SUR DONGO OU ANGOLA
coté de la rivière de Bengo, elles produisent abondamment du manioc , du millet, des fèves, et quantité d'autres fruits ou de légumes. Avant l'arrivée des Portugais, les bords mêmes de cette rivière étaient couverts de ronces et de buis$ons. Ferdinand de Souza, gouverneur de Loanda, en i63o, ayant ordonné aux habitants de défricher chacun leur portion de terre, suivant le nombre de leurs esclaves, parvint à rendre le pays capable de culture. Il eut beaucoup de peine à se £aiire obéir ; mais à mesure qu'on reconnut Futilité du travail , chacun s'empressa de former sa plantation , et prit autant de terrain qu'il en pouvait cultiver. C'est ainsi que par degrés tout ce canton fut comme transformé en un beau jardin, où Futilité se trouvait jointe à l'agrément ; ensuite les ravages des Hollandais, qui se saisirent de la ville de Loanda en 1641 9 le firent rentrer dans sa première confusion. Tout y fut ruiné par le feu , et ce beau pays redevint l'habitation des lions et des tigres ; mais aussitôt que la paix fîit rétablie entre le Portugal et la Hollande , les deux nations réunirent leurs efforts pour lui rendre ses agréments et sa fertilité (i).
Descriptioin du royaume de Dongo ou d'Angola , selon
Cavazzi.
Après avoir donné la description géographique d'Angola, selon Lopez, ou Pigafetta, et les premiers
(1) Dapper, Afrique^ p. 363.
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voyageur*, il convient de faire connaître êéparéaueat celle qu'en a donné Cavazzi, auteur plui raient , ain»» que nous l'avon» fait pour le Congo,
Le royaume d'Angola, autrefoii connu tous le nom de Dongo , i'ët«nd en partie lur lei bord« de rOc^n, depuîi le huitième degré et demi de latitude méridionale jusqu'au leiziènw. La rivière de Lufuné le tépare , au nord , du royaume de Congo. Il est borné , k l'eat , par celui de Bfatamba et les provinces de Malemba , et à l'ouest par la mer. Le pays est extrêmement montueux; il n'y a des plaioes que vers les bords de l'Océan , et dads les gorge» des montagnes.
On le partageait autrefois en dix-sept provinces , entre lesquelles celle de Benguella retient encore le titre de royaume, quoiqu'elle soit regardée comme les autres provinces,
La province de Chissama ou Quiisama tient le premier rang. Elle est située , selon CavazEÎ , par onze degrésde latitude méridionale, k l'embouchure de la Coanza, Cette rivière rapide , après avoir arrosé le côté droit de cette province, se décharge dans l'Océan A douze lieues de la ville de X^oanda-Saint-Paul; on peut la remonter jusqu'à cent cinquante milles, ou cinquante lieues au-dessus de sou embouchure, c'estf, capitainerie et forteresac
moatueuse , d'un accès diflS- >n produit le plus important
SUR DONGO OU àNGOLA. 87
est Je sei , dont elle renferme des mines abondantes. On trouve en abondance, dans les forêts, de la cire et du miel ; mais on y ëprouve les privations d'eau douce , parce que , depuis la moitié du mois de mat jusqu'à la 6n d'octobre , il ne tombe pas une goutte de pluie , et que les montagnes arides , et toutes de rochers , ne produisent ni source ni ruisseau.
Smnbi est la seconde province; elle est située sous le même climat que la précédente. Ses habitants sont grands et extrêmement forts. La plus grande partie de cette province est couverte de prairies naturelles. La rivière Cuvo , qui est considérable , la sépare au sud et à l'est de Scella et du Haut-Bembc ; cette rivière forme plusieurs îles bien peuplées et bien cultivées , où on élève beaucoup de gros bétail , parce qu'il y est moins exposé aux ravages des bêtes féroces qui dépeuplent le continent.
Le royaume ou la province de Benguella est bornée à l'est par Rimba, au nord par Surabi, et à l'ouest par l'Océan ; elle est traversée par la rivière Benguella; elle s'étend, au sud et à l'est, jusqu'au cap Négro, et la rivière de Cunene qui la sépare de la Basse-Bembé (i). On y trouve des mines de sel : les bêtes féroces abondent dans ces parages. Rien n'est plus commun que d'y voir des troupeaiuc de cent et deux cents éléphants. On y rencontre aussi une espèce de mulet sauvage qu'on appelle zèbre ; un auti*e animal, nommé abadde , qui porte deux cornes, l'une sur le nez, l'autre sur le front, et qui est probable-
(1) Cavazzi, p. 11. CaTazzi écrit Bingaella, et se troave ici en contradiction avec les cartes de d'Ânville, relativement à Rimba et k Snmbi.
88 RiSUMi DE GAVàZZI
ment le rhinocéros. Les lions et les tigres se rassemblent en troupes dans le Benguella , et causent des dommages considérables. Les rivières enfin sont remplies de crocodiles , d'hippopotames , et de serpeifts monstrueux. Cavazzi fait aussi remarquer que cette province était autrefois couverte de troupeaux de bœufs et de moutons d'une grandeur extraordinaire. Les ravages des Jagas et des bêtes féroces en ont tellement diminué le nombre , que ces animaux y étaient extrêmement rares du temps de notre auteur (i).
Le sol du Benguella est en général montagneux. On ne trouve des plaines que le long de la mer et sur le rivage de Sainte^Marie , où les Portugais ont fait élever une forteresse considérable , appelée le fort de Benguella*
La province de Rimba fournit des grains en quantité , et la pêche y est très abondante. Elle a , à l'est, celle de Scella , et au sud , celle de Sumbi. Elle était divisée , du temps de Cavazzi , en vingt-deux seigneuries. Tous les habitants suivaient la religion des Jagas. Notre missionnaire parcourut cette province en i658 , et y baptisa un grand nombre de nègres (2).
La province de Scella a pour bornes , à l'est , la haute province de Bembé et celle de Tamba , et à l'ouest, celle de Rimba. Cavazzi parle d'immenses rochers qui s'étendent dans cette province sur un es-
(i) Cavazzi » p. 1 1 ; Labat , L i , p. 68. Mais Labat , comme dans tout le reste , embrouilie les descriptipns de Cavazzi.
(9) Cavazzi, p. la ; Labat , t. i, p. 70. D*Âi)Yil)e met Scella au sud de Rimba.
SUR DOUGO ou ANGOLA. 89
pace de plus de dix lieues. Quand on est placé à leur pied , ces roches élevées semblent ne former qu'une seule masse taillée à plomb par la main des honmies. Le sommet de cette chaîne est habité et cultivé avec soin ; on y jouit d'un air extrêmement tempéré et salutaire. On trouve dans ce pays des pierres nommées par les habitants tari-ya , ou pierres du tonnerre , qu'ils disent tomber de l'atmosphère quand il tonne. La province de Scella fournit une grande quantité d'excellent fer (i). Il paraît que les naturels recueillent le minerai sur le bord des fleuves et des rivières, en y étendant des âiisceaux de paille et d'herbes sèches auxquelles il s'attache : on les fait ensuite sécher, et on les secoue pour faire tomber la matière dont ils sont chargés. C'est par ce moyen , long et pénible , que les nègres de la province de Scella parviennent à se procurer le fer, qu'ils fondent ensuite dans des creusets, et allongent en barres. Le gouverneur de Scella fait sa résidence à Chituccullo-Cacoriondo , petite ville bâtie sur le penchant d'une très haute montagne appelée Lembo. Un autre seigneur, qui a le titre de chitechi-è-Quin- Benguella, demeure sur les frontières de Scella et de Rimba , sur les bords de la rivière de Cuvo. Ce seigneur est si puissant qu'il a sous ses ordres vingtdeux sovas ou gouverneurs.
On partage la province de Bembé en ' haute et en basse. Elle s'étend , d'un côté , sur le rivage de la mer, et de l'autre , elle sépare le royaume d'An--
(1) CtTtzzi , p. la ; Labat , 1. 1, p. 71.
90 RSSUMi DE GAVAZZI
gola des provinces voisines. Cette contrée abonde en bœufs , en chèvres , en cerfs, et en autres animaux sauvages et domestiques. Les naturels se servent de la graisse de ces animaux pour s'oindre la tête et tout le corps, et pour accommoder leurs vivres. Leur langage est entièrement différent de celui de leurs voisins. Ils se couvrent de peaux de bêtes grossièrement tannées , et même de peaux de serpents , au milieu desquelles ils font un trou pour passer la tête ; de sorte qu'une partie leur tombe sur Testomac, et l'autre sur le dos (i). Les négresses de cette province entretiennent et arrangent avec art leurs cheveux, à l'imitation des Ambondos, nation que l'on regarde qomme la plus polie de toutes ces contrées. Les hommes, au contraire, se font entièrement raser; ils ne conservent qu'une seule mèche de cheveux sur le sommet de la tête, comme les Moci-Congos. Outre la sagaie , les nègres de Bembé portent pour ^rmes des bâtons d'environ deux pieds huit pouces de longueur, dont une des extrémités est garnie d'une boule armée de pointes de fer. Us s'en servent avec beaucoup d'adresse , et ses effets sont terribles sur les corps nus de leurs ennemis.
La rivière de Lxitato traverse cette province , et y porte la fertilité. Elle se décharge dans la Coanza , non loin de l'île nommée Gongariozzi, et elle forme un grand nombre d'îles dont les habitants reconnaissaient pour leur maître un certain persoanage nommé Angola Cabange, qui a beaucoup d'autorUé
(i) Cavazzi, p. i3; I^at, t. I9 p. 73-74*
SUE DOKGO OU ANGOLA. gi
dans toute la province, et qui demeure dans un lieu Dommé Cuengo ou Quemgo (i).
La province de Tamba est un pays de plaine , coapé d'une infinité de ruisseaux, d'étangs et de rÎYières. Elle confine à l'ouest avec Scella , et à Tes! avec les deux Bembé , Oacco et Cabezzo. On trouve dans le Tamba une multitude d'impallanches et d'im» panguazze ; les premiers de ces animaux sont une espèce de vadies sauvages , et les seconds ressemblent aox mulets d'Europe. Cette province était divisée , du temps de Cavazzi, en douze seigneuries, qui, bien que sous la protection des Portugais , vivaient dans une espèce d'indépendance, à condition de fouroir à ces derniers des milices en tel nombre qu'ils en avaient besoin. Cavazzi convertit, en i658, plusieurs des nègres idolâtres de cette contrée.
La province d'Oacco a pour confins , du côté du nord, outre les districts dont nous venons de parler, Cabezzo et Lubolo ; et du côté de l'est, les bords de la Coanza. Ce pays est entrecoupé de collines et plaines 3nt)sées de quantité de ruisseaux, et de fontaines ^ produisent des eaux excellentes. Le fleuve de ^go, qui se perd dans la Coanza, le traverse et ^vient très rapide et très dangereux dans la saison
(t) Carazzi , p. i3 ; Labat, p. y S, Labat embrouille encore toute <^^ partie de Cavazzi ; il confond la Lutato, qu'il nomme Lutano onlotina, avec la riyière de Lembo ou Gubororo, ou de Saint- ^nnçois (car elle porte ces trois noms) de d'Anville; il la jette ^ l'Océan, et dit qu'elle se nomme Guavoro. La Lutato parait ^ la inéme riyière que le Rio Cutato ou Cutalo de Pinheiro , qui ionne de grandes Iles ayec le Rio Gango ( nommé aussi Rio Fn-
^*°^ciia),etleRioTombe, rivières qui toutes se versent dans la
Coanza.
9^ RjisUMÉ DE GiLVAZZl
pluvieuse. Une partie de cette province reçut le bap* téme en 1657, à l'exemple de leur chef Gunzambambë(i).
LfL province de Cabezzo confine avec celle dont nous venons de parler; elle a au nord Lubolo; la Coanza la sépare à l'est de celle d'Oarii ; et elle a au sud celle de Oacco. Le Cabezzo produit des métaux, et surtout du fer en abondance. On le tire d'une montagne appelée , à juste titre , montagne de Fer, puisque toutes les pierres qui la composent fournissent du minerai. Les Portugais ont appris aux naturels l'art de le fondre, de le réduire en barres, et d'en fabriquer des armes (îï).
Outre la rivière de Longa, qui prend sa source dans la province de Tamba, sous un grand rocher sur lequel les Portugais ont construit un fort , et qui se jette dans l'Océan (3), une multitude d'autres rivières traversent et inondent le Cabezzo. L'air y est mal-sain, et le sol feFtile ; on y trouve des arbres d'une grosseur prodigieuse.
Suivant Labat, bien des gens comprennent les provinces dont on vient de parler, sous le nom général de Lubolo. Il est pourtant certain qu'il y a une province particulière qui porte ce nom ; elle est située le long de la Coanza , près de la province de Chissama. On y cultive une espèce de palmier qui pro-
(i) Cavazsi, p. i4'i5; Labat, t. i, p. 79.
(1) Ibid. , p« 16 ; Labat , 1. 1 , p. S3.
(3) CaTazzi, p. i3. Suivant d'An ville, la Longa est à son embouchure le Rio Moreno, et se décharge dans TOcéan près de la Treille Benguella. Pinheiro s'accorde en cela avec d'Ânville.
SUR DOICGO OU AfTGOLA. gi
duit du yîn et de l'huile. Cet arbre est très rare partout ailleurs; il exige une exposition particulière, et Cavazzî assure en avoir vu très peu dans les autres pays qu'il a parcourus (i).
Les cinq dernières provinces que nous avons dé» crites sont situées entre le levant et le midi , et sont abondamment arrosées par la Coanza. Les six autres qu'il nous reste à faire connaître confinent avec le Congo au nord , et avec Matamba à l'est. La rivière de Lufîuié les sépare du Congo. Ces provinces réunies n'ont qu'environ vingt-cinq lieues de longueur du nord au sud , et douze dans les terres , c'est4-dire de l'est à l'ouest.
On a donné le nom de Danda à la province qui est située le long de la rivière du même nom ; elle sépare le royaume d'Angola de celui de Congo. La rivière de Danda est navigable pendant plus de vingt-cinq lieues, de sorte que les bâtiments ordi« naires la remontent jusqu'au-delà d'Icao. I^a quantité de crocodiles et de serpents qu'on y trouve , rendent la pèche et la navigation en canot très dangereuses. L'embouchure de la Danda est large d une portée de fusil. On y trouve dans le temps des pluies, sur la surface de la terre, une espèce de gomme de couleur d'ambre, appelée ucototo par les nègres , qui s'en servent pour fabriquer leurs flèches. C'est dans le temps des grandes eaux que les crocodiles remontent, et qu'ils traversent les deux milles de terre qui séparent la rivière de Lufuné de celle de
(i) CaYazzi, p. i6; Labat, t. x , p. 84>
94 RIÉSUMÉ DE CAVÂZZI
Danda. Lorsque les eaux décroissent et qu elles deviennent saumâtres , ce que ces animaux ne peuvent souffrir, ils sont obligés de retourner à la rivière d'où ils sont sortis; et comme ils ne peuvent le faire aisément, les nègres les observent et se réunissent pour les détruire (i).
La province de Bengo est située sur les bords d'une rivière du même nom, que l'on appelle communément Zemza. Elle joint le district de Chissamaou Quissama sur les bords de la Coanza , et du coté de la terre celui de Moseché, où sont les forteresses de Massangano et de Cainbambé et leurs territoires. Du temps de Cavazzi, les Portugais possédaient de ce coté des terres considérables d^ichées et en valeur. La province de Bengo produit abondamment des vivres , et particulièrement des racines de manioc, dont on fidt une farine appelée fuba dans le pays. Les Portugais y ont apporté le mais. Ces Européens sont les véritables maîtres de tout ce district, quoiqu'il soit encore divisé en plusieurs gouvernements , qui ont pour chefs des naturels du pays. Les Portugais forcent ces peuples à travailler, par corvées, à leurs terres , eX. à cultiver leuFs palmiers. On comptait dans cette province , du temps de Gavazzi , huit églises , dont une appartenait aux jésuites.
La province de Moseché dépend aussi des commandants de Massangano et de Gambambé, forteresses portugaises distantes l'une de l'antre de six à sept lieues. Cette province a au nord Ulamba , et Oarii à l'est. Elle fournissait annuellement , pour la garnison de
(i) Gavazzi, p. i8; Labat, t. i, p. 84.
SUR DOHGO OV ANGOLA. g5
Loanda , trente-cinq à quarante mille sacs de farine de manioc On y trouve quantité de métaux. Cavazzi fait remarquer, à cette occasion, que Ton reconnaît la natnre du métal que produit chaque quartier, à la couleur de ses habitants. Quoique ces Africains soient tous noirs, il y a cependant une différence très ttosible entre le teint de ceuK qui habitent près des mines d'argent , et celui des nègres établis près des mines de plomb. Cette différence, qu'il faut peutêtre attribuer à l'influence des exhalaisons qui sortent continuellement de ces mines , est si marquée , que Cavazzi assure ne s'y être jamais trompé (i). Le district de Cabocco, qui dépend de la même province , produit des zimbis d'une si grande beauté , qu'ils sont extrêmement estimés dans le Congo. On j donne un esclave pour un collier de ces zimbis. Les personnes de condition en font leurs plus beaux ornements , et les femmes surtout s'en font des ceintures.
I^ province d'IUamba se divise en haute et en Ikissc. La basse est comprise entre les rivières Danda ^ Bengo ; elle est soumise au pouvoir des Portugais , ainsi que TlUamba haute, que l'on connaît aussi sous W nom de Lumbo. Cette dernière confine avec la province d'Oarii et les royaumes de Congo et de Matamba. Elle produit abondamment des grains , et elle renferme des mines de très bon fer. Son sol est couvert de collines, au milieu desquelles s'élève une ^ haute montagne. Une foule de ruisseaux d'ex-
(i) Carazzi, p- 19; Labttti 1. 1, p. 9S.
96 RJ^SUMi DES PREMIERS VOTAGEURS
cellente eau y prennent leur source, et répandent au loin la fécondité et la fraîcheur. On se croirait transporté dans un autre monde, tant ce district ressemble peu aux contrées brûlées qui l'entourent ( i ).
La province d'Oarii s'étend sur les bords de la Coanza, C'est là que résidait, du temps de Cavazzi, un prince nègre, auquel les Portugais laissaient le vain titre de roi d'Angola-Aarii , moyenniEmt un tribut annuel. La libatte qu'il habitait se nomme Maopongo. L'on voyait à deux lieues de là les sépultures des anciens rois de Dongo , monuments appelés dans le pays , les imbuilles de Gabazzo.
Cette province est arrosée de plusieurs rivières , entre lesquelles la Lutato et la Coanza sont les plus considérables. Elles sont toutes dangereuses dans le temps des pluies. La province d'Oarii a, à l'est, la province de Bondo , qui fait partie du royaume de Matamba; et à l'ouest, celle d'Embacca. Les Portugais ont une forteresse à Maopungo, où ils entretiennent une bonne garnison , aussi-bien qu'à Quitonga , île importante de la Coanza.
Ëmbacca ou Membacca , qui confine à Matamba et à Oarii, est la dernière des dix-sept provinces de Dongo ou d'Angola. Elle est traversée par la rivière de Lucala , qui se partage en sept canaux au pied du fort portugais.
Ces dix-sept provinces composaient autrefois le royaume d'Angola ; mais depuis la domination des Portugais et dès le temps de Cavazzi , comme le fait
(i) Cavazzi, p. ao; Labat, t. i, p. 97.