CHAPITRE V
Il est sans doute inutile de prévenir qu'on ne trouvera pas dans ce chapitre le récit des faits dont il a été question dans les chapitres précédents , mais les renseignements particuliers sur l'armement et l'organisation des armées. Quoique ces renseignements soient peu considérables» j'ai cru devoir les séparer. J'ai mis à part ceux qui concernent les années de mer et ceux qui se rapportent aux armées de terre.
ARTICLE PREMIER
Marine militaire.
On peut nier qu'il y ait eu pendant le moyen âge une véritable marine ; mais comme il y a eu des expéditions navales fréquentes et considérables, il est curieux et utile d'étudier les moyens qui s'appliquaient à l'organisation de notre marine militaire.
Quand il s' agissait de faire une expédition, les peuples qui, comme la France, ne faisaient pas un grand commerce maritime, avaient recours aux communes commerçantes. En 1325, le roi de France envoya en Lombardie louer une flotte destinée à une expédition contre la Guyenne (n° ex). En Angleterre, où il y avait m grand nombre de ports de mer , chaque ville était tenue de fournir au Roi un certain nombre de vaisseaux équipés ; ou bien, sous divers prétextes, tous les navires marchands étaient mis en réquisition, puis armés en guerre, jusqu'à ce qu'ils fussent àe nouveau rendus au commerce, qui, du reste, ne se faisait guère qu'à main armée. En 1339 et 1347, Edward III donna l'ordre d'arrêter dans le port de Londres tous les vaisseaux grands ou petits qui seraient jugés propres au transport des troupes (1).
Mais, sous ce rapport, une des choses les plus curieuses que nous rêvaient les registres de Guild-Hall, c'est que les rois ne faisaient jamais une expédition maritime sans avoir consulté quelques marchands ou marins expérimentés, qui devaient ensuite retourner paisiblement à leurs affaires; et, chose singulière, ce n'était ni le Roi ni ses conseillers qui choisissaient ces ministres de la marine improvisés. Pour les désigner , on s'en rapportait au bon sens et à la loyauté de ces gens ignobles qui composaient les communes , et c'étaient les élus de la populace qui , comme aux
(4) Archives de la mairie de Londres ; reg. F, fol. 24, 133.