CHAPITRE IX
La plupart des actes qui composent ce volume sont extraits des archives de la mairie de Londres, où chaque pièce intéresse plus ou moins directement le commerce. On s'étonnera donc peu d'en trouver ici un assez- grand nombre.
Du reste, deux lois distinctes paraissent avoir dirigé l'ensemble des relations commerciales du mojen âge : Tune, la plus ancienne, est une espèce d'esprit d'associalion ou de solidarité qui s'étendit ou diminua sur toutes les actions de la vie ; l'autre, un esprit de rivalité mesquine et d'égoïsme haineux qui se développa dès la fin du xiiic siècle, et dirigea dès lors l'existence commerciale des communes.
J'ai déjà fait connaître (page cliv) le plus ancien document commercial, le curieux traité intervenu, en 1237 , entre les habitants de Londres et les marchands d'Amiens. Je dois ajouter ici que, sous ce rapport, le passage le plus important de cet acte est certainement celui où la commune de Londres développe les motifs qui l'ont déterminée à donner de pareils privilèges à des étrangers, a Ces privilèges, disait-elle, nous les avons accordés à ces marchands afin qu'ils viennent dans notre port plus souvent et plus volontiers, ce qui tournera au profit du royaume et de la cité ; car, arrivant en la cité , demeurant en la cité, partant de la cité pour aller dans les différentes contrées d'Angleterre , ils reviennent ensuite dans la cité et partent de la cité pour aller au delà des mers, ils augmentent chaque fois les revenus du royaume et de la cité. » Il est impossible de mieux faire ressortir une des principales bases des avantages du commerce que ne le font dans leur langage naïf les habitants de Londres ; malheureusement les idées étroites d'une civilisation qui se crut plus habile parce qu'elle était envieuse et tracassière, lui firent bientôt oublier ces vues larges et solides. Il suffirait pour le prouver de citer ce que j'ai déjà dit à propos des registres de la mairie de Londres ; mais nous allons en voir bien d'autres exemples.
J'ai déjà parlé, dans la deuxième partie de cette introduction et dans les divers articles du chapitre u de la troisième partie, des relations et des querelles commerciales de la commune de Londres, soit avec les principales villes anglaises, soit avec les provinces françaises ; entre autres, avec les marchands gascons, les gardiens des foires de Champagne, etc. Je me bornerai à rappeler ici que, si la ville de Londres se plaignit quelquefois justement des communes et des souverains étrangers , les étrangers eurent plus souvent encore le droit de se plaindre des entraves que Lon-