‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 113 sur 331 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE Y. CCXV · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE Y. CCXV

temps antiques, conduisaient l'armée et décidaient dû destin de la nation (I). En 1325 , lorsque Edward H fit prier la commune de Bayonne d'envoyer ses marins en Espagne pour acheter des vivres et des machines de guerre, il s'en rapporta également au choix de la commune pour désigner le chef de cette importante mission, à la fois guerrière, diplomatique et financière, et se contenta de demander qu'elle fût confiée à un homme sage (n° cm).

L'équipement et l'armement des vaisseaux variaient selon leur dimension, et les gages des marins selon le but de l'expédition. En 1336, la ville de Londres équipa trois navires à ses frais. Le plus grand était monté de 60 hommes, qui rece* vaient chacun 6 deniers par jour. Les deux autres étaient montés, l'un de 50, l'autre de 40 hommes ; mais comme chaque capitaine et chaque connétable recevait 10 sous par jour, le total de la dépense de 150 hommes pendant 20 jours s'éleva à 87 1. 8 s. 4 d., près de 7 deniers par homme (2). Cependant le détail de l'armement des deux vaisseaux fournis au Roi, en 1339, nous apprend que les hommes qui les montaient ne reçurent chacun que 3 deniers par jour. Cette différence vient peut- être de ce que les vaisseaux étaient destinés à la défense du port de Londres (3).

Les forces de la marine royale, qui se forma en Angleterre sous le règne d'Edward III, étaient soumises au commandement de deux amiraux, l'un pour l'Orient , l'autre pour l'Occident ; mais leurs juridictions respectives n'étaient pas clairement déterminées, et il y eut à Londres, en 1345, une discussion assex vive entre les deux amiraux pour savoir auquel des deux appartenait le commandement dans la Tamise (4). En 1350, Edward III établit un impôt destiné à l'entretien permanent de quelques vaisseaux destinés à poursuivre les pirates espagnols et autres. Londres fournit des navires montés de 70 hommes d'armes et 100 archers (5). Malgré ces précautions, les mers furent si peu sûres, que même en temps de paix les marchands ne pouvaient naviguer sans être sous la protection d'une Botte. Les n0i clix , clxv en fournissent la preuve. En 1293, des marins anglais pillèrent un vaisseau gascon au milieu même de la Gironde (n° mxviii) ; d'autres s'emparèrent, sur les côtes d'Angleterre, d'un vaisseau portant des vivres à l'armée du Roi, en Ecosse, et le propriétaire ne put en obtenir la restitution (nô cvn).

Pour compléter les renseignements sur les armements maritimes dont il est question dans ce volume, il faut ajouter qu'en 1325 on prescrivit quelques mesures pour la défense de la Garonne. On fit rassembler tous les bateaux du haut de la

(1) Archives de la mairie de Londres ; reg. F, fol. 60, 77". (S) Archives de là mairie de Londres ; reg. E, fol. 3.

(3) Beg. Fvfol. 24. Vojei le ehapltre VIII, pour ce qpi concerne te prfe d« fret de» narife*

(4) Reg. F, fol. 46", 98", 109".

(BjReg. F, fol. 174, 187".

CCXV1 INTRODUCTION

rivière devant Bordeaux, et barrer le fleuve pour que les couraux des Français ne pussent descendre en Guyenne (n° cxu). En 1340, une lettre du Roi donne de nouveaux détails sur la bataille de l'Écluse (n° cxxxn). En 1347, la flotte qui débarqua l'armée anglaise à la Hogue combina ses évolutions avec celles de l'armée de terre et ravagea les côtes du Gotentin (n° cxlv).

H est inutile de citer de nouveau toutes les proclamations qui furent faites à Londres à diverses époques, pour faire transporter des vivres aux années ou annoncer la durée des trêves. Les renseignements maritimes des documents du xvic siècle se bornent à quelques passages insignifiants des n°* cdliv, cdlv, cdlvii,

CDLXII etCDLXIII.

ARTICLE II

Armée de terre.

On s'est peu occupé , jusqu'à ces derniers temps, de ce qui concerne l'organisation et l'approvisionnement des armées ; je vais donc essayer de faire ressortir les faits généraux qui me paraissent résulter des documents publiés dans ce volume, et de quelques notes recueillies dans les registres de la mairie de Londres.

D'abord, il paraît certain que la politique des rois d'Angleterre avait très-bien compris qu'il y avait moyen de tirer un parti avantageux de ses ennemis eux-mêmes, en les employant hors de leur patrie. Le n° lvi prouve qu'Edward I#T s'était utilement servi des seigneurs gascons les plus turbulents en Ecosse et en Irlande ; et le n° cxu exprime et conseille formellement cette politique , en recommandant de faire transporter en Guyenne les otages gallois et irlandais et tous les Anglais suspects.

Il parait positif aussi que c'était par politique que les rois donnaient d'avance à certains chefs de troupes des seigneuries encore possédées par les ennemis. Le duc de Lancastre donna à Bertoncat d' Albret le château de Bergerac , qui était encore occupé par les Français (n° cclxxxii), et afferma aux sénéchaux de Poitou et de Saintonge les conquêtes è faire sur les seigneurs de Glisson et de Laval (n°ccxxxi). Henri VI avait aussi donné d'avance au sénéchal de Guyenne le château de Tartas (n° cd).

La permanence de l'état de guerre est un des traits les plus caractéristiques de l'histoire du moyen âge, soit que cet état provînt des mœurs, soit qu'il en fût le résultat; les combats paraissent avoir été aussi indispensables à l'existence des chevaliers que la nourriture et le mouvement. Les rois eux-mêmes ne dédaignaient pas de s'engager personnellement dans de mesquines querelles, où quelques douzaines d'hommes devaient à peine combattre, et, pour tous les autres seigneurs , la guerre

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