DE LA RELIGION CHRÉTIENNE AU CONGO. I
culière qu'ils eurent *avec le roi, on résolut de cornmeocer par bâtir une église, pour y célébrer plus solennellement la cérémonie de son baptême. Il ordonna qu'on fît les provisions nécessaires de bois, de pierre, de chaux, de brique et d'autres maté' riaux , dont l'usage devait être abandonné aux ouvriers portugais. Mais cette entreprise fut interrompue parla révolte des Anzicos (i), habitants des îles du Zaïre, entre l'embouchure de cette rivière et les cataractes. Ces peuples secouant le joug de Congo , au nombre d'environ trente mille , avaient tué bar* barement leur gouverneur.
Mani Sundi, fils aîné du roi, dans le gouvernement duquel ces iles étaient situées, marcha aussitôt contre les rebelles; mais le mal devint si pressant, que le roi se crut obligé d'y remédier par sa présence. Cependant il résolut de recevoir le baptême avant &oa départ. Le temps ne, permettant point de bâtir une église de pierre , il en fit élever une de bois , ^i fut dédiée à saint Sauveur ou san Salvador. Ce fut dans ce premier monument de sa piété qu'il fut baptisé avec la reine son épouse. Il prit le nom de dom Jean (2) , et la reine celui d'Eleonor ; c'est-àdire les noms du roi et de la reine de Portugal.
Son exemple ayant été suivi d'un grand nombre de seigneurs, il ne perdit pas un moment, après la
(0 Pigafetta , p. 46. Lopex reproche ici à ranteur d'une Hiitoue latine des Indes, qai ayait été publiée récemment , et qui était apparemment celle de Maffée , d'ayoir donné mal k propos à ces Pépies le nom de Mundiquetti, au lieu d^Anzichi ou Anziquetti.
(3) Son premier nom était Joyi.