‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 45 sur 331 · SECONDE PARTIE, CHAPITRE PREMIER. LXXXV · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE, CHAPITRE PREMIER. LXXXV

ou de quelque grand seigneur. Il est probable que le prix ordinaire de la liberté était 22 sous 6 deniers, car les ouvriers qui étaient obligés de se faire inscrire en commençant leur apprentissage, inscription qui coûtait 2 sous 6 deniers, ne donnaient ensuite que 20 sous pour être reçus, tandis qu'ils étaient obligés de donner 22 sous 6 deniers s'ils avaient négligé de se faire inscrire comme apprentis; mais on trouve fréquemment des exemples au-dessus et au-dessous de cette somme» sans que le motif en soit indiqué.

Le nombre total des acquisitions qui eurent lieu pendant les trois années 1308 à 1311 s'éleva à huit cent quarante-deux. Les deux dernières années présentèrent des résultats bien supérieurs à ceux de la première. Le nombre des nouveaux ci* toyens reçus en 1308 ne s'était élevé qu'à 226. Le total des sommes payées monta à 130 livres 19 sous 6 deniers, ce qui prouve combien était grand le nombre de ceux qui ne passaient pas par l'apprentissage, puisque la moyenne se trouve être ainsi de 12 sous par individu (1).

Presque tous ces nouveaux citoyens appartiennent aux divers corps des métiers : les qualifications de pistor, vineterius, pannarius, bladarius, abrocarius, etc. , apparaissent assez souvent ; on trouve un mercator equorum domini régis, un autre marescallus equorum ; mais ceux qui s'y trouvent en plus grand nombre sont, sans contredit, ceux qu'on désigne par le titre de cocus; cette circonstance me paraît inexplicable avec ce que nous connaissons des mœurs de cette époque.

Il est en effet probable qu'on ne se faisait recevoir maître en cette corporation que pour placer ensuite son habileté au service du public, et dès lors on ne saurait trop s'étonner du prodigieux changement qui, sous ce rapport, s'était opéré à Londres dans l'espace d'un siècle, car à la fin du douzième siècle, du temps de William Fitz- Stephen, il n'y avait encore à Londres qu'un seul établissement culinaire, et probablement il était nouveau, puisque c'est une des choses qui excitaient le plus vive* ment l'enthousiasme de l'ami du saint archevêque de Cantorbury : Preterea, dit-il, est in Londonia, super ripam fluminis, inter vina in navibus et cellis vxnariis venalia, publica coquina. J6t, cotidie pro temppre est invenire cibaria, fercula,

assa, pista, etc. Si subito ventant ad aliquem civium amici nec libeat

jejunis expectare... hec quidem publica coquina est in civitate plurimum expédient et ad civilitatem pertinens. On remarquera sans doute cette dernière expression.

Il paraît d'ailleurs que pour être reçu citoyen il fallait jouir d'une bonne réputation. Un tavernier fut obligé de payer 40 sous pour être admis et de s'engager à faire venir dans quinze jours litteras bone conversationis sue (2).

(1) En 1336, celte somme s'éleva à 183 Ht. 15 s. 6 d. Reg. F, fol. 9».

(2) Reg. B, 2« fol. de garde.

IfXUYI INTRODUCTION.

Très-peu d'étrangers furent admis à acquérir le droit de cité ; ils payaient des sommes proportionnellement beaucoup plus fortes, et devaient en outre donner des cautions. Petrus Caban, mercator Vas conte, admissus fuit in liber iatem.... et dot communitati pro libertaie habenda C. solidos. Un alderman, gascon d'origine, Guillaume Trente, dont le nom se retrouve très-souvent dans les registres de Guild- Hall, et quatre habitants de Londres se portèrent caution de P. Caban : Manuceperuntpro predicto Petro ad conservandam comunitatem civitatis indempnem, citra mare et ultra sub obligatione omnium bonorum suorum.

J'ai remarqué à peine cinq ou six étrangers admis à jouir des droits de citoyen ; il parait cependant qu'il arriva un temps où leur nombre inquiéta la susceptibilité des citoyens, Anglais de race. Dans une pétition que les habitants de Londres présentèrent au maire, ils demandaient qu'aucun étranger ne fût désormais admis comme citoyen, sans l'assentiment de l'assemblée générale de la commune (1).

Un seul nom de femme se rencontre parmi toutes ces admissions ; c'est celui d'Elisabeth de Durham; elle fut admise en payant 10 sous. Cependant, j'ai trouvé que le Roi avait accordé à Cécile de Lamore l'exemption de tout impôt pour elle, ses terres et ses marchandises (2), et le registre principalement consacré à l'inscription des apprentis, comme je le dirai bientôt, était ouvert pour les apprentis des deux sexes.

Ce registre des apprentis constatait l'engagement que chacun d'eux prenait de servir son maître pendant sept années. Yoici la formule de ces enregistrements : N... venit coram majore... et cognovit se esse apprenticium N... a festo... usque ad finem septem annorum et dat comunitati 2 $. 6 d. Plus tard, avec cet acte et la déclaration de son maître ou de ses voisins, l'apprenti obtenait, en payant 20 sous , la maîtrise ou le droit de citoyen.

Cette inscription sur les registres des apprentis n'était pas indispensable, une enquête pouvait y suppléer, mais il fallait toujours que les 22 sous 6 deniers entrassent dans la caisse de la commune : N... admissus fuit eo quod vicini sut venerunt secum. . . et testantur quod fecit cum predicto N. . . per VII annos et amplius et bene et f déliter et deservivit et lieentialitus ab eo recessit (3).

En 1405, on fit une proclamation d'après laquelle cheseun franc homme ou frank femme qad apprentice homme ou femme et ne mye enroulléf les. facent enrouller devant le chamberleyn de la Guyhalle (4).

Je dois dire aussi quelques mots des causes qui faisaient perdre le droit de citoyen. Une des principales parait être la non-résidence. En 1305, deux bouchers qui

(i) Reg. IX fol. 145".

(2) Reg. D, fol. 127.

(3) Reg. D, fol. 10 *•. n y eut en 1336 une ordonnance sur les apprentis. Reg. 6, fol. 183.

(4) Reg. I, fol. 37. Aujourd'hui, les apprentis sont encore soumis ara mêmes formalités devant (As court of Ckambsrlrtn.

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