Tome ir,V^. Partie
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Richelieu a Aê proposée par le prë«ideot du conseil des miaistres, comme on TaTait annODcë précédemment Je ne reriandrai point sur le fond de la question .-mus je dirai que 'j'ai lu avec une attention scrupuleuse et même iii> quiète le ' discours que le général Dessoles a prononcé en présentant ce projet de loi. Tj ai vu avee plaisir que tout s'y rapportât aux n^ciations de M. de Richelieu avec l'étranger. Rien n'a trait aux autres actes de son ministère ; et , quelque décision que prennent les chambres, elles u'auront pas à craipdre que Tapprobatioa qu'elles pourront donner à des opérations ^• plomatiques , dont le résultat est sastis&isant , ait l'air de s'éteudre sur des parties d'administration intérieure sur lesquelles leur jugement et celui de la nation restent libres.
La démission de M. Thoré de la Sarthe , ainsi que l'option de M. Manuel pour la Vendée, et celle de M. Camille-Jordan, pour l'Ain, ont été annoncées. L'on s'attendait k voir M. U comte Beugnot opter entre la Seine-Inférieure et la Haute-Marne. Un journal prétend que la loi du i5 mai 1818 ne saurait avoir tAi effet rétroactif. Je ne comprends pas trop, je ravoue,où serait la rétroactivité dans l'option de M. Beugnot , pour l'un des départements qu'il représente, ta rétroactivité d'ailleurs n'est vicieuse
le quand elle nuit à quelqu'un , et non qnano est avantageuse à plusieurs , sans blesser 'ef
intérêts de personne. M. Beugnot ne perdrait rien à opter , puisqu'il n'en siégeait pas moins dans rassemblée ; et le département auquel il rendrait la liberté de compléter sa dépu talion y gagnerait un député, dans une session où des lois importantes sur la presse^ le jury, l'organisation municipale^ seront discutées, et où conséquemment on ne peut que désirer que la Chambre , déjà si peu nombreuse , réunisse dans son sein toutes les lumières qu'il lui est permis d'y recevoir; M. Beugnot ne verra dans ma rem arque aucun blâme. Il a jendu quelquefois de tels services i la tribune , il a si victorieusement réfuté, dans plus d'une occasion , les clameurs des privilégiés sur les élections, les sophimes des anciens ministériels contre le jury, qu'on doit avoir trèsbonne opinion du discernement des électeurs qui l'ont nommé ; et cette bonne opinion £atit qu'on désire que , tandis qu'il continuera à représenter une portion de ses électeurs , l'autre soit appelée à exercer de nouveau une faculté dont elle a fait un si bon usage.
En résultat y si jusqu'à ce moment aucune espérance n'est trompés , il en est encore beaucoup à remplir. Ce qui est triste^ c'est de voir des lois, dont l'abrogation est imminente, exécutées avec rigueur; c'est de voir des écrivains condamnés d'après cette loi du 9 novembre , dont le rapport doit être le préalable de toutes les institutions qu'on nous annonce ; c'est de
voir d'autres écrivains poursuivis, ait^tes, Aé* tenus quand ils ont accepté le. bénéfice des intentions avouées des législateurs, et n*out point réclamé contre la saisie et la suppression de leurs ouvrages. L'on cherche vainement à s'expliquer cette double marche de l'autorité. Ceux qui ne deaiandent qu'à se féliciter s'affligent et ceux qui ne font que s'affliger ne savent que répondre à ceux qui s'alarment.
Que le nouveau ministère ne s'y trompe pas : ses fautes ou son incurie seraient bien plus fâcheuses que les fautes ou Tîncurie du ministère qu'il vient de remplacer. La marche de ce dernier était très-mauvaise > mais il y avait tou* tefois une chose consolante, que chacun sentait , sans trop s'en rendre compte , et qui tendait à diminuer l'impatience et le mécontentement. Ce ministère n'avait point été formé d'un seul jet, dans un moment décisif, avec l'intention avouée de satisfaire les désirs et les besoins nationaux. Arrivé au pouvoir, à une époque fâcheuse, entraîné long-temps , malgré lui peut« être, dans une direction que cette époque avait imprimée à toutes les aittorités de la France, et ne s'en étant jamais afTranchr qu'imparfaite* ment et partiellement, ce ministère, en ne faisant point de bien, ne désappointaitpersonne. Od le savait divisé. On accusait du mal qui avait lieu, ou des réparations qu'on n'obtenait |>as, tel ou telmi* nistre dont les opinions et les intentions étaient
connues; on ne s*agitait pas pour découvrir où était la volonfé aiiii-nationale. Aujourd'hui le ministère doit être homogène. Il ne peut que désirer tout ce qui est constitutionnel. Il ne se plaindra pas qu'on ne Fait point attendu avec patience. S'il restait inactif, s'il ne faisait aucun bien, s'il laissait faire le mal par des hommes aigris , et d'après des lois qu'il a reconnues vicieuses , la défiance qui renaîtrait serait d'autant plus fatale qu'elle serait vague , et qu'on no saurait plus où placer l'espoir.