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194 INTRODUCTION £T FROGItis
qu'ils cëlëbrèrent dans l'église de Pinda , ville à Tembouchure de la rivière. Son zèle lui avait fait apporter ce qu'il avait de plus précieux pour en parer l'autel et l'église (i).
Dapper observe qu'en 1647 quatorze missionnaires capucins, envoyés par le pape, à la prière d'Alvare 11, débarquèrent dans le comté de Sogoo, d'où ils se répandirent dans le royaume de Ck>iigo , pour instruire le peuple et travailler à la propagation de la foi.
SognOy comme on l'a déjà remarqué plusieurs fois, est la première province de Congo qui reçut les lumières du christianisme. On apprend, par les relations des missionnaires , que c'est aussi celle oîi les semences de la foi produisirent les plus abondantes moissons , soit parce qu'elle eut des ministres en plus grand nombre , soit par les encouragements qu'ils tirèrent de ses comtes , qui se distinguèrent toujours par leur zèle et leur attachement pour la religion. Cependant le témoignage de MeroUa ne leur est pas si favorable, qu'il ne les accuse d'avoir quelquefois traité lesjnissionnaires avec beaucoup de hauteur et de mépris. Les Portugais ayant entrepris la conquête de Sogno en 1 680 , cette expédition , quoique infruc* tueuse , irrita si vivement le comte , qu'il résolut de se défaire des capucin s, par la seule raison qu'ils étaient venus de Portugal et qu'ils appartenaient à cette couronne. Il employa l'occasion de quelques marchands des Pays-Bas , qui retournaient dans leur patrie, pour
(i) Voye* cî-dc»§us, t. xiit, p. i45.
DE LA BSLIGIOH CHRIÉTIENHE AU CONGO. IqS
au nonce de Bruxelles et lui demander d'aumissionnaires. Le nonce lui envoya deux cordeliers, accompagnés d^un frère lai , mais qui avaient <Midre d'obéir aux capucins conmie à leurs supérieurs, s'il s en trouvait encore dans la mission. Ces trois religieux furent reçus du comte avec des caresses extraordinaires, et conduits au couvent des capucins. Il était question d'en chasser deux anciens possesseurs ^ dont l'autorité n'avait fait qu'augmenter par les ordres du nonce. Après avoir cherché inutilement des prétextes , le comte eut recours au traitement le pias hariiare qu'on puisse imaginer. Il ordonna <|o'ils fussent traînés hors de ses terres pendant l'espace de deux milles, et cet ordre fut exécuté avec la dernière rigueur , c'est-à-dire que les capucins , liés de leurs pnc^res cordons , et le visage contre terre , lurent tirés par les pieds au travers des sables du pays. Ils souffrirent ce supplice avec constance ; mais l'un des deux en mourut bientôt, et l'autre, qui se nommait Thomas de Sistola , ne se rétablit qu'après de longues douleurs.
Ils furent laissés sur les confins des terres du comte 9 dans une petite île déserte de la rivière de Zaïre. Le secours du ciel y fut leur soutien pendant deux ou trois jours. Sistola , qui était le moins blessé, prit quelques oiseaux pour leur subsistance ; mais ils furent délivrés heureusement par quelques pécheurs idolâtres, qui les conduisirent à Bomaogoy, ville capitale du royaume d'Ângoy . Là , un nègre infidèle les reçut avec beaucoup d'humanité, leur donna fort bien à souper et les logea dans une maison où il laissa