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longs, et qu'au moindre son d'un instrument, ces animaux se mettaient à sauter et à danser sur le bord des rivières, oîi ils font ordinairement letn* résidence. Ce spectacle l'avait fort amusé.
Une autre espèce d'oiseau a la queue si blanche et si belle , que les femmes portugaises achètent ses plumes à toutes sortes de prix, pour s'en faire un ornement.
L'auteur observa que les moineaux et d'autres petites espèces bâtissent leurs nids comme les hirondelles en Italie, lar plupart du fil des feuilles defs palmiers , qu'ils tirent fort adroitement avec le bec. Ils les placent autour des petites branches; de sorte qu'au moindre souffle du vent leurs petits sont remués comme lés enfants dans un berceau. Les grands oiseaux se nichent au sommet du tronc , ou sur les branches épineuses du mafouma , arbre qui produit la soie dô coton (i) , et qui est comme krmé de très longues pointes.
Les oiseaux que les nègres appellent dans leur langue oiseaux de musique , sont ^un peu plus gros que les serins de Ganarie. Quelques uns sont tout-àfait rouges , d'autres verts , avec les pieds et le bec noirs; d'autres sont blancs; d'autres gris ou noirs. Les derniers surtout ont le ramage charmant. On Croirait qu'ils parlent dans leur ohant. Les seigneurs du pays les tiennent renfermés dans des cages (a).
Mais de tous les habitants ailés du climat , il n'y en a point dont Merolla parle avec tant d'admira-
(i) Merolla, Ghurchiirs Collection^ t i, p. 636. On l'a décrit dans l'article précédent. Son fmît ressemble au citron rert. (3) Pigafetta, p. 34*
SUR LES OISEAUX DU CONGO ET d'aICGOLA. 3a 3
tion que d'un petit oiseau décrit par Cavazzi(i). Sa forme est peu difTërente de celle du moineau; mais sa couleur est d'un bleu si foncé, qu'à la première vue il paraît tout-à-fait noir. Son ramage commence à la pointe du jour, et fait entendre fort distinctement le nom de Jésus-Christ. N'est-il pas surprenant , dit l'auteur, que cette exhortation naturelle n'ait pas la force d'amollir le cœur des habitants , pour leur faire abandonner l'idolâtrie (a) ?
Le père Caprani parle d'un autre oiseau merveilleux, dont le chant consiste dans ces deux mots : Va dritto, c'est-à-dire, va droit. Un autre, appelé sengo, suivant Gavazzi , se trouve dans les mêmes contrées , mais surtout dans le royaume de Matamba ; il chante contipuellement vuichi , vuichi , qui signifie miel en langue du pays. II voltige d'un arbre à l'autre , pour découvrir ceux où les abeilles ont fait leur miel , et s'y arrête jusqu'à ce que les passants l'aient enlevé ; ensuite il fait sa nourriture de ce qui reste. Mais par un autre jeu de la nature , le même chant attire les lions ; ou du moins , en suivant l'oiseau , le passant tombe quelquefois dans les griffes d'un lion , et trouve, dit l'auteur, la mort au lieu de miel (3). Dapper parle d'un autre oiseau qui se trouve dans le royaume de Loango, et dont les nègres sont persuadés que le chant leur annonce l'approche de quelque bête féroce (4).
(i) CaTazm, p. Sg.
( s) Ce trait ne détruit pas ce qu'on a dit de la simplicité de l'auteur.
(3) Merolla, Ghurchill's Collection, 1. 1, p. 636; GaTazzi| p. Sg.
(4) Dapper, dans Ogilby, p. SSp.
ai.
Cavazzi décrit, dans sa relation, une espèce d'oiseau auquel il donne le nom de pêcheur, parce qu'il se nourrit de poisson. Cet oiseau s'élève à une grande hauteur dans l'air, et y reste immobile, le cou tendu et la tête baissée pour observer sa proie. Dès qu'il l'aperçoit, il fond sur elle avec une inôroyable rapidité , plonge dans l'eau et la saisit. La nature l'a pourvu d'un bec long de sept à huit pouces, dentelé, robuste et très propre à cet exercice. Lorsqu'il s'est emparé d'un poisson , il le porte à terre sur quelque pointe de rocher , et en fait la curée, pourvu que d'autres oiseaux de son espèce ne le lui arrachent pas en chemin; car les plus gros sont souvent les plus afFamés, et quand ils en voient un plus faible qu'eux, ils fondent sur lui, le battent à coups d'ailes et lui font lâcher sa prise qu'ils emportent et vont manger à terre, sans lui en faire part. Cavazzi a été bien des fois témoin de ces combats. Il a aussi remarqué que cet oiseau préfère les poissons qui fréquentent les hauts fonds et les cataractes des rivières. Le bruit ne l'effraie pas, et il plonge dans ces endroits dangereux comme dans l'eau la plus tranquille (i).
Reptiles, poissons , mollusques et insectes.
Lopez prétend que la rivière de Zaïre produit des crocodiles que les nègres du pays nomment caï-
(i) Cayazzi, p. $9; Labat, t. i, p. 104.
SDR UBS REPTILES DU CONGO ET D ANGOLA. 3a 5
mans ( i ). Braun confirme ce fait , et dit qu'on les appelle gaynianos(!i);MerolIa, au contraire, assure forroellement qu'il ne se trouve point de crocodiles dans cette rivière (3) : mais si la rivière de Zaïre n'a pas de crocodiles, il s'en trouve un assez grand nombre dans d'autres rivières du pays. Battel , pour nous donner une idëe de la grandeur et de l'avidité de ces reptiles, rapporte que, dans le royaume de Loango , un crocodile dévora une allibamba entière , c^est-à-dire une troupe de huit à neuf esclaves liés à la même chaîne ; mais le fer, qu'il ne put digérer, lui causa la mort, et fut trouvé ensuite dans ses entrailles. A ce récit exagéré , ou même entièrement' faux , . Battel ajoute qu'il a vu des crocodiles se jeter sur leur proie, la saisir, et entraîner dans la rivière des chevaux, des hommes et d'autres animaux. Un soldat, qui avait été saisi avec cette violence 9 tira son coup , et frappa si heureusement le crocodile au ventre, qu'il le tua sur-le-champ (4). I^ crocodile du Congo a sous les aisselles, suivant Cavazzi, des tumeurs ou bourses remplies d'une matière brune qui répand , lorsqu'elle est desséchée , une excellente odeur, mais qui se perd avec le temps. Le même auteur nous apprend que ces animaux pondent depuis soixante-dix jusqu'à cent œufs un peu moins gros que ceux de l'autruche. Ils les déposent sur le bord des rivières et les couvrent de sable, laissant au soleil le soin de les faire éclore.
(i) Pigafetta, p. i3.
(a) Braun, dans De Bry, toI. v, part. 8, p. i5.
(3) MeroUa, p. 6ii.
(4) Battel, dans Purchas, vol. ii, p. 98.
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On voit les petits, ajoute Cavazzi, dès qu'ils sont nés, prendre le chemin de la rivière, par un instinct naturel (i).
Les maisons des mêmes pays sont fort infestées de scorpions, de millepieds et de serpents. Lopez parle d'un serpent d'excessive grandeur, qui a quelquefois, dit-il, vingt-cinq empans de long sur cinq de large, et dont la gueule et le ventre sont si vastes, qu'il est capable d'avaler un cerf tout entier. Les nègres l'appellent dans leur langue le grand serpent d'eau ou la grande hydre. Il vit en eflfet dans les rivières, mais il cherche sa proie sur terre, et monte sur quelque arbre, d'où il guette les bestiaux. S'il en voit un qu'il puisse saisir, il se laisse tomber dessus, s'entortille autour de lui, le serre de sa queue, et l'ayant mis hors d'état de se dé^ fendre , il le tue par ses morsures ; ensuite il le traîne dans quelque lieu écarté , où il le dévore à son aise ; peau, dit l'auteur, os et cornes. Lorsqu'il s'est bien rempli , il tombe dans une espèce de stupidité , ou de sommeil si profond, qu'un enfant serait capable de le tuer. Il demeure dans cet état l'espace de cinq ou six jours, à la fin desquels il revient à lui-même. Cette redoutable espèce de serpent change de peau dans la saison ordinaire, et quelquefois après s'être monstrueusement rassasié. Ceux qui la "trouvent ne manquent pas de la montrer en spectacle. La chair de cet animal passe entre les nègres pour un mets plus délicieux que la volaille. I^orsqu'il leur arrive de mettre le feu à quelque bois épais , ils y trouvent
(i) Gayazzî, p. 54; Labat, t. i, p. 194.