‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 124 sur 331 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE X. OCXLI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE X. OCXLI

Les n" ccxxviii, ccxxxn, ccxxxm révèlent aussi l'existence d'une monnaie jusqu'ici inconnue. Les habitants de l'Ile d'Oléron accordèrent au duc de Lancastre un impôt d'un frank, ou guyones-hardy, sur chaque tonneau de fin. Quelquefois les actes disent simplement : tin franc ou guiofieys; était-ce le franc bordelais, qui valait 3 sous tournois de plus que la livre bordelaise, et qu'on nommait guyoneis ou guyonnots-hardy pour le distinguer des autres monnaies de Guyenne? Aucun auteur n'en a parlé.

Le n° ccliv constate qu'en 1374, un noble d' Angleterre valait deux francs et or.

En 1376, Edward III accorda au se i g1 de Bergerac la permission d'y battre monnaie, pourvu que sa monnaie fût au moins aussi forte que celle du Roi (n° cclxvii).

Quatre ans plus tard, en 1380, le duc de Lancastre obtint de Richard II la permission de frapper pendant deux ans, dans la sénéchaussée des Landes, toute espèce de monnaie de quelque métal et aloi que ce soit, excepté des monnaies d'Angleterre ou d'Aquitaine (n° cclxxv). Cette charte a tout l'air d'une lettre de marque délivrée con Ire l'Espagne et peut-être aussi contre la France.

Les souverains anglais s'étaient attribué le monopole du change à Bordeaux ; ils se Tétaient aussi réservé è Londres. Le 8 avril 1413, Henri V donna h Louis- Jean la garde ou l'office du change à Londres et è Calais, avec la direction du monnayage, aux conditions accoutumées. Il lui accorda de plus la permission d'établir, pour un an, è Londres et è Calais, un bureau de change public (unutn escambium comune et apertum), pour y acheter et vendre l'or et l'argent en lingots, monnaies ou bijoux ; y recevoir l'argent des voyageurs et pèlerins, etc., pourvu toutefois que sous ce prétexte il ne fasse pas sortir d'Angleterre l'or et l'argent, monnayé ou non (n° cccxxvi). Louis-Jean devait donner au Roi 1,600 1. pour ce monopole. Si le Roi voulait le lui retirer avant la fin de l'année, ou bien si Louis-Jean venait à mourir, le Roi ne pouvait pas réclamer une indemnité au prorata du temps qui se s'était écoulé ; mais seulement la moitié des bénéfices réalisés.

L'année suivante, le privilège fut renouvelé pour trois ans : on spécifia seulement une légère différence en faveur des marchands , qui ne furent plus obligés d'avoir recours à l'entremise du comptoir de Louis-Jean pour le transport de Car* gent nécessaire à leurs achats (n° cccxxvn).

En 1438, il fut permis à la commune de Bayonne de lever sur les marchandises anglaises un impôt qu'il est assex difficile de déterminer. Après l'avoir fixé à un soixantième (quatre deniers par livre) , l'acte explique ce qu'il faut entendre par là et s'exprime ainsi : Videlicet unum quadrantem argenti qui est quartapars unius denaaii monete Anglie vocate sterling eomputando viginti denamos (solidos?) monete Anglie pro libra. Il doit y avoir erreur dans le premier terme denarii comme dans

GGUI1 INTRONJOTIOR.

le second. Il faut sans doute lire sous au lieu de denier, et tertia pars au Heu de quarto (n° cccxcvm).

L'histoire monétaire du xvi* siècle est presque aussi mal connue que celle du moyen âge ; on verra donc avec fruit le n° cdlxy, document remarquable nonseulement parce qu'il constate un fait historique sur lequel on avait des doutes, et révèle la singulière comptabilité que tenait l'amiral de Coligny , mais encore parce qu'il énumère une grande quantité d'espèces de monnaies qui ne sont pas toutes bien connues. Sans entrer dans de longs détails sur la valeur intrinsèque et le véritable nom de chacune de ces monnaies, j'ai cru qu'il serait commode d'en trouver ici le catalogue :

Allemaigiie ( pièces d' ). * Noble roy.

Anges el Angelett . Philippe.

Carolus d'argent. Pistolet.

Chiling. Portugaise.

Croisade. Reale d'argent.

Ducat. Reale deaaye.

Ecu d'Angleterre. Reale simple.

Ecu sol. Reale double.

Ecu soi de France. Reale quadruple.

Ecu sol de Portugal. Reale octave.

Ecu sol Pistolet. Sous (pièce de deux).

Henry de France (double). Souveraine.

Impériale d'argent. Souveraine double.

Jooondale. Testons.

Noble Henry.

On pourrait, au premier aspect, prendre pour une autre espèce de monnaie le mot carne ou quarne , qui se trouve répété dans un grand nombre d'articles ; mais, en réfléchissant que le mot carne n'est jamais employé seul, et que plusieurs fois il est ainsi employé : carne de souveraines, carne de demis ecus, il est facile d'en conclure que ce mot exprime un nombre quelconque de pièces de monnaie. On trouve en effet dans quelques anciens dictionnaires que le mot carne signifie un quarteron, c'est-à-dire 25 : en anglais quarterne.

N'oublions pas de rappeler que Brequigny, pendant son séjour à Londres, avait fait dessiner, d'après les collections du Musée Britannique, un grand nombre de monnaies dont il avait indiqué le poids, faloi, etc., et que personne ne sait aujourd'hui ce que ce travail est devenu.

Tout ce qui concerne les sceaux, celte branche importante et trop négligée de la numismatique du moyen âge, mérite d'être recueilli ; je rappelle donc ici ce que

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