XIV
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«fltif>l€v Le peiaple. ne porte qu'un pietit tablier de natte ou de baffatia, noué dervièrt' le dos* Ik font ausû., avec des herbes ^ des bonnets dont la forme est fort belle, et le* trayail cuvieux , et dont le tissu est «i serré qu'ilâ peuvent contenir de l'eau» Des cercles de fer ou de €ui>Yre ^ ou des bracelets de dents d'élé* pliant, ornent leura bras et leura jambes* Les femmes en général clierchent à se procurer des colliers de verroterie qu elles, placent autour de leur cou , de leurs bca& 6tde leurs jambes; à défisiufe de ces eolUers, elles en mettenit de coquilles de cauris , ou de gTai*nçs di$ diflEércjntes plantes (i). Les bonjumes n'ont pas d'autres armes, que des couteaux- et quelques fusîla, p^^ d'autres balles que de petites pierres rondes. Un morceau de quartz leur.seAt de pierre.
Ils prennent le poiâson^ en l'empoisonnant avec ype espèce d!herbe nap^cotique., et ils font de bonnes lignes avec de l'herbe. On. a trpuré dans quelques partijQs du fleuve des pécheurs qui se serraient aussi de petits filets en forme de pellesu
Leura canots sont creusés dans^Ie tronc ^'un bombax , (HX cotonnier, oii d'une espèce, de .ficns. La graa*deur ordinaire de ces petites embarcatioRs. est d'enyiron vi|igt-quatr^< pied& dci longueur sor dixJiuit à vifigt pouces de largeur.. Le& rameursi se tiennent de^ bout pour agiter les longues pagaieS; qui Sont mouvoir ces canots. Leëi naturels ne ootmaissenlpas l'usage des voiles^ ou du moins ils. ne s'en servent pas (.!»);
(i) Tuckey, General Observations , p. 363.
(t) Lopez rapporte que les natottrlft de Hle dé Loanda doustrui-
ils emploient les plantes rampantes à faire des cor* «lages dont quelques uns n'ont pas moins de six pouces de diamètre.
Une houe de fer grossièrement travaillée et adaptée à un manche de bois est leur seul instrument d'agriculture; mais le climat est si favorable qu'il suffit de remuer un peu la surface de la terre pour avoir une moisson abondante. Le capitaine Tuckey se plaint souvent que les denrées fussent extrêmement rares, ce qui provenait de la longue sécheresse , et de l'imprévoyance des habitants qui n'ont pas kl précaution d'amasser des provisions pour ces temps de disette ( 1 )• La manière de préparer les terres dans la partie supérieure du fleuve est d'abord de couper les longues herbes, de les placer par petits tas, et alors d'y mettre le feu. Dans les endroits où les cendres se sont rassemblées , on plante les pois et le maïs, et le manioc dans les intervalles. Ces cendres sont la seule espèce d'engrais dont on fasse usage. On ne brûle jamais les herbes avant qu'elles n'aient jeté leur semence ; de sorte qu'aux premières pluies elles repoussent plus fortes et plus hautes que jamais. Ces herbes, qui ont jusqu'à douze pieds de hauteur, fleurissent de. fort bonne heure, ainsi que la sensitive épineuse (2).
Les seuls instruments de musique que le capitaine Tuckey remarqua chez les nègres du Zaïre consis-
fleDt des canots qui vont à rames et à Toiles. Pigafetta, p. lo. Voyez ci-dessQS , p. tôt .
(i) Tuckey* s Narrative , p. 363.
(a) Tuckey*» Narratwe, p. ai 5.
taient en un grand tambour, et une espèce de guitare ou de lyre. Il avait fallu beaucoup de peine pour rassembler les matériaux nécessaires à la construction de cet instrument. Le corps était d'un bois beaucoup plus léger que le sapin ; le chevalet et les onze bkrres qu'il supportait . étaient de fer. Ces barres étaient assujetties par une baguette de bambou , attachée' au corps de Tinstrument par des courroies de cùir^ et reposaient aussi sur un morceau de peau. L'ornement circulaire était une partie du cadre de cuivre d'une gravure'', ou d'un miroir, et les figures rondes des boutons de cuivre français à l'effigie de Louis XVI. Les sons que les naturels tirent de cet instrument sont doux et assez agréables (i).
Fétichisme. Justice.
Les fétiches sont considérés par les nègres du Zaïre comme des espèces de divinités protectrices. On s'impose pour leur plaire des privations ; on leur rend des honneurs lorsqu'ils se montrent bienveillants ; mais dans le cas contraire, le propriétaire s'en défait , et en achète de nouveaux aux gangams. Ces prêtres adroits ont été plus loin; ils sont parvenus à persuader à ce peuple simple que par leur entremise les propriétés d'un homme, sa cabane, ses provisions, peuvent être fétichées, ou rendues sacrées
(i) Tqckey's Narrative, p. ia3.
peu près , que le tabbou pratique dans toutes les manière qu'ils emploient dv offre aussi une ressem- ', avec celle que Campbell dit abitants des îles Sandwich (i).
Jaurice était au bansa de Coum ùàt qui expliquera mieux les 0 ces superstitions. On avait volé iques racines de manioc ; celle-ci angaro, ou prêtre, pour avoir ua it le voleur à les lui rendre* ¥oic> j cette cérémonie. On expose le fétiche place publique. Les habitants, du vil* autour de l'idole , et la coa}urent par ^ lurlements d'indiquer le voleur, ou d'or-
avant tant de jours il dépose les objets . un lieu qu'on indique; suppliant en même .te divinité nouvellement créée de le faire li et ses proches , s'il ne se conforme pas à ire. Malgré toutes ces conjurations , le voleur jlou ne fit point de restitution , et, au jour fixé, tira le fétiche. Le lendemain, Fitz-Maurice enit des cris perçants dans le village. Il envoya .erprète pour en demander la cause. Le nègre reit lui dire que le fétiche avait tué le voleur, et que bruit qu'on entendait étaient les cris des parents ui pleuraient autour de son corps. Le défunt, ajoute /itz-Maurice , était un des naturels que j'avais eu
(i) Tuckey's Narrative, p. 377.
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plusieurs fois occasion d'employer. C'était un jeune homme d'une figure prévenante, qui pouvait avoir vingt-quatre ans. Je l'avais vu la veille en très bonne santé; et cette circonstance , jointe à ce que j'appris qu'il était mort dans de cruelles convulsions, me porte à croire que, plutôt que de laisser le moindre doute sur le pouvoir du fétiche, le gangam avait choisi ce malheureux pour être la victime de son imposture, et l'avait empoisonné. Ce qui me confirme encore plus dans cette idée , c'est que les parents du défunt s'empressèrent d'offrir au prêtre une quantité de manioc plus considérable que celle qui avait été volée , précaution nécessaire , à ce que m'assura mon interprète, pour mettre leur propre vie à l'abri de tout danger (i).
Le cfaenou de Coulou s'était vanté d'avoir un fétiche de guerre, dont la puissance était telle que si quelqu'un s'avisait de tirer dessus , ta balle se détournait, et l'imprudent tireur tombait mort sur le coup. Fiti>Maurice et Hodder témoignèrent le désir d'éprouver eux-mêmes l'influence de cette divinité redoutable, et s'engagèrent à faire au chenou un présent si la balle n'atteignait pas le fétiche, ou s'ils étaient blessés. Vingt pieds furent la distance convenue. L'idole était une figure d'homme en bois, grossièrement sculptée et couverte de chiffons ; elle pouvait avoir deux pieds de hauteur et un pied de
(i) Fitz-Maurice , dans Tudiey'â Narrative cfan expeilà,f p. 3yS, Les missionnaires ont sou-vent accusé les gangas ou gangams d'empoisonner de malheureux nègres, pour soutenir leurs impostures et faire croire à la réalité de leur puissance.
• tTé
)K TUCKEY (l8l6). 567
de lexpérience fut fij^é au iende-
is dans la soirëe, les diefe du village
and conseil, pour savoir s'il iallait
iche. Ils deraftDdèrent au chenou s'il
('S blancs osassent tirer ; et sur sa ré*
lative, ils s'écrièrent tous i Mindile xam--
'a. «Les blancs sont dès dieux. >» Le che*
0 lendemain , mais sans fétiche. Il témoigna
.13 voir tirer une balk sur un but qu'il in*
: 1 fut satisfait ; et voyant que la balle avait
Tendroit marqué , il parut dans le plus grand
inenty et s'en alla sans dire un seul mot. Dans
ée , il revint avec la presque totalité des habî-
, pria ses amis blancs de ne pas persister à
sur son fétiche, attendu que si la halle le lou-
. t , et ^2e les ohenous voisins vinssent à le savoir,
viendraient tous au même instant lui &ire la
iCrre. Pendant qu'il parlait, il y avait tant d'in**
iiiétude peinte dans ses traits, qu'il n'était pas pos-
ible de douter que ses craintes ne fussent fon*
Jées (i).
Chaque village a tson grand fêtiche , aj^lé me* vonga. C'est une espèce de figure dont le corps est couvert de morceaux de fer, de plimies , de vieux chiffons, et que Tuokey -compare aux épouvantails que les jardiniers placent dans les^ai^dins poure£Frayer ies oiseattx. Chaque «maison a sesKiMux pénates mâles et femelles qu'on invoque en toute occasion (a). lie ficus religiosa est planté au ntilieu de toutes les
(1) Fitz-Maurice , General 06senmtioin, (a) Tuckey's Narrative, p. 180.
places publiques, et, de même qu'en Orient, est regarde comme sacré. Les gens de l'expédition ayant appuyé leurs fusils contre un de ces arbres, tout le peuple poussa de grands cris, et il fallut oter les fusils (i).
Indépendamment des fétiches particuliers qui sont choisis par un prêtre , ou par le caprice de celui qui les porte , il est encore certains objets qui attirent la vénération des nègres des rives du Zaïre ; de ce nombre sont le taddi-enzazzi , ou la pierre de tonnerre, et le rocher du fétiche. Ce dernier est regardé comme la résidence particulière de Simbi , le génie protecteur du fleuve. Sur le flanc de quelques rochers, habités par des pêcheurs autour de la pointe de Sourda , sont un grand nombre de figures qui paraissent avoir été formées avec des cendres et du sable encore humide; composition qui, lorsqu'elle est durcie , prend l'apparence de reliefs sculptés en pierre. Ces figures représentent une multitude d'hommes, d'animaux, d'ustensiles de ménage, et de personnages bizarrement groupés, faisant allusion aux usages et aux occupations des naturels.
On trouva dans plusieurs endroits des figures de cette sorte taillées en bois , ou sculptées sur les ro* chers d'ardoise , et sur la surface des calebasses ; les nègres attachaient au plus grand nombre un caractère sacré. Les naturels du 2^ïre ont quelque idée d'un paradis dans lequel ils seront heureux ; ils reconnaissent aussi un bon et un mauvais génie; ils
(i) Tuckey* s Narrative, p. i8f.
DE TUCUSY (1816). 569
^sippellent le premier Zamba Ml^ounga, et le se* <2ond Caddi SrPiinba, ou Codian Pemba, suivant 'X?uckey;iiiais ils paraissent avoir beaucoup plus de ^vénération et de crainte pour leurs fétiches naturels que pour ces êtres de leur imagination. Tuckey nous apprend que les nègres supposent que ces deux divinités habitent le firmament. Le premier leur envoie les pluies , et le second les arrête. Dans la saison de la sécheresse , ils invoquent également leurs faveurs; mais ils ne paraissent pas croire qu'ils exercent aucune autre influence sur les affaires humaines ; ils n'ont pas de culte particulier, pour les honorer, et ne leur font pas de sacrifices. L'idée qu'ils ont d'un état futur ne semble admettre ni punitions ni récompenses pour leur conduite sur la terre. Bons et méchants , tous après leur mort vont également dans le ciel, où ils jouissent d'une sorte de paradis mahométan (i). Les observations faites pendant l'expédition du Congo confirment tout ce que Degrandpré rapporte des funérailles des nègres, et de leur respect pour les morts.
Les seuls crimes capitaux sont l'empoisonnement et l'adultère : il est singulier que l'adultère soit puni de mort dans un pays où l'on fait si peu de cas des femmes. Le meurtrier souffre la peine du talion , ou est vendu comme esclave. Il en est de même du voleur, à moins qu'il ne restitue l'objet volé. Le gan-
(i) Tuckey^s Narrative , p. 38 1 à 38a et ai 4-
670 vorkM.
gam et son kWÊ»y sont le grand jitt^ c[tà prùhoikce Tfarrèt; mais les «ecusés sid>is8èill l'ëpreave devant les principaux obefs. Geltè'ëpreu^e consiste à midber l'ëcorce vënëneuse d'un arbne nomme casa (i). Si Taecusë est coupable , te poison reste dans, son esto* mac^ et lui donne la mort; sHl est innocent y il le rejette f et il est absoi». Ainsi , la eondamnation et la justification d'un homme dépendent du plus ou moitts de force de son estomac. L/empoisonliement est un crime si commua , que le maître d^un esclave lui fait toujours goûter les nvsts qu'il lui sert avaiit d'y toucher lui-même. A l'exception d'un cotiteau qui fut dérobé par un enfant, les voyageurs de l'expëdition n'eurent à se plaindre d*aucun vol. Un des chefe l'ayant appris, convoqua aussitôt toutes les personnes présentes sous le grand arbre, et demsftida successivement à chacune d'elles si elle avait pris te couteau. Lorsque ce fut le tour de l'enfant , il s'avoua coupable , et le rendit {*à),
S IV
Manière de compter le temps. lADgage.
Les naturels des bords du Zaïre divisent le temps par période de quatre jours ou souas. Le pi*emier jour s'appelle sona, et ce jour- là ils ne travaillent pas dans les champs, dans l'idée superstitieuse qu'au-
(i) Smith's Journal, p. 129. Dans ïuckey's Nmrat'we^ p. iS5 et aoo, Tuckey dit par erreur cassia.
(a) Tuckey's iVarro/iVtf > p. ia4-