‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 75 sur 331 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE (I. CLTII · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE (I. CLTII

de Calais, resté dépositaire des revenus des maisons dont s'était emparé J. Salman, de les employer à faire quelques réparations à ses maisons (n° cclxxx).

Le 5 février 1395, le duc de Lancastre passa plusieurs actes pour la ferme de ses maisons de Calais ; ces actes sont non-seulement curieux par les noms des individus et des localités qu'ils font connaître, mais eu outre par les dispositions particulières qu'ils contiennent (n09 cccvi, cccvn, cccvin).

Au commencement du quinzième siècle, le directeur de la monnaie d'Angleterre était chargé, à la fois, de toutes les opérations de banque et de change qui ne pouvaient se faire qu'à Londres et à Calais. En 1413, Louis Jean remplaça dans ces fonctions Richard Garner (noi cccxxvi, cccxxvn).

On trouve quelques détails sur les conférences qui devaient aVoir lieu à Arras, le 1er juillet 1435, dans une lettre du duc de Bourgogne, comte d'Artois, datée du 14 mai de la même année (n° ccclxxxvii).

Cette année, la commune de Calais était dans un état si déplorable, que, menacée d'être assiégée par les Français, elle fut réduite à implorer la bienveillance et le secours des magistrats de la municipalité de Londres, qui, dans tous les temps, s'étaient vivement intéressés au sort de Calais (n° ccclxxxvii i). C'était l'époque, au contraire, où la commune de Londres avait acquis une telle prépondérance, qu'elle se crut assez puissante pour faire exécuter partout les privilèges, vrais ou supposés, qu'elle prétendait avoir été accordés à ses marchandises et à ses navires, dans tous les ports soumis à la domination des rois d'Angleterre. Elle essaya de faire valoir ses prétentions à peu près en même temps à Calais, à Bordeaux, à Bayonne, etc. Cette circonstance doit faire présumer que ces privilèges n'avaient jamais existé que de nom, car il est peu probable qu'il y ait eu à la fois une conspiration générale contre les privilèges des Londoniens dans tous les ports de l'Océan (n° cccxcvu).

Une note trouvée sur une feuille de garde d'un cartulaire nous a fait connaître le revenu exact des maisons que le duc de Lancastre possédait encore à Calais en 1489 (n° cdxxxvi).

ARTICLE II

Picardie.

Les archives de Guild-Hall ont révélé à la science un genre de documents nonseulement inconnu, mais dont l'existence n'était même pas soupçonnée. Dans ce nombre, nous devons comprendre la correspondance entretenue par la commune de Londres avec les villes d'Amiens, de Nesle et de Corbie.

La copie que j'ai faite du texte de ces actes doit être publiée dans la collection des monuments de V Histoire du tiers-état ; cependant, comme ces documents m'ont été

CL1Y INTRODUCTION

utiles dans l' explication de quelques points historiques dont j'ai eu l'occasion de parler, j'ai cru devoir donner ici une analyse qui puisse Taire comprendre l'ensemble d'une affaire dont j'ai plusieurs fois cité les détails-.

La guerre entre la France et l'Angleterre ayant interrompu ou diminué le cow> merce que les marchands des trois villes de Picardie faisaient avec la capitale de l'Angleterre, où ils apportaient' principalement de,la.guède, de l'ail et dft l'oignon^ marchandises sans doute alors fort recherchées des Anglais, la coHuuune de hondres, pour engager les marcliands Picards à revenir dans «an port, letr accorda, en 1237, plusieurs privilèges et exemptions qui furent regardés comme très-iaipoitants* car ils furent transcrits un grand 'nombre de fois dans- les cartulaire& et les registres de la Cité. Moyennant le payement d'une rente assez minime, les marchands de ces trois villes se trouvaient assimilés aux marchands nationaux, et les conditions étaient également stipulées pour les temps de paix et pour les temps de guerre. Ce n'était pas seulement, disaient les habitants de Londres, l'intérêt particulier de leur ville qui avait dicté les conditions de ce traité, c'était l'intérêt général du commerce et celui de l' Angleterre. Il est impossible de développer, à ce sujet, uju* théorie du commerce plus large et mieux sentie que ne le firent dans celte lettre les magistrats de Londres [voy* plus bas : lntrod., chap. ix). Cependant la guerre ayant in ter* rompu les relations entre les deux peuples, quand la. paix fut rétablie, les marchands Picards ne revinrent pas a Londres, craignant que, selon un usage alors gêné* ralement adopté, la commune de Londres ne rendît responsables de la rente arriérée les premiers marchands qui arriveraient. Les Anglaisy iaquiets de ne plus les vo» dans leur port, leur écrivirent, en 1298, qu'ils pouvaient revenir sans crainte, et qu'il ne serait exigé d'eux que les six derniers mois échus de la rente stipulée par le traité de 1237. En conséquence, les marchands de Picardie revinrent; mais de nouvelles hostilités ayant éclaté, la renie fut mal payée ou ne te fut pas du tout. Aussi, en 1332, le bailli d'Amiens ajout eu occasion de demander un service au maire de Londres, celui-ci, en répondant à la demande du bailli, réclama le poye* ment de la rente consentie par le traité de 1237.

Le fait qui engagea le bailli d'Amiens à écrire au maire de Londres e*t lui-môme curieux, et a fourni à M. Augustin Thierry une preuve certaine de l'exécution des articles de la première coutume d'Amiens, par lesquels les bourgeois étaient tenus, sous dos peines sévères, d'accepter et d'exercer les fonctions municipales. André Audelme ajant été élu grand compteur d'Amiens, pendant qu'il était, en Angleterre, le bailli écrivit au maire de Londres pour qu'il signifiât à André Aude lu y e qu'il eût à revenir remplir ses fonctions. C'est en transmettant la réponse du grand compteur que le maire de Londres- réclama le payement de la/ rente et de l'arriéré, et comme les Picards souffraient sans doute autant de cette interruption que les An-

TROISIÈME MOTIE, CHAPITRE II. CLT

glarts, on entra en négociation. Les marchands d'Amiens obtinrent du roi de France la permission de nommer, pour leur mandataire général dans tout ce qui regardait leurs affaires avec la Grande-Bretagne et Tlflande, ce même André Audeluye, et celui-ci ayant subdélégué ses pouvoirs^ six -autres marchands, il intervint, en 1334, un ttouveau'trailé. Ce traité renouvela celui de 1237, et y ajouta quelques avantages au profit des marchands d'Amiens.

Le nouveau traité, qui fournit de curieux renseignements sur l'état du commerce à cette époque, fut exécuté avec plus d'exactitude que ne l'avait été le précédent ; mais les marchands de Corbie et de Nesle n'ayant pas voulu, quelque réclamation qu'on leur eût adressée, contribuer pour leur part au payement des sommes réclamées par la ville de Londres, le même jour où fut conclu le nouveau traité dont nous venons de parler, et dans lequel les marchands de Ncsle et de Corbie paraissaient ostensiblement compris, il fut passé entre la ville de Londres et les procureurs des marchands d'Amiens un autre acte, probablement tenu secret, et par lequel le maire de l ondres s'engageait à saisir les marchandises des marchands de Nesle et de Corbie, jusqu'à ce que les marchands d'Amiens eussent été indemnisés des sommes qu'ils avaient payées. Cette espèce de contre-lettre me paraît un véritable guet-apens tendu aux marchands de Corbie et de Ncsle par les marchands d'Amiens, d'accord en cela avec la commune de Londres. Si le second acte n'avait eu pour but que d'obliger les marchands des deux petites villes à contribuer au payement de la rente ou h cesser de faire concurrence sur le marché de Londres aux marchands d'Amiens, il n'était nul besoin de faire un traité à part et dans une autre forme. Il suffisait d'ajouter un article au premier traité.

Quoi qu'il en soit, dès cette époque, les marchands d'Amiens payèrent exactement la rente et les arrérages dont il fut tenu compte aux anciens maires de Londres ou h leurs représentants, et l'on trouve assez régulièrement dans les registres de Guild-Hall des quittances données par la ville de Londres aux marchands d'Amiens, jusqu'au mois de mars 1397, circonstance curiausc, et qui prouve que la guerre entre «les deux peuples n'interrompit pas les relations entre les deux villes.

ARTICLE III

Flandre.

La position -géographique de «ette contrée, qui l'a rendue le champ debataille de presque toutes les querelles de te France et lui a communiqué un esprit de nationalité douteuse, est sans doute aussi la cause qui, réunie au caractère mercantile et tracassier de la population, a rempli les archives anglaises de documents relatifs à la Flandre. C'est surtout dans tes archives de la mairie de Londres que les documents

CLVI INTRODUCTION

se trouvent en abondance. Ils y sont si nombreux, si variés et quelquefois si minimes, qu'il n'est pas toujours facile de les apercevoir. Très-souvent ils se dérobent aux yeux par la nature même des actes qui les contiennent. Ainsi il eût fallu faire une étude spéciale des actes qui paraissaient n'intéresser que le commerce anglais pour être sûr qu'ils ne contenaient aucune disposition, directement ou indirectement applicable aux marchands ou aux produits de la Flandre (1). Il était impossible de recueillir tous ces renseignements épars et de leur assigner dans ce recueil une place chronologique exacte ; mais cela ne dispensait pas de prévenir ici de leur existence.

Dans les documents relatifs à la Flandre que j'ai pu recueillir, beaucoup étaient déjà connus ; le plus ancien acte inédit est une lettre de la commune de Londres, adressée en 1299 aux maire et prévôt de Bruges et de Cambrai, pour les engager à forcer leurs compatriotes, débiteurs envers un marchand de Londres, de s'acquitter envers lui, s'ils ne veulent pas que leurs concitoyens soient mal reçus à Londres (n0B lix, lx).

En 131 1 , un mandement du Roi fit mettre en liberté un marchand écossais qui avait été arrêté comme Flamand (n° xcv). L'année suivante, Edward II rendit une ordonnance pour remédier aux abus qui résultaient de la libre exportation en Flandre des laines et des pelleteries (n° xcviii).

J'ai déjà signalé la lettre que Louis le Hutin écrivit en 1315 à Edward II, pour qu'il fît publier à Londres la confiscation de la Flandre et la mise hors la loi de tous les Flamands (n° en).

En 1332 Edward III fit saisir en Angleterre tous les Flamands et leurs marchandises (n° cxvm). En 1340 le même prince écrivit à la commune de Londres pour faire connaître la victoire navale qn'il venait de remporter, et quoique le port de l'Ecluse soit situé dans une partie de la Flandre qui ne nous appartient pas aujourd'hui, j'ai cru que je devais néanmoins le rappeler ici (n° cxxxn). Le même motif me fait mentionner ce que j'ai déjà dit au chapitre précédent des choses qui se passèrent au retourduRoi, relativement aux privilégesaccordésauxFlamands(n°cxxxvnj. En 1346, un mandement d'Edward III défendit d'apporter du blé d'Angleterre ailleurs qu'en Flandre et dans les possessions anglaises (n° cxlviii).

Un document plus curieux est la proclamation faite à Londres en 1351 , contre les chefs de bandes qui malgré les ordres du Roi étaient entrés en Flandre, et, entre autres dévastations, s'étaient emparés de la ville de Gravelines (n° clxi). Trois ans plus tard, le même roi faisait un mandement en faveur des ouvriers flamands que leur attachement à sa cause avait forcés de venir exercer leur industrie en An-

(1) Je puis en donner un exemple en rappelant ce document déjà cité et duquel il résulte qu'au xiv* siècle, presque toutes les filles publiques de Londres étaient des femmes flamandes.

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