‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 11 sur 331 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Mirôn de Breqmgny, 1764 à 1767 (1).

ARTICLE PREMIER

îrortu de Brequigny à Londres. — Résultats d0 cette mission. — Préjugé relatif à L'enlèvement

de nos archives par les Anglais.

Depuis la mission de Mathurin Esnault jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, le gouvernement français ne fit exécuter aucune recherche officielle dans les archives d'Angleterre. Près d'un siècle s'était écoulé, lorsqu'en 1764, le préjugé qui nous fait supposer que les Anglais ont autrefois emporté nos archives , engagea le gçuvernement français à confier à Brequigny une des missions littéraires les plus importantes dont l'histoire ait gardé le souvenir. Ce préjugé entraîna les conséquences les plus heureuses pour la science ; si les ministres de Louis XV n'avaient pas été bien convaincus que les archives anglaises s'étaient enrichies de nos dépouilles, ils n'eussent certainement jamais songé à faire explorer à grands frais les archives de nos voisins, et la science eût été , pour toujours peut-être , privée des nouvelles richesses dont Brequigny devait la doter. Quoi qu'il en soit, ce préjugé subsiste encore presque tout entier, et mérite d'être combattu.

Des guerres qui durèrent pendant trois siècles entre la France et l'Angleterre avaient nécessairement causé dans les provinces qui en furent le théâtre la destruction d'un grand nombre de titres et de documents précieux. Par patriotisme, on s'accoutuma plus tard à reprocher aux Anglais la perte de tous les actes que l'ignorance ou l'incurie empêchèrent de retrouver, et Ton fut insensiblement amené à accuser les vaincus de l'enlèvement général des archives des contrées dont ils avaient été expulsés. Cette opinion devint non-seulement populaire, mais fut partagée par les hommes les plus instruits ; elle pénétra de l'autre côté du détroit, et les Anglais se persuadèrent eux-mêmes qu'ils avaient autrefois emporté les archives de nos provinces. En 1743, Thomas Carte disait dans la préface du Catalogue des rolles gascons, etc : « II est constant que les Anglois, lorsqu'ils furent obligés d'abandonner la Nor-

(1) Presque tout ce que je vais dire sur la mission de Brequigny est extrait des ouvrages dont je donne ici les titres pour me dispenser des citations trop fréquentes que j'aurais été obligé d'en faire : Mémoires de V Académie des inscriptions et belles-Uttres , tome XXXVII, pag. 528 à 536. Documents inédits sur V histoire de France: Lettres de rois, reines, etc., publiées par M- Champollion- Figeac : Introduction.

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