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274 tiisjimÉ BES PlUi^HI^^HS VOTAGBURS
à sucre ; maU ks habitants assurefit qu'elles ne sont d'aiiMuti U6a^9 et que cette i^aisoa lei? empêche de les cultWer. L'auteur avoue que le jus en est brun ; mais il n'est pas moins persuadé qu'elles vaudraient laiews que celles de Saint-Thomas, pour en £siire du sucre (i)»
La malaguette, our la manighette de Congo , est une aorte de grain, siemblable au poivre ^ mais plus gros. Il croît en grappes, qui renferment le fruit. Lorsqu'on en tire les grains, ils sont coulem* de pourpre ou d^ rouge foncé ; mais en séchant ensuite axk soleil, ils deviennent noirs et prennent le goût du poivre.
On trouve assez communément dans le pays un arbrisseau qui ne s'élève pas à plus de trois- ou quatre pi^s, et qui porte un fruit semblable à la coriandre. Les feuilles sont petites et étroites; le fruit paraît d'abord en petits boutons verts , qui s'ouvrent en fleurs cm ombelle commue le sureau , et qui se changent en petits grains. Aussitôt qu'ils sont mûrs et séchés au s#ljeil, ils se rident comme le poivre oriental, ils noircissant comme lU(i , et n'en sont plus guère différents par le gQÛt; mais n'étant pas si chauds, ils sont plus agréables dans l'usj^, et s'emploient dans touties sortes d'aliments* Il en croit beaucoup dans le royaume de Bénin et dans la basse Ethiopie (a). Meroila, daps; l'accès d'une violente colique., fut soulagé par quelques grains de ce poivre, qui venaient d'être cueillis dans un bois du comté de Sogpo, et qu'un
(i) Dapper, Afrique ^ p. 363.
(a) Dapp€r, p. 364»
SUR LES YÉQÉTAVX DU CONGO ET b' ANGOLA. a^S
nègre lui conseilla d'avaler. Il ne faut pas douter, ajoute-t-il, que toutes ces contrées ne produisent d'excellents remèdes^ auxquels il ne manque, pour être justement estimés, que d'être mieux connus (i). Les palmiers sont ici de plusieurs espèces. On met d'abord dans ce rang le dattier et le cocotier. Le fruit du second, suivant Lopez, porte le nom de coco, parce que sa coque a quelque ressemblance avec la figure d'un singe (2), et sert d'épouvantail aux enfants. Une troisième espèce de palmier produit de l'huile , du vin , du vinaigre , du fruit et du pain. L'huile se tire de l'écorce ou de la peau du fruit. On la fait bouillir pour la conserver. Sa couleur et sa substance même lui donnent beaucoup de ressemblance avec le beurre, excepté qu'elle est un peu verdâtre; mais elle sert à tous les usages de notre beurre et de notre huile. Les nègres l'emploient aussi à se frotter le corps. Le pain se fait des noyaux ou du fruit, qui ressemblent aux amandes, mais qui sont un peu plus durs. Ils renferment une certaine moelle , qu'on prétend fort saine et fort nourrissante. Le fruit, dans sa totalité, c'est-à-dire avec sa coque, est d'un assez beau vert , et se mange cru ou grillé. On tire le vin du tronc , comme dans les autres pays de l'Afrique, par des incisions qui se font au sommet (3). Merolla dit à ce sujet que l'espèce de pal-
(i) MeroUa, ChurclinPs Collection, 1. 1, p. 635.
(a) PigafeUa, p. 41. Cavazzi, p. 3i , décrit aussi le coco , et en donne la figure pi. 3, quoique Tuckey et Smith ne l'aient pu décou-vrîr sur les bords du Zaïre. Voyez ci-après.
(3) PigafetU, Relatione di Congo ^ p. 4i ; et Ca^azzi, p. 3o.
I76 RlSsUMÉ DES PREMIERS VOYiLGEURS
mier préféré par les nègres à tous les autres, est celle qui produit du vin et de Thuile. Ils en plantent un grand nombre dans les campagnes. Les fruits croissent en grappes, mais si serrés qu'ils ne paraissent pas distingués; et chaque grappe est d'une grosseur si extraordinaire, que l'homme le plus robuste n'en porterait pas plus d'une ou deux. On les nomme chachii (kakii), en langue du pays, et les noyaux, embé.
Les habitants de Congo, selon le même voyageur, ont une autre sorte de palmier, qui ne croit qu'aux bords des rivières, et qu'ils nomment matomé. Us en tirent beaucoup plus de vin que de l'autre ; mais il est d'une qualité plus froide : on le nomme embetta. Dans les cantons où les palmiers ne produisent pas de vin , les nègres se composent une liqueur artificielle avec du blé d'Inde, qu'ils font tremper dans l'eau. Ils l'en tirent ensuite pour en exprimer la liqueur, en le battant et le pressant dans quelque vase. Après l'avoir coulée , ils la boivent dans cette fraîcheur, et la trouvent excellente. Elle se nomme guallo(i).
Le tamgra est encore une espèce de palmier qui porte un fruit semblable à l'olive ; mais comme il a peu de goût , les nègres l'abandonnent aux singes. Le palmier nommé mateba produit, pour fruit, des cordons de petites balles extrêmement dures, qui, étant pilées et mêlées avec la poudre de l'ivoire d'engalla, espèce de sanglier, ne laissent pas de faire un
(1) MeroUa Churchiirs Collection, t. t, p. 634*
SUR LES VÉGÉTAUX DU CONGO ET d' ANGOLA. ^77
merveilleux cordial (i). Cet arbre ressemble beaucoup au matomé , s'il n'est pas le même. Ses feuilles donnent une espèce de fil, dont les habitants se fabriquent des étoffes. De ses plus petites branches , qui sont fort souples et fort unies , on fait des hamacs, ou des filets pour les voyages. Les grandes branches servent à bâtir les maisons. Selon Cavazzi, le fruit du mateba donne une liqueur qui guérit la fièvre et la dysenterie ; il est plus petit que le coco ; et il ajoute que les Indiens le nomment coco des Maldives (a).
Le premier objet qui frappa les yeux de Merolla en abordant sur la côte de Benguella, fut une extrême abondance de dattiers, qui viennent beaucoup mieux dans cette contrée que dans les autres parties méridionales de l'Afrique , quoiqu'en bonté ils soient fort inférieurs à ceux de l'est. Il observa aussi quantité de vignes, en allées et en berceaux. Mais quoique l'humidité du pays leur fasse porter du fruit deux fois Tannée , on n'est point encore parvenu à pouvoir en tirer du vin , parce que l'excès de la chaleur sert moins à mûrir le raisin qu'à le faire pourrir. Il n'y a point de maison dans cette contrée qui n'ait sa source d'eau (3). On trouve l'eau partout à deux pieds de profondeur, et sa fraîcheur paraît suiprenante à si peu de distance du rivage (4)-
(i) Merolla, t. i, p. 606 et 634* (1) Cavazziy p. 3a.
(3) Merolla, dans Churchill, t. i, p. 606. Mais on a remarqué, d'après l'auteur même, que cette eau est très malsaine.
(4) Merolla, dans Churchill ^ t. i, p. 634'
L'arbre nommé ogheghé donne un fruit qu'on prendrait pour une prune jaune, d'une odeur charmante et d'un goût délicieux. Ses branches servent à faire des palissades et des salles vertes, pour s'y mettre à couvert des rayons brûlants du soleil (i).
Selon Zucchelli, qui ne parle que de la principauté de Sogno, où il résidait, on ne trouve point dans cette contrée le palmier-dattier proprement dit qu'on rencontre en Barbarie, en Egypte, et dans le nord de l'Afrique; mais on y voit quatre espèces différentes de palmiers, qui tous portent des fruits, savoir : le palmier à cocos, ou le cocotier, et le mateba déjà mentionnés ; le palmier bordone ; et enfin une quatrième espèce , ou le palmier proprement dit , et qui n'a point d'autre surnom. Celui-ci produit un fruit assez semblable aux dattes , qui , lorsqu'on le pile dans un mortier, donne une substance jaune, grasse, onctueuse, assez semblable au beurre, dont on se sert comme huile et comme beurre pour l'éclairage et pour la table. On tire du melaffb , ou du vin de ce palmier (2). Le bordone en donne aussi, mais il est moins spiritueux.
On trouve dans les mêmes pays quantité d'arbres aromatiques et propres aux usages de la médecine. L'angariaria tient le premier rang dans cette classe. Le bois et la racine de cet arbre, mais surtout le
(i) Pîgafetta, Relatione di Congo, p. 4>* Selon Brown, ce serait le gangi des bords du Zaïre; un ximenîa. Voyez ci-aprèf.
(3) Zucchelli, p. 9oa. Ce palmier est le palmier à beurre décrit par Lopez et autres voyageurs , ou Veiœis gumeensù. Le bordone est peut-être le même que le matomé de Merolla.
SUR LfeS ^mÙ^MJX BU OONGO KT «>\tlGOLÀ. a 79
bois, paeseut ^our un remède excellent contre les doolenrs de reins, sans en excepter la pierre ni la gravelie. De là vient qu'aucune de ces maladies n'a jamais été de longue durée dans le pays. ZucchdK ajoute que cette plante croît en abondance dans les îles ^u Zaïre , et que les missionnaires la transportent en Italie ( i ). Un autre arbre fort utile à la médecine est le chisecco, dont toutes les parties sont également bonnes pour la fièvre , en les réduisant en poudre et les mêlant dans une cuillerée d'eau. Le même bois pi»évient les évanouissements , lorsqu'on l'applique sur les tempes ou sur le front. Le chicongo, autre arbre médicinal, est célèbre par la vBrtu purgative qu'on lui attribue. Mais le plus surprenant de tous les arbres de Congo est le mignami^a, qui produit du poison d'un côté, et l'antidote de l'autre. Si l'on est empoisonné par le bois ou par le fruit, les feuilles servent de contre-poison. Au t^ontraîre , si l'on a pris du poison par les feuilles, il faut avoir recoiu:*s au bdis où au fruit. Ce fruit ressemble à un petit Iknon.
Le donno n'a que son écorce à vanter. On lui attribue l'odeur et les vertus de la cannelle. Quoique le pays ne produise point d'ail , il compte parmi ses arbres on iDois qui a la même odeur et le même goût (2).
Le ncassa de Cavazzi , dont nous avons déjà parlé comme d'un légume nourrissant que Merolla nomme ncasse , est mentionné par ce même voyageur dans
(i) Zucchelli, p. aoi. Merolla, Ghurch. Collection, t. i, p- 635. (1) Merolla, ChurchilUs Golleetion ^ t. i, p. 635.
*8a MfMmi mat nanamnt vot&gkurs
Mammifères»
U y a peu d'animaux dans le royaume de Conga qui ne lui soient communs avec le royaume d'Ao- Ipola : tels sont les éléphants , les zèbres ^ les léopards, les lions, les buffles roux, les loups, les renards, les grands chats sauvages, les catamonts, les macacos, les enipalancas, les câveUes^ les sangliers , les emgallas. On peut compter aussi dans os nombre les bestiaux ou les bêtes privées, telles que les vaches et les bœufs, les moutons, les chèvres et les porcs , qui sont en grand nombre dans la plupart des provinces , surtout dans celles de Bamba et Pead)a. On y trouve aussi une prodigieuse quantité de cerk, de daims , de chevreuils et de gazelles. Lopez en vit des troupeaux innombrables. Il y a une grande aboadance de toute sorte de gibier, et aussi un grand nombre de chasseurs qui se font une occupation de le détruire.
Il se trouve des éléphants dans toutes les parties du royaume de Congo. Cependant ils sont plus communs dans les captons où les bois , les pâturages et les rivières sont en plus grand nombre , tels que Je pays de Bamba et de Pemba. Lopez ayant pris plusieurs fois, dans le sable, la mesure du pied des éléphants , en trouva un de quatre empans de largeur ( I ). Les habitants du pays prétendent que cet ani-
(i) Pigafetta, Retatione di Congo ^ p. 26-27.
SDR I4ES yicSTAUX DU CONGO ET d'aHGOLA. !i8i
Zucchelli croit avoir aperçu la casse en voyageant dans son hamac; mais comme il ne put descendre, il n'ose affirmer le fait. Cavazzi nous apprend que les vignes, qaon a transportées des Canaries et de Madère au Congo, y produisent des fruits deux fois Fannëe. Mais il observe que cela n'est vrai que pour celles que les capucins cultivent dans leur jardin; les autres se chargent plutôt de pampres que de grappes (i).
Léonard, frère laïque capucin, dont on a lu quelquefois le nom dans les relations précédentes, et qui avait fait un long séjour dans le pays, assura Merolla qu'il avait vu du storax, du benjoin et de la casse, mais que les nègres n'en disaient aucun
Cavazzi parle avec admiration de quelques fleurs du Congo. Des lis de la plus éclatante blancheur ornent les campagnes et les forêts. Les tulipes de Perse y croissent en bouquets de dix ou douze fleurons, et répandent une odeur délicieuse ; enfin , notre auteur y a vu des tubéreuses', qui produisaient jusqu'à deux cents fleurs plus petites, à la vérité, que celles d'Europe , mais très odorantes et de couleurs variées. On trouve aussi au Congo des jacinthes qui poussent sans culture et en abondanc;e (a).
(i) Cavazzi , p. 87 et 489 ; Labat, t. i , p. i44* (3) Cayazzi, p. 39-40; I^bat, t. i , p. iSi-iSa.
a84 RÉSUMA DES PREMIERS VOTACJBURS
trèrent sur son passage, il mourut de ses blessure Zucchelli , ainsi que nous l'avons dit, tua un éléphan près de Chiava, où on nonune ces animaux zau (i) Les éléphants ont à la queue une sorte de poil oi de soie, de l'épaisseur d'un jonc, et d'un noir for brillant. La force et la beauté de ce poil augmenten avec l'âge de l'animal. Une seule de ces queues s^ vend quelquefois deux ou trois esclaves, parce qu les seigneurs et les femmes sont passionnés pour ce ornement. Tous les efforts d'un honame, avec le^ deux mains, ne peuvent rompre un seul poii dé cette queue. Quantité de nègres se hasardent à couper la queue de l'éléphant , dans la seule vue de se procurer ces poils. Ils le surprennent quelquefois tandis qu'il monte par quelque passage étroit, dans lequel il ne peut se tourner, ni se venger avec sa trompe. D'autres, beaucoup plus hardis, prennent le temps où ils le voient paître , lui coupent h queue d'un seul coup , et se garantissent de sa fureur par des mouvements circulaires, que la pesanteur de l'animal et la difficulté qu'il trouve à se tourner ne lui permettent pas de faire avec la même vitesse. Cependant il court plus vite en droite ligne que le cheval le plus léger, parce que ses pas sont beaucoup plus grands (2). MeroUa observe qu'un grand nombre de nègres idolâtres dans ces contrées , surtout les Jagas , ont une sorte de dévotion pour la queue de l'éléphant. Si la mort leur enlève un de leurs chefs,
(i) Zucchelli, p. 317. Voyez t. xin, p. 36g de ccl ouvrage» et ci-deMus, p. a83 de ce volume.
(a) PigafeUa, Relatione di Congo, p. 17.
SCM LES ▼<G«fc^ 'U COHGO ET d'aHGOLA. 389
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a86 wànVlfÉ DES PREMIERS YOTAGECHS
Congo ne fkisaient aucun cas des dents d'éléphant; ils en conservaient un grand nombre depuis plusieurs siècles, mais sans les mettre au rang de leurs marchandises de commerce. De là vient, dit le même auteur, que les vaisseaux de l'Europe en apportèrent une si prodigieuse quantité du Congo et d'Angola, jusqu'au milieu du dernier siècle ; mais ils épuisèrent enfin le pays, et les habitants sont obligés aujourd'hui d'avoir recours aux autres contrées (i) pouf en fournir au commerce de l'Europe. Cependant Zucchelli dit qu'on se procurait de son temps beaucoup de dents au Congo , et qu'on en transportait par centaines et par milliers au Portugal , en Espagne et en France. Leur poids commun était de soixante livres (2).
Battel demanda aux Marambas nègres qui habitent le Loango si les dents de l'éléphant tombent et se renouvellent. Ils lui répondirent qu'ils ne le croyaient pas, et qu'ils en trouvaient souvent dans les forêts avec Ic! reste de la carcasse (3). Cet éclaircissement s'accorde avec le récit d'un grand nombre de voyageurs. Dapper ajoute qu'il se trouve des dents creuses et cariées, qui se corrompent ainsi en demeurant long-temps exposées aux vents et à la pluie.
Les peuples de B^maba et de Pemba n'ont jamais
(i) Pigafetta, Belatione di Comgo, p. 39; Dapper, Afruiiu, p. 345-346.
(3) Zucchelli , p. 99.
(3) Battel, Pinkerton's CoUeeriûrt, t. xti, p: 334* Maramba est le nom da fétiche de la ville de Maytimbo oit Mayumba , et les Marambas paraissent être les mêmes que les habitants de Mayumbi; mais ceUe partie de la relation da BattcA est obscnre.
ST7B LES JÊAMMJWkstE% OU QOKGO ST d'aHOOLA. 'àS^
SU 9 seloD Lopez, l'art d'apprivoiser tes éléphants; nais ils entendent fort bien la manière de les prendre ea vie. Leur méthode est d'ouvrir, dans les lieux c|€ie ces animaux fréquentent, de larges fossés qui vont en se rétrécissant vers le fond ; ils les couvrent de branches d'arbres et de gazon, qui cachent le piège. Lopez vit sur les bords de la Coanza un jeune éléphant conduit par sa mère, qui était tombé dans une de ces tranchées; après avoir employé inutilement toute sa force et son adresse pour le tirer du précipice, la mère remplit la fosse de terre, comme si elle eut mieux aimé tuer et ensevelir sa chère géniture, que de l'abandonner aux chasseurs. Elle exécuta cette opération à la vue d'un grand nombre de nègres, qui s'efforcèrent en vain de la chasser par le bruit, par la vue de leurs armes, et par des feux ^'ils lui jetaient pour l'effrayer (i ).
Selon Braun, on prend beaucoup d'éléphants Aans le royaume d'Angola ; on observe les étangs ou les sources où ces animaux vont se désaltérer, et sur la route on creuse des fosses qu'on recouvre de terre, et dans lesquelles ils tombent; après quoi les nègres les tuent avec leurs sagaies. Les plus grosses dents, selon Braun , sont du poids de cent livres. La queue de l'éléphant, selon le même auteur, est aussi très reehecohée; on en fait des bracelets et des chassemouehesr ou éventails , et des soies qui s'y trouvent
(i) Pigfefetta, Relatione di Congo, p. aS. Dapper dit nettement que les nègres n'ont piM l'art de prendre le» ^épfaanf» en vie, Afrique, p. 34^.
a 88 RÉSUMÉ DES PREMIERS VOYAGEURS
les habitants d'Angola fabriquent des petites cordes , ou ficelles d'une force merveilleuse (i).,
MeroUa raconte les ruses qu'on emploie dans le comté de Sogno pour tuer les éléphants. Lorsqu ils paraissent en troupe , le chasseur se frotte tout le corps de leurs excréments, et, rampant jusqu'à eux avec sa lance, il se glisse doucement sous leur ventre, jusqu'à ce qu'il trouve l'occasion d'en frapper un sous l'oreille. Aussitôt qu'il a donné le. coup, il s'éloigne avant que l'animal ait eu le. temps de le reconnaître. L'odeur de la fiente trompe tous les autres, qui, continuant de marcher, laissent leiir compagnon en proie à l'heureux chasseur. Si Tanimal, blessé dans un endroit si sensible, conserve assez de force pour se défendre , ou pour attaquer même son ennemi, la seule ressource du chasseur est de se retirer en faisant plusieurs tours, et d'attendre qu'il soit entièrement affaibli par la perte de son sang , qui ne cesse pas de couler jusqu'à sa mort (2).
Dapper observe que l'éléphant, après avoir été blessé, emploie toutes sortes de moyens pour tuer son ennemi; mais que s'il obtient cette vengeance, il ne fait aucune insulte à son corps. Au contraire^ son premier soin est de creuser la terre de ses dents, pour lui faire un tombeau, dans lequel il l'étend avec beaucoup d'adresse ; ensuite il le couvre de terre et de feuillages. Mais ceux qui font leur occu-
(1) Braun, dans de Bry, yoI. y, partie 8, p. zo. (1) Merolla, Ghurchill's Collection, t. i, p. 636.
SUR LES MAMMIFÈRES DU CONGO ET d'aICGOLA. S 89
pation de cette dangereuse chasse se cacheat fort soigneusement après avoir tiré leur coup , et suivent de loin l'animal, en jugeant de sa faiblesse par sa marche. Ils cherchent l'occasion de lui faire de nouvelles blessures ; et lorsqu'ils le croient près de sa fin , ils s'approchent hardiment pour l'achever.
On lit, dans le même auteur, que la nature a placé dans la tête, Cavazzi dit dans le ventricule, de plusieurs éléphants une sorte de bézoard, de couleur pourpre, à laquelle on attribue des qualités fort salutaires (i). Merolla nous apprend que les nègres font distiller au soleil une certaine eau des jambes de l'éléphant, et qu'ils la regardent comme un puissant remède pour l'asthme , les sciatiques et les humeurs froides (a). Cavazzi parle d'un petit insecte rouge de la grosseur d'une fourmi, appelé insondo, qui s'introduit dans la trompe de l'éléphant, et lui cause une vive douleur qui le fait entrer en fureur, et le porte quelquefois à se donner la mort (3).
Les cornes des rhinocéros viennent du pays des Anzicos; elles sont fort recherchées des nègres de Congo, qui les croient d'un usage admirable dans, plusieurs maladies. Mais, selon Pigafetta, on n'a jamais appris que ce royaume, ou celui d'Angola, produisît l'animal même. Il porte aux Indes le nom de bada (4)- Merolla prétend néanmoins qu'il »^cu trouve dans le pays de Benguella, et qu'ils y sont
(i) Dapper, Afrique, p. 346; et Cavazzi, p. 40- (s) Merolla , ChurchiU's Collection , t. i , p. 637» [Z) Cavazû, p. 41 ; Labaty t. i» p. x56w (4) Pigafetta, p. ag.