SECONDE PARTIE, CHAPITRE PREMIER. CL
l'observation rigoureuse de l'étiquette. Ou y voit la copie de la lettre que la reine Catherine, accouchée à Wyndsor le soir à quatre heures, écrivit le même jour, 6 décembre 1421, à la temmune de Londres pour lui apprendre qu'elle était accouchée d'un enfant mâle. Quelque temps après, le 1er octobre 1422, on trouve la lettre que ce même enfant, âgé de neuf mois à peine, écrivit à la commune pour lui apprendre qu'il venait de monter sur le trône, et qu'il avait convoqué son parlement (1).
Les archives de la Mairie de Londres fournissent une foule de renseignements pour l'histoire généalogique de la noblesse. Les maires , gardiens , vicomtes , aklermen, etc., malgré leurs titres de merciers, poissonniers, orfèvres, etc., faisaient souvent partie de la classe privilégiée, ou plus tard y étaient admis (2). Tandis que des noms appartenant à la noblesse se trouvent mentionnés dans des actes qui paraissent n'intéresser que des marchands (Voyez n° lxxvïii).
On devine combien doivent être nombreux les renseignements sur l'histoire commerciale d'une ville dont les archives intéressent toutes, de près ou de loin, quelquesunes des différentes branches du commerce. 11 suffira, pour en donner une idée, de rappeler que tous les statuts des corporations et des métiers dont j'ai parlé sont conservés dans ces archives ; que les ordonnances et règlements sur les poids , les mesures , les monnaies ; la vente des denrées , des marchandises, des boissons, des vivres, etc., encombrent les registres, et qu'on y trouve toutes les concessions de ghildes de marchands, non-seulement à Londres, mais dans presque toutes les villes d'Angleterre; des renseignements sur les rapports qui existaient entre Londres et les principales villes et provinces de l'Angleterre, de la France et des autres contrées de l'Europe. Je me borne donc à le rappeler ici, et à renvoyer pour de plus amples renseignements aux divers articles de la troisième partie, où il est traité des différentes provinces de France, et surtout au chapitre intitulé : Histoire commerciale.
Enfin les archives de Guild-Hall offrent des renseignements si variés, que quelques-uns intéressent même les sciences naturelles ; ainsi on y trouve, à la date du 4 novembre 1364, -un acte intitulé Brève pro beslia de terra Egypti, vocata Oure. Le Roi écrivait au maire en faveur de son animal (quemdam bestiam noslram). Il avait appris que les habitants de Londres formaient le projet de maltraiter les deux citoyens auxquels la garde de cet animal extraordinaire avait été confiée, et de tuer la bête elle-même [dictam bestiam atrociter interficiendam). Il lui mandait en conséquence de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre la bête et ses
(1) Reg. I, fol. 277, 282 °.
(2) Maintenant encore , le maire de Londres qui est en fonction Ion de la naissance du prince de Galles est nommé chevalier, et c'est à cette circonstance que l'honorable John Pirie, lord-maire eu 1842, doit d'avoir été élevé au rang de baronnet.
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gardiens, désormais sous sa protection spéciale ( 1 ) . Les rois d'Angleterre entretenaient dès lors une ménagerie à la Tour de Londres, ainsi qu'on en trouve la preuve dans les actes publias par les soins de la commission des archives d'Angleterre ; mais cet oure, dont le nom ne se rencontre point dans les nomenclatures des animaux connus au moyen Age , était probablement une bête extraordinaire gardée à part dans la ville, et à l'existence de laquelle s'étaient attachées quelques idées superstitieuses.
C'est certainement une grande gloire pour la commune de Londres de posséder des archives non-seulement plus complètes que celles d'aucune autre ville, mais que ces archives renferment on peut dire les titres de la nation elle-même, et non pas seulement en copies incorrectes, partielles ou accidentelles, mais réguliers, authentiques et plus complets que dans aucun des dépôts d'après lesquels on les a publiés. L'intérêt que présentaient les faits qui passaient sous mes yeux m'a entraîné k donner peut-être trop d'étendue à l'analyse de ces registres ; cependant je n'ai pas la prétention d'avoir fait connaître parfaitement ces archives, encore moins d'avoir su y voir tous les faits curieux qui s'y trouvent; j'ai seulement essayé d'indiquer la richesse et l'abondance des matériaux qu'ils peuvent fournir.
Les archives de la Mairie de Londres renferment pour son histoire des ressources pour ainsi dire inépuisables ; mais tant que ces registres ne seront pas imprimés, elles ne pourront jamais être consultées avec fruit. Si donc Londres veut avoir quelque jour une histoire de sa glorieuse existence , elle doit avant tout songer à la publication de ses registres historiques. L'entreprise n'est pas aussi immense qu'on pourrait le penser : cinq ou six volumes y suffiraient amplement, et seulement alors la Cité pourrait croire avoir réellement mis ses archives à l'abri de toutes les causes de destruction ; seulement alors elle pourrait espérer de voir un homme de génie essayer de lui donner enfin une histoire complète et vraiment digne de son sujet.
(1) Reg. G, fol. 140.
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