XIV
34 nAnimA dm mytaiiunn voyaoki/r»
confdêMtr Itt mkvii , (\u\ mourut [i«u dit jouri ttptv;*. Mai» il au vit plu«i<mrii obutiui^aft k uuiurir mio» cou^^ hmonf plutôt qute d^ernployitr htur ttutorit/e poiif ibri;iir li*uri (illo» au niariagi'. il ajouter qu'aprè» lé^«» i;i^ri1uiouu?M d<{ IVigliii! , ou b» voit vivras ordîiuifre' mnut dani» uua patfaitii unuin; qui) li^» femmtiêaut um*. ttviu'Mion parlicfuli^m pour li!» luk^/^tiqua»; qu'il »'itu trouve pluHiiiurK qui »*a«(umibUtnl U premiitr joui du ciit'^miu ^^ qoi KVuKa|4<tut à la rontini^niiii ju»<|u*Aii jour di^ Fâquis»; anlin^ qu'itllit» apportant plu» rJ<^ fidi'tliti^ qui^ Um iiornnutM h Tob^itrvatiou du jaûna(iy^
(iuit lïmmw qui laiMiu^ prifudrit «a pip« par u» bouuruiy i*i qui lui pi'rrnrt dit i'f$u Mt;rvir un iriorn«nl t lui iloriuit dtt» droit» »ur AU*f ttt »'ini|;a((ii à luî accar^ di^r H<f» favimr». Dan» W ca» dit ladullifri), la loi con^ dauuiH Tamaut à iloruu^r la valifur d'un im^a^e. au mari 9 t*X la ihuim h ditmaudi^r pai'don di* %on erima ; »an» quoi li^. mari olitiiuidrait i'a<:il<mii?nt la permii^ «ion du divorcl^ Mai^ri^^ rattai^luiuumt que touit^ la nation coniterve pour l'ancien u»aga de l'i^tpreuv^f , eeuK qui «ont »urpri» dan» un eomnier<;ii trop libr<^ avant ïe mariage paient , en monnaie du pay»^ une* amende qui revient h mmf de no» ^miuk»
Ij^amomiit donie»tique. a »e» loi» , i|ui »ont uni tortïUiik dan» toute la nation. I>e mari e»t obligé de ^t pourvoir d'une maiHon , de v^tir »a femme itt »e» en^ fant» »uivant »a eondifion, d'ifmonder letîai'bre», dit di^frieber le» elianq)», et de fournir »a mai»on de v-iri de palmier. 1^ devoir de» fenmie» e»t de (aire lea
(i) Mi^I'oIIm, Chiiiï;liiir« CidUfiUon, t. i, {». ^sft.
SUR LE GOBTGO. 35
provisions qui regardent la nourriture , et de prendre tous les soins du marché. Aussitôt que la saison des pluies est arrivée , elles vont travailler aux champs jusqu'à midi , pendant que les maris se reposent tran* qiîillement dans leurs huttes. A leur retour, elles pré> parent le dîner. S'il manque quelque chose pour la subsistance de la famille , elles doivent l'acheter sur-lechamp , de leur propre bourse, ou se le procurer par des échanges. Tje mari est assis seul à table , tandis que sa femme et ses enfants sont debout pour le servir. Après son dîner, ils* mangent ses restes, mais sans cesser de se tenir debout , par la force d'une ancienne maxime , qui leur persuade que les femfmes sont faites pour servir les hommes et pour leur obéir (i).
Dapper rapporte un usage qui prévalait de son temps dans toute la nation. De trois frères , si l'un venait à mourir, les deux autres partageaient entre eux ses concubines ; et s'il eu mourait encore un des deux, elles appartenaient toutes au troisième. Après la mort du dernier, elles tombaient en partage à celui qui devenait le maître de la maison (2).
C'est un usage qui subsiste toujours pour les filles , lorsque leurs infirmités lunaires commencent pour la première fois, de s'arrêter dans le lieu où elles se trouvent , et d'attendre qu'il arrive quelqu'un de leur famille pour les reconduire à la maison paternelle. On leur donne alors deiac esclaves de leur sexe pour les servir, dans un logement séparé, oii
(i) Mcrolla , Churchiirs Collect, , t. i , p. 6a5, 644 et 684. (1) Dapper, Afrique ^ édit. de i686, p. 35o.
36 R^IUMl! DM PHKMlKlIlt VOVAOKVKH
cIIm doivniit pMutr ditiix un troi» moiit, «t ii'iuiiiij<«l«ir h ciittainet formaliti^i , XvWe.» (|ii(i do nn pirW li «wcun liommi! , d« m; lavttr un rorltiin nombre (l« foi* pendant h jour, et àf. m; frotlt^r d'un onf{u«nt r^rri' pou! dV-uu f!t (In poudn; du hi>iN roti|;ii nonint'^ hu;illlii ou tacocl. OllvR qui nt^gligiirniimt Ktiiivi peaiU\m'- m; croîraiitnt menartrt;* d'un» MMhl^\wrpét»pi\e,murique Ycxpérienat Iniir ait (ait Kouviint (^onnallr*; l« vanîti^ dfl vv.lXr. MuprtrKtlUoii, Un pn^u((ii d« la m^rm; nature otilig» lit* femnif!» d« Mf Ikt, hu c'rniniRiw»" ment de leur gro»»e«»e, dirpnis In» rrin« jiMCfii'iifui genoux, d'un cercle d'i^c^free , d/tnt elleo ign^/r^nflt d'iillcurf la vertu. On ^'Ve n^tte /;con»! «ur le trofw; d'un arbre lutmmé mirrone ; elle re<Metnl>le II du âmp groMÎer. .Son tinKU naturel e»l ni rirgidier, qu'on Itt prendrait moinit pour uni! pr'Klui;)r(fndelfflerre(|M«! pour un ouvrage de l'art 1 1 ).
Dani la premij^e jeunetMe i\m nf.gri-»,on l«» l*« auMi de certaine* c^rde* compoMW par le* Aorcfer», ou par le» prêtre» du pay»« avee qiiet<pte« p»rùitf* mjrtt/frieute* qui aceonipagoent c«lte e^rhtumift,i>tt •ucpend autour d'eux Ùt^ ifn et de» deni» de di*tft% aannaux, comme un prèvrvaiif infodld^le eontr*; Imite» cortes de maladie», QMeUiw» mjsre», >m*»nl Merolla, y joignent de» Agnuit Dci , âm mAdailte» et de» relique»; mai» t«>ul«» cr* pré4MAimi» n'empMient psii» qu'un grand tumùtrt! d'enfant* tm --^— it la prwi»- de» IxH/* (ért>rj;),, i'^t nmmttf était «x^M nux plainte» de» parent», qui v«^>
naient lui apprendre qu'un tigre ou un loup avait dévore quelqu'un de leurs enfants pendant la nuit ; comme s'il eût été obligé , dit-il , d'en prendre plus de soin qu'eux , qui les négligent autant que s'ils ne leur appartenaient pas (i).
Lorsque les missionnaires trouvent ces cordes magiques sur les enfants qu'on présente au baptême, ils obligent les mères de se mettre à genoux , et leur font donner le fouet jusqu'à ce qu'elles aient reconnu leur erreur. Une. femme que Carli avait condamnée à ce châtiment, s'écria sous les verges : « Pardon , mon père , pour l'amour de Dieu ! J'ai ôté trois de ces cordes, en venant à l'église, et c'est par oubli que j'ai laissé la quatrième. » Cette simplicité, dit naïvement le missionnaire , fit rire les spectateurs, et sauva quelques coups à la mère.
Lorsqu'on sèvre un enfant, les parents le couchent à terre , et lui font je ne sais quoi , dont la modestie de notre missioimaire ne lui a pas permis de nous apprendre le nom. Le père le prend ensuite entre ses bras , et le tient quelque temps suspendu en l'air, dans l'opinion que cette cérémonie doit le rendre plus vigoureux. Elle se nomme, en langue du pays, aie lever des enfants; » et sur le témoignage de Carli , qui ne la fait pas mieux connaître, on peut la regarder comme la plus impudente et la plus superstitieuse pratique dont on puisse se former l'idée. L'usage du peuple est de laisser les enfants nus sur la terre , pour les endurcir et les rendre plus agiles. Aussitôt
(i) Carlî , Churchiirs OoUecthn, y t. z, p. Syo.
38 BénvMé OKU PHENIKH» VOVA'intVK
(]u'iU sont capables de marclier im*uU, oa leur attadicr une toanetùi au cou, dan» U aeait vue- di! lui retrouver facilement lontqu' iU s'i^eartent.
Les «ugefl-feinoies , teloii i^uix'lielli , «ont «î négli' gente* et «i inaladruiteii , tjiie souvent elle* omettent de lier le uirdou ombilical , qui te dewtèclie et tombi; de ïm-mème, luai* dont une partie rette pendante h l'individu bon du ventns comme un bout de muciteit. D'aiitret , au contraire , ont , par «uite de fauMeH opération» , une timieur au nombril , auHÎ largt; qu'une <^eu(illii(i).
Jm» nôgrei qui n'ont point embrasui le chrUtianitme, ou qui ne lont pat fennea dam la foi, pr^^ tentent tiiurt enfauts aux sorcicra, d^a le moment de leur naiaaance, pour apprendre à quelle fortune iU sont ditstiu^a. I^ faux proplièt» prend l'enfanl entre ati* bras, le tourne, rtixamiiie, observe aucccK- •îvument toutua les parties du son corps , et communique si!s luinièrns aux partints. Un aoumet lea inaladea aux mâmus obacrvationa, pour approfondir la cause de leurs maladies. Si lu proptiètn se trompe , les prf^textus ne lui manquent jamais pour a'exouaer (a).
L'aicendant des sorciora aur les nègres va juaqu'ù leur interdire rumge de la ebair de certains animaux, et de leU fruita ou de lois li^gumcs, avuc d'autres preseriptiona ridiculeB;et co joug ndigieux porte le nom dit cliugillu (i). Hien n'upprocliu do In
'») UerulU, Cliiirdiill'i Mln:iùiH, i. i , ji. a%ii.
}) Oii prniiuiiod kii(l|illH, On n vu lo intinn uMgi- * T<iMlngi>.
SUR LE COlfGO. 39
soumission des jeunes nègres pour les ordonnances de leurs prêtres. Us passeraient plutôt deux jours à jeun que de toucher aux aliments qui leur sont défendus ; et si leurs parents ont néglige de les assu« jettir au chegilla dans leur enfance, à peine sont-ils maîtres d'eux-mêmes, qu'ils se hâtent de le demander au prêtre ou au sorcier, persuadés qu'une prompte mort serait le châtiment du moindre délai volontaire. MeroUa raconte qu'un jeune nègre, étant en voyage , s'arrêta le soir chez un ami, qui lui offrit à souper un canard sauvage, parce qu'il le croyait meilleur que les canards domestiques. Le jeune étranger demanda de bonne foi si c'était un canard privé. On lui répondit que c'en était un. Il en mangea de bon appétit, comme un voyageur affamé. Quatre ans après, les deux amis s'étant rencontrés, celui qui avait trompé l'autre lui demanda s'il voulait manger avec lui d'un canard sauvage. Le jeune homme, qui n'était point encore marié, s'en défendit, parce que c'était son chegilla. « Quel scrupule ! lui dit son ami ; et pourquoi refuser aujourd'hui ce que vous acceptâtes il y a quatre ans à ma table ? » Cette déclaration fut un coup de foudre, qui fit trembler le jeune nègre de tous ses membras , et qui lui troubla l'imagination jusqu'à lui causer la mort dans l'espace de vingt-quatre heures (1 ).
Avant l'arrivée des Portugais, les habitants du Congo n'avaient pas de noms fixes pour la distinction des familles. Les gens du commun portaient des
(1) Merolla, uBi suprà, p. 696.
4o niSVMÉ DES PREMIERS VOTAGEDRS
noms d'herbes, de plantes, de pierres, d'oiseaux, d'animaux de terre ou de rivières, et d'autres créa* tures. Les seigneurs prenaient le titre de leur terre^ Mais à présent les hommes et les femmes de toutes sortes de rangs, sans en excepter le roi et les princes , reçoivent au baptême un nom de famille avec celui de la religion.
Le royaume de Congo, selon Lopez, n'a point de médecins ni d'apothicaires, ni même d'autres remèdes que les simples, l'écorce des arbres, les racines, les eaux et l'huile, qu'on fait prendre aux malades presque indifféremment pour toutes sortes de maladies. A la vérité , des remèdes plus recherchés ne seraient d'aucune utilité dans un climat que l'auteur représente assez sain , et pour une nation sobre , qui se charge rarement l'estomac d'up excès de viande et de liqueurs. La fièvre, qui est ici la maladie la plus commune , fait ses plus dangereux ravages en hiver. On l'attribue au mélange de chaleur et d'humidité , qui est causé par les pluies continuelles. La méthode ordinaire des habitants est de se frotter deux ou trois fois tout le corps, depuis la tête jusqu'aux pieds, avec un onguent composé d'huile et de poudre de bois de sandal. Leur remède pour le mal de tête est une légère saignée aux tempes. Us se servent pour cette opération d'une petite coquille aiguisée; et mettant une petite corne sur la plaie , ils sucent le sang. I.<a saignée se fait de même aux autres membres. Cette méthode est en usage aussi dans quelques pays du Levant, tels que l'Egypte. Le mal de Vénus, que Pigafetta nomme mal français , et Dapper mal de Na-
pies (i), que les habitants du Congo nomment chitangas, n'est ici ni dangereux, ni si diflScile à guérir qu'en Europe. Ils emploient Fonction de sandal, dont ils distinguent deux sortes : l'une rouge , qu'ils appellent tavilla; l'autre grise , nommée chicongo. La dernière est si estimée, qu'on ne fait pas difficulté de donner un esclave , ou sa valeur, pour s'en procurer une potion.
On se purge , dans le royaume de Congo , avec certaines écorces d'arbre réduites en poudre , dont la force est extraordinaire, mais qui n'empêchent pas les nègres de se livrer à leurs occupations dès le même jour. Pour les blessures, ils «mploient des simples, ou le suc qu'ils en expriment. Lopez parle d'un nègre qui avait eu le bras percé de sept coups de flèche , et qui fut guéri en peu de temps par cette voie (2).
Cavazzi , qui a voyagé au Congo plus d'un siècle après Lopez, affirme le contraire de ce qu'a dit ce dernier sur le mal vénérien : c'est, suivant Cavazzi, la maladie la plus générale et la plus funeste. Il croit que ce sont les Portugais ou les Espagnols qui l'ont transportée d'Amérique en Afirique(3). Ses effets sont terribles sous le ciel brûlant du Congo. L'incontinence continuelle des nègres, leur imprévoyance et leur ignorance en médecine, en augmentent encore les ravages. C'est un spectacle digne de pitié , suivant notre
(i) Pigafetia, R^at, di Congo ^ p. 69 ; Dapper, 4fi^^» p* 35o. (3) Pîgafetta , loco eitato. Le tayiUa de Lopez est probablement le tacnlla de MeroUa, on le tacoel. Voyez ci-dessus, p. 36. (3) Cayazzî, p. i4i; Labat, t. i, p. 4^7.
4a RÉSUMÉ DBS PHBMlBHa VUT&GBUBS
auteur, da voir U qiUDlUé de gens qui sont alteinit cl<; cette douloureuse maladie. Leur ëtat de nudité laisse à découvert les utcàres aflreux dont ib lunt roDgës. On en voit quelques uns uns uez, «ans lèvres , sans oreilles; d'autr«8 dont les chairs des épaules, des bras, des jambes et des cuisses sont entièrement consommées; d'autres enfin, couverts de maux infects comme les lépreux , ou brûlés d'un feu interne qui les dévore. A ces maux ils ne savent apporter que des remèdes qui aggravent les souffrances du oulade , sans en détruire la cause. Les caustiques violents, les scarifications et les boutons de feu, et quelquefois le chicongo ou bois de sandal gris, sont les seuls moyens curatifs que leur fournisse leur science médicale (i).
Les nègres du Congo sont aussi sujets à des diarrhées pernicieuses, qui n'épargnent pas les Européens , et qui causent souvent la mort. Le remède le plus ordinaire qu'ils apportent h ce mal, est de lier fortement le corps du malade sur le nombril avec une ceinture, et de l'oindre d'huile de monamoni , que les botanistes appellent rtcinus americaniis, et qu'où connaît plus communément sous le nom de palma Christi. Cette huile est très active et très chaude. Pendant l'application de ce remède , ils nourrissent le malade de fruits de nicoffo et de chirico , bouillis dans l'eau , ou cuits sous la cendre. Ces fruits sont acerbes et astringents. La petite- vérole, que Merolla représente souvent comme moins dange-
lavaizi , p. iji ; Zucchelli, p. lolî.
relise au Congo qu'en Europe, dépeuple des villages entiers, suivant Cavazzî. Les nègres laissent à la nature le soin d'arrêter ses ravages, et meurent par milliers , sans prendre la précaution de s'isoler des malades , et sans cesser de se livrer entre eux à toBtes sortes de plaisirs.
Une infirmité assez commune au Congo, est une tumeur qui se forme au bas du ventre. Ce mal est si cruel , et cause des douleurs si aiguës , que le malade est en peu de temps attaqué de transports au cer* veau, et tombe en convulsion et dans une espèce de rage. Cette infirmité attaque principalement ceux qui demeurent au bord de la mer, et les navigateurs que les calmes arrêtent long-temps sous la ligne (i).
Lorsqu'une personne de l'un ou de l'autre sexe, dit Happer, a payé le dernier tribut à la nature , on blâme le mari , si c'est une femme; ou la femme, si c'est elle qui survit à son mari , parce que l'opinion généralement établie ne permet jamais de croire qu'on puisse mourir d'une mort naturelle. On suppose toujours que le pbison , ou quelque autre violence, a prévenu l'invitation des amis de l'autre monde, qui ne se pressent point, disent les nègres, d'appeler à eux les vivants. Ainsi, les amis et les parents du mort enlèvent tout ce qui lui appartenait , e^ tourmentent pendant huit jours le survivant par leurs reproches et leurs plaintes. Ils le forcent de se faire raser la peau; ils le condamnent à d'autres privations, en lui représentant que , s'il est coupable , ce n'est pas
(i) Cavazzî, p. i43; Labat, t. i, p. 4^3. •
44 niêVMÉ DKft MKMIKJt* VOYAOKDJfft
une vungeanco trop rigourmiK? pour la mort de teur ami. AuMitôt qm k» huit jour» «ont expirét^^ il» exigent de» ténoigaagc» d'innocence ; il» forcent lu per»onne »Uftpecte de »e purger par le» épreweê ordinaire». Si le» »oupçon» paraift»ent inju»te», elli? obtient la libert/î de vivre dan» »a demeure habituelle. Si le» apparence» »ont clairetnent contre ell*?, il n'y a point de pui»»attce ni de faveur qui puiftie U »auver du banni»ftement ( f ).
Dan» le» royaume» de Cacongo et d'Angoy^ Tuiag^; ne permet pa» d'en»eveljr un parent »i toute la famille ne »e trouve a»»emblëe. L'éloignement de» lieux n'e»t pa» même un »ujet d'exception. Le» funérailles commencent par le »acrifice de quelque» poule», du »ang de»quelle» on arro»e le» dehor» et le dedan» de* la mai»on. En»uite on jette le» carca»»e» par'de»»tia le toit , pour empêcher que l'âme du mort ne (a»»«T le zumbi, c'e»t-à.dire qu'elle ne revienne troubler le» habitant» par de» apparition»; car on e»t per»tiad<^ que celui qui verrait l'âme d'un mort t^miberait mort lui-même Mir-le-champ, Cette per»ua»ion e«t »i fortement gravée dan» re»prit de» nègre», que Timagination »eule a »ouvent produit tou» le» effet» de la réalité, 11» a»»urent au»»i que le premier mort appelle le »econd, »ttrtout lor»qu'il» ont eu quelque démêlé pendant leur vie.
Apre» la cérémonie de» poule», on continue de fiiire de» himentation» »ur le cwlavre; et »i la douleur ne fournit pa» de larme», on a le »oin de »«
SUR LE GOITGO. 4^
mettre dans le nez du poivre indien , <{ui les fait couler en abondance. Ijorsqu'on a pleuré et crié quelque temps, on passe tout d'un coup de la tristesse à la joie , en faisant bonne chère aux frais des plus proches parents du mort , qui demeure penclant ce temps-là sans sépulture. On cesse de boire et de manger; mais c'est pour suivre le son des tambours, qui invite toute l'assemblée à danser. Le bal commence : aussitôt qu'il est fini , on se retire dans des lieux indiqués , où tous les spectateurs des deux sexes sont renfermés ensemble dans l'obscurité , avec la liberté de se mêler sans distinction. Comme le signal de cette infême cérémonie se donne au son des tambours, l'ardeur du peuple est incroyable pour se rendre à l'assemblée ; il est presque impossible aux mères d'arrêter leurs filles , et plus encore aux maîtres de retenir leurs esclaves : les murs et les chaînes sont des obstacles trop faibles. Mais, ce qui doit paraître encore plus étrange , si c'est le maître d'une maison qui est mort , sa principale femme se livre à tous ceux qui demandent ses faveurs , à la seule condition de ne pas prononcer un seul mot tandis qu'on est seul avec elle. Si on excepte cette dernière circonstance, Zuccbelli confirme, par son témoignage, ce récit des premiers voyageurs; et il ajoute qu'ils nomment la cérémonie des funérailles tampo ou tambo, comme au Congo (i).
Pour conduire le corps d'un noble à la sépulture , on couvre le chemin de feuilles et de branches. La
(i) Zacchelli, Relauon xi, cap. 6, p. i86.
46 B^SUMÉ D^S PSEHIERS VOTAGEUKS
marche doit se feire en droite ligne ; et s'il se trouve par conséquent quelque mur, ou mime quelque maison sur le passage, on ne balance point à l'abattre. L'usage ordinaire est d'enterrer quelques personaes vivantes dans le même tombeau , avec une provision de vivres et de liqueurs, afin qu'il ne manque rien au mort. Un missionnaire ayant appris qu'on avait renferiné deux nègres vivants dans le tombeau d'un seigneur, se hâta , dès la nuit suivante , de les délivrer de cette infernale demeure. £tt effet , il les rendît au jour, mais déjà morts, soit de leur saisissement, ou des incommodités de leur situation. Quelquefois, k la mort d'un ami , oo tue un ou deux de ses esclaves, pour le servir dans l'autre monde. Si les missionnaires font retentir leurs plaintes, car il se trouve des chrétiens même qui ne peuvent renoncer à ces barbares usages, on en est quitte pour désavouer froidement le fait, quoiqu'il sOit vérifié avec la dernière évidence. Un capucin ^ apprenant qu'on allait sacri6er une de ces malheureuses victimes après la mort de son maître, courut chez la veuve, et lui 6t un reproche amer de sa cruauté. Elle se plaignit d'abord d'être accusée injustement; mais, obligée enfin de se rendre à la force des preuves , elle révoqua ses ordres inhuntains. Merolla cite d'autres exemples qui arrivèrent de son temps, malgré toute la vigilance de son zèle , et sans avoir jamais pu convaincre assez "lement les coupables pour se mettre en droit faire punir (r).
eroUa, ChurchîU'i ColUctiaa, p. 674 et mir.
SUR LS COlfGO. 4?
I^ies cimetières des nègres idolâtres sont ordinairement dans des campagnes ouTertes. On orne les tombeaux , suivant la qualité du mort. Sur les uns , c'est un grand amas de terre; sur les autres, ou voit la corne de quelque béte extraordinaire, ou quelque vase de terre ; d'autres sont à couvert sous un arbre, dont les branches offrent quantité d'entrelacements superstitieux qui sont Touvrage des prêtres. Au lieu d'un cercueil de bois , on enveloppe le corps dans une pièce d'étoffe de coton , soigneusement cousue , et revêtue au dehors d'une infinité de bagatelles. Les pauvres sont renfermés dans une natte de paille (i).
A ces renseignements sur les céréfnonies funèbres du Congo, nous ajouterons ceux que nous fournit Cavazzi , et qui concernent plus spécialement le royaume de Matamba , où il a résidé. Lorsqu'un nègre vient à mourir, ses esclaves, ses parents et ses amis se rasent entièrement la tête eh signe de deuil ; et après se l'être frottée d'huile, ainsi que le visage, ils se couvrent de poudres de différentes couleurs , mêlées de plumes et de feuilles sèches pilées. Cette cérémonie n'est pourtant observée qu'à la mort des simples particuliers; après le décès d'un prince ou d'un gouverneur, on se rase seulement le dessus de la tête , et on là ceint d'une lisière de toile ou d'écorce d'arbre, comme on le pratique dans les maladies ; l'on s'enferme ensuite pendant huit jours entiers , sans sortir de sa case pour quelque raison que ce puisse être.
(i) MeroUa, Charchill'a Collection, t. i, p. 67$.
48 nisuitrÉ des premiers votagsurs
Les nègres du Congo joignent à cette retraite un jeûne austère de trois jours, pendant ta durée duquel ils se condamnent à un absolu silence. Si quelque nécessité pressante les oblige à répondre à quelque demande, ils le font par signes, à l'aide d'un petit roseau qu'ils portent à la main (i).
Les veuves idolâtres, surtout celles de Matamba, croient que les âmes de leurs maris viennent, après la mort, se reposer sur elles, surtout lorsqu'elles ont vécu avec eux dans une parfaite union. Cette croyance les jette dans des terreurs contiauelles, dont elles ne se délivrent que par le secours d'un ministre qui les plonge plusieurs fois dans l'eau, et leur persuade que ces ablutions chassent l'objet de leur frayeur. Après cette cérémonie, elles peuvent ae remarier, sans craindre les l'eprochcs et les mauvais traitementsde leurs maris défunts (a).
11 y a dans le Congo des provinces où , lorsque de jeunes enfants viennent à mourir, les mères les enterrent elles-mêmes; mais elles ne les couvrent que de très peu de terre , parce qu'elles s'imaginent que si la fosse était trop profonde , elles seraient frappées de stérilité : fetale infirmité. qui condamne les femmes au dernier mépris cbez presque tous les peuples de cette partie de l'Afrique (3).
Cavazzi assure que les nègres du Congo croient que l'homme quitte en mourant une vie misérable, pleine de traverses et de peines, pour entrer dans
Cavaizi, p. ii3 et suit.; Labat, t. i, p. 4o3. Csvuzî, p. isJt Ltbat, t. I, p. 4oS< Labit, t. I, p. 373.
une autre remplie de félicités et de plaisirs. C'est , suivant ce missionnaire , sur cette opinion qu'ils s'ap* puientpour justifier les mauvais traitements qu'ils font souffrir aux malades pour hâter leur mort. Notre auteur a vu plus d'une fois les parents d'un nègre à l'agonie lui tirer le nez et les oreilles de toutes leurs forces, lui donner des coups de poing sur le visage , lui agi* ter les bras et les jambes avec violence, et lui fermer la bouche pour l'étouffer plus promptement; d'autres le prenaient par les pieds et par la tête , et le laissaient tomber avec violence , après l'avoir élevé le plus haut qu'il leur était possible ; d'autres , se mettant à genoux sur sa poitrine , la foulaient de manière à la rompre. Ces malheureux répondaient à Cavazzi , qui leur reprochait leur cruauté , qu'ils agissaient ainsi par compassion , pour éviter au malade les douleurs d'une longue agonie, et le délivrer plus promptement des peines de la vie terrestre (i).