‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 28 sur 331 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MM»» de PédHemr de ee recueil : fgf2 et «43. — Arrivée à Londiei. — Rotei mut l'eaaeniUe des archive! eaglafam» — GirooMtenoet «pu déterminent la jmblîoctioo de ce volume.

Depuis la eélèbre et dispendieuse mission dont Brequigny fut chargé en 1764, le gouvernement français n'avait, ainsi que nous venons de le voir, nullement songé à reprendre' des recherches qu'il regardait comme complètes , lorsqu'au commencement de 1842, sir Francis Palgrave, député gardien des archives de S. M. B., écrivit à M. le Ministre de l'instruction publique, qu'il existait dans les archives de la mairie de Londres des renseignements très-curieux sur les relations de cette ville, au moyen âge, avec les principales communes de France , et qu'on rencontrait aussi à la Tour et ailleurs une foule de documents inconnus à Brequigny. M. Augustin Thierry, désireux de se procurer des documents qui intéressaient à un si haut degré la collection qui lui était confiée, demanda au Ministre de l'instruction publique de vouloir bien envoyer recueillir ces pièces et me désigna pour remplir cette mission.

En conséquence, par un arrêté ministériel du 12 mars 1843, je fus chargé d'aller en Angleterre recueillir tous les documents qui peuvent intéresser notre histoire et notre littérature nationales.

Arrivé à Londres muni de la recommandation de il . le Ministre de l'instruction publique, toutes les archives m'ont été facilement ouvertes, non-seulement sans frais, mais avec un empressement et une complaisance dont je ne saurais trop me louer. J'ai trouvé chez des personnes auxquelles je n'étais pas adressé, et qui même ne connaissaient pas la mission dont j'avais été honoré, une obligeance et une bonté auxquelles je n'avais d'autre titre que ma qualité d'étranger. Pour faire mieux comprendre encore combien nous sommes loin du temps où une malheureuse rivalité nuisait aux intérêts réels des deux peuples, je dirai que les archives de Guild-Hall, où le conseil municipal de la ville de Londres a voté à l'unanimité que je serais admis, n'avaient été encore ouvertes à personne, et que je suis le premier à qui elles ont été librement et complètement communiquées. C'est, comme je viens de le dire, un des savants auxquels l'Angleterre est redevable d'une grande partie de l'impulsion donnée dans ces derniers temps aux travaux historiques, sir Francis Palgrave, qui le premier a demandé au.gouverneraent français d'envoyer à Londres un travailleur chargé d'explorer les richesses encore inconnues que renferment les archives anglaises, et quand le travailleur est arrivé, il n'a épargné, pour lui être utile, ni son temps, ni ses conseils, ni son influence ; il l'a guidé, aidé, accompagné partout, avec un zèle et une bonté dont je ne pourrais jamais assez le remercier ; qu'il reçoive donc ici

jrjtff INTRODUCTION.

l'expression vive et sincère non-seulement de la reconnaissance que je lui dois en mon nom , mais encore au nom de tous ceux qui s'intéressent aux progrès des études de notre histoire nationale.

H est sans doute inutile d'ajouter que j'ai trouvé auprès de notre ambassadeur à Londres, et surtout auprès de M. de Babaudy, chancelier de l'ambassade, toute la bienveillance et toute la protection que j'étais en droit d'espérer.

Le nombre des dépôts d'archives à Londres est aujourd'hui bien loin d'être aussi considérable qu'au dernier siècle, où leur simple nomenclature formait seule un volume in-folio ; mais, malgré les efforts persévérants d'une administration éclairée et cherchant chaque jour à diminuer le nombre des dépôts partiels, ce nombre était encore trop considérable pour qu'il me fût possible de les explorer tous. Je commençai donc mon travail par l'examen superficiel de quelques-uns des plus importants, et pour que le lecteur puisse aisément apprécier mon plan, du point de vue où je me trouvais placé, j'ai cru devoir rapporter ici, avant de donner le résultat d'un examen plus approfondi des archives où je savais que Brequigny n'avait pas travaillé, le résultat de mes observations préparatoires sur les collections conservées à la Tour, au Musée, au State papers Office, etc.

LA TOUB.

Sans entrer dans de longs détails, je puis donner en peu de mots une idée de la quantité de documents concernant notre histoire qui se trouvent à la Tour et que Brequigny n'a pas dû connaître. L'illustre académicien fit transcrire ou collationner à la Tour huit mille cent quatre-vingt-treize documents ; c'est beaucoup si l'on considère que le nombre total des pièces qu'il rapporta de Londres ne s'élève qu'à onze mille ; mais c'est certainement très-peu si l'on fait attention que les catalogues publiés par Thomas Carte avaient donné l'indication d'environ vingt mille pièces qui concernaient la France; que néanmoins Thomas Carte n'avait point exploré toutes les archives de la Tour, car Brequigny y découvrit d'abord douze énormes liasses, contenant sept mille deux cents documents français qui n'avaient jamais été visités, et que malgré cela les rapports présentés tous les ans à la chambre des communes par le député gardien des archives d'Angleterre, signalent chaque fois l'existence d'un si grand nombre de documents intéressant l'histoire de nos provinces, et que n'ont connu ni Thomas Carte, ni Brequigny (1), que ce n'est rien exagérer en avançant qu'on pourrait trouver à la Tour, non pas seulement une fois, mais trois fois le nombre des pièces que Brequigny y avait transcrites.

(1) Quelques-unes de cet indications ont déjà été utiles au recueil des mofinmenls de Vki$t. du tiersétat.

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