TROISIÈME PARTIE , CHAPITRE II. CLYII
gleterre (n° clxviii). En 1373, une autre proclamation annonça qu'Edward III s'était allié de nouveau avec le comte de Flandre et qu'il ne fallait plus désormais saisir ni retenir les Flamands (n° ccxlvh).
Au xvc siècle les documents intéressant la Flandre sont peu nombreux dans ce volume. 11 n'est guère possible de ranger dans ce nombre la lettre écrite en 1435 à la commune de Paris par le duc de Bourgogne (n° ccclxxxvii), et dès lors il ne reste plus que la proclamation faite à Londres en 1450, contre celui qui se dit duc de Bourgogne et comte de Flandre, et dans laquelle Henri YI recommande expressément de ne pas regarder comme complice de leur comte les Flamands qui sont en Angleterre (n° cdxiii).
Les documents du xvie siècle dans ce volume intéressent rarement l'histoire particulière des provinces ; on peut cependant regarder comme se rapportant plus spécialement à la Flandre, deux lettres de la célèbre Marguerite d'Autriche (nos cdxliv, cdlv), une lettre du prince de Ligne (n° cdl) et quelques passages des rapports des agents anglais en France, entre autres le n° cdliv.
ARTICLE IV
Normandie.
Les documents qui concernent la Normandie sont peu nombreux avant le xve siècle. Cependant ils m'ont fourni l'acte le plus ancien de ce volume ; le privilège accordé en 1132 à un prieuré de l'évèché de Lisieux par l'archevêque de Rouen (n° n). De cette époque, il faut passer en 1299, pour rencontrer une lettre écrite par la ville de Londres au bailli de Caen, en faveur d'un marchand anglais (n° lix) ; puis en 1336, pour trouver la confirmation d'une donation faite par Edward III à l'abbaye de Baubec (n° cxxvn). On trouve cependant encore une lettre de 1346, dans laquelle le même prince demande de faire faire des prières publiques à Londres, pour remercier Dieu de ses victoires en Normandie (n° cxlv).
Au xve siècle, au contraire, la correspondance active que les rois et les seigneurs anglais entretiennent avec la commune de Londres est presque tout entière relative aux événements qui se passèrent en Normandie, et les curieux détails qu'elle renferme, non-seulement contrôlent et complètent les récits des chroniqueurs , mais pourraient, réunis aux actes nombreux relatifs à cette province qui se trouvent dans la collection de Brequigny, donner une idée exacte de ce que furent ces invasions de la Normandie dont les affreuses traces subsistaient encore soixante années plus tard, lors de la tenue des états de Tours.
Une lettre de Henri Y apprend que son armée avait pris terre à Harfleur le 17 août 1415, et non le 14 comme le dit Monstrelet ; elle donne de nouveaux détails
6JMU INTRODUCTION.
sur le siège de cette ville, dont ia reddition produisit on France une telle -servit ion, qu'on s'en servit pour demander jusque dans les provinces les plus méridionales, un aide pour reprendre Harfleur (n° cccxxix). Malgré ces efforts, en 4417, Henri V s empara sans coup férir du ehôteau de Touques, le plus fort de toute la contrée, et continua sa marche victorieuse à travers la iprovince (n° cccxxxvn). !Lo 5 septembre suivant, Henri Y écrivit enoore qu'il s'était emparé d'assaut et sans grande perte, de la ville de Caen. Un postsciipium annonçait que le château de lu ville avait promis de se rendre s'il n'était secouru avant le 19 du même mois [nn cccxxxix).
En attendant, plusieurs autres villes et forteresses des environs s'étaient rendues aux Anglais. Le 11 du même mois, le duc de Clarence chargea un messager d'en apporter la liste en Angleterre. Le duc, séduit par cet heureux commencement, se croyait déjà prôt à voir se réaliser ses espérances et disait qu'il ne leur fallait que du monde pour peupler et garder ces conquêtes (n° cccxl). Celte dernière expression peut prouver qu'il n'y avait rien d'exagéré dans les plaintes des bailliages de Normandie aux états généraux de 1484.
Les succès de l'armée anglaise continuaient avec une rapidité merveilleuse. Le 5 juillet 1418, le duc de Clarence écrivit encore à la commune de Londres que le Roi après avoir pris Louviers, était venu assiéger Pont-de-f Arche. La veille, une partie de l'armée avait passé la Seine, et les défenseurs du château proposaient déjà de se rendre (n° cccxlmi). Pendant que le cardinal des Ursins, qui était venu joindre le Roi à Louviers, était parti pour Paris, porteur de propositions de paix, Pont-del'Arche se rendit le 20 juillet, ainsi qu'on l'apprend d'une lettre que Henri V écrivit le lendemain à sa bonne ville de Londres , en lui annonçant que le comte d'Armagnac était mort et que le duc de Bourgogne faisait demander des trêves (n° cccxliv).
Le 10 août suivant, Henri V était occupé du siège de la ville de France la plus importante après Paris, et il écrivait de Rouen à sa commune de Londres de lui envoyer le plus tôt possible des armes, quelques petits vaisseaux, dus vivres, et surtout des boissons, qu'on pouvait d'abord faire arriver à Harfleur pour de là remonter la Seine jusqu'à Rouen (n° cccxlvi).
La réponse de la commune de Londres à la lettre de son souverain est également curieuse par la suppression d'un passage important que le scribe avait transcrit sur le registre ; mais qui ne fut pas mis dans la lettre, et par l'énumération des objets qui furent envoyés à Rouen. Indépendamment des armes et des petits vaisseaux que les magistrats de Londres avaient pu se procurer, ils avaient confié à J. Credy et J. Combe, officiers de la ville et porteurs de leurs lettres, 4, 3 (M) bouteilles de vins de diverses espèces, 1,000 pipes d'ale et de bière et 2,580 coupes, qu'ils