‹ Collection des relations de voyages par mer et par terreChapitre 43 sur 80 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

354 VOYAGES DES MISSlOIfNAlBES FRANÇAIS

missionnaires qu'il y avait sur la rive méridionale du Zaïre d'autres lieux habites par des chrétiens , également sortis du Sogno.

Les missionnaires séjournèrent pendant quelque temps à Manguenzo, où ils furent reçus avec pompe par le chef dom Juan, et par ses sujets; et ils ne le quittèrent que le i8, à onze heures du matin. Outre Guenga, ils visitèrent à leur retour les villages de Kioua et de n'Telé, dont ils ne font point mention dans leur premier itinéraire. Le 22 août, ils étaient réunis à leurs confrères à Kilonga. La relation de ce voyage, pleine de détails puérils dans l'histoire de l'alsbé Proyart, fut rédigée par le père Descourvières, préfet de la mission, qui l'envoya à Belgarde, qui en était le procureur en France (k).

Depuis cette relation, on ne reçut plus qu'une seule fois des nouvelles de la mission française, avant la publication de l'ouvrage que nous analysons. Elles étaient de nature à jeter le découragement parmi les personnes qui s'intéressaient le plus à son succès. Le climat avait fait d'afireut ravages parmi les Européens. Cinq des travailleurs laïques avaient succombé; un sixième se voyait obligé de repasser en France , de sorte qu^il n'en restait plus que deux en Afrique (a). Deux missionnaires avaient aussi péri , et ceux qui survivaient étaient pour la

(1) Proyart, Histoire de Loango , chap. xvii , p. StSet suIt.

(9) Lorsque Texpédition partit de France , elle ne le composait que de douze personnes , six ecclésiastiques et six laïques. Il parait qu'elle reçut dans la suite quelque accroissement. Le passage de ceux qui se destinaient à son seririce se faisait aux frais de Tétat.

OAKs i;e loango et le cagohgo (1773)* 355 plupart languissante et hors d'état de se livrer à omxte espèce de travail. Us manquaient tous de vête* x&^nts, et ne pouvaient plus compter pour leur dovuTÎture que sur les secours qu'on leur enverrait d' Europe, ou sur la générositë des nègres, puisqu'ils ét^iient eux-mêmes hors d'état de cultiver leurs ohamps , et qu'ils avaient épaisé la plus grande parb« des petites marchandises avec lesquelles ils payaient le travail des iiatui'els. L'abbé Proyart ne xm<»U8 apprend pas quel fut le sort des Européens qui restaient encore à Kilonga ; mais la note suivante , cjui est placée à la fin de son ouvrage , fait présumer «p'ils périrent tons victimes de leur zèle et de l'influence délétère du climat.

«c On a reçu les nouvelles les plus affligeantes pour la -mission : tous les missionnaires, ceux même qu'on croyait faits au climat, ou de tempérament à s'y faire ^ sont tombés malades, dans la dernière saison pluvieuse , et se sont vus réduits à un état d'épuisement et de langueur qui les a mis hors d'état de remplir aucune, des fonctions de leur ministère. Il serait bien triste que l'espérance que faisait concevoir une si belle et si riche moisson, se terminât au regret de ne pouvoir en faire la récolte » (i)*

(1) Proyart, JSist. de Loango ^ p. SSy.

35G VOTàGEt DES MHSlOHHAlHEa FHARÇAIS

Page 1