, arrêté avant le 8 juin par ordre de M. Sainneville , à cause de ses provocations démontrées, avait dû sa liberté à M. de la Colombe, adfudant de place. Ce Brunet, signalé par un des commissaires du lieutenant de police, comme l'un des factieux les plus ardens, fut de nouveau mis en prison. M. de la Colombe fit les démarches les plus actives pour obtenir sa libei*té. Ce»; démarches ayant été inutiles, on livra cet agent à la cour prévôtale'^ l'insu de M. Salnnevitle, et il fut relâché presque* aussitôt. Le lieutenant de police le fit encore arrêter. Le procureur du roi vint s'en plaindrez. Il attesta que c'.était nn agent de la police militaire , et qu'il avait tout su et tout révélé. «Il s'agissait, dit M. Sainneville, de m'en donner une
• déclaration par écrit. Ce fut l'objet d'une assez lonrgue né-
• gociation. Mon obstination Vainquit enfin toutes les répu-
> gnances. > M. Sainneville rapporte ici la lettre de M. de te Colombe, «qui certifie que Brunet n'avait parcouru les cam^
• pagnes que par son ordre (p. 97 et 98). » Nous omettons ce qui concerne plusieurs autres individus, employés comme Barbier et Brunet. On ne saurait abréger ces récits sans le» défigurer; et, pour en bien saisir l'ensemble, il faut les suivre avec soin dans l'ouvrage même. Mais nous devons citer la conclusion que M. Sainneville tire de ces faits.
« On y voit, dit-il, par quelç moyens le général Canuet* » était instruit d'avance des projets des factions. On y re-
• marquera aussi une nouvelle preuve de la franchise quf
• distingue cette déclaration solennelle qu'aitcren des agcns
M oui fwrtcuraUmt tes campogn^ nfi»fpMmi0U^L.ULfA* * * . * nre mUitaire. . • . Eufin « dana la complioUé éésuNniaif avé** 0 rée des agena de cette police nUUalre avec ] leâ* {lertuvi bateiirs. ... il serait difficile de ne pan déoc^uvciv un. moipeu. » de 6*éclàirer sur lea véritablss arUj»aiiA. de nos tvûubkfr
. Nou& passons aux jugemens trop fameiuLpraaoac^s pac la. cour prévâtale, à ces jugemens %ui ont attiré ftani d/anmai reproches et de peines sévères suv ceux qui ont osé révoqiMr. leur justice en doute et s'affliger de leuff« ri^jueurs» VoicLia. manière dont M. Saiiinevillç smprimc à cet égavd*
«la cour prévôtale était appelée spécialemâDl, pai la-IoL »de son institution, à poursuivre et à punir toutarréunioi^ & séditieuse, fille fit donc son devoir^ en procédfMil contre lem » coupables qui s'étaient attroupés dans les caaipagaea>: maia n ce devoir avait se» bornes et sa mesure^ tracées par la poli-* » lique, non moins que par les lois. Ces^ bornes onè-ellés^éld
s respectées? (p< iS^ )• Les articles loo et ao3 du Code
» pénal ordonnent expreàségient qu'il ne soit pc:oaonc^*au«
* cune peine contre ceux qui ,. ayant fait partie d'atûrowe-^ ' » mens séditieux ou de bandes armées, sansy exatpef atic\iu
)» commandement et sans y remplir aucunenmlei aiioiiction»
> se seront retirés au premier avertissemeut des auAovités ci-^
> Viles ou militaires, ou même depuis,, lorsqu'ils n'auioafl il été saisis que hors des lieux de la réunion séditieuse,, sans
* opi>oser de rcsistauce et sans armos« fin jiîtaat le^y^i^x. suc
> ces règles , on voit ce qu'on avait dioit d'attendre de lai cous ». prévôtale. L'instruction ii^ontrait ks événepneas du 8 >uia » comme tenant à un seul et même complot, à la- l/ète duquel «se trouvaient quelques chefs, suivis de beaucoup d'iqstm^ >mens aveugles de leurs passions ou de leurs calculs. Due ji seule procédure destinée à découvrir ces chefs, u» seul » arrêt qui les eût frappés comme la foudre, et eût rendu la » sécurité à ceux qui n'étaient pas atteints, voilà ce que ée^ h mandaient la loi^ la prudence et l'humanité. Qu'a fait ia »cour prévôtale ? séparant ce qu'il fallait réunir , et confon- » dont ce qu'il fallait séparer, la cour prévdtale a divisé ses
> poursuites en onze procédures, et les chefs et les instrunoiens j> ont été frappés pêle-piéle. Il est trop vrai encore c|ue des » malheureux, comme Ta dit le colonel Fabvier, rassurés par » les proolamations et les promesses des chefs de troupes eu- 9 voyës à leur poursuite, ont quitté leur asile pour venir se » livrer à l'autorité, et au lieu de la grâce pronuse ont reçu )} la mort. Cette déloyauté, cette trahison ont été vaincmeot
démenties. On aVait excepté àe la grâce les chefs de bande , a dit le géaéral Cauud. M^is les deux cent cinquante Insultés avaient-ils cent cinquante-cinq chefs ? Les séditieux de Saint-Andéol n'étaient qu'au nombre de vingt; douze ont été ^»ttdamnés. Le nombre des commandans était-il donc plus considérable que celui des soldats? Que dira d'ailleurs le général Ganuel , lorsque nous lui montrerons d'une main les lettres originales écrites à divers individus par un commandant de la force armée pour les engager à rentrer, et de l'autre >la liste des condamné^ 9 dans laquelle les noms de ces malheureuses victimes de la loi violée se trouvent écrits en lettres de sang (i) (p. iSg). Mais du moins, la cour prévôtale s'est-elle hâtée de rendre ces terribles arrêts, comme son institution l'exigeait? Non; c'est fâus de quatre mots après les premières condamnations que les dernières ont été prononcées. Pendant ce long espace de temps, elles sont venues lentement et successivement répandre le deuil et l'effroi. L'imagination sans cesse tour-^ mentée par d'affreux spectacles , n'avait pour se renoser qu'un avenir plus effrayant encore. Rien n'annonçait le terme de ces incroyables rigueurs. Chaque jour d'inâmes délateurs dérignaient de nouvelles victimes. Lçurs atteintes étalent d'autant plu^ dangereuses , que la délation se cachait sous le masque de la- complicité. . . . C'est dans cette déplo<* rable situation que M. le duc de Raguse a trouvé le dépar-*
tement du Rhône (p. i4o). Sa mission fut un grand
Uenfait , non-seulement pour la contrée à laquelle il a rendu le caliBC 5 pour cette multitude de familles désolées au se^ [cours desquelles il a appelé la diémence royale , mais pour le gouvernement lui-même auquel il importe tant d'être éclairé J^puis ce moment^ aucun trouble, aucune
(i) ( Copie d^ane des lettres adressées individueUcment à flumur» prévenus de la commune de Saiot-Andéol , pour lus inviter à rentrer dans leurs foyers , en suite de Tordj^e du jour du général Canuel )• « Saint-Anaéol , le xi juin 1817. Le nommé Colomban » voudra bien se rendre auprès de moi à Tinstant même ', confors mémetit à Tordre du jour qui vient d^ctre publié et alHché. Pour
> le commandant d'armes , ai^néO , major. iV. ^. Colomban
> a été condamné k mori par arrêt du 3o juin , et exécuté le pre-
» mîer)iûllet. Les invitations sont toutes sigaée&de M. G ,
» major., toutes datées çle SiaintTA^éol , k ix {uin 1817. Les ar-
^> rets d« condamnation soui du 3«« » Pièces justiiieatives , p. 66.
n alarme n*ont agité cf.ttn contréo. . • . • Cctto population , au » millni (h |/i(|U(;t|c, hII iuiit en croire cottaioM homninMf D H^oiirdiMiiietkt cliflqnn Jour dcM complotH cr&iiiineUy a joui * touf'/i-cotip (le la pltifi prirlaile >ran(|iiilljlé. Ou a vu la conr fluncf rmfttirn i\at\n toiu h'H cœurN, vt ^autorité hd clcVpouil- 1 1er ile rf)H Inrinen hoiiMlnii qui ncmblcnt préiia(|;cr do iiou- » vc.jux rriallieiu'fi (p. i/|9i). •
Noua ne citeron» phin <pje la cnncluHhin de M. Sainncvllle , conelu»lon que di'ijù hiju» doute iioi lecteur» ont preMiontlo.
« Non 9 dit-Il, il nVM pan vrai que le 8 juin ait vu éclater p AfïUh le département tU\ Kliône une vMtable conMpirutlon. » (ieux (|ui perMlHtenl k en soutenir lu r(';uiit4'« ^ qui prétendent » que dan» m^n planii et nen forceii elle nienuçuit a-lu-fol» le » trùne et lV;tat , poiirrout-tl» nou» expliquer pourquoi le » Aoln d*une ni vuAte entrei)rl»e »« trouvait confié It une poigni'^o il d*lndivldu» olMcur»» flan» ar^^ent, »an» arme» , »an» munU ,» tion»? Pourquoi Icm trouble» n^ont éclaté aue l/i où IIhuY- .n talent pu» (lungereuxP pourquoi on n*a uéeouvert aucun ,» ehef dont le nom uùi faire soupçonner Timportance du p eomplot^ ni le moindre rapport avec d*autreM contrée» et 1) d^aulre» conApirulion»? Ki, »l oéanmoin» 11 faut admettre » avec eux que le mouvement était dirigé par une main pul»- .» »untet préciMénu;nt parce qu'elle était inviMiblOy qu'il»4iou» .» expliquent donc pourquoi vv.Uti main pui»iiante, »l la coun* » jpiration était ourdie de hooiie loi, raurait fait éclater, '» lornque rien nVJait prêt )M)ur le »uec^». Ce n*eMt pa» tout. 'd II faut eneorn expliquer eomment , inHtrulte» d'avance du » mouvement du 8 juin , ce» même» autorité» , qui prétendent 1» en avoir été »1 effrayée» , ne flri^nt e/Cpendant rien pour le M prévenir , et pourquoi legenéiul Ounuel MjreftiMa même à » prendni le» nie»ure» te» plu» »imple» , le» plu» indiNpeniiable» » et le» plu» vivement nrovo(|uée» P 11 faut encore dire par n quel »fn((ulier haMUru ton» le» complot» insurrectionnel» n ourdi» à liyon depui» i8iO |n»au*A Tarrivée du duc de Ha* » gu»e , ont' été dé}oué»| exeepti celui qui a éclaté pendant » mon ab»ence? par quelle fatalité il n*en a pa» été tenté un ' » »eul f »an» que ron n*alt »al»l parnli le» coupable» de» agcn» ^> de cette même outorité militaire qui »e vante d'avoir tout ,« fait pour la tranquillité publique?... (p. i45}* Non, ce ne p fut point une véritable conspiration que celle qui éclata le , 1^ 8. juin. Le» fait» n'en accu»ent pa» le» homme» égaré» par 9 la plu» horrible perfidie. Il» en accu»ent le» provoca- » teur» qui| par d'odieu»ef manoeuvre»» io glt»8afcnt »ou»
5 Fe toit paisible de quelques individus froissés par le mal-
• heur des temps, ou exaspérés par des vexations particu*
• Hères (p. i46)* ■
M. SainneviUe se livre ici à une indignation bien {uste contre les auteurs de ces manœuvres atroces : nous partageons cette indignation. Pour ne pas l'éprouver , il faudrait avoir perdu tout sentiment de morale : et ne pas Texprimer « quand on Téprou^'e, serait une lâcheté dont nous ne voulons pas avoir à rougir. Mais, après avoir ilétri de tout le poids qui peut appartenir à la réprobation des hommes honnêtes, ceux qiii ont tsndu au pauvre d^infâmes embûchen, cenx qui ont spéculé sur la misère pour fomenter la révolte, et sur la crédnlité peur recueillir le crime , ceux contre qui s^élèvent le désespoir des mères, les cris des orphelins, et le sang qui fume encore , nous croyons utile d'envisager de plus haut cet affrevix sujet.
Nousavonsdit que le principe de ces calculs coupables tenai t àPespérance lai^e à chaque parti « dé forcer le ministère à <« jeter dans ses bras, en Teffrayant sur les fautes du parti contraire. Nous ajouterons que Texéculion de ces mêmes calculs tient à ce système d'espionnage, encouragé de nos jours , dans tant de pays , par d*aveugles administrateurs, qui mettent en fermentation la lie de l'espèce humaine , parce que leur présomption leur fait croire qu'ils sont assez foris pour en rester les mattres. Présomption fatale ! Les espions ne sauraient être ni contenus , ni dirigés. Ces hommes, audessous des animaux les plus vils, et au-dessous encore des animaux les pt*us féroces, une fois lâchés dans les ténèbres sons leurs déguiscmens exécrables, ne reviennent jamais au gile sans y rapporter leur proie. Ils sont hors de toute règle, parce qu'ails sont hors de la nature , hors de la loi , hors de la morale. Hypocrites devant leurs victimes, honteux devant œuxqui les emploient, ils savent qu'ils out mérité Thorreur* et que partout où ils sont connus, ils l'inspirent. SH! leur reste quelque chose d'humain, c'est l'irritation coulri^ le nu^pris qui les accable. Dévoués à l'opprobre, ils s'en vengent snr la société qui le leur prodigue.
Et Ton écouterait de tels hommes sur ce qu^ils prétendent avoir observé dans cette société avec laquelle ils sont vn inimitié sourde et permanente ! Ne voyez-vous pas qu'ils ni» veulent pas s'en retourner à vide, et qu'ils n'ont pas embrassé ce métier pour se passer de salaire ? Quel motif les arrétci*att .' les affections ? ils en profitent pour le» dénoncer. La vérité ? ib vivent du mensonge. La pitié ? leurs gages sont ce qu'u»
ptmle Moma a Dommé t' argent du sa/rtO'f •scprfltftion qoef if plaiDS les Anglais d'avoir consacrée dans leur langue, et qui» je Fespère, ne Test pas encore dans la nôtre. Qu^nd Vos es* pions ne trouvent pas de coupables, ib ea eréent. Quand fls me peuvent en créer « i!s en inventent.
Je vais plus loin. Je suppose qu'ils soient parvenus à en découvrir. Que savez-vous s'Us ne les ont pas séduits pour votu les livrer ? Que savez-vous si ceux qu'Us accusent n'a* valent pas lutté long-temps contre des tentations que vos agens seuls ont rendues irrésistibles ? Si ce n'est pas à leur vroix qu*ont reparu toutrs les suggestions long-tamps> écartées, tous les désirs confus, tous les vœux coupables étouffés avec effort? Recevez-les, remerciez-les^ payez-les : ils vous rapportent les criminels qu'Us ont faits.
Qu'on ne pense pxis que j'exagère. Qu'on lise la plupart de ces interrogatoires , qui forment une partie si précieuse de rouvvagis de M. SainneviUe. L'on y verra que presque toujours les révélateuTê conviennent qu'ils ont fait les premiers les propositions ( i ) ; l'on y verra ceux qu'Us égaraianty résister » reculer, se^dégager, attester, par chacune de leurs actions et de leurs paroles , qu'Us n'entraient qu'à rcigret dans ces entreprises mystérieuses, dooi jamais l'ensemble ne leur était révélé ; l'on y verra le zèle naïf avec lequel ces ageus parlent de la peine qu'Us se sont donnée pour réunir, dans les maisons ou dans les bois, des houfimes que l'on pût faire arrêter (2} ; leiu' persistance à renouer les trames qu'ils our«> dîsHuîent , et que brisait sans cesse l'iostinct des viornes ; leurs efforts sur des circonstances insignifiantes, pour les travestir en complots; leur travail enfin, pour tout empoisonner. Certes, si la rigueur de la 161 doit se proportionner au degré di^ crime , c'est contre ceux que vous nommez les révélateurs que cette rigueur devrait s'exercer. Auteurs des désordres qu'ils dénoncent et des périls dont ils vous effraient , ils sont bien plus coupables que ceux qu'ils accusent. Ils n'ont pour apologie ni l'erreur , ni le mécontenfement , ni ropiaion. Les autres sont des insensés : eux sont les véritables conspî* rateurs. Ils conspirent contre Tétat, car ils affaiblissent dans les esprits l'idée la plus conservatrice, celle de la stabilité, llit conspirent contre la morale , car ils violent tout ce qui est sacré dann les relations des hommes. Ils conspirent contre
(1) Pièces jusliBcsttve) , p. 45.
(a) Pièces jusiificalives , p. 48.
sur
Tons^mèmes , car le sang qu'ib font répandre rejailUl vous.
Laissons à d'autres peuples leurs Qlivers et leurs Castles. Tant pis pour eux , si leurs gouvememens pensent en avoir besoin. Nous, dont les mandataires , trop peu nombreux, soDt pourtant nommés par une élection réelle; nous, qui voyons l'égalité triomplier chaque jour davantage des prétentions et des titres ; nous, qui ne sommes pas contraints d'aller par-delà les mers opprimer d'autres nations pour acquitter nos chài^s publiques ; nous, dont l'infatigable industrie effacera bientôt , si nous sommes libres, les derniers Ttttiges de nos malheurs passagers ; nous , eâfin , possesseurs encore de tant de héros et de tant de gloire , et assurés de tant d'avenir , nous pouvons ne pas nous soufller de cesresfloorces honteuses. La nation entière est douée d'un instinct admirable de bon ordre et de liberté constitutionnelle. Qu'on soit juste envers elle, elle sera fidèle. Qu'on ne lui tende point de pièges, et sa loyauté sera le prix de la loyauté.
LETTRES