TROISIÈME. PARTIS* CHAPITRE III. CGC
» par les Normanntz qe la venquirent et conquièrent et uncore sur touz onnt la D seignorie. »
Un peu plus loin, l'auteur parlant des différentes langues usitées en Angleterre : Britoneys, Engleys, Escoteys, PicttisfLatineis, Normannd ou Franceis, ajoute que, quoique la langue des Pietés soit tellement oubliée que quelques-uns s'imaginent que c'est une fable, on en trouve cependant encore des traces dans les anciens écrits. Je ne crois pas que ce petit traité ait jamais été publié en français.
Le second ouvrage contient le curieux et poétique éloge de Londres , écrit au XIIe siècle par William Fitz-Stephen, dont j'ai eu quelquefois occasion de parler. Cet exemplaire n'avait pas été connu de l'éditeur de Fitz-Stephen, M. Pegge, auquel il eût pu fournir de bonnes variantes.
Le troisième opuscule enfin est un petit traité sur le pouvoir et l'élection des maires. Ce morceau n'est malheureusement qu'une copie littérale du troisième livre du Trésor de Brunetto Latini, à partir du chapitre 72 : Cy commence des gouvernements des cités. L'auteur s'est contenté d'y supprimer quelques phrases, et d'y introduire le mot de maire, dont Brunetto Latini ne s'était pas servi.
Après ces trois traités commence le corps de l'ouvrage proprement dit : la transcription des principales chartes de la commune : Incipiunt tituli cartarum regum Ânglie, scilicet Willelmi Bastardi , etc. Parmi ces documents , deux ou trois intéressent la France; je les ai notés à leur date. (Voy. n° xlv et ch. 3., art. i, n° 5.)
On y trouve aussi les principaux statuts des corporations. Quelques-uns de ces statuts ne sont pas transcrits dans les registres qui nous restent , et méritent cependant d'être connus. J'ai déjà cité le début de l'un d'eux, Statuta loringorwn (page lxxxii.)
Au folio 80 se trouve l'énumération curieuse des charges et des droits qui appartiennent, dans Londres, à Robert Fitz-Watier, châtelain de Londres, chef baneour de la cité y à cause du château Baynard, qu'il tient de ses ancêtres : en temps de guerre, si la ville est assiégée, le châtelain doit venir sur son destrier, lui vingtième, armé , monté et couvert de toile ou de fer, bannière déployée , jusqu'à la porte de Saint-Paul, tenant à la main une bannière vermeille , ornée d'une image d'or représentant saint Paul, etc. Le châtelain doit alors descendre de son cheval et saluer le Maire, comme son compagnon et son pair, et lui dire : « Sire Meirejeo sui venuz pur faire mon service quejeo dei à la cite. » Et le maire et les aldermen diront : « Nous vous baillons ici corne a nostre Baneour de fie de cette ville, cette bannière a porter, guyer et governer al honour et au profit de notre cite a vostre poer. » On lui donne de plus un cheval d'un prix déterminé, et quand le siège durerait ensuite tout un an, le baneour aura cent sous pour son travail, et rien autre chose.
La description des droits dont le châtelain doit jouir pendant la paix est aussi fort
CCII INTBOWICIIOH.
curieuse. Stow (Survey of London) a donné une espèce de traduction de ce précieu* document ; mais cette pièce est comme perdue dans cet amas indigeste de tant de matériaux divers.
Du folio 103 jusqu'au folio 168, sont transcrits la grande charte, la charte des forêts, et les statuts des parlements. À la page 174 se trouvent les statuts de la confrérie du Puy.
La fête qiïon appelle Puy a été instituée à Londres par les amoureux compagnons qui s'y trouvent, pour honorer Dieu, la Vierge, tous les saints et saintes, le Roi, tous les grands du pays, et pour la gloire de la patrie ; elle a pour but de loiai amour enfanter; joly déport, courtois solas,jme et douceur, entre gent norir, etc., ce à quoi elle doit parvenir en couronnant chaque année une chanson royale d'un des joyeux compagnons du Puy.
Les statuts d'une association destinée, au xive siècle , à perpétuer à Londres le culte de la poésie, de la courtoisie et de l'élégance des mœurs, m'ont paru fort remarquables. Qu'on y trouve un souvenir des anciennes associations personnelles, une espèce de chevalerie bourgeoise, ou toute autre chose, il n'est pas moins très-' curieux de voir des marchands hantant les foires , nouveaux troubadours, se rassembler pour disputer un prix de poésie et de musique, et faire assaut de luxe, de no» blesse et de générosité.
Regrettant que la nature de ce document ne me permit pas d'insérer dans ce recueil la copie que j'en ai faite, j'ai voulu du moins en donner une analyse ; car, si l'existence d'associations à peu près semblables est connue, leur organisation l'est généralement fort peu. On sait que presque toutes ces confréries étaient des imitations plus ou moins éloignées de celle du Puy-en-Velay, association plutôt pieuse que littéraire ; mais la confrérie de Londres était plus littéraire que dévote , et non-seulement littéraire, mais musicale. Un des articles de ses statuts exigeait qu'il y eût, pour juger les chansons, deux ou trois confrères connaissant aussi bien la poésie que la musique, pur les notes et les pointz del chant trier et examiner aussi bien corne la nature de la reson endiiee ; kar, sans le chant ne doit-on mie appeler une reson enditee, chanson, ne chanson reale courone ne doit estre sanz doucour de mélodie, chantée.
Ces statuts font connaître les divers règlements de l'organisation intérieure de la confrérie, le mode de réception des membres, l'administration des revenus, la tenue et la conservation des registres , les obligations des confrères , et la manière dont ils étaient gouvernés par leur prince.
Ce prince annuel était nommé , lors de la fête ou du siège du Puy, par le prince de l'année passée et ses douze conseillers. La cérémonie de son installât*© était simple et majestueuse ; le prince dont le règne allait finir, la couronne en