‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 36 sur 331 · SECONDE P^IXII, CHAPITRE PREMIER. UX · texte numérisé non relu

SECONDE P^IXII, CHAPITRE PREMIER. UX

tares de deux autres manuscrits intitulés : Liber de htretoehiie et liber Rubexiê. Aucun des employés actuels de la mairie de Londres ne se souvient de les avoir tus.

8 4. Registres de U mairie.

Les registres de la mairie de Londres forment une série de quarante-un volumes in-folio, écrits sur parchemin et cotés par les différentes lettres de l'alphabet. Ils commencent à la quatrième année d'Edward I", c'est-à-dire en 1275, et s'arrêtent an règne de Charles Ier, en 1651 .

Ces registres, quoique cotés par la série non interrompue des lettres de l'alphabet, n'offrent point une suite complète de documents chronologiquement transcrits. Un premier examen suffit pour le prouver. Les registres cotés A et B ont été simultanément commencés en 1275. C commence avant la fin de ces deux premiers volumes, et D commence et finit avant la fin de B. Enfin, un et peut-être plusieurs registres manquent entre G, qui finit en 1358, et H, qui ne commence qu'en 1375.

Ainsi, il est évident que dans les premières années on ne se servit pas d'un seul registre, comme on le fit plus tard , mais qu'on en commença plusieurs à la fois. La classification par les lettres de l'alphabet fut adoptée pour éviter le renouvellement de pertes déjà constatées, mais postérieurement à Tan 1375. Si cette série de. registres ne fournit pas tous les documents qu'elle semblait devoir offrir, par une sorte de compensation elle contient un assez grand nombre de copies d'actes qu'on ne s'attendait guère à y rencontrer.

Les registres de l'époque où les rois d'Angleterre ont possédé quelques-unes de nos provinces, les seuls que j'ai consultés, sont compris entre les lettres A et L, entre 1275 et 1459. Il est probable qu'en parcourant les registres des époques postérieures, j'aurais pu découvrir de loin en loin quelques autres pièces utiles à notre histoire ; mais un pareil dépouillement demandait un travail trop peu en rapport avec les avantages que je pouvais raisonnablement espérer d'en tirer, et je ne l'ai point entrepris.

U est possible qu'on découvre plus tard à Guild-Hall, dans quelques coins où ils sont aujourd'hui oubliés, divers documents anciens et curieux pour notre histoire ; mais j'ai fait exactement connaître toutes les parties de ces archives que j'ai consultées, et il sera toujours facile de vérifier si j'ai ou non transcrit les documents qu'on y trouvera plus tard.

Je n'ai point consacré une notice particulière à chacun des registres de la mairie de Londres, dans le troisième chapitre de la troisième partie de cette introduction ;

IX INTRODUCTION

mais pour donner une idée de l'intérêt qu'ils offrent pour notre histoire, il suffira de dire ici que j'ai extrait des dix registres consultés plus de cent cinquante documents concernant l'histoire de France (1).

Quant à leur importance pour l'histoire de Londres elle-même, les chapitres suivants le prouveront surabondamment. En parcourant les différents manuscrits et registres de Guild-Hall, j'ai vu, indépendamment des documents que j'ai transcrits, tant de choses qui me paraissaient nouvelles ou curieuses, que je n'ai pu me résoudre à les laisser passer devant mes yeux sans en prendre note, et mes notes prises, quelque incomplètes qu'elles soient, je n'ai pu me résigner à les laisser isolées, ni à les sacrifier. Dussent-elles servir uniquement à constater l'abondance des richesses que renferment les archives de Guild-Hall et les ressources inespérées qu'une analyse rigoureuse et savante pourrait en retirer, j'ai cru qu'il ne serait pas inutile de les réunir et de les publier ; mais, comme je l'ai déjà dit, la plupart de ces notes sont en outre nécessaires & l'intelligence des nombreux documents extraits des archives de la mairie de Londres, et je me suis décidé à les ajouter au reste de mon travail sur ces archives.

(1) On en trouvera la liste dans la table des matières.

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ARTICLE II

Notes et remarques sur l'histoire de Londres.

Aucune ville ne possède une collection d'archives aussi anciennes et aussi complètes que celles de Guild-Hall. Cependant Londres, cette ville si riche, si puissante, si vaste, et que l'Angleterre dans son orgueil appelle la capitale du monde, n'a pas encore d'histoire. Quelques essais ont été tentés, mais aucun n'a approché du but. Les auteurs de ces essais, tantôt ne s'occupant que des faits, ont négligé de les concilier ou de les expliquer, tantôt établissant des systèmes, ont tellement négligé l'étude des faits, que leurs raisonnements semblent reposer uniquement sur des hypothèses; aucun d'eux n'a essayé de faire connaître en quoi l'organisation municipale a pu influer sur les événements qui suivirent ou comment les événements historiques ont réagi sur l'organisation de la cité. L'histoire de Londres est encore à faire; et malgré l'abondance des ressources fournies par les archives de Guild-Hall, il serait impossible de présenter un résumé complet de l'histoire politique de cette cité. La commune n'a pas eu de charte primitive, dans l'acception usuelle de oe mot. Aucun acte constitutif n'a fixé la forme des élections, le pouvoir et le nombre des fonctionnaires, etc. Tous les droits et privilèges de Londres résultent de dispositions particulières contenues dans une série de chartes, ordonnances et statuts émanés des rois, des parlements, des délibérations de la commune, ou bien introduits par l'usage et la prescription. Pour en faire l'histoire , l'analyse de tous les documents fournis par les archives de Guild-Hall ne suffirait pas : il faudrait en même temps étudier les faits, les classer, les comparer, les discuter ; déterminer comment et pourquoi les fonctions qui avaient été exercées dans un temps par l'un, le furent plus tard par un autre ; fixer la mesure précise, si difficile à saisir, des changements qu'éprouva l'existence politique de la Cité, par le fait de la conquête en lui-même, , et par le mélange d'idées municipales nouvelles apportées par les conquérants; il faudrait enfin tant et de si minutieuses recherches sur un terrain encore vierge, que je ne pouvais raisonnablement les entreprendre : c'eût été faire d'abord l'histoire de Londres pour en présenter ensuite le résumé.

Je me suis donc borné à grouper autour d'un petit nombre de titres principaux quelques-uns des faits que l'examen des archives de Guild-Hall m'a fournis, et sans entrer dans la discussion des points les plus importants, j'ai presque toujours laissé parler les documents eux-mêmes. Mes observations ont principalement porté sur les registres des époques antérieures au règne d'Edouard III, parce que leur ancienneté leur

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donne une plus haute importance , et surtout parce qu'ils contiennent plusieurs genres d'actes qui ne se retrouvent pas dans les registres postérieurs.

S 1er. Mairie; opinion qu'on s'en faisait à Londres pendant le moyen âge.

Le liber custumarium , l'un des cartulaires de Guild-Hall , est précédé de trois petits traités dont le second est un éloge de la ville de Londres , fait au douzième siècle, par William Fitz-Stephen, Stephanidès, comme l'appelaient les savants du seizième siècle, ou Guillaume, fils d'Etienne, comme quelques auteurs modernes l'ont nommé. Ce William, compatriote et ami du célèbre Thomas Bequet , né sons Etienne, écrivit sous Henri , et mourut sous Richard. Dans le curieux et poétique éloge que William Fitz-Stephen a fait de sa ville natale, on trouve ce passage, remarquable à cause de l'époque où il fut écrit : Urbe Rom a, secundum cronicorum

fidem, salis antiquior est Hec etiam similiter Mi regiontbus est distincte :

kabet annuos pro con&ulibus, vicecomites : habet senatoriam dignitatem et magistratus minores : elivones et aqueductus : in vicxs ad gênera causarum deliberative, démonstrative judidalis leca sua, fora singula : habet sua die, jus statuendi coimcta... etc. (1).

Que Fitz-Stephen ait été l'inventeur de cette comparaison, ou qu'il ait été seulement l'interprète d'une tradition confuse, il n'en est pas moins vrai qu'il exprima une pensée à laquelle s'arrêtèrent irrévocablement les opinions depuis le douzième siècle jusqu'à nos jours, et que dès cette époque il passa pour certain que la constitution de la ville de Londres avait été calquée sur celle de Rome (2). On voit en effet, dans les dernières éditions de la description de Londres par Stowe, le passage de Fitz- Stephen, cité comme une preuve de ce que les aldermen étaient une imitation du sénat ; les scheriffs ou vicomtes, une imitation des consuls, etc.

Fitz-Stephen n'avait pas parlé du maire : cette magistrature n'était pas encore instituée à Londres au moment où l'auteur écrivait ; mais , dans l'opinion des Anglais du douzième siècle, la magistrature qui remplaçait la mairie avait été aussi une imitation des institutions romaines, et l'on croyait que les fonctions du magistrat appelé portgrava, sous les rois Anglo-Saxons et même sous les rois normands, jusqu'à

(1) Liber custumariiim, foL 4. Dans le texte de Fitz-Stephen, donné par H. Pegge, on trouve eluvies... au lieu de elivones.,. diebus statutis... au lieu de jus «tatuendi, etc. Fitz-Stephen* s, Description of London by Samuel Pegge. London, 1772, in-4°, fol. 71.

(2) Dana une enquête faite en 1428 (reg. K, fol. 60), on cite aussi la même phrase de Fiti-Stepben, à laquelle on a ajouté un passage remarquable sous un autre rapport : Quotquot enim illue accedunt , eujueeumqu* conditionU fUerint liberi vel eervi, tuitionie et libertatie refùgium ibidem comequi-

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