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ce pays est composé, à peine s'en trouve-t-il un qui soit à plus d'une lieue de cette rivière (i).
Vers les rivières de Coanza et de Bengo, on découvre quelques lacs, dont les principaux sont dans les seigneuries de Quihailo, d'Angolome et de Cbombe.
Le royaume d'Angola contient plusieurs provinces, que Dapper nonmie Loanda , Sinso , Ilamba, Icollo, Ensacka, Massangano, Embacca et Cam- Iiambë. Elles se subdivisent en divers cantons, qui sont gouvernés par des cbefs ou des sôvas particuliers. Celle de Ijoanda en contient trente -neuf; Ilamba, quarante - deux ; IcoUo et Ensacka, plusieurs ; Massangano, douze , que d'autres néanmoins mettent sous Ilamba; Cambambé, soixante, et Embacca le même nombre (a).
Sinso est située au nord de Loanda, sur la rivière de Bengo (3). Ilamba, qui se nomme aussi Elvama, est un long espace de terre, de plus de cent milles de longueur, qui commence au sud-est dlcoUo. Il s'étend depuis la rivière de Bengo jusqu'à celle de Coanza, et depuis Cambambé jusqu'à Massangano. Sa largeur augmente à mesure qu'on avance; et toutes ses parties sont si bien peuplées, qu'on ne fait pas deux ou trois milles sans y rencontrer un vil*
(i) D'AnTÎlle a tracé ceUe petite rmère de Cahicala sur sa carte d'Afrique , et la conduit dans la Coanza , à peu de distance de son embouchure. Pinbeiro ne la connaît point , et il se pourrait qu'elle n'existât pas , et ne fût dans les auteurs qu'une répétition occasicmnée par une légère variation dans le nom de Lucaïa.
(i) Dapper 9 ^/^f^ve , 1686, p. 36a.
(3) Ceci démontre que la province de Sinso de Dapper est la province de Bengo des antres auteurs.
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lage. L'auteur en apporte pour raison le soin eictrême avec lequel toutes les bornes de chaque dîvi sion sont marquées par les nègres ; ce qui forme dan$« toute la province quarante^eux districts séparés. Lc^ premier, qui touche à la province dlcoUo, se nomme Chonso. Les autres suivent , dans l'ordre où Ddppet* a pris soin de nommer les principaux : Namboa , Qualomba, Bamba, Golungo, Macao, Combi, Qnitendélie, Ziombe, Quitalla, Cambacaite, Andalladongo, Quiambatta, Nambaquiajamba, Cangola, Quihaito, Chombe, Angolome, Gumbia, Masstngan ouMassangano, Caoulo, Cahango, Cavanga^Pose, Guenca- Atombe , Hiangonga , Mossungoapose , Camanga , Calunga , Bagolungo , Quibilacapose , Coslaca , Nambua , Callahanga , Nimenesolo. Ces divers cantons d'Ilamba peuvent fournir dix ou douze mille hommes de guerrç. Chaque sôva veille si soigneusement à la conservation de ses limites , qu'on ne se plaint jamais d'aucune usurpation. La province n'a ni bois ni forts qui puissent lui servir de défense. Quelques petites collines , et quelques bosquets qui ^y trouvent répandus , ne sont pas un rempart bien fenhe pour sa sûreté. Mais les habitants en ont un plus sûr dans l'excellence de leur discipline. Us tirent leurs flèches , couchés ou à genoux.
La province d'Icollo est située au nord^ouest et à l'est nord-ouest de celle d'Ilamba. Ensacka commence à six ou sept milles de Loanda, du côté de l'est. Sa situation est entre les rivières de Coanza et de Bengo ; mais elle a si peu d'étendue, qu'on peut la traverser dans l'espace d'un jour. Les terres y sont cultivées
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dans quelques endroits. Au centre. du pays^ la Aature a place, sur des montagnes, un bois environné de ronces et d'épines , qui fait la principale sûreté des habitants. Il serait impossible de les forcer dans cette retraite , s'ils n'étaient obligés de tirer leur eau des deux rivières qui bordent leur province (x). Trante milles à Test, au-dessus de l'île de Muxima, dans la province de Massangano , les Portugais ont un fort près d'une petite ville du même nom, entre les rivières de Goanza et de Lucala. La Coanza coule au sud , et la Lucala au nord; mais leurs eaux se mêlent à la distance d'une lieue; et c'est de cette jonction que la ville tire le nom de Massangano, qui signifie, dans la langue du pays, un mélange d'eau. Elle n'était autrefois qu'un grand village ouvert ; mais le soin que les Portugais ont pri§ d'y bâtir un grand nombre de belles, maisons de pierre , en a fait une ville considéraUe. L'érection du fort eut lieu en l'année 1 583 , lorsque, avec le secours du roi de Congo, les Portugais pénétrèrent dans le royaume d'Angola. La ville est habitée aujourd'hui par quantité de familles portugakes, et par un grand nombre de mulâtres et de nègresu
Le roi d'Âpgola fait sa résidence ordinaire un peu au-dessus de Massangano , dans l'intérieur d'une forte montagne, d'environ sept lieues de tour, où la richesse des campagnes et des prairies lui fournit des provisions en abondance. On n^y peut pénétrer que par un seul passage; et ce prince l'a fortifié avec
(i^ Oapper, Jfrique, 16S69.P. 362.
8o RÉSUMÉ DES PREMIERS VOYAGEURS
tant de soin, qu'il est à couvert des insultes de la reine Zinga et des Jagas.
La province de Cambambé se tennine en pointe à la rivière de Coanza, sur laquelle est un village nommé aussi Cambambé , éloigné d'une journée , à Test, de Massangano. Les Portugais y ont construit un fort habité par quelques familles de leur nation , et par un grand nombre de nègres libres, qui font la traite des esclaves ( i ).
En remontant la rivière de Lucala , ou Luiola , l'espace de sept ou huit journées , on arrive dans le pays d'Ëmbacca , qui offre un village du même nom , à douze journées de la mer. Ce village, ou cette ville , fait les bornes de la domination portugaise.
La ville que Lopez nomme Luiola est la même que celle qu'on a depuis désignée sous le nom de Massangano. Luiola , dit ce voyageur, est située à la jonction des deux rivières de Coanza et de Luiola, ou à cent cinq milles de la .mer; là, ces rivières forment, en se rapprochant, une presqu'île d'une portée de mousquet de largeur. C'est à la pointe de cette presqu'île et sur une colline que Paul Diaz bâtit un fort : les Portugais l'ont peuplé dans la suite (a).
La province de Loanda tient le premier rang, par sa grandeur et ses richesses ; mais cette raison même nous a fait remettre sa description après toutes les autres, pour lui donner ici plus d'étendue. Sa capitale est la ville de Loanda, qu'on nomme aussi Saint-Paul de Loanda , pour la distinguer d'une île
(i) Dapper, p. 36a. Conférez aussi Feo, Memorias , etc., p. iS^. (2) Pigafetta, Relatione del reame di Congo, p. i9.
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du même nom. C'est la capitale de toutes les posses* sions portugaises dans cette grande partie de TAfrique, et la résidence du gouverneur. Elle s'étend d'un côté jusqu'à la mer, et de l'autre jusqu'au sommet d'une colline , au nord de laquelle s'élève une montagne nommée Morro de San-Paolo, un peu plus haute que celle de la ville, et si escarpée , qu'on n y monte qu'avec une extrême difficulté. Les jésuites n ont pas laissé d'y bâtir une maison , qui est accompagnée de trois ou quatre autres bâtiments particuliers.
Saint-Paul de Loanda doit son origine aux Portug^9 en iSyS, lorsque Paul Diaz de Novaes fut envoyé dans cette contrée pour en être le premier gouverneur. Elle est grande et remplie de beaux édifices, mais sans murs et sans fortifications, à la réserve de quelques petits forts élevés sur le rivage pour la sûreté du port. Les maisons des blancs sont de pierre et couvertes de tuiles. Celles des nègjres ne sont que de bois et de paille. L'évêque d'Angola et de Congo fait ici sa résidence , à la tête d'un cba* pitre de neuf ou dix chanoines. Avant que les Hollandais se fussent saisis de Loanda, en 1641 /on y comptait six églises : deux grandes, sous le titre de Sainte-Marie de la Conception ,v et de Corpo-Santo ; et quatre petites, dont l'une, qui appartenait aux jésuites, se nommait Saint-Antoine, et la seconde, <iui était à l'usage des nègres , Saint Josse. La troisième était celle du couvent des capucins ; et la qua- ^ième, celle d'une maison de charité, nommée la Miséricorde. Cette espèce d'hôpital , ou de retraite XIV. ' 6
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pour lc!fi pauvre;», avait vingUquatre chambres pour les seuls oflicii^rs, tels que le gouverneur, Tin tciidant, le chapelain , le chirurgien , rapolhicaire, eu- Klle avait quelques revenus en fonds de terre , tnait» si peu considérables , qu on y a joint depuis une tax*de deux rëaux sur chaque vaisseau qui entre dana l<^ port ( I ).
Uu temp» de Merolla, il y avait à Uianda trois maisons religieuses, celle dcH jésuites, celle des carmes déchaussés, et celle du tiers-ordre de saint François. I^s carme» ont une mission hors de la ville , c*est-à-dire une autre maison dans le paya , où demeure à présent un prêtre séculier, parce que les réguliers ne sont point en grand nombre à Loanda. Le couvent des capucins est comme le séminaire de cet ordre pour toutes les missions. liOur supérieur général y fait sa résidence , et recueille les auniones des habitants pour l'entretien des missionnaires. L'église, qui est dédiée à saint Antoine de Lisbonne, contient plusieurs corps de martyrs, qu'on y a transportés de Rome ; elle a le titre de chapelle royale , et deux congrégations du liosaire , dont les confrères ont fait bâtir une chapelle octogone, avec un dôme d'une hauteur extraordinaire, qui fait l'admiration du pays. Il couvre un caveau où l'on enterre les morts , tel qu'on en voit ici dans toutes les autres églises (2).
Angelo nous apprend que le roi do Portugal entretient à Ijoanda un asse^ grand nombre de je"
(1) DapiHvr, Description d« l'^frl^fue, p. .1(Ji j Pigfifrtta , p. 19. (t) Merolla, ChurokiH** CoUtothn, t. i , p. 670.