AVOCAT
Eu réponse aux quesfdoDB conteattes dans la Irai*
sième partie de son ouvrage intitulé rMABBEttt^^ Nîmes et ses invirous, j&h 181 5 (i).
PREMIÈRE LEtTRE.
tflVSllVBy
J^ai éié aus^i surpris que 'flatté âe la lettre que vous aves 1)1611 voulu m^aflresser, et des questions sur lesquelles vouii m^avek fhit Thonneiir de croire que mes réponses pourraient ne pas être sans uf flité. Quelque difiiciles que ces question» puissent én^ à résoudre 9 jo dois 'm'éfforcer de aie montrer digne^ au moins par Tintention , de la confiance que vovtu semblés m^accorder.
Sans' avoir réside dans le département du 'Gard, jen^ai rien négligé pour connaftre avec précision tout ce quis^est passé depuis la révolution dans ce département , si malheii* ftmyôit Mb -âtisettsfbnti <ïiVites. Xa persécution qui a ré»
veiOé la syttt^atbie "des firtft^ans jusques ch^ les natioiis
{lyCéi'éféf^âtû, tKtmfdiè'Aie^iton tfntiTfés , Se tf ûtm; c^iTs l'ëdl-
ToUines, a d(i produire un effet plus puîMant encore atir le cœur d*un protestant français ^ dont les ancêtres ont été victimes du même esprit de.fanati^^ et d'inlplérance.
J^espère toutefois que ana qualité de protestant ne me fera point tomber ^atis une partfaiité 'contraire "au reste de mes opinions et de mes princi[»es. Le protestantisme ne prescrit la hahie d'aucune religion; il enjoint, au contraire, le re8i>ect popr toutes les <Mya6ces. Ce' n*ëftl faéiafs qu*en s'écartaut de cfes'maftimes fondâmeàtaies, queiesprôtéstaus'dnt inrtité d'autres sectes qui ont voulu faire prévaloirjeurs doctrines par la force. »
Sans doute, et tous les protestans éclairés en g;émîsseiit, Voû peut citer quelques laits qui prouvent que les réformateurs n^Sout pas toujours pratiqiié leur théorie. Mais ces faits sont en bien petit nombre ; et , quoique le supplice de Servi-l soit un crime cxi'crable , Ton aurait mauvaise grâce en op> posant un exemple IMé , et une seule victime à <|uâtre siècles d'oppression 9 et à trente mille victimes périssant sur les bûehers de l'inquisition.
Je voudrais pouvoir, en répondant aux questions que vous m'avez adressées, monsieur, laisser de côté toutes les époques propres à réveiller de tristes ;4ouvenfi^: H^islobligé dVxaminer, dès le commencement de mis recherches, s'il existe un moyen d'opérer une fusion entre les protestans et les catholiques , il faut bien que je dise quelque;» mots des faits qui ont causé leurs dissentimens, et dés accusations qui les erpétuent. Je le dois d'autant plus, qa*ainsi que le lecteur e verra tout-à-l'heure , des écrits réceiis.ont reproduit cm
qu
source cfans la calomnie \ 'qqaud là jusinicatiou eiï débc *
pérée. ' ' '' ^ *
Je renonce toutefois auk avantages du terrain si^r <l|eqiKi )e pourrais me placer , en remontaiit'aux premiers ttrui;*» du protestait tisthe. Il est bien cerfâin'qu''4lors les pi:ote^tuii^ ne réclamaient que là lîlièrté religieuse. ' . ' . ' .. i
Leurs e^C^s même nX'taien^^que des acl^S:dt V^^jsVMiCA; auxquels les contr«iigA^4it r^bamemeyi^t de Ic^i^ eiyiiffpii^. Leur désir d'acquérir de fimportance et du' pouvoir dan*» l'Etftt était justifié par le -besoin de conquérir des garanties « et il n'est jgas étonnant qu'Us fu0sej|;it des sujets îjM|a«els » et • si l'on veut rebelles.i .q^M4 i^C^^oi*|*' les ùimii^ briûiirp cC
(jue Charles IX les fusillaU. Depuis Henri Wy aiicuii reproche fondé ne peut être dirigé contre eux. Ils de sont affligés ptohabienient de Tabjuralion d*un prince qu ils aniieut si fidèlement soutenu dans Tadversilé. Cependant leors chefs ne se sont point séparés de loi. Henri , devenu catholique , a trouté parmi eux ses serviteurs les plus dé« iDiiés et les plus utiles (i). Leur lutte contre Richetieu n*a été qu*une légitime et natiu^lle défense , reffet d*une pré- Tojauce qiie révénement n*a que trop justifiée. Ils savaient qa*cn se laissant dépouiller de toutes leurs forces ^ ils perdaient tontes leurs sauve-gardes. Le siège de La Rochelle était la pi éiace de la révocation de Tédit de Nantis. La i^ésistance même des protestans, à cette époque, d<Rt être at- Iribuée bien moins au protestantisme, qu'aux habitudes dti siècle dans lequel ils vivaient. -Lorsqu'ils prenaient les armes pour demander des villes de sûreté, ils obéissaient, comme l'observe très-justement 31. de.Rhulitres, à res{)rit général des temps, plus qu'à l'esprit particulier de leur secte. Ixîur ' conduite sous Louis XI Y a été |>lus irréprochable encore. C'est après soixante-dix ans d'une tranquillité que rien n^avait -troublée et d'une loyauté non démentie , c'est après étrd restés étrangers à la t^rise orageuse de la Fronde qu'ils ont vu l'arrêt de proscription prononcé contre eux. Cet arrêt même, ils lont supporté avec une résignation admirable. Bossuet, dont la superbe intolérance se repaissait de Iciurs désastres; Bossuet qui a souillé sa gloire en exaltant les pcr- 'sécuteurs et en insultant aux victimes ; Bossuet leur rend cet hommage dans -l'éloge de leur bourreau le plus acharné. C'est dans l'oraison funèbre de Le Tellier qu'il atteste que
tout est resté eaime dans un si ffrand ^mnivenxeiit
Quel mouvraient, grand Dieu ! que l'expulsion de cent mille (lères de famîlle ! tpiel mouvement que dix mille hommeis expirant sur los échafauds T quel mouvement que le massacre d*inDOcens désarmés , réunis pour prier Dieu ! q\iel mouvement, enftin, que les confiscations et les dragonades ! Sous le régent, malgré les intrigues de l'Espagne, la fidélité des protestans a été inébranlable. Privés encore , durant ie règne de l^uts XV, des droits qui appartiennent à tous le^ hommes en société, quelles révoltes on Nils excitées ? quelle vengeance ont-ils tenté d'exercer? Et, cependant, sous Louis \V, iis étaient arrêtés, bannis, traînés aux galè.*es; leurs mif^istres étaient condamnés à mort , et rexécu1i(>n du dernier arrêt Te ce genre remonte à la date bien récente du i8 février ijCi^. Rétablis, sous Louis XVI , dans quelques-unes des conditions