‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 72 sur 331 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE PREMIER. CILV · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE PREMIER. CILV

devait durer que six mois ; cependant , pour dédommagement , il se fit donner par son frère les seigneuries de La Roche-sur-Yon et de Bergerac (noa ccxvm, ccxix), et quelque temps après l'expiration des six mois, conformément au traité passé avec le Prince Noir (n° ccxx) , le duc de Lancastre se démit du commandement de l'Aquitaine , et l'abandonna à la garde du sénéchal et des autres officiers ordinaires (n° ccxxx).

Le Prince Noir, malade, s'était lui-même démis entre les mains d'Edward III de sa principauté d'Aquitaine; en conséquence, l'année suivante, le duc de Lancastre, par un nouveau traité passé avec son père, le 1er juillet 1372, se chargea de défendre l'Aquitaine (n° ccli) . Parmi les conditions de ce traité , il en est une si singulière et si honorable pour un de ces guerriers, auxquels Froissard prodigue quelquefois beaucoup trop d'éloges, qu'il est juste de la faire remarquer. Le vieux roi exigea de son fils que monseigneur Hugues de Calviley fût du nombre des chevaliers qui l'accompagneraient. Mais pour réussir, une armée a besoin d'autres choses que d'un bon chef : les prospérités d'Edward III devaient nécessairement finir, puisque ses finances étaient épuisées. En vain, pour engager les chevaliers à le suivre, le duc de Lancastre eut-il recours à un moyen extrême. Le bizarre remède qu'il employa mit le comble au mal, au lieu d'y remédier. Le 14 juillet 1373 le duc avait écrit à son trésorier de ne plus délivrer de mandats pour le payement de gages arriérés de sa dernière expédition, excepté aux créanciers qui s'engageraient à faire partie de la nouvelle armée (n° ccxlviii). On peut juger de l'effet que produisit cette mesure, quand on voit quelques mois plus tard Edward III obligé, pour arrêter la désertion qui s'était mise dans l'armée de son fils , de faire emprisonner à Londres tous ceux qui revenaient d'Aquitaine sans un ordre spécial du duc de Lancastre (n° ccl) . Ces documents suffisent pour expliquer les revers que les armées anglaises devaient désormais éprouver en France.

Ce volume ne contient rien de nouveau sur les événements historiques qui suivirent; il faut aller jusqu'à l'année 1380 pour y rencontrer deux actes relatifs au traité de paix conclu entre Richard II et le duc de Bretagne. L'un est la nomination des commissaires anglais , Y autre la ratification du traité par les barons anglais et Richard II (noa cclxxhi, cclxxvi).

A l'appui de ses prétentions au trône de Castille , le duc de Lancastre avait été amené à faire une expédition en Portugal ; et dans l'armée qui lui était opposée se trouvait sans doute un corps de troupe française ; car en 1387, pendant une suspension d'armes , le duc de Lancastre accorda à Renaud de Roys, chevalier français, et à cinquante autres chevaliers et écuyers de sa suite, un sauf-conduit pour venir exécuter certaines passes d'armes au milieu de l'armée anglaise (n° ccxciii). Je ne sache pas que cette honorable faveur ait été mentionnée dans aucune chronique. Ce

CXLVI ÏHTROMJCTÎON.

document est le dernier de ce siècle que je puisse signaler ici , et il faut ensuite descendre jusqu'à une époque assez avancée du xv* sied© pour rencontrer .des pièces véritablement historiques.

ARTICLE Ili.

xve siècle.

Les documents purement historiques du xv? siècle, publiés dnps ce vnkune, sont peut-être moins importants que ceux des siècles précédents; ils appartiennent presque tous à la série de lettres officielles que les rois et les grands seigneurs d'Angleterre écrivaient à la commune de Londres. Presque toujours dans cette correspondance une phraséologie d'étiquette tient la place du récit de6 faits déjà connus ou très-succinctement racontés : mais quand il serait vrai que ces espèces de bulletins des victoires des armées anglaises dans nos provinces n'eussent d'autre mérite que celui de contrôler la vérité des faits rapportés par les chroniqueurs, il eût encore été utile de les publier. Ceux qui les consulteront avec soin s'apercevront en outre qu'ils peuvent fournir des renseignements ignorés et rectifier des faits mal connus. On s'explique difficilement pourquoi dans les registres de la mairie de Londres il existe des lacunes considérables dans la transcription régulière des pièces de cette correspondance ; mais en compensation il sera facile de s'apercevoir que j'ai quel* quefois publié des réponses de la commune à des lettres dont le texte ne se trouve pas dans les manuscrits de Guild-Hall.

Le premier document de ce genre eàt une lettre du 22 septembre 1415, par laquelle Henri V annonce son arrivée et ses succès : elle fixe d'une manière précise là date de la prise d'Harfl'eur, sur laquelle y avait des doutes (n° cûcxxix). Deux ans plus tard le même roi écrivit pour annoncer son nouveau débarquement en Normandie et la prise du chAteau de Touques (n° cccxxxvm).

Le 5 septembre ll417, Henri V monda à la commune de Londres qu'il avait pris d'assaut la ville de Caen et que le château Ifuwnème <s était rendu (n° -cccxxxix) ; le 1 1 du même mais le duc de Garence apprit au maire de Londres les nouveaux succès de l'armée anglaise, et pour faire bien comprendre l'état prospère de l'armée et la nature *de ses succès, il se borna à demander l'envoi de gens pour repeupler les contrées où leurs victoires avaient passé (n°<cccxt.).

Le 5 juillet de l'année suivante le duc de Garance annonce la prise de Louviers et le siège de Pont de l'Àréhé (n° cccxliii). Le 21 du même mois, c'est le Roi luimême qui rend compte à la commune 'de Londres des 'négociations du cardinal des Ursins, de la reddition «de Porit-dG-l'Àrohe, des propositions du duc de Bourgogne et de la mort du comte d'Armagnac (n° 'cgcbuv^

TROISIÈME PARTIB, CHAPITRE PREMIER. CXLTH

Le tb août, Henri: V assiégeait Rouen et demandait pour rafraîchir sou année àes* vivre* q» en pouvait amener par eau* de Harflear dans son camp (n° cccxlvi). La réponse de la commune de Londres fait connaître le curieux détait des approviV jiontietaoate qui Surent envoyés (n° cccxlviu).

Le 5 août 4419, le Rot et le duc de Clarence écrivent de Mantes, le même jour, pour annoncer la prise- de Porttoise et le refn» de leurs ennemi» de consentir à la pnfo. Le due de Chirenee demande en même temps le titre de citoyen de Londres pou* un de ses gens (a08 cccliii, cccliv).

Le 17 août» Henri Y avait encore écrit de Pbn toise; mais son messager ayant été pris au Crotoy , il écrivit de nouveau de Trie-le-Chatel, le 12 septembre, pour que la commune se préparât à lui envoyer le» secours que le duc de Bedford devait lui demander (n° Cent vu). Le 7 novembre, k' dac de Bedford fit une proclamation peur faire apporter des vivres en Normandie (n° Ccclvih).

Le 1 2 juillet 1 421 , Henri V annonça son voyage en Picardie; les bons services qu'il recevait du duc de Bourgogne ; la levée du siège es Chartres» et la retraite dn Dauphin; c'est la dernière lettre qu'on trouve de lui (n° ccglxiii). Le 26 octobre 1422, ce fut le duc de Bedford qui écrivit de Rouen pour demander à la commune de Londres d'avoir la même fidélité pour le jeune enfant qui était devenu roi, qi§'eHt avait eue pour son père (ccclxvi) . Bientôt après, une lettre de la eommune de Paris mandait à celle de Londres la mort du roi de France ; l'assurait de son dévouement à Henri VI et lui demandait de s'employer activement en sa faveur (cccixvin). En 1424, deux lettres des habitants de Londres au due de Bedford apprennent que celui-ci leur avait rendu compte de ce qui se passait en France (V * cceixx , ccclxxi). En 1428, c'est le comte de Salisbory qui annence- le* succès de l'année anglaise ; die s'est emparée èe 46 viMes ou chftteaux et n'est plu» qu'à cinq lieues d'Orléans» (nQ COCL3CCVI) •. Enfin Henri VI fit son entrée- solennelle à Pat», les registre» de GuikUML noua en ont conservé une relation inddifte, dont je parlerai pin» amplement (V*yw Introduction, in* partie, cbap* m, et n° cccixxxi). On ne trouve pfeu désormais Ana ce volume deletlres des vois d'Angleterre ; maie en échange, en 1 432* c'est la commune de Paris qui croit devoir envoyer h celle de Londres une copie de la lettre qu'elle écrit à Henri VI, pour lui rendre compte de ce qui se passe* en France (nf* cccxxxxin, cccixxxïv). À peu» près dans te même temps, la ville de Paris envoie encore à celle de Londres la copie d'une requête qu'elle adresse au mi d'Angleterre, et prie la ville de Londres de s intéresser à son sort, sachant bien que si Londres veut s'en mêler, Paris se verra bientôt soulagée et délivrée des maux qu'elle souffre (ccclxxxv, ccclxxxvi).

Le 14 mai 1435 le duc de Bourgogne voulant se concilier Faffection des Parisiens, leur écrit cte Dijon pour leur ren&e compte des négociations qui ont eu Ken à

CXLVUI INTRODUCTION.

Nevers et de l'assemblée qui doit avoir lieu à Arras (n° ccclxxxvii). Le 27 juin de la même année, la ville de Calais implorait la protection de celle de Londres {n° ccclxxxviii).

La singulière requête, adressée en 1440 à Henri VI, par les deux états de la sénéchaussée des Landes, est moins importante sans doute sous le rapport historique proprement dit, que curieuse par les renseignements qu'elle donne sur les mœurs de l'époque et sur les faits relatifs à l'histoire particulière de cette province ; cependant elle jette aussi quelque lumière sur les causes des événements qui s'accomplirent alors en Gascogne ; le siège de Tartas ; la présence et le nombre des routiers dans cette contrée, etc. (n° cd).

Les traités passés l'année suivante entre les deux puissantes communes de Bayonne et de Londres intéressent beaucoup plus l'histoire locale et celle des mœurs que l'histoire générale elle-même ; si je les indique ici, c'est qu'ils ont une telle importance particulière, qu'il est impossible qu'ils n'aient pas aussi quelque signification générale (n09 cdiii, cdv).

Pour clore celte longue série de lettres de rois, de princes et de communes que nous a fournie le xve siècle, on trouve en 1447, une lettre écrite par Charles VII à ses très-cher s et grands amis de la commune de Londres, pour leur apprendre combien il est disposé à la paix; leur annoncer le départ de ses ambassadeurs, le comte de Dunois, le sire de Petigny, etc., et les prier de s'intéresser à leur message. Une lettre de Charles VII à la commune de Londres, quel qu'en soit le motif, est un fait assez intéressant par lui-même, pour qu'il soit inutile de le faire remarquer autrement qu'en l'indiquant (n° cdvii).

Je dois signaler encore la proclamation que fit faire en 1450 le roi d'Angleterre contre le duc de Bourgogne. Il est impossible en la lisant de ne pas la comparer avec celle que Louis le Hutin avait exigée d'Edward II, en 1315, et de remarquer que Henri VI, qui prétendait avoir sur la Flandre les mêmes droits que Louis X y avait eus, au lieu de mettre hors la loi les individus et les propriétés de tout un peuple, recommande expressément au contraire de ne pas punir comme coupables du crime de leur seigneur, les Flamands qui ne s'y sont pas associés. Mais de cette comparaison il ne faut faire honneur ni au caractère ni à la politique de l'un de ces princes ; un siècle d'intervalle avait changé les idées et les mœurs (n° cdxiii).

ARTICLE IV

xvi* siècle.

Le petit nombre des documents inédits du xvi* siècle qui se trouvent dans ce volume viennent tous des archives de l'Échiquier, où ils semblent avoir été laissés

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