Begi cnvim Juin
11. Begi cuvimé i mexi. . . . Juillet. II. Cuvimé aijari Août.
Us partagent leurs mois en semaines , composées de quatre jours chactme; ils les appellent suone. Les trois premiers joiurs sont toujours ouvrables; le quatrième est consacré au culte des idoles. Les plus dévots croiraient faire une grande faute en travaillant ce jour-là (i).
Ces douze mois se partagent en six saisons, appelées en langue du pays, massanza, nsasu, ecundi, quitombo , quibiso et quimbangalla.
Massanza répond au printemps. Cette saison commence aux premiers jours d'octobre , lorsque les pluies commencent à tomber, et se prolonge pendant les mois de novembre, décembre et janvier. La seconde saison, appelée nsasu, commence vers la ^ de janvier. La végétation est tellement active à cette époque de l'année , que les grains viennent à uuiturité en peu de jours, et qu'on en sème d'autres &\ir-le-champ pour la seconde récolte. Ëcimdî et quitombo se confondent vers le commencemept de
vO Cayazzif p. 3<|.
a 54 BiftUMIÉ DES PREMIERS YOTAGEURS
mars, lorsque les petites pluies commeneent à tomber : elles durent ordinairement jusqu'à la moitié du mois de mai. C'est la plus ou moins grande quantité de ces pluies qui détermine la durée respective de ces deux saisons. A partir de cette époque , Tair s'enflamme ; il ne tombe pas une seule goutte d'eau jusqu'au mois de septembre ou au commencement d'octobre. L'atmospbère se charge de nuages épais et enflammés ; pendant le décours de la lune , ou lorsqu'elle se renouvelle, des orages violents éclatent et jettent la terreur parmi les naturels ; l'air est lourd et brûlant, et l'homme, les animaux et les plantes languissent sous sa funeste influence ; les végétaux se dépouillent de leurs feuilles , et les herbes jaunissent et meurent. C'est à ce période de l'année que les nègres rapportent les deux saisons de quibiso et de quimbangalla : cette dernière ne finit que lorsque massanza ou le printemps commence (i).
Dans toutes ces contrées, les vents d'hiver soufflent du nord à l'ouest , et du nord au nord-est. Ils ont été nommés par les Portugais, vents généraux ; ce sont les mêmes que les Romains nomment été* siens , et qui soufflent en été dans Htalie. Ils poussent avec beaucoup de force les nuées vers les grandes montagnes, où, se rassemblant et se trouvant pi*essées , elles se condensent beaucoup. A l'approche de ta pluie , elles paraissent comme perchées au sommet de ces montagnes. Lapez, toujours dominé par les idées de son système géographique, attribue à cette
(i) Cayazzi , p. ai ; Labat, t. i, p. 107 et suit.
SUR LS CLIMAT OU CONGO ET d'aHGOLA. a 55
cause les inondations du Nil , du Sënëgal et des autres rivières , qui se déchargent dans les mers orientales et occidentales.
Pendant l'ëtë du pays, qui est l'hiver de Rome y les vents soufflent du sud au sud-est. En nettoyant les parties méridionales du ciel , ils poussent la pluie ▼ers les régions du nord. Leur effet le plus salutaire est de répandre de la fraîcheur dans toutes ces contrées ; sans quoi il serait impossible d'y résister à des dialeurs si excessives, que, pendant la nuit mime y on est contraint de suspendre au-dessus de soi deux couvertures, pour se garantir de Tembra* sèment de l'air.
Les voyageurs remarquent aussi qu'il ne tombe jamais de neige au Congo et dans les pays voisins , et qu'on n'en aperçoit point au sommet des plus hautes montagnes, excepté vei*s le cap de Bonne-Espérance, et sur quelques autres monts que les Portugais ont aommés Sierra nevada ou Monts de neige. Mais on ne vante point cette propriété du pays comme un avantage; car un peu de neige ou de glace paraîtrait an Congo plus précieux que l'or. Qu'on se croirait heureux , s'écrie Ijopez , d*y pouvoir quelquefois^ rafraîchir les liqueurs (i) !
On trouve dans le royaume de Congo des mines de divers métaux, sans en excepter l'or et 1 argent. Malgré différents témoignages, Dapper ne croit pas à l'existence de mines d'or aux environs de San-Salvador. Les Portugais ont demeuré si longtemps dans le pays, et leur goût pour ceméta! est si connu, qu'elles
(i) Pigafetla, Retatione def feamt M Comgv , p. S.
n'auraient point échappe à leurs recherchés (i). Mais Carli prétend qu'il se trouve des mines d'or près d'une mine de fer dans la province de Bemba (a), et que les habitants ont cessé d'y travailler à l'arrivée des Portugais, pour se garantir de la guerre et de la perte de leur liberté (3).' Lopez explique, par la même raison , le refus qu'ils ont toujours fait de les découvrir aux étrangers. Il assure aussi qu'Angola est non seulement fort riche en mines d'argent et d'excellent cuivre, mais qu'il n'y a point de pays dans l'univers qui produise une si grande abondance de toutes sortes de métaux (4).
Il est certain, suivant Dapper, que le cuivre est fort commun dans le royaume de Congo, surtout dans la province de Pemba, près de la ville du même nom. La teinture de jaune est si forte dans les terrés, que les artistes l'ont prise pour de l'or. Sogno n'en est pas moins rempli ; et son cuivre étant encore meilleur que celui de Pemba, on en fabrique à Loanda les bracelets et les anneaux que les Portugais transportent à Callabar', au Rio-del-Re, et dans d'autres lieux. Linschoten assure que Bamba produit des mines d'argent et de quelques autres métaux.' II place à Sundi, du côté de l'est, des mines de, cristal et de fer. Les dernières, dit-il, sont les plus estimées des nègres, parce qu'ils font de ce métal des couteaux, des épées et d'autres armes (5).
(i) Dapper, Afrique y édit. de 1686 , p. 347-348. (a) On en a parlé ci-dessus.
(3) Carli, Ghurchill's Collection, t. i, p. 57a.
(4) Pigafetta , Relatione del reame di Congo, p. i3.
(5) Dapper, Afrique, 1686, p. 348.
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• Zucchelli prétend qu'il y a, dans le Congo et dans la province de Sogno , de Tor , de l'argent , du mercure , et toutes sortes de métaux , mais que les nègres en dérobent la connaissance aux blancs. Ce que Zucchelli nous apprend de plus certain , c'est qu'on trouve du fer dans le voisinage d'Entari , que les naturels savent l'extraire ; ils en fabriquent des lames de couteaux et d'autres instruments utiles (i).
Les. montagnes de Congo ; portent en plusieurs endroits différentes sortes de très belles pierres, dont on pourrait faire des colonnes , des chapiteaux et des bases d'une telle grandeur, que, si l'on en croit Lopez , on y couperait facilement une église entière d'une seule pièce , et de la même pierre que l'obélisque . romain de la Porta del Popolo. On y trouve des monts entiers de porphyre, de jaspe et de marbre de différentes couleurs, qui portent à Rome le nom de marbres de Numidie , d'Afrique et d'Ethiopie. On en voit quelques piliers dans la chapelle du pape Grégoire. IjCS mêmes montagnes ont une pierre marquetée, dans laquelle il se trouve de fort belles hyacinthes , c'est-à-dire que les raies ou les veines qui sont distribuées par toute la gangue peuvent en être tirées comme les pépins d'une grenade, et tombent alors en grains qui sont de parfaites hyacinthes ; mais on ferait de la masse entière des colonnes d'une beauté merveilleuse.
Enfin, les montagnes de Congo renferment d'autres espèces de pierres rares, qui paraissent impré-
(i) Zucchelli, p. aoo.