STATE PAPER'S OFFICE
Le dépôt des papiers d'état, dont l'origine ne remonte qu'au règne d'Elisabeth, renferme cependant une grande quantité de documents antérieurs à cette époque,
XLVI lOTBODCCTlON,
soit qu'ils y aient été placés lors de la fondation du dépôt, soit qu'ils y aient été mis postérieurement en même temps que quelques collections formées d'avance par des particuliers, et qui y furent successivement réunies. Cependant la grande masse des documents de ce dépôt ne remonte pas au delà du seizième siècle.
Du reste, à part une collection considérable de documents relatifs à Calais et Boulogne , presque tous les autres documents du State paper's Office qui peuvent intéresser l'histoire de France ont été assez malheureusement partagés en deux grandes divisions :
Dans l'une d'elles, on a réuni les lettres originales des rois et autres souverains aux princes anglais, depuis le règne de Henri VIII , en y joignant les minutes des lettres que les rois d'Angleterre écrivirent de leur côté pendant la même période. Cette collection forme déjà soixante-quinze volumes.
L'autre , composée des lettres et dépèches originales adressées , depuis la même époque, aux rois et aux ministres anglais, par leurs ambassadeurs et autres agents dans lés diverses contrées de l'Europe, contient en même temps une grande quantité de pièces recueillies dans les cours étrangères , et relatives aux faits contemporains les plus importants. On y a joint les minutes des lettres et instructions les plus secrètes, envoyées par les souverains anglais ou leurs ministres à leurs correspondants sur le continent, en sorte que le tout forme un ensemble excessivement curieux.
Malheureusement encore, au lieu de cataloguer ou de faire des tables deces précieux documents, on a commencé par diviser géographiquement les pièces de ces deux collections, c'est-à-dire qu'on a rassemblé à part les pièces qui concernaient principalement les affaires d'une même contrée ; il est cependant facile de concevoir que très-souvent une lettre adressée au pape, à l'empereur, au roi de France, concerne plutôt les affaires des deux autres que les affaires du royaume et du souverain auquel elle est adressée ; comme aussi dans la lettre d'un agent en France ou en Italie il peut y être question des affaires d'Allemagne ou d'Espagne, etc. Mais cet obstacle matériel, inconsidérément introduit dans cette innombrable réunion de documents du plus haut intérêt, ne détruit point l'importance de ce dépôt, et j'ai pu m'en convaincre par l'examen rapide d'une partie des lettres des ambassadeurs en France.
Cette correspondance, pendant le seul règne d'Elisabeth, ne renferme pas moins de cent vingt volumes, et elte devrait en renfermer encore davantage , si des causes, aujourd'hui peu connues, n'avaient occasionné plusieurs lacunes; car la correspondance d'une année occupe quelquefois, à elle seule, sept et même huit volumes; la correspondance de l'époque de la Saint-Barthélémy y manque presque complètement; néanmoins les actes relatifs aux rapports des protestants français avec l'Angleterre y abondent, et pour donner une idée de l'intérêt que peuvent