TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE T. COCU
tners de Béarn (n° cxu, art. 8). Edward III, dont le génie et l'activité s'étendaient à tout, ne négligea point d'encourager et de développer dans le peuple une disposition naturelle qui rendait utiles des hommes dont la présence était alors à peine comptée dans les batailles. Par une proclamation de 1365, il rappela tous les avantages que les armées anglaises avaient retirés de l'habitude du peuple de ne s amuser qu'à tirer de l'arc, et défendit tous les jeux inutiles ou honteux (1).
Les flèches et les carreaux étaient garnis de plumes d'oie ; et comme on en faisait une énorme consommation, quand les pourvoyeurs ne pouvaient plus en trouver dans les domaines royaux ou les campagnes , on employait du parchemin , ce qui devenait beaucoup plus dispendieux. En 1325, Hugues le Despenser demandait qu'on envoyât 100,000 livres de plumes d'oie en Guyenne (n° cxii, art. 11).
En 1320, 780 fers de lance non dorés et 81 fers dorés furent estimés l'un dans l'autre 2 sous la douzaine ou 16 sous le cent (2). Il parait d'ailleurs que les arsenaux étaient mal garnis, et qu'on fabriquait pour chaque expédition les armes dont on croyait avoir besoin. Pour mettre la Guyenne en état de défense, Despenser mandait à son fils de faire fabriquer des armes à Rayonne, et d'en acheter en Espagne. Il en était à peu près de même pour les machines de guerre. Hugues le Despenser recommandait d'envoyer d'Angleterre en Guyenne des bois préparés, si l'on n'avait pas le temps d'en fabriquer des machines. Cependant les engins, espringalles, attilleries, etc., se conservaient avec soin, puisque le même personnage conseillait au Roi d'emprunter les espringalles de l'évêque de Durham, et de faire mettre en état ceux qui sont à Bourg-sur-Mer.
Les divers ouvriers attachés aux armées sont ainsi désignés dans le n° cxu : attilours, enginours, flécher s, carpenlers, massons, minours, fosseours. On trouve dans les registres de Guild-Hall que, le 16 novembre 1298, Edward Ier écrivit à la commune de Londres de lui envoyer, à Benvyk-sur-la-Twede, 40 fosseours. Ils étaient probablement destinés à exécuter des travaux que le Roi avait en vue, lorsqu'il écrivait quelques jours avant à la commune de Londres de lui envoyer quatre prodeshommes, des plius sachants et plius suffisante, qui mieux sachent deviser, ordoner e arayer une novele vile, au plius de profit de nous et de marchannz... pretz e appar aille d* aler outre pur celé besoigne7 la ou nous leur enjoyndroms (3). Le procès-verbal de la nomination des quatre prud'hommes élus à l'unanimité est annexé à cette lettre. Ce renseignement sur la manière dont on s'y prenait pour bâtir une ville, à cette époque qui vit naître et fonder tant de villes nouvelles sur un modèle uniforme, m'a paru un monument excessivement curieux de l'esprit de
(1) Archives de la mairie de Loodres ; reg. G, fol. 158.
(2) Archives de la mairie de Londres; reg. E, fol. 108.
(3) Archives de la mairie de Londres; reg. G, fol. 3, 13.
CCnB IHMIUBUUHON.
civilisation qui préoccupait «ion tantes les pensées, -et je l'aï rapporté , quoique le fait luMntane soit déjà connu, parce ^pi'i vient à l'appui de cette remarque Importante, déjà faite en portant de la «arme, et qui constate qu'à «e époque twsavancée du moyen Age Jo voix publique désignait encore les hommes qui dirigeaient les grondes entreprises nationales.
Le petit nombre de documents du tn1 siècle que contient oe volume fournit peu de renseignements sur l'organisation des armées ; cependant le n° cdlk donne un curieux programme de Tannée modèle avec laqueMe le conaétaMe de Bourbon voulait envahir la Fronce ; et le n° cdlxhi nous apprend que Tannée de François Ier lui coêtait par mois 700,000 livres.
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