‹ Collection des ouvrages sur le gouvernement représentatif et la constitution actuelle de la France ou Cours de Politique constitutionelle (volume 3)Chapitre 5 sur 42 · Tome jy^ 7""*. Partie · texte numérisé non relu

Tome jy^ 7""*. Partie

qoM fragmenta d'mie lettre écrite au moment oè te résultat de cette élection fat connu.

JLondret , le 6 )aillct idi8.

n faut que j*aîe le plaisir de causer avec tous du succès de notre ami» pendant qull est dans tout son éclat et que les applaudissements uniTcrsels retentissent encore dans mon cœur. Je ne tous parle pas de lliistoire de Télection ; tous ayez suivi ces détails dans les papiers jour à jour ; yous avez partagé ces altematiTcs de crainte et d*espérance , oa plutôt , comme vous l'avez toujours vu à la tète du Poli , vous n*avez pas eu ces anxiétés que nous éprouvions par les différents rapports des comités , et qui variaient d'heure ea hçure. Le dernier jour a été un jour de triompLe et du triomphe le plus pur ; il fallait suivre le cortège : il fallait être dans la foule pour juger de l'impression générale* Lorsqu'il parut aux Haustings pour parler au peiqile, il y eut un silence d'attention et de respect : j'étais placé trop loin pour g;itendre même le sou de sa voix, mais je jugeais de l'effet; il était souvent obligé de s'interrompre par le bruit des applaudissements qui se prolongeaient dans tout ce vaste am* phil<;fttre, «u je voyais tous les mouvements d'aduiiration tt de joie. Son discours était la peinture la plus fidèle do ses sentiments et de sa vie politique. H était modeste et grave; ceux qui étaient auprès de lui m'ont dit qu'il n'avâic jamais parlé avec autant de poids et de dignité; sa bella phisioaomie ajoutait beaucoup à l'effet de son discours : la procession fut conduite avec une décence digne de son caractère. On aurait dit que la multitude même sentait gue la joie devait être noble et respectueuse pour être en barmonie avec l'individu. Les banderoles et les drapeaux ne portaient que des inscriptions qui reprcseotaienl ses actions politiques , le maintien de Vhabtas gûrpus , le bill des droits , la constitution , l'abolition de la tnite des noirs, l'appui de tous les opprimés , la réformâtioa des luis crimi-

nelles ; une grande partie des membres du parlement était montée à cheval et précédait son char. Que vous auriez été f-ma, 'VOUS qui Favez toujours suivi dans sa carrière avec tant d'intérêt , en le voyant recueillir toutes les bénédictions , ^t tons les éloges de la multitude ! les fenêtres, les balcons , Us mes, tout était splendide. Il y avait quelque chose de si touchant dans une allégresse générale qui ne tenait rien de Te ni V rement populaire ni du triomphe de parti ; à la fin du cortège des voitures, il y en avait une qui vous aurait vivement intéressé ; c'éuit Edouard , Charles , Henry et Frédéric, a eux seuls : i*avals eu d'abord la pensée de me placer avec <us, mais je pensai que ces quatre enfants laissés à euxmêmes faisaient un spectacle charmant. La beauté du jour f^Torisait cette scène., et personne ne se souvient d'avoir vu une réjouissance publique plus signalée à tous égards. Je ne vous dis rien de la joie de Sophie ; je Tavais vue au moment où elle partait pour aller prendre place sur u« balcon ; il n'y avait qu*un sentiment pénible , c'était Tabsence de lady Romilly : on avait craint que l'émotion et la fatigue ue réprouvassent trop ; et elle avait consenti , bien malgré «-Ile , à rester dans la solitude , en prêtant Toreille aux ac- <'amations qui avaient dû lui parvenir.

'William a pris une part très-active au Canvass. Il a vu prtont quelle était l'estime publique pour son père. Ceux ii^xne qui avaient pris un engagement contraire lui témoignaient leurs regrets. Dans un diner public , après qu'on etit porté la santé de son père, il était appelé à prononcer un discours de remerciment ; il s'en acquitta très-bien , avec «mplicité et modestie; tons les membres du comité ont été i 'ft contents de lui. Cette journée doit lui valoir plus que t'-^otea les leçons de morale possibles. Romilly est le premier ^ 'kinme de loi qu'ait présenté Westminster. Aussi était-ce ion état d*avocat qui renfermait toutes les objections qu'on j-rt ovait faire contre lui.

1) Ponr bien démontrer que le suicicle de sir Samuel

AomîDy n*a été, comme je le dis , que TcfTet d'ane raison qui n'avait pu résUier à une douleur trop a mère , je me fuis décidé à joindre ici un extrait fort étendu du testament de cet homme respectable. Il contient sans doute beaucoup de détails relatift à ses aflbires privées ; mais il me semble tellement démonstratif à cbaque ligne de l'attachement paslionne du chevalier Romilly pour sa femme , et vers la fin tellement expressif de son pressentiment que ses facultés intellectuelles seraient anéanties par son désespoir , que je crois sa publicité utile à sa mémoire. D'ailleurs, un écrie dont cbaque mot respire Taffection, la bienveillance, Famour de l'humanité, Tabnégation de soi-même, le désir tendn et inquiet de pourvoir au bien-être des autivs, de quelque calamité que l'on pût soi-même être atteint, mérite,

aelon moi, d'être conservé.

« Ceci est la dernière volonté de moi, sir Samuel Romilly de Russellsquare , dans le comté de Middlessex. Je donne a mon cher frère Thomas-Pierre Romilly, et ses héritiers , ma maison de Princes Street et toutes mes terres et héritages à Mancy , dans le comté de Warwick. Je donne à ma chère femme mes biens dans le comté de Radnor et ma propriété dans le comté de Warwick , pour elle et ses Léri tiers , afin de les vendre et d*en appliquer le produit au palment de mes dettes et des legs contenus dans le présent testament , et quant à Taisent qui restera après ce paîment , je le donne en toute propriété à ma chère femme et à ses héritiers. Je donne à mon cher fils Guillaume Roui lly mille livres sterling, à' ma cnère fille Sophie quinze cents livres sterling , à mon neveu Cuthbert la jouissance des appartements qu'il occupe actuellement. Je remets m mon frère Thomas-Pierre Romilly et à ma sœurX^therÎTie Roj^et toutes les créances que je pourrai avoir contr'eux au moment de ma mort ; et, s'il arrive que mon frère ait de Targentâ moi dansles fonds puBlics, sous son nom ,à cette époque » je le lui donne en toute propriété. Je luilègue aas^I

ipLÎme cents lîyres sterling; à mon neveu ilonze cents ; à mon jieren et a ma nièce Cnthber et Caroline Romilly , mille clia* eun ; à mon neren et à ma nièce Joseph et Marguerite Roniin]r,hnît cents chacun; à ma sœur Catherine Roget, cinq cfnts,et à mes nièces Anne Roget ef Lucie Romilly , quatre cents à chacune. Les différences que j'ai 'mises dans les legs faits à ces chers parents ne viennent d'aucune différence dans mon affection pour eux. Je donne à mon neveu François Romilly seulement cent livres sterling , parce qfre je con*lidère son état comme assuré par la commission que je lui ai achetée. Je donne à £zra Mters mon clerc , cent livres sterling en reconnaissance de la grande fidélité et honnétet arec laqnellc il m'a servi pendant plusieurs années. Je donné à mon frère tout ce que je possède y sous son nom , dans la tontine d*Irlande, Comme j'ai accordé et que j'accorderais peut-être dans la suite des baux pour les bi'ens compris lians mon contrat de mariage et que je ne suis pas sûr d'avoir I« droit d accorder de pareils baux , je déclare que toutes I» personnes , qui profiteront par mon testament ^ seront obligées de les confirmer et de les eiécuter. Je désire que tons 1rs legs que je fais k ma soeur et à mes neveux et nièces soient pris en compensation de oe que je puis leur devoir an moment où je fais ce testament, mais non pas poar les dettes que Je pourrai contracter envers eux par Il soite. Je donne à mon excellent ami Etienne Dumont non dictionnaire et mes enivres de Rayle. Je donne à ma chère femme ma maison dans Russelsqnave pour tout le teapsqnej'aià Toccaper, aveotous les meubles, linge, argente-> rie et livres. Je donne vingt livres sterling a ma cousine Otherine Hanter. Je laisse le reste de tout oe que je possède n ma chère femme , et je la nomme tutrice de tous mes rtifantf pendant sa vie; mais , si elle mourait pendant la minotité de quelqu'un d'enir'eux, je nomme mon ami Jean Whishaw tuteur de mes fils, s'il veut être assea bon (^>ar prendre sur lui celte charge importante et amidale ; et

Marie WhittaLcr , soeur de ma femme, tntrîce de mes filles. Mon désir posirif est qa*aaciin de mes fils ne soit élevé dan» les écoles publiques, et par ce mot j'entends des écoles telles que celles d*£ton, Westminster , Winchester et Harrow. Je donne à ma chère femme toutes mes propriétés non-con»prises dans ce testament;ety sachant que rezcellence de son esprit et la sensibilité de son cœur rengagèrent k en taire le meilleur usage pos|ible , je lui donne pouvoir absolu dt disposer par acte ou par testament de toutes ces propriétés comme elle le jugera convenable. Mais, dans le cas où elle ne ferait pas usage de cette faculté , je veux que les propriétés susdites soient divisées a sa mort en non^rc de portions égal à celui de mes enfants alors en vie , et une de plus , et que mon fils aine ait deux de ces -portions , et chacun de mes antres enfants une. Je nonmie ma cbère femme mon exécuteur testamentaire. Je laisse à mon ann Jean Whishaw mon exemplaire d'Aristophane , édition «VAlde. En foi de quoi j*ai signé , ie 19 août 181S. S^miKJk

KOMILLY.

Dans- le cas de la mort de ma chère femme « je nomme mon bcau-frèrei le colonel GarbettWalsham , mon exécnteiir testamentaire et tuteur de tous n»es enfants , et je lui demande d'avoir lamitic de prendre sur lui l'exécution de mon testament , hii laissant nn legs de mille livres sterling* C-* i5 no%*embre 1817. Samuel Romillt.

J'ai employé depnis quelques années le loisir que j'ai eu à préparer des matériaux pour un ouvrage sur les lois criminelles. J'ai écrit quelques observations, et recueilli des fidts sous différents titres, qui pourront entrer dans nn pareil ouTrage. Ce que j'ai écrit n'est aucunement en état d'être publié ; mais je serais bien aise qu'un de mes amis voulût jeter les yeux sura^s notes, et s'il pensait que des extraits ou des parties détachées fussent utiles a publier, soileomioe contenant de bonnes observations, ou indiquant des aperçits droprcs à servir à d'autres qui traiteraient le même sujet»

on pourrait pqblier ces fragments avec mon nom. Il me serait égal qae cette publication fût désavantageuse à ma ré* {mratîon comme auteur, si elle avait d'ailleurs une utilité quelconque* Si mon ami M. Whisbaw voulait s'en occuper »oiis ce point de vue, et diriger ce qui serait fait à cet égard , j en serais particulièrement satisfait : ce que je laisse aprèa mol ne pourrait pas être en de meilleures mains. Si ce tra* vail loi était impossible, peut-être mon ami M. Brougbam, qui trouve du temps pour tout ce qui co^eme le bonheur de Tespèce humaine, pourrait, malgré ses nombreuses occupations, me rendre cet office d'amitié.

Dans l'un des cartons de mes papiers, déposés dans l'una des caves , on trouvera trois volumes, contenant un journal de dooae dernières années de ma vie. Je désire qu'il soit conservé , parce qu'il pourra intéresser mes enfants.

4 octobre x8i8. Si ma chère fenAme, que j'ai nommée tutrice de mes en&nts, mourait avant moi (ce qui, je crains, nest que trop probable) , je nomme le colonel Garbett Walskam pour être leur tuteur , et s'il mourait lui-m^me pendant leur minorité , ou que sa mauvaise santé lui fît refoser cette charge , je nomme dans ce cas Guillaume , mar* quis de Lansdown , et Jean Whisbaw pour leur tuteur : ea rhoiitssantces deux amis pour ce service important, j'ai été dirigé par la raison et les vertus éminentes que j*ai remar^ qoées en eux, et c'est là ce qui m*a engagé k les préférer à des parents qui , j'en suis convaincu, seraient des tuteurs irès^convenables si la sipcérité de raffeclion et l'intégrité la phis irréprochable étaient les seules qualités rtqnises. Su Béme temps, je sens bien que je n'ai aucun droit dlmposer ans deux amis que j*ai nonmiés, des devoirs aussi délicats et aussi importants que ceux de tuteur, et je ne regar* derai point comme un manqae d'amitié leur refus de s'en diarger. Je dois observer que mon ijitention, si j'avais ^ccu, était d'élever tous mes fils pour le barreau ou pourU comacTce, en supposant que ces professions leur fussent •Sréables; et j'avais l'espérance que ceux qui entreraient

dans le commerce seraient admis dans quelques maisons ré* gulières et établies depuis long-temps 9 et non dans ancone de celles qui s*engagent dans des spéculations hasardeuses et désordonnées. Je voulais , quand le temps serait Tenu , consulter sur ce point mes amb Alexandre Baring etRicbard Sharp, et les tuteurs de mes enfants trouveront peut-être convenable de le faire. Je laisse k mon excellent ami Jean Nash , comme un faible témoignage du souvenir que |e conserve des services quej'ai reçus de lui, la somme de' cmq cents livres sterling. Je laisse au révérend docteur Samuel Parr , comme une preuve de mon respect et démon affection pour lui, mon édition d^Aristophane ; je lui laisse aussi toute Targenterie dont il m'a fait présent il 7 a quelque temps : c'était un témoignage de son approbation de ma conduite, et j'en étais fier à juste titre : il me Tavait d*abord laissée par testament, et trouva bon ensuite de me l'offrir durant sa vie : j[e ne pub cependant la considérer que comme un legs, et par conséquent, si je ne lui survis pas , }e la luv rends. Je laisse a mon neveu Cuthbert Romilly mifle livres, sterling en addition au legs que je lui ai fait précédemment. Je laisse au marquis de Landsdowne mon exemplaire de% Historiens d'Italie, et du supplément de Muratori, et je le prie de les accepter pour l'amoUr de moi. Sakczl

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