‹ Collection des ouvrages sur le gouvernement représentatif et la constitution actuelle de la (volume 2)Chapitre 25 sur 53 · Tome III, 5^ Partie. j · texte numérisé non relu

Tome III, 5^ Partie. j

de Inexistence civile 9 on ne les a point tus munnurer de e% ^ue la justice qu'on leur avait rendue était incomplète. lU n*ont point profité de ce qu'ils obtenaient pour s'arroger da^ vantage« Leur' nombre ne s'est point accru, preuve évidente qu'ils n'étaient animés d'aucun esprit de prosélytisme. Jus-

3u'à la révolution 9 on ne peut citer un acte de sédition , un élit quelconque 9 comniis par un protestant pour cause d« protedtaiitismc.

S'ils ont cil des torts , s'ils ont mérité la haine des caflioliques, c'est donc depuis la révolution; et, en effet, c'est dei événeuiens de cette époque que veulent s'appuyer tous les apologiHtes des attentats de 181 5.

l^P 17909 dirent-ils, les protestans ont ensanglanté lexvt victoire; en 1793 , ils ont partagé les excès d'une révolution désastreuse ; soms Bonaparte , ils se sont emparés de toute Tautorité; durant les cent jours, ils ootprofltéd'un ascendant passager pour menacer et pour opprimer leurs adversaires.

Telles sont les accusations répétées depuis près de deux ans, tant4!>i.dansles libelles anonymes, écrits ou commandés par les asxdssinsm<;mes, tantôt danslcs mémoires pré len4us justificatifs, destinés à pallier la connivence ou à excuser la lâcheté*

Ces accusations viennent d'ôtre reproduites, comme îe l'ai dit en commençant cette lettre , dans un pamphlet iiécent , tel qu'il n'en a jamais paru, j'ot^e raiTirmer, chez aucun te uple civilisé ; tel que n'en ont jamais publié les révoluionnaires les plus iougueux ou les plus atroces. Dans ce .pamphlet , ou érige eu principe les massacres populaires , on réclame, pour quiconque se dit oiScnsé, le droit de vengeance illégale que l'homme abdique par cela même qu'il entre en société. Enfin , l'on imprime que le meurtre ne fait que prévenir et remplacer la justice.

. Ne me demandez pas, Monsieur, comment il arrive que « dans un moment 011 certes la liberté de la presse est sufli- •ttmm(;nt surveillée, et où le» phrases les plus innocentes en apiiarciM^e sont interprétées de manière à valoir à leurs auteurs de. longues détentions et d'énormes amendes, un tel pamphlet circule librempnt sous les yeux du ministère ))ul))ic. Je ne siais pas chargé d'expliquer ce phénomène; je raconte ce fuit et je le prouve, laissant à MM. les avocat» du roi le soin de nous faire concevoir comment un livre où ahStiHsiiier s'appelle remplacer Ja justice, et où, par conséquent, la clasHe peu éclairée trouve d'avance des apologies pour tous les déttordrcs et des justifications pour tous les «rimes I est moins dangereux que tel écrit où l'ou insiuu»

qu'an préfet a commis quelque acte arbUraîrt^ ou qu'un maire a dépassé son pouvoir (a).

Le pamphlet dont j'ai parlé est dirigé contre vous , Monsieur. Il est destiné à légitimer toutes les horreurs commises à Ntmes. Pour y parvenir, l'auteur attribue aux proCestans les premières violences qui ont souillé la révolution dans le Midi. Il y parle cUê tniUe victimes égorgées par euùx en i'/go, iarsqu' aucun parti n'avait encare souffert. Il évoque contre eux les ombres d'infortunés religieux qui ont péri dans un mouvement à jamais déplorable» mais dont j^tndiquerai plus loin la cause et l'origine. Il veut soulever jusqu'aux pierres des édifices dévastés dans une émeute , pour détourner les regards du public d'autres ruines encore fumantes et ensanglantées; et après avoir peint les protestansy à cette époque, comme des assassins et des incendiaires , il les présente comme ayant été plus tard les fauleurs y les favoris , les seuls instrumens de Bonaparte.

Sans doute, lors même que ces assertions seraient fondées , lors même que l'horrible événement de 1790 serait le crime des protcstans, ce crime ne légitimerait pas des attentais commis vingt-cinq ans plus tard, à moins qu'on ne veuille établir parmi nous une succession de meurtres et de vengeances. Sans doute, encore, il seroit vrai que, durant les dix années de l'empire, les protestans auraient occupé toutes les places , qu'il n'en serait pas plus équitable sous le règne delà charte , après les mots union et ouMi, de les priver de.s droits qui sont garantis à tous les Français , et de propos^^r au monarque constitutionnel d'imiter ce que Ton reproche à rhomme qui s'était saisi d'un pouvoir illimité.

Cependant, puisque les faits allégués sont faux, itesit bon d'6ter ce misérable prétexte à deç^ criminels démsisqués , et de les chasser de leur dernier refuge* Je consacrerai donc k ce travail quelques pages, et je m'y livre avec d'a«3tant motus de répugnances, que certes, en disculpant les protestans, je suis loin d'accuser les catholiques. Il faut se pénétrer d'une vérité : depuis assez long-temps il n'existe plus de fanatisme religieux ou politique. Les assassins de nos jours n'appartiennent à aucune croyance, comme ils n'appartiennent à aucune Qpinion. On leur fait trop d'honneur en les associant à une doctrine quelconque. Ceux de la classe supérieure veulent du pouvoir; ceux des classés inférieures du pilla'>-c. Ils arborent toutes les couleurs, parce que leurs propres cou- Itfur» sont flétries; ils empruntent tous les masques, parce que

tout dégtiSM«^nt diminue Thorrour qu*ilft ittsptreralest en

UepuU le conimeiicemcril de la révolution, jmqu^au mon d'avril l'-îio, Ntroeu avait joiii de la tranquillité la plus par* faile. L'union dt» catholique» et de» protentun» purainitait , et certainement, dan» b (wille éclairée de» deux cominuiiâon»« elle élalt »lnctre. Sur huit «léputé» du tiers-état , cinq caikoi'umvn et Iroî» proUfiilanH avaient été nommé» (3). Le» •eub »y"»pl6nie» d'aijUation qu'on put^ remarquer, c'étaient aucluui'H brochure» puWice» «W^» le moi» d'octobre 1789. lJn« de ce» brocliuro» était inlituléi' ; Pierre Ronuidn, ans eatlioliqucë de Nime» ; une auti-e : LeUrt de Charité Sincirià Pûrre B0mam{f^). Dan» la première, on recooimandait aux catholiiiue» de fermer l'entrée de» charge» el de» honneur» aux prote«tan», leurs ennemi» né»; dan» la iccondc, l'on examinait s'il ne nivaii paa avantiigeux d'einul»«rle» prote»tan» du royaume, et l'on con»cilluit aux habUan» du Languedo(5 de révoqa<îr ceux de leur» déptitéi, et de <l(»arnier ceux de leur» gard.;» nationaux, ofllcicr» cl »oldat», qui apnartenaieul à c«ate communion. Je ne penic na» uu'on attribue aux protcMlan» ce» brochure» , qui néaiimoln» »oul anlérieure» de »U mol» aux trouble» dont ou l«i occu»e d'avoir été le» auUnir». „ ^ , « . , ,

Il naralt qu'elle» nrodulHlrent peu d'effet Tout resta calme Jusqu'aux décret» <le l'a»»eaiblée con»tituante »ur les pro-

nriétés du clergé. Malheureusement, à cette épocjuc, la révolution qui, dan» »c» premier» acte», n'avait froissé imc de» préjuié» et dr»aniblt!on», en vint à froisser des Intérêt».

Co n'esl

kt^envlKareTs^^^^^^ conformes aux principe»

du droit ftublic, ou slmplennîot justUlées parle» nécesHllén

Co n'e»t iwiut Ici l« lieu Mo juK«r le* mc»urc(i (iiil lureiU adoptées à ciillc éi>(»qiu!. Soi iiKjud<|uc point de vue qu'on

financière», soit qu'on le» coiulainne comme Imprudente» et «récloltée», Il est évident nu h INfme», comme ailleurs, elli-» Le lurent oceanlonner de rennentjlion que parmi le» catho- H juV» Le» prote»tan» durent y nvter tout-à fait élranjrer». Ce fut en ciïvA parmi le» premier» que de» syrapl^mt» d'aaitatloh se nianlfe»li;rcnt. . 4. „ 1

le ao avril i7U<)f J**« citoyen», se disant catholique» de Nt.nr» . urlrent une délibération (5) , où il» témofgnaliMit tlèvivr» alarme» »ur le »ort de la religion oatholique, et 0.1 is nrote»talent contre tout changement dan» la hlérarcut: ecclésiastique, rtHiunant pour le cathoUcUme la |oui»«ance ^Ee Jed honneui'S du cuite public Ils nommèrent des

charge de transmettre cette délibération aux diverses municipalités du royaume, avec une lettre dans fcM|aelle, au noia de la religion et du roi, ik les sollicitaient â> adhérar (6).

Le i*". et le d m^, ce ne fut plus par des délibérations ou par des libeJles queles protestans forent attaqués; des attrou* pODcns se formèrent contre eux ; ils furent menacés, pour^ suivtff blessés: cette fois encore, ils n'opposèrent point la fivoe à la force. Protégés à peine par des autorités timides ou malTeiDantes , ils se contentèrent d^invoqiier la sauvegarde des lois; et j'ajouterai que llmmense majorité de la population catholique de Nimes était si peu disposée à sa lasser égarer par le fiuiatinne, qu'yen dépit de la faiblesss et de la partialité de plus d'un magistrat , la proclamation de la loi martiale, enfin obtenue, suffît pour rétablir Tordre. Je suis heureux de rendre un pareil témoignage à cette majorité catholique. H prouvera , f espère 9 qu'yen rétablissant des laits qui, défigura, perpétuent depuis trop long-temps des haîoes bijustes, je n'accuse aucune communion , et que ie sépare d'un petit nombre d^insensés et de brigands une population rc^ectaUe (7).

Toilà donc , monsieur , trois occasions dans lesquelles les protestans ne furent nullement les agresseurs, et jusqu'à présent l'on ne peut leur refuser le mérite prolongé d'une patience soutenue et diiScile.

J'^arrive à la journée du 1 5 juin, journée déplorable, où Jes deux partis se livrèrent à d'inexcusables excès. Si je ne les décris pas en détail , œ n'est certes point que je ne les dételle élément dans tous les parfis; je serais enclin Béme à les juger plus sévèrement dans celui dont fembrasse la d^ense- 11 est mille fois moins douloureux d'avoir à con> dauàoer ses adversaires que ses alllt^ Mais la question n'est pas, tout lecteur équitable doit le sentir, de savoir si , dans la mêlée 9 au milien du danger, après un triomphe disputée qnelqoes protestans abjurèrent la modération dont ils avaient û long'tenqis donné l'exemple. La question est de déterminer si les protestans en général furent les auteurs des premiers désordres qui signalèrent cette funeste journée , ou si « Ibroés à se défendre , ils abusèrent des succès auxquels on ks avait contraints malgré eux. Pour décider cette question^ lioîs faits me paraissent plus que suffisans.

Premièrement, lorsqu'aprè» le conunencement de ces violences , deux hommes signalés comme les chefs des pertari>ateurs voulurent attribuer aux protestans les atteintes

portées à fâ paix publique , rassemblée électorale , coliipofét en majorité de catholiques, déclara 9 dans un prooèi- verbal unanime , « qu^elle avait vu avec indignation que ces deux to hommes rejetaient sur les victimes de leur agression y et 9 sur celles de leurs complices 9 le coupable projet d'insur- » rectîon dont ils étoient eux-mêmes les auteurs (&)• » En second lieu 9 ce fut après^ avoir enfoncé les portes d*un couvent 9 que les protcstans 9 innocens jusqu'alors de toutes cruautés 9 nUmitèrent que trop (qui pourroit ne pas en convenir et le déplorer ) les misérables qui les avotent provoqués; mais les témoins déposent que leurs ennemis, retirés dans ca couvent, s'en étaient fait une citadelle du haut de laquelle ils les fusillaient en liberté (9). Ce fut à la fin d'une journée entière 9 qu'entourés des cadavres de leurs compagnons ainsi massacrés 9 il» s'emparèrent de ce refuge dé leurs assassins 9 et que l'ivresse de la victoire les rendit coupables. Troisièmement enfin 9 le mouvement qui occasionna toutes les calamités du i5 {uin avait si manifestement pris sa source dans les manœuvres du parti opposé aux protestans, que, lors même que ces derniers s'en furent rendus maîtres dans l'intérieur de INtmes 9 ce mouvement conserva dans les campagnes sa direction première. Le peuple, dit un document bien authentique, égaré par des iiistnuations perfides ^ et convaincu ijoe la religion catholique était en danger 9 croyait devoir la venger , et des forfaits exécrahtes furent commis avtc un sa/ng-froid qui glace d'épou» vaille (lu). Ces forfaits, d'une portion des catholiques, \t ne les détaillerai pas non plusl Ceux qui les connaissent , i'( ux qui peuvent les retrouver dans des ouvrages ouverts à tout le monde, me sauront gré de mon silence (11).

Jetons un voile sur tant d'horreurs ! Reconnaissons que la

guerre une fois engagée , les deux partis ont mérité de cruels

reproches. Mais n'accusons pas ceux qui long-temps étaient

demeurés victimes patientes , d'avoir donné le signal des

excès qu'ils n'ont que le tort d'avoir imités. Qu^l intérêt

avaient , en effet , les p-rotesians d exciter des trouéies ?

qu' avaient-ils à regretter ? qv^ perdoient-iU ? Ce n*étaii

p tint aux protestons que la révolution enlevait des pri^

viléges /latteurs, des dignités émineivtes, tÂfi rang éHa^

tant dans la contrée 3 des richesses immenses : ils gagnaient

tout à la révolution, car ils étaient privés de un^t sous

l'ancien régime. Ils recouvraient la plénitude dcë droits

tiviis ; et , voués aux manufactures et au ccm^nerce- , t A

devaient désirer la tranquillité publique , et voir avec t;».

trmtmport dt joie t^éiaitir un gouvernetnent libre, dont fhiumue infhunec devait ajauier à leur fortune en favih' risant ieur industrie et en agrandissant ieurg retatians eotnmereiaJUs ( i a). Qu^on n'attribue donc plus aux protesta ns de Mimes les malheurs de 1790; qu'on ne s*eu autorise pas pour légitimer les attentats de 181 5 ; et qu'enfin, aujourd'hui que tous les partis sont désarmés , l'ère de la réconciliation oomnenoe !

Vous remarquères , sans doute « Monsieur , que î'ai laissé de côté un fait qui m'eût fourni des armes bien plus acérées' et bien plus irrésistibles que toutes celles que j'ai employées. Je n'ai point parlé de cet étrange mémoire, rédigé, imprimé, publié par l'un des chefs de la révolte et des massacres exercés sur les protestans en 1790; mémoire dans lequel cet h<mmie se vante d'avoir travaillé à oi^aniser, sous un prétexte religieux, la guerre civile dans le midi (i3). Ce mémoire toutefois existe; il est authentique ; plusieurs exemplaires en sont déposés dans des mains sûres : je le possède moiHnème« Mais il tient à des question^* trop délicates ; il réveillerait des souvenirs trop tristes ; et , si je n'y suis pas réduit par des dénégations imprudentes, ou par des attaques qui seraient mal calculées, je ne m'en prévaudrai pas.

Je croîs avoir rempli la première partie de ma tâche. Les protestons n'ont pot/nt immolé de victimes à Nimes , lorsgu'asteun parti n'avait encore souffert (i4)- Les premières Ticfitnes immolées ont été des victimes protestantes.

Je passe à la seconde assertion. Les protestans de Xtmcs ont-ib exercé de l'ascendant durant la révolution ? En ont« ils abusé ? Se sont-ils emparés de toute l'autorité sous Bonaparte ? Etrange délire de leurs accusateurs ! Tout ce qu'ils allègueot contre les honunes qu'ils veulent attaquer retombe 4ur le parti qu'ils pensent défendre ; et si je n'étais pas empressé moi-même de répéter sans cesse que la religion n*a rieo de conunun dans notre siècle avec les fureurs des ûic* tioDS et les désastres des guerres civiles , les réfutations aiucquelles me forcent ces prétendues catholiques si zélés, de* viendraient en apparence des accusiations contre les catho-. lîqocs.

En effet, après le 3i mai 1795 , toutes les autorités élablies à Ntmes , et parmi lesquelies siégeaient quelques pro-testans , furent destituées par un conventionnel catholique. Ln catholique fut nonuné maire , un tribunal révolutionnaire fut organisé , et tous les membres de ce tribunal furent pris parmi les catholiques. Ce tribunal condaouia à mort

eeDlqnarante'dx victimesy'et dans la Ihle Ae ces yieUmtê on voit les noms de cent vingt-cinq protestans 9 signataires de Tadresse en faveur de Louis \V I ^ après la >ournëe du ao iuin 1799. Plus de cinq cents protastans furent mis hors la loi , ou portés sur des listes d'émigrés* Loiuw biens furent vendus ^ leurs femmes « leurs enfans «caprisoniiés. Plus de deux mille furent arrêtés comme suafiects*

Mais, sous Bonaparte, ils ont été les principaux inslrumens de son gouvernement dcspotiqtie (i^) ! Aépondoiis de nouveau par des faits posttifs 9 par des calculs précis* Vous* même 9 Monsieur « semblez avoir ignoré quelques-uns de ces faits, et n'avoir pas eu les données de oes calculs; car vous me faites > dans votre lettre, Tlionneur de me dire que les prolestauset les catholiques eurent , sous l'empire, un partage à-peu-près égal dans les emplois et les administrations. Or , jusqu'au 5i mars 18149 il y a eu deux cent soixante faabitans de Nîmes 9 ou du département du Gard, appelés, soit aux différeus corps législatiis, soit aux emplois administratifs ou judiciaires. 8ur ces deux cent soixante employés, il y a eu soixante-quatre protcstans et cent quatre-vingt-seÎJEe catholiques. En iBi 1 9 le tribunal civil et le tribimal d'appel furent établis à Nîmes 9 et sur quarante -cinq individus qui y «n-' trèrent , il y eut quarante-un catholiques et quatre protestans.

A qui fera-t'Oft croire, en effet, que les protestana eussent tant de droiis à la bienveillance de Bonaparte? Y avait-il disette (U'.caliioii(|ues pour fe servir? ManqualUil de préfetspour vanter le restaurateur du culte 9 et d'évi^ques pour célébrer le coiu|uérant du monde ? Les mandemenS' étaieot-ils> tellement rebelles, qu'il lui fallût recourir aux prônes? Favi>» rîsait-il le | protestantisme , celui qui, lorsque tous les. liens avec la cour de Eomc paraissaient rompus, a eoaiclu au nom de la France un Concordat f|ui n^est devenu tolérable que comme point de comparaison? Favorisait-il le protestan"* tisme , celui qui , dans ses manifestes contre l'Angleterre, dénonçait aux tidèles les hérétiques Anglais? Certes, je ne veux pas insinuer que Bonaparte préférai un culte à. l'autre. La véritable relifûon est toujours amie de la liberté; et quiconque veut un pouvoir absolu 9 rencontre dans toutes les religions des bornes importunes. Mais Bonaparte, tel que nous l'avons connu , avec le fçénie qui en lit un héros, avec les erreurs qui en firent un despote, pou vait-i l'aimer le f>rotestantisme, qui, en France, a devancé dans se» conceptiOBS * hardies les premières i4lëes de liberté politique; le protesta utisme , qui, sous Charles «Quint, a mis un obstacle à la

monarchie HoiTervette; te protesUnUsme, auquel rÂngleterrç doit le triomphe du système représentatif?

11 mie reste à traiter de loC part que les protestans du Gard ont prise à la révolution du 30 mars. Quant à leur conduite durant les cent Jours et à Taffreuse réaction dont Us ont été victimes, tout se trouve dans les trois parties de votre excellent ouvrage. Je pourrai donc , après avoir rétabli encore quelques faits antérieurs , tâcher de répondre aux questions que vous in*avez adressées , et, m^appuyant de la connaissance du passé , essayer de tracer des règles pour Tavenir.

J^ai l^onneur d'être , etc.

BENJAMIN CONSTANT

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