CHAPITRE IL
ARTICLE PREMIER
Boulenois, Artois et Ponihieu.
Les documents relatifs à ce petit coin du territoire de la France qu'on nomme le Boulenois et le Ponthieu occupent plus de place dans les archives d'Angleterre que les documents relatifs à la plus grande de nos provinces ; on peut s'en faire une idée en parcourant le chap. iv de la nc partie de cette introduction ; mais comme je ne dois parler ici que des documents publiés dans ce volume, il se trouve que sauf un acte qui concerne l'importation des laines en Artois (n° xcvm), pas un des renseignements que je dois mentionner n'est antérieur à l'époque du siège de Calais par Edward III. A partir de cette date , les documents concernant Calais et le Boulenois sont si fréquents dans les archives anglaises que j'ai dû forcément renoncer à les mentionner tous ; il eût fallu citer tous les règlements qui concernent l'ensemble du royaume d'Angleterre ; car dans tous les actes du Parlement et dans toutes les ordonnances générales, il y a toujours quelques dispositions spéciales pour Calais. Quand j'ai dit, en parlant des archives de la mairie de Londres, qu'en les consultant à partir de l'époque où je m'étais arrêté, on y rencontrerait encore quelques documents intéressant la France , j'avais surtout en vue de désigner les documents qui concernent Calais; à cette époque, cette ville étant restée le seul point de notre territoire possédé par l'Angleterre, les relations de Calais avec Londres devinrent encore plus multipliées qu'elles ne l'avaient été jusqu'alors.
Dès le 30 octobre 1346, une ordonnance du gardien du royaume d'Angleterre prescrit des mesures pour éviter qu'on apporte des vivres d'Angleterre en France, ailleurs qu'à l'armée qui est devant Calais (n° cxlviii). L'année suivante, le Pape écrivit à Edward III pour l'exhorter à la modération et à la paix, et le Roi, fier de ses succès, lui répondit d'une manière presque dérisoire ; Edward ne fut cependant pas sans appréhension ; à l'approche de l'armée française, il écrivit à Londres délai envoyer des secours en toute hâte (n°* cliii, cliv).
(1) 11 .n'est qwfttiw.djm oe otapitqe que des renseignements contenus dans les textes nouvellement publiés; pour chercher ^ce qui concerne les diverses localités dans les autres parties dfe cet ouvrage, il faut avoir recours à la table des matières , où l'on trouvera réuni , à l'aide de divers renvois , tout ta qui interne* ofeww J»W*ince., ctaque dàpartcineAt, chaque arrondissement, chaque. localité.
CLE INTRODUCTION
-Calais se rendit le 3 août, et dès le 12 du même - mois, le gardien d'Angleterre faisait proclamer à Londres que tous ceux qui voudraient apporter des vivres ou venir habiter Calais se hâtassent de partir ; car à compter du 1er septembre on distribuerait des maisons et des terres à des conditions très-avantageuses à tous ceux qui en demanderaient (n° clvi) . On trouvera plus bas quelques-unes de ces donations.
En 1355, on fit proclamer à Londres qu'on manquait de blé et surtout d'avoine à Calais (n° clxix). En 1360, Edward III, étant à Calais, donna à son fils le duc de Lancastre plusieurs maisons qui étaient restées dans ses mains. Cet acte fait connaître les confrontations de chacune de ces maisons, et peut par conséquent aider à retrouver les noms et les demeures des citoyens qui défendirent si héroïquement leur patrie. Ce document m'a paru d'autant plus mériter d'être conservé, que le nom d'Eustache de Saint-Pierre y figure plusieurs fois, et qu'il en résulte que s'il est vrai qu'il ait trahi sa patrie (ce dont, après tout, je doute fort), les apparences contraires furent si bien gardées, qu'il fut comme les autres dépossédé de ses propriétés. J'ai pensé que les Calaisiens et tous les Français verraient avec plaisir un acte propre à jeter quelque lumière sur cette intéressante question (n° clxxxv).
Le n° cclxxviii nous apprend que le duc de Lancastre prétendit plus tard qu'Edward III lui avait, en outre, donné cette année l'hôtel d'un chevalier, nommé Barthélémy de Burghersh. Voyez plus bas le procès qui en résulta.
Un document de 1369 a conservé les noms de cent vingt hommes d'armes qui partirent de Londres pour venir tenir garnison à Calais (n° ccix). La même année, le duc de Lancastre, étant à Calais, fit payer quelques ouvrages de charpenterie faits dans les maisons qu'il y possédait (n° ccxn). En 1373, le même duc passa à Calais et afferma sa maison, connue sous le nom à' Hôtel de Lancastre, à condition, entre autres, que le fermier ne serait pas tenu de réparer les dégâts causés par les tempêtes, et que le duc pourrait occuper son hôtel chaque fois qu'il passerait par Calais (n° ccxlix).
Le 25 juin 1 377, quatre jours après la mort d'Edward III, Jean Salman, écuyer, et sa femme, en vertu de certaines lettres patentes dont la date n'est pas citée, mais qui , d'après les catalogues des rolles gascons, doivent être du 25 mai de cette année, se firent mettre en possession d'un hôtel qui avait autrefois appartenu à Barthélémy de Burghersh, chevalier, et probablement beau-père de J. Salman ; trois ans plus tard, le tout puissant duc de Lancastre prétendit, à tort ou à raison, que ce fief lui avait été enlevé contrairement aux lois du royaume, et il obtint de son neveu, le jeune Bichard II, de nouvelles lettres patentes ordonnant que ce fief fût saisi par les officiers royaux et restitué au duc de Lancastre (n° cclxxviii^.
L'année suivante, un mandement du duc de Lancastre chargea un des aldermen