‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 34 sur 331 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IV. LUI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IV. LUI

d'Angleterre ; à ce qu'un vassal se soit révolté contre son souverain? Vous croyez que ce sont les Anglais qui ont perdu la bataille de Castillon , et vous ignorez que ce sont des Français qui ont gagné celle de Poitiers (1) ? A de certains hommes il faut un passé non pas tel qu'il fut, ma&'tel que le leur ont fait l'ignorance et le patriotisme menteur qu'ils s'efforcent de perpétuer : ils veulent effacer une bonté en y superposant une honte nouvelle. Nous ne sommes pas loin du temps où Ton a voulu transformer Napoléon en marquis de Buonaparte, entrant à Vienne au nom de S. M. Louis XVIII ; bientôt sans doute nous verrons nier que les cosaques soient jamais venus à Paris : en attendant , un des membres du comité du ministère de l'instruction publique voulait exclure de mon recueil un récit de la bataille de l'Écluse, et dans l'assemblée très-peu de voix se sont élevées contre le patriotisme effarouché d'un autre de ses membres qui proposait d'exclure aussi de ce volume la description du couronnement de Henri VI à Paris. Le génie même ne sait pas toujours se défendre de cette aberration. Ne l'entendez-vous pas injuriant Brequigny pour avoir osé soutenir que le dévouement d'Eustache de Saint-Pierre pouvait être une fable, et lui crier : <c Ravaleur des gloires passées, tu ne feras certainement jamais » toi-même des actions dignes d'être racontées ! » Il n'y a qu'un mot à répondre : « Souteneurs effrontés du mensonge, est-ce qu'il vous suffirait de l'hypocrisie de la » gloire (2) ? »

(1) Pour qu'on ne se méprenne pas sur ma pensée, il n'est peut-être pas inutile de dire qu'à la bataille de Poitiers, comme à celle de Castillon, le contingent anglais dans l'armée dite anglaise était excessivement minime.

(2) Il est sans doute inutile de dire que, de tout ce qui précède, le comité du ministère de l'instruction publique n'avait connu que l'avant-propos ; mais je dois prévenir que de tout ce qui va suivre, il n'avait vu que les copies d'actes, et par conséquent ne doit pas non plus être responsable de l'approbation donnée aux opinions ou aux erreurs qui peuvent se trouver dans la deuxième et la troisième partie de cette introduction.

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