ROMILLY
8 octobft 1818. Je donne à mon cher ami Jean Whiska^ cinq cents livres sterling, et je le nomme mon exécuteur tes* tamen taire avec les exécuteurs déjà nommés. Je désire que les sommes allouées pour le maintien e^ l'éducation de mes enfants , pendant leur minorité, so^nt libérales et Celles que les tuteurs les trouveront convenables , et je veux que ni eux , ni mes exécuteurs testamentaires ne soient responsables de ces son.mes, lors même qu'elles excéderaient ce que la cour de Chancellerie aurait accordé , ou qu'elles paraîtraient disproportionnées avec ma fortune. Ma chère femme a été dans l'usage depuis quelques années de pajer quarante livr^
f tf rling; par an à madame Cam de Weobly pour qu'elle TëcAt plus agréablement, et je désire que la même somme de quarante livres sterling soit payée à cette dame à Noël da chaque année durant sa vie. Samuel Romilly.
Ceat le désir de ma chère femme, et par conséquent c*esl le mîen que noos soyons enterrés tous deux à KniU d^ns le
comté de Hereford.
9 octobre x8i8. Je suis dans le moment présent parfaitement sain d'esprit et en pleine possesaion de toutes mes £acultes; mais je souffre sous Taffliction la plus sévère, et je ne puis pas ni'empécher de réfléchir que la folie est parmi les maux que les afflictions morales produisent quelquefois , et que ce sort malheureux peut être le mien. Si jamais je perds la raison , ce dont Dieu me préserve ! mon plus vif dcsir est que, pendant que je serai d|ins cette situation, lea sommes suivantes soient payées de mon revenu à divers pa** rents pendant ma vie, et soient considérées comme une portion de la dépense que j'aurais certainement faite si j'avais continué à diriger mes propres af&ires. A mou frère , cent Cinquante livres sterling par an; à mon neveu Pierre Roget , cent cinquante livres sterling par an; à mon neven Curtbb^tg Bouilly , cent livres sterlings par an , à chacune d^ mes nièces Caroline et Marguerite Romilly, trente livres slerlinj^ far an. Je désire que toutes les sommes nécessaires soient employées pour Téducation de mes chers enfants pendant l^^r minorité et po^r leur établissement à leurmajoritc', e| que ces sommes soient prises sur les capitaux, si mes reversas notaient pas suffisants, ce qu'ils ne peuvent pas étrc^ pour rétablissement de mes enfants dans leur profession ou dans leurs entreprises de commerce. Ces sommes cef>^ii<iant ne doivent pas excéder, excepté dans des circonsts ne ea particulières, six mille livres sterling en additîoi\ * a ce qui aurait été dépensé pour eux auparavant. Quant a ma chère Sophie, si un mariage convenable se présente l sxir die, j'autorisç raysuicemeat d*une dot n'exccd^nt pJUs
dix mille Itères sterling. Mais toat ce qui aura été ainsi avancé à Tan de mes enfants devra être pris par lui en compensation de ce que je leur aurais laissé par mon testament. Si ma chère femme survivait , ce que Dieu m'accorde ! et recouvrait sa santé, toutes ces choses doivent être à sa disposition absolue , sinon k la disposition des personnes que I* Lord Chancellier nommera pour Tadministration de mes bicM) et je m'engage ici, ainsi que mes représentants per- •omiels, à confirmer et k sanctionner tout ce qui aura été dit conformément à ce que je demande. Je crois que j*ai quelques sommes dans les fonds publics achetées au nom de mon frère : elles ne sont pas considérables ; mais, quel qn'en foit le montant, je désire que rien ne soit redemandé à mon frère pour cet objet , ni pour aucune de ses dettes envers moi* Je déclare que ces fonds sont à luit ^^ j^ rtcquitte de toute dette.* Samuxl Rovillt.
Si la terrible calamité dont j'ai parié ci-deuns tombait •ur moi, la plus grande'consolation dont je pourrais jouir serait, si mes deux <^niis le marquis de Landsdowne et Jean Whishaw avaient la bonté de consentir à être commissaires pour la garde de ma fortune et de ma personne. ■
Lady RomiUy étant attaquée de la maladie qui Ta conduit» au tombeau , sir Samuel l'accompagna , vers le milieu da mois d'août , dans l'Ile de Wight , pour essayer si un climat jplus doux ne la rendrait pas à la santé. Mais cette eapé* rance fut trompée, et lady Romilly mourut le 29 octobre. Le jour suivant, sir Samuel quitta l'Ile de Wight dans nn état d'agitation et de désespoir inciprimable, et arriva dans sa maison de Londres, le dimanche premier novembre. Une fièvre cérébrale qui se déclara , causa la plus grand* inquiétude à ses amis. Tous leurs soins lui furent prodigués , mais sans succès , puisque le lendemain lundi, sa mort fut causée par une blessure que , dans un accès de délire , il se fit à la gorge avec un rasoir. Ses restes furent
h senifttne suÎTante arec ceax de sa femme dans )e tombca* (le leur famiUe à Knill , comté de Hereford.
(5) Plusieurs de mes auditeurs ont supposé que j'ayaîs fait Allusion ici à Tim des rédacteurs habituels ou dés correspondants connus du Comnier. Comme je ne me croîs pas plus j>ermis d*aecréditer uhe erreur par mon silence que par mes ]aroles , je déclare que Thorame que j'ai eu en vue n'est ]>oint un journaliste ordinaire ; il occupe en Angleterre des fonctions assez éminentes. II y est célèbre par son dévouement an ministère actuel, et remplace le premier ministre, <)uand des affaires ou des Voyages empêchent celui-ci d indi- (]aer mm. Cbicmér les faits qu'il doit établir, ou les doctrines q a *il doit défendre.
(6) L'on m'a communiqué une Gazette ii landaise, contenant deux pièces, qui prouvent Ifi libéralité des. principes i\*! lord Casilereagh , lorsqu'il était encore M Kobert
S'ewart,
Le Trst,
Noos remplirons avec scrupule notre devoir dans le parlement, et nous serons gouvernés par les instructions d« nos cooamettan^s.
^'ooa employerons , dans la diambre et hors de la chambre, tooa nos moyens et toute notre influence pour obtenir le succès :
D'un bill, pour réformer la représentation du peuple;
D'un bin, pour empêcher les pensionnaires du gouver- I f ment de siéger dans le parlement ;
n'unbill, pour limiter le nombre des employés et des ;•' iistonnaîres du gouvernement , et pour réduire le montmiit des pensions j
U'un bill , pour protéger la sûreté personnelle des sujet*.
Si'ffnéy Edwâeo Wazo, BoBKET Stewàat.
Déclaratious des hommes unis.
Fous sommes embarques dans une cause bien pins f\o* rieuse et plus intéressante <{ue notre simple succès ^ comme •indWidus..*» Nous sommes appelés commo des instruments tntre vos mains pour éinanciper la patrie.
Signé, Edwabd Waad,
• Robert Stewart*
Extrait de la Gaxette irlandaise , intitulée : The Belfast Newsleuer.
(7) Monsieur Canning a prononcé dians la cbambre des communes plusieurs discours remarquables; une partie de leur succès doit sans doute être attribuée à une circonstance qui n'existe plus aujourd'hui , il at'taquait un homme détesté par l'Europe : on déteste toujours ceux dont on a' peur; mais cet homme est tombé , et M. Canning a tort de croire que» parce que des injures contre Bonaparte ont réussi, des injures contre la France réussiront de même; cependant le genre d'éloquence de M. Canning admis , ses discours parlementaires sont une lecture intéressante et quelquefois instructive ; on y trouve des faits dont l'application à la France n'est pas sans utilité. Je vois, par exemple , dans une réponse au chevalier Ridlej, sur l'abolition des sinécures , qu'il n*j a dans la chambre des communes , composée de 655 membres, que 4^ hommes en place, tandis que nous en comptons de 1 30 à r5o dans une chambre où siègent tout au plus deux cent cinquante-detix individus. Dans le même discours, M* Canning s'exprime sur le pouvoir de l'opinion publique, en des termes que je voudrais voir gravés dai^s l'enceinte de toutes 1rs assemblées représentatives.
A laccroîssement du patronage de la couronixe, dit-il , il faut opposer ce prodigieux accroissement dn pouvoir de ropinioii publique ; pouvoir qui , pygmée à l'époque de la révplmion y s'est élevé depuis comme un géant ; pouvoir qui
tf iJle snrtôiit ; qui règle et contrôle non-seulementles actions, mais les patoles de tout homme publie, et qui, tirant son principal aliment de la publication des débats du parlement, rst toujours présent à l'esprit de ceux qui parlent dans cette chambre ; pooroir sous l'influence duquel je m'adresse k tous da Ds ce moment. Messieurs , sachant très-bien que tout ce que je dis ici sera demain lu et critiqué par des milliers d'individus, sachant très-bien que chaque parole que je prononce ^ qtie la moindre faute, même d'inadTertance , la moindre erreur, enfin de quelque nature qu'elle soit , qui m'échappe, sera aussitôt portée à la connaissance du public, sera commentée toujours avec séTérité , sourent avec malveillance , et demeurera enregistrée pour m'ètre éternellement reprochée.
(S^ Un journal m^a reproché d'être tombé dans une contradiction choquante , parce qu'après avtfir lené sir Samuel EomiUj de tes projets d'amélioration pour la constitution aoglmise , je déclare ici que nous dcrons repousser môme les perfiKtionnements que certains hommes nous proposeraient pour notre charte. Je Tais m'expliquer en peu de mots,, et d'une manière qui, je pense, ne sera pas équivoque. La Cliatte n'est point parfiiite , mais elle est suffisante ; il est donc s&r, d'une part, qu'on pourrait y faire quelques changements qui corrigeraient certaines imperfections' ou rempiiraîent certaines lacunes ; mais il est évident , d'une autre part , que nous serions insensés de consentir à ce que la Charte lût changée, sans être assurés que ce serait pour l'améliorer : or, depuis quatre ans, les hommes qui nous proposent des altérations dans notre pacte constitutionnel , M sont montrés-, dès qu'ils ont cm le pouvoir , des adver- «aires déclarés de toutes ses dispositions philantropiqnes et libérales ; il ne nous ont pas même fait l'honneur de couvrir de quelques prétextes un peu plausibles leurs évolutions tobitcs et leurs bisarres corttradictioos ; ils ont tour à^ tour dureté d'enthousiasme la loi du 9 novembre, qui pronok-^
fait detpeioMUt ère* contre le» écrits non eocàreiBipriiBé* , *i réclamé U liberté de la preste dant toute »od étendue. Iti ont, à DM époque, volé une loi qui mettait tous les ciiojeu à la merci de la police, et se tant irrité* d'itoe circolaîre daas laquelle le minittre , iuveïti de celle ficbeu»e jirérogaiive, cherchait à es restreindre l'ciercice et eu ptéveuir les abui : puis, à une auure époque , ils ont prononce d'éloquents discaors pour la liberté indiildaelle ; ils ne cessent de se plaindre de l'ascendant de la démocratie du» nos iBstitntions , et ik allaquent notre système électoral comme trop aristocratique, et réclament de» changementa qui renforcent en apparence la démocratie; en on mol, iU «e serrent de la parole, du raisonnement, des prindpei , comme de mojens qu'on prend et qu'on quitte , suitant les temps et les circonstances , et ib ont la bonne foi de changer d'arme* et de lactiqne, en notre présence et sons n«a «eux. Cest traiter trop légèrement une nation éclairée; c'est la croire trop stnpide ; et, quand je ne me défierais pas de ces hommes en ma qualité de citoyen, je serais blessé en ma qualité d'individn de les Toir insulter de la sorte à mon intelligence, et spéculer m onTertement snr ma crédule simplicité. Xai voulu long-temps m'imposer ta loi de croir« à des conversions invraisemblables; j*ai voulu repousser l'évidence, oublier les actions , n'écouler qne les harangues ; mais les actions sont toujours derrière les liarangaes poiir ea profiler et les démentir.
L'éloquence de 1S17 n'était qne la préface du renonvell*nientde i8i5 : sans donte, les principes de la liberté coostif tiiionnellene sauraient être décrédités, queb que soient ceas <|ul Ici professent ; nous ne devons nous en écarter ni pour fnirr prévaloir nos opinions on nos intérêts, ni pour combailrc nos adversaires ; mais les propositions de ces advernires doivent être considérées comme port ion d'uns'jstème, «t qusnd, par miracle, elles se trouvent être salutaires, il flHl les séparerde ce systènC) les examiner dans toutes leurs
aoBt^oieef , les refondre et les reconstruire arant ifi les edopter. H fiint, de plus, ne les adopter qu'en temps utile, et bien calculer si notre assentiment trop facile ou trop rtjade ne donnerait pas quelque avantage à des hommes qui se prennent jamab une ronte que pour atteindre le but opposé a cette ronte. J'ajouterai un mot sur les améliorationa ea féoértl, sans m'informer si, peut-être, jeidéplais à la fois tu réformateurs trop impatients et aux routiniers trop opiniâtres. Je ne suis , certes , point le partisan d'une stabilité fiagérêe, et je Tai prouvé dans ce discours mémo; mai» il B*j s oéiamoins aucun doute qu'un certain degré de stabilité djBs les institutions ne soit désirable. D y a des arantages qoî ae se dérdoppent que par la durée. Le besoin de Thabttsde est naturel à l'homme , comme celui de la liberté. Or, U ou il n'y a point de stabilité , les habitudes ne peuvent Bsitre. Un homme qui yivrait cinquante ans dans une auberge qu'il se croirait destiné toujours a quitter le lendemain, œ contracterait que l'habitude de n'en pas avoir : l'idée de I ivenir est un élément de Thabitude , non moins nécessaira qne le ptssé.
Que l'on me permette un exemple fiunilieri peut--étre« >ui$ qui me semble singulièrement propre i édaircir la qiiesiiiMi.Tous les raisonnements qui s'appliquent aux droits d na peuple, sur sa constitution , pourraient s'appliquer an droit d*un propriétaire sur le bail en vertu duquel il cède sa propriété à des fermiers. L'on pourrait dire que e droit impretoriptible d'un propriétaire est de tirer de sa propriété le Mtteur parti possible ; qu'en conséquence il doit avoir sans cexe la frodté de résilier un bail qui la livre au fermier dont U a^igence le détériore, on à celui dont l'artifice s'est pre* ^aln de rignorance du maître pour obtenir un prix trop bas ; iBais les propriétaires ont senti qu'il était de Icmr intérêt da rcDoiicer à l'exercice perpétuel de ce droit, parce que l'idée de éarée et de certitudeattachedavantage l'homme auquel ih con* ^at leur propriété; et que, bien qu ils puissent être lézésmo»
ttentanément , on clans des cas particalîérs , ces incoiiTémasU nfc sont pas équivalents à celui que produirait la consenration d'une faculté qui empêcherait le fermier de faire aucun éta* blîssement fixe , ou d'entreprendre auci^n travail qui aùt hesoin de l'avenir. De même, les nations ont pu sentir que pour attacher leurs gourvernements à la fonction dont eUes les chargent , et pour se garantir elles-mêmes de leur propre mobilité , il fallait (aire des baux à plus ou moins longs termes, soit avec les hommes, soit avec les institutions* La raUoa met des bornes à des conventions de cette espèce. Aucun propriétaire ne tolérerait le fermier qui incendierait sa ferme ; et il y a des conditions tellement onéreuses , qu'elles motiveraient la résiliation d*un bail. De même, une nation ne pourrait être ténue a tolérer utie constition tellement vicieuse , cpi'elle serait pire que la secousse du changement* Biais , en ihèse 'générale, une nation peut et doit s*abonner avec ses institutions pour un espace de temps durant lequel elle puisse se créer des habitudes , jouir du repos , et ne pas consumer perpétuellement toutes ses forces à des tentatives d'améliorations politiques, qui ne sont que le moyen ; ce qui lui ferait négliger les améliorations morales , l'acquisition des lumières, le perfectionnement des arts, la rectification des idées; choses qui sont le but.
(9} « M. Benjamin ConsUnt a attribuée lord Castlereagh , dans les débats sur le sort des protestants en France, une expression d'une nature si grave que , s'il fait imprimer son discours , il ne ponrra se dispenser de citer la feoille d'on il la tirée. Nous avons suiri ces débats avec beaucoup d'attention dans les feuilles anglaises; mais nous ne nous rappelons pas y avoir jamais lu <iue le ministre ait jamais parlé si légèrerement du nombre des victimes^ • Annales poUUqugs, wmgt^ neuf décembre 1818.
Puisque l'on a contesté l'exactitude de cette analyse dA diseurs du premier nûnistre anglais, que du reste je ne
Iftli m inculper ni juger , et puisqu*0B m*a sommé d'indiquer 1j source oà j'avais cité celles de ses expressions que j*ai npportées, je donne ici la traduction littérale des passage» de ce discours qui ont trait aux souffrances des protestants do midi. Jen*ai omis que les phrases que je n'aurais pas putnascrire sans inconTénient : Ton Terra que j'avais affaibli lescosplatôtque je ne l'avais exagéré.
Débits parlementaires 9 volamé 24» pages 'jSç et sui'vantcs.
Lord Castlereagli dit : que c'était avec beaucoup de peine qa*il avait écouté le discours de TLonorable et savant gentilhomme qui venait de parler (le chevalier Romilly). ittUnt qu'il avait pu connaître les faits qui avaient été le sujet de ce discours, il n'hésitait pas à affirmer que le tableau étiit exagéré et teint de couleurs partiales , et plus propre t occr on sentiment d*animosité entre les hommes des deux Tdigioos , tant en Angleterre qu'en France , qu'à servir ceux ^•t Foratenr avait embrassé la cause. Cet honorable et sa- T>Bt fentilhomme avait mis sous les yeux de la Chambre uncxpoié d'excès locaux rapportés avec autant de dé rails que iHi avaient été Tobjet d'une procédure approfondie devant v> tribunal particulier. Même , si nous avions les moyens ^ parvenir à la -vérité sur ces tristes événements , car ils ctaieat tristes pour les deux partis , nous n'avions aucun ■ojen d'y porter remède. Il ( lord Castlereagh) croyait de^ voir protester formellement contre la fausse politique qu'on iuntait FAjlgleterre à adopter ; il ne balançait pas k prédire ?K >i ce pays se livrait à un système dlntervention dans les ^ires des autres pays , et surtout dans des aflBaires de controverse religieuse et locale, on ferait revivre en Europe l'espiit ilHbéral des siècles passés, et Ton ouvrirait une source utepnitable de calamités ppur le monde entier. Dans son opi* ûm, l'honorable et savant gentilhomme avait agi sans sa- ^^ti sans jugement en s^appesantissant sur ce qui s'était