‹ Collection des relations de voyages par mer et par terreChapitre 9 sur 80 · SUA DOMGO OU ANGOLA · texte numérisé non relu

SUA DOMGO OU ANGOLA

suites, auxquels il fail une pension annuelle de deux mille cruzades. Ils tiennent des écoles , ils prêchent , ils exercent les autres fonctions de leur ministère , et y pour récompense de leurs travaux, les habitants du pays leur ont accordé la propriété de plusieurs maisons et de douze mille esclaves de diverses professions, qui servent le public comme forgerons, tailleurs de pierres , ou menuisiers, lorsqu'ils ne sont point employés par leurs maîtres , et qui ne leur rapportent pas moins d'une cruzade par jour (i). Angelo parle aussi du couvent des carmes et de celui du tiers^ordre de saint François. Il observe que la ville est habitée par trois mille blancs, et par un prodigieux nombre de nègres qui servent les blancs en qualité d'esclaves ou de domestiques libres. Il est commun pour un Portugais de Loanda d'avoir cinquante esclaves à son service ; les plus riches en ont deux ou trois cents , et quelques uns jusqu'à trois mille. C'est en quoi consiste leur richesse, parce que tous les nègres étant propres à quelque travail , s'occupent suivant leur profession, et que, outre la dépense de leur entretien , qu'ils épargnent à leur maître , ils lui apportent chaque jour le fruit de leur travail.

La nourriture ordinaire des habitants de Loanda

(i) Angdo, ChurehiU't CoUection, p. 56 1. Ceréoît paraît p«u ▼raîiemblable aux auteurs anglais de V Histoire générale des rofoges, dans quelque cens qu'on le prenne, c'est-à-dire, soit qu'on entende une crusade chacun , on une cruzade pour somme totale. On doit croire que chaque esclaYe rapportait une cruzade pour son travail, mail que ce n'étaient que les plus habiles f et par conséquent un petit nombre. Il n'y a donc rien que de yraisemblable dans le récit d* Angelo.

84 néhimi dks i^nitMivM vovagcur»

ti%t la poinnoii f h émv du vache , qui est U mmWeurt' viAiida du pay»9 at ealla da ehèvra at da mouton. On paut dirai nuirant la remarque d* A ngalo, qw lai animaux de ca» trois dernièra» espèces sont cotnpoiuis da cinq quartiers , dont la queue est b plu» gros; mais elle est si grasse, qu'elle n*est pas re-gardée comme une nourriture saine. Au lieu da pain , on fait usage de la racine de manioc, comme au Rrésil. Le blé d*Inde sert à faire des gAteaux et d'au« très espèces de pAtisserie, LVau qu^on boit dan» la ville est fort mauvaise ; on l'apporte d'une tle voisina , ou Teau de la mer se Hltre au travers du sable, dauii des fossés qu'on creuse exprès, et devient assex dotuti^ pour l'usage , mais sans l'être jamais parfaitement. Ceux qui ne peuvent s'en accommoder , en font venir d'une rivière & douze ou quatorze milles de T^anda , dans des canots composés d'une seule pièce , dont le fond est percé d'un trou qu'on débouche en ar* rivant dans la rivière, et qu'on ferme soigneusement lorsque la canot est assez plein. Au retour, on la passe dans un linge pour en séparer la boue , at, pendant quelques jours, on lui laissa la temps de aa purifier. Le vin qu'on apporte de l'Europe se vend ici soixante mille réaux la pipe, c'est-à-dire vingt livres sterling, Dans les temps de cherté , il vaut jusqu'à cent mille réaux(f ), et quelquefois il manque entièrement.

La sécheresse des terres, aux environs da Loanda, y fait régner une stérilité perpétuelle ; mais , de l'autre

(i) Ann»io, Cbiirahill'A CnlUfillon, t. i, p. S6i,

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