‹ Collection des relations de voyages par mer et par terreChapitre 40 sur 80 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Voyages des missioimaires français dans le Loango et le

Cacongo, de 1766 à 1776.

On a pu voir, par les relations contenues dans le Livre précédent, que les Portugais s'étaient arrogé une sorte de souveraineté sur le Congo , Angola et Benguella, mais qu'ils n'avaient, dans cette par(j^ de TAfirique, formé aucun établissement au nord du Zali'e. Les missionnaires, qui leur étaient soumis, n'avaient pénétré qu'occasionnellement dans cette portion septentrionale de la vaste région qu'on dé-^ signait sous les noms d'Ethiopie occidentale et de Guinée méridionale; ils n'y avaient obtenu aucun succès. Les autres nations commerçaient avec plus ou moins de liberté sur les côtes du Loango, du Cacongo et d'Angoy, à Mayomba et à Cabinde; la puissance des Portugais se maintint , et s'accrut même, dans l'Angola , le Congo et le Benguella ; toute*

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fois aucuue relation ne fut publiée sur ces contrées « et près d'un sièclâ se lerait éC9aii sins qu'on ajoutât rien aux renseignements que nous avaient transmis les missionnaires italiens, portugais et espagnols, si des missionnaires français, animés d'un zèle aussi ardent et pm beaucoup plui échùï^t n'aTaient enfin essaye d'introduire la religion chrétienbb thet les peuples que les Portugais avaient en vain essayé de convertir.

Ij'bistoire des missions françaises dans les royau' mes de Loango et de Cacongo fut rédigée , en 1 776 ^ par l'abbé Proyart. Cet auteur nous apprend y par le titre de son livre, que les Mémoires des missionnaires lui furent communiquée; mais il faut que ces pièces originales aient été peu nombreuses ou peu importantes, puisque, malgré l'extrême prolixité de son styU) et les emprunts faitl aux Voyageurs préoëdents, il a pu reafehner son récit dtas un Bfeul volutnft in- 1 b ( I ). Les distârtatioas et lesloQgues déoUmations dont l'abbé Proyart a st»%hargé sa narration; l'emphase avec laquelle il parle d« moindres actîtms de» raisûonnoirés et de leurs succès ^ qui furent malheureusemcfltmoins ghuids qu'en pouvait l'eiftérer, prou> vebt qu'il écrivait moins dans l'intérSt des sciences que dailB le but d'exciter le zèle des élèves du séminaire des MissicMU étrangèresi Au milieu de ces eztigérationa étudiées, on découvre cependant des

(i) Bitloir* Je l»aKgo t Kaà<»^Ot et amUti tvyaumti d'j^fiifttà ; téàifit d'aprè* 1m Hémoirei âet préfeti ipoitoliquM de U DiUiion (rin^iie ; enridue d'nàe ctrtt utile «ux naTigitear*. Dédi^ à Uoaukva, pWl'abM ProTiM. Pmû, i;70,iB-ii.

DANS LE LOAITGO BT LB CACONGO. SSp

renseignements précieux sur les mœurs , le gouvernement et les (acuités morales des peuples de cette partie de l'Afirique. L'abbé Proyart a eu le tort de mêler, aux observations originales des missionnaires , beaciccmp de notions puisées de tous côtés , et sur* tout dans l'histoire de l'abbé Prévost , qu'il critique avec un ton d'assurance qui ne saurait déguiser son plagiat continuel.

£ii analysant cette relation , nous aurons soin d'en retrancher ce qu'elle renferme d'étranger au but de l^îstoire générale des Voyages, et d'en soumettre les différentes parties au plan que nous avons constaimnent suivi dans la rédaction de cet ouvrage.

SI

iption géogia|diiqtie.

Les contrées parcourues par les missionnaires s'éiendettt depuis la ligne éqninoziale jusqu'au fleuve Zaire^ dont ï'emhrwirhure se trouve par six degrés de latitude méridionale.

Cette étendue de pays est divisée en plusieurs royaumes , dont le plus remarquable se nomme Loango; il commence au village de Makanda, vers le quatrième dc^gré de latitude méridionale. Il a vingt lieues de côtes, et il finit à la rivière de Louango^ Lontsa qui eoule sous le cinquième degré cinq mi* sûtes de la même latitude. Bouali, sa capitale, que les Français appellent communément Loango, est située vers le quatrième degré quarante^^inq seconds.

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