‹ Collection des ouvrages sur le gouvernement représentatif et la constitution actuelle de la France ou Cours de Politique constitutionelle (volume 3)Chapitre 34 sur 42 · Tome IV y 8"**. Partie · texte numérisé non relu

Tome IV y 8"**. Partie

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pour queje me toUYiennederépoque desatfiort; mais , depuis cette mort » les collaborateurs de cet ouvrage gardaient le Ailence, privés ou abandonnés de leurs protecteurs. Aujourd'hui, Vun d'eux vient de rentrer dans la lice. Il écrit, dit-îL. en faveur de la loi des élections; mais en ayant Tair de k défendre» ce sont ses défenseurs qu*il attaque. Cest un honorable député dont il condamne la proposition comme mat séanie; ceU un parti démagogique dont il dévoile les prélentioDS à la popularité. Ge sont les dernières élections dont i\ déplore les tésultats* C'est enfin une faction turbulente dont il invite les ministres à 1RS garantir. Get homme, nous le savons tous^ n*a jamais écrit de lui-même. Quand, dans TouTrage dont j'ai parlé, il inventait, injuriait , Êibtfiait , son travail était commandé. Quand il insulte M. j^affitte et tous les constitutionnels, nul doute que ce travail ne lui soit ordonné de même. Mais qui donc lui intime ces ordres ? Quelle puissance occulte le met en mouvement ? il déclame aujourd'hui comme autrefois contre ce qu'il ftomme les extrêmes! Eu sommes-nous revenus aux temps d'autrefois? Reprendrait-on le système de bascule ?

Ce n'est pas tout encore. Il existe un autre ouTrage dont les rédacteurs anonymes font tin don généreux à quiconque veut bien Tacoep^ ter. Cette munificence décèle son origine. Eh bien! dans cet ouvrage aussi» distribué aratuî-

tement comme par le passé y mêmes invectives contre les députés , même déchaioement contre les écrivains libéraux. Bien plus. La loi d'élection y est amèrement censurée : on y relève ses vices et ses lacunes ; un ministre , oh ! témérité inusitée dans ces écrivains, un ministre s y trouve attaqué, et c'est précisément celui dont les nobles et énergiques paroles ont ras-^ sure, sur le %ot\ de cette loi si précieuse, la France alarmée, et lui ont valu la reconnaiîs* s^ince de tous les Français.' Un autre ministre , il est vrai, reçoit des louanges, mais c'est pour avoir ramené la discussion dans son cou s na-* iurel^ et atténué V effet du discours de M, le /f résident du conseil des ministres /et, k côté (le cet éloge dont le considérant a droit d'étonner, on lit un éloge plus fort de l'opinion de M. de Fontanes.

Et pourtant j je le répète, ces ouvrages portent tous les caractères des pamphlets approuvés par des ministres. On les répand, on les 'tiTre, on les donne; nul n'en est préservé s'il ne les refuse. Y a*t-il un ministère invisible, o^ le ministère actuel en forme-t*il deux ?

Je pose ces questions dans toute la sincérité • le mon âme. J'exprime ce que tout le monde pf^nse. Quand je garderais le silence, on n'en [>e oserait pas moins ce que je viens d'exprimer, fe me suis félicité, comme toute la France, ^e

/établissement du nouveau ministère; jç croif

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encore que sa nomination a été un événement heureux. Mais* dût-on m*accuser , comme on Ta déjà fait, d'une amertume excessive, ou d*aa mécontentement opiniâtre , je ne tairai point le sentiment pénible que j'éprouve, quand je vois le bien qui pourrait se faire , je dirai même le bien qui se fait, rendu sans cesse incertain et précaire par une marche équivoque et vacillante, par des mouvements rétrogrades toujours alarmants, par des invectives imprévues et inexpli* cables contre les arolii'de la charte , par des ménagements pusillanimes qui font, peut-être à tort, supposer des négociations avec ses ennemis acharnés. Jamais circonstances ne furent plus favorables; jamais peuple ne fut plus disposé à être bien aise qu'on Me gouvernât d'après les lois ; jamais peuple ne fut plus attaché à ses institutions constitutionnelles. A aucune époque, il n'y eut dans la masse d'une ilation plus dV mour de Tordre et de la liberté. Toutes les exagérations sont décréditées ; toutes les eflerves* cenees révolutionnaires ou contre-révolutionnaires, ce qui est une même chose , sont repoùssées de tous les esprits. Quand la France croit l'autorité rentrée dans la route de la conservation et de la paix , elle se serre autour d>lle , et lui offre appui et confiance; et Ton semble avoir peur de ces démonstrations mêmes , et on la décourage après l'avoir appelée, et on ca- 46tnni^ rimpulsion généreuse qui, l'emportant

SUT quelques souvenirs , la fait courir au secours d'un ministère dont elle n'exige que la vertu facile de connaître çon intérêt propre, et de vouloir son propre salut; e% Von ne réfléchit pas que si ces conséquences n'ont à Paris qu'un résultat passager et réparable, parce qu'on les commente, qu'on les excuse, et que: le mot suit de près Ténigroe , il n'en est paa de même dans les provinces. Paris court peu de risques : l'appui réciproque que se prêtent ses habitants, une garde nationale dont le patriotisme compense les vices énormes d^une organisation encore toute impériale, douze mille électeurs propriétaires toujours en rapport les uns avec les autres , sont des éléments de bon ordre qui peuvent braver les manœuvres des factions, et porter remède aux fautes de l'aiitorité. Mais les départements sont dans une situation différente. Là tout porte coup , parce que tout demeure sans explication. L'n mot officiel , un discours de tribune , an pamphlet qui passe pour avoir été dict^, paraissent des choses profondes et méditées. L'on ne sait pas que , la plupart du temps, ce sont des restes de quelque 'intrigue de la veille , ou des pierres d'attente pour quelque intrigue du lendemain. Les malheureux départements, que ré- ^'issent encore tant d'hommes de iBi5^ voient, dans chaque parole contraire aux principes cons* titutionnels, une preuve que ces hommes sont [)rét8 à ressaisir le pouvoir. Eux-mêmes s'en van*

. i86 tentavec audace. Dësarraés^ ils agitent le bras qui tenait naguère l'anne homicide, et ils aanoficcnt qu'elle leur sepa rendue. Ils proclament des divisions dans le ministère, des intelligences avec tel ou tel ministre ; et chaque contradiction, chaque démenti, chaque désaveu donné par des actes ou par des paroles au sjstèmequel'on croyait adopté , devient uDeconfirroatïon apparente des assertions de ces hommes. Ainsi tout est remis sans cesse en question dans des esprits effrayés du passé, et inquiets sur l'avenir. Le commerçant, le cultivateur, qui ont Âigné hier une pétition , qu'ils croyaient non-seulement nécessaire au maintien des lois, mais agréable au gouvernement qui a promis de les défendre , sont frappés de surprise et de crainte, quand le blâme et l'outrage leur abot proîgués par des hommes du gouvernement; à peine peuvent-ils en croire leurs yeux, qnand ils voient comparer à des pétition» qui rédamenl la conservation de ce que leur rot constitutionnel leur a donné , des pétitions qui provoquaient au renversement du tr6ne , et au meurtre du monarque (i). L'électenr des campagnes qui, dans son xète respectable, fait à son pays le sacrifice d'un déplacement incom- Tnode , et d'un temps précieux, est atterré, lorsque, pour remplir quelque vue secrète, pour L>niplaîre à quelque ordre clandestin, pourren'

[■} VojrcE U Quotidienne du 16 Man,

dre inojlns impossible une exclusion voulue» son préfet lui dispute des droits reconnus, et lai tend des pièges jusques dans les içoyens qu'il lui indique et dans le temps qu'il lui accorde pour les revendiquer. J'aime à croire , je le répète , que les alarmes que Ton ne serait que trop excusable de concevoir ne sont pourtant pas fondées, que tous les ministres sont unis , que des pamphlets à la fois insolents et serviles ne sont dus qu'au zèle intempestif et à Favidité mercenaire ; mais que je voudrais faire pénétrer dans Tâme des ministres ma longue expérience ! Combien volontiers j'accep-' tarais k ce prix les légers inconvénients de leur défaveur accoutumée !

Le moment est venu où rien n*est plus facile que de gouverner par la franchise et les lois ,, rien plus impossible que de gouverner par la ruse et l'arbitraire. J'ai parlé sans détour. Je n'accuse et je ne juge personne ; mais ce qui est inexplicable pour moi , est alarmant pour beaucoup d'antres^ Uc^ipaot, une action, une direction sincèrement constitutionnelle, peuvent éloigner tous les soupçons : dissiper tous^ les nuages, en prouver le besoin, en démontrer l'urgeqce , est peut-être un moyen d'y parvenir.

P. S. — La résolution de la chambre des pairs a été portée le i5 à celle des députés. M. Courvoisier s^ demandé que la discussion s'ouvrit

ftûr-le-chainp dans les bureaux. Cette proposition a été rejetée. Mais on doit en saToir gré au député qui Ta faite. Il est à désirer que Tincertitude cesse, et que Topinion soit enfin rassurée. Je relève avec plaisir cette demande de M. Courvoisier; elie affaiblit les doutes que son dernier discours avait, malgré moi, fak naître dans mon esprit. Je ne puis assez le dire : je ne me complais dans aucune défiance ; je ne suis jamais si heureux que lorsque je puis croire que les hommes qui sont chargés des intérêts nationaux, ne méconnaissent pas assez leur propre intérêt pour vouloir .se séparer de la cause nationale.

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