DE TUC&£T
t rement la moisson manquerait ; le second jour se nomme candou; le troisièkne ocounga, et le quatrième cainga. Le mois ou gonda est de trente jours; l'^année, m'vou, se compose de la saison des pluies et de celle de la sécheresse, c'est-à-dire de plusieurs gondas (i).
La saison de la sécheresse ou de l'hiver s'appelle gondy-assivou ; elle dure depuis le mois d'avril jusqu'au mois de septembre inclusivement. Les premières pluies s'appellent mallola*mantity ; elles tombent , par petites ondées , une ou deux fois dans les vingt-quatre heures. Elles commencent à la fin de septembre , et durent jusqu'au milieu d'octobre : à cette époque , les femmes préparent la terre à recevoir les différentes semences.
Les secondes pluies s'appellent voulaza-mansanzy ; elles commencent en novembre et finissent en janvier. Elles sont très fortes, suivies de grandes chaleurs, mais de peu d'ouragans : on plante alors le maïs et les autres végétaux qui mûrissent en trois mois.
Les troisièmes pluies se nomment voulaza-cliintomba, et continuent pendant les mois de février et de mars. Ces pluies sont encore plus fortes que les dernières, accompagnées de violents ouragans, de tonnerre, d'éclairs et de météores ignés (i^).
En quittant l'Angleterre, Tuckey avait reçu du gouvernement des instructions rédigées par le savant M. Marsden, pour le diriger dans l'étude du lan-
(i) Tuckey *s JVorrofiW, p. a 40»
(a) Tuckey's Narrative, p. aoi.
Sya VOYAGE .
gage des peuples qu'il allait visiter, et pour l'aider à en recueillir un vocabulaire. M. Marsden avait été conduit, par des recherches antérieures, à admettre une langue générale pour toute la partie de l'Afrique qui renferme les royaumes de Congo, de Loango , de Cacongo, de N'Goio , de Tomba (i) et de N'Teka , c'est-à-dire pour une immense contrée qui s'étend sur les. deux rives du Zaïre. Il ne trouvait dans ce vaste espace que des dialectes d'une même langue. Il avait été plus loin : en comparant la langue de Mosambique avec le vocabulaire cafre , recueilli par Sparmann , et surtout avec la langue du Congo , il avait été étonné de trouver des analogies aussi frappantes que celles que l'on rencontre dans le tableau suivant : le fait est très curieux, à cause de l'intervalle considérable qui sépare ces contrées*
Français. Congo. HosamBiçpie. Cafre.
Trois Tatou Atatoa
Quatre. ...... Me-sana Sanu*
Dix Coumy Kumir
Homme Momtou Muntu
Femme Makainta Muke
Pied Goulou Moguru — .....
Jour Boubou Rinbu
Mort, ad j Gufoi Kufoa
Eau Maza Madje Maazi.
Âu retour de l'expédition , M. Marsden fut appelé à faire des observations sur le vocabulaire rapporté par le capitaine Tuckey, et il déclare que ce voca-
(i) Il y a Tomba dans l'original ( p. 386 ) ; mais je crois qu'on doit lire Yomba. Proyart indique dans Tintérieur un royaume de Yomba limitrophe au sud de celui N'Teka. Voyez la carte de Proyart, et ci-dessus, p. 34o.
bulaire établissait un rapport intime entre les races de peuples habitant les côtes occidentales et les côtes orientales de la péninsule, quoique, sous ce parallèle , sa largeur ne soit guère moins de trente degrés de longitude.
Les mots écrits par le capitaine Tuckey , tels qu'il les a. entendu prononcer par les naturels , correspondent généralement à ceux donnés par Brusciotto, Oldendorp et Hervas, sans autre différence marquante que celle des orthographes européennes. Ils ont beaucoup de rapports avec ceux des contrées voisines de Loango et d'Angola , sauf quelques différences de prononciation labiale, et rappellent aussi, quoique moins parfaitement , les langues mandongo (i) (qu'il ne faut pas confondre avec le mandingue de l'Afrique septentrionale) et de Gamba (ji). Il est très probable que tous ces peuples s'entendaient dans la conversation. L'affinité, quoique radicale , est beaucoup moins frappante entre la langue du Congo et celle des tribus de la côte orientale. Les naturels même doivent les regarder comme entièrement distinctes : mais voici des exemples de ressemblance dans les mots exprimant les idées les plus simples, qui pourront servir à confirmer l'hypo* thèse que les nations qui les emploient doivent avoir eu autrefois entre elles des rapports très intimes.
(i) Voyez ci-de«8as le voyage de M. Degrandpréy p> 391-400, ef eniuite 509 et 549.
(a) Les Camba font une nation qui, selon Oldendorp, demeure près du royaume de Loango, et non loin de la proyinœ de Sundî , qui appartient au royaume de Congo.
VOfAOE