TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE IL CUX
priaient le Roi d'accepter comme un faible témoignage de leur joie et de leur désir, de lui être agréables^»9 cggxlviii)*
Les armes victorieuses de Henri V l'eurent bientôt conduit hors du territoire de la Normandie, et aa correspondance n intéresse plus l'histoire de cette province; mais parmi les autres faits qui s'y rapportent, on trouve lo 7 novembre 1419, un*> proclamation que le duo de Beéford fit faire à Londres, pour ansancer une eiemp* lion de droit, pour to«9 ceux qui voudraient apporter des grains em Normandie
(llP CCCLVltl).
On trouve encore un autre renseignement relatif à cette province, dans le passage d une lettre qvef la commune de Paris écrivait au roi d'Angleterre le 20 mars 14ô2 et dans lequel il est parlé dune manière si singulière de la capitulation des Français qui's'étaienf emparés par surprise du château de Rouen (n° ccclxxxv).
Aucun des actes du xvie siècle n'est particulier a la Normandie. Cependant il esti question dans len° cdliv de l'équipement d'une flotte que François 1er y faisait faire en 1522. Dans le n° coinu, des armements qui se firent en Normandie en 1536; de l'arrivée au Havre dune Hotte écossaise et de la maladie de la reine d'Ecosse à Rouen. Enfin le n° culxv prouve que l'amiral de Colîgny était à Caen en 1562, lorsqu'il donna quittance de toutes les sommes qu'il avait reçues de la reine d'An-» glelem.
ARTICLE V
Ile de France, Paris, Orléanais, etc.
Charles V était à Paris lorsqu'il rendit son ordonnance du 16 novembre 1364, pour assurer le libre échange du commerce entre l'Angleterre et la France (n° exevi). Le 5 août 1419, Henri V écrivait de Mantes que Pontoise venait d'ôtre prise d'assaut (n° cccliu), et, le même jour, le duc de Clarence ajoutait que la prise de cette ville leur ouvrait la route de Paris (n° eccuv). Néanmoins, l'armée anglaise s'arrêta à Pontoise jusqu'à la fin de septembre (n° cgclvii).
Le 12 juillet 1421, Henri V écrivit de Mantes qu'il avait quitté Paris pour aller faire lever le siège de Chartres ; mais qu'il avait appris en chemin que le Dauphin venait de se retirer en Touraine (n° ccclxih).
En 1422, la commune de Paris écrivit à ses chers et bons amis de la communo de Londres pour leur annoncer la mort de Charles VI, et témoigner de tout son dévouement au jeune roi sur- la tête duquel les deux couronnes se trouvaient réunies (n° ccclxviu).
Une lettre du comte de Salisbury, en 1428, raconte la prise de Yenville et de quarante villes ou châteaux de l'Orléanais (n° ccclxxvi}. Une pièce de vers fait connaître l'état déplorable dans lequel se trouvait Paris vers 1431 (d° ccclxxx).
CLX INTRODUCTION
Mais le document le plus curieux, relatif à l'histoire de notre capitale, est certainement le récit de l'entrée solennelle de Henri VI à Paris, le 2 décembre de cette même année (n° ccclxxxi).
Ce document est, pour le fond, parfaitement conforme à l'ensemble des relations de cette cérémonie que nous connaissions déjà, mais c'est le seul qui nous ait conservé des détails aussi circonstanciés de cet événement. Félibien, en effet, n'a pas ajouté un seul mot au texte de Monstrelet ; mais je n'ose tirer un argument du silence gardé par Godefroy dans le Cérémonial français; il est fort possible que ce dernier n'ait pas été bien convaincu que c'était aussi fausser l'histoire que de cacher la vérité. Quoi qu'il en soit, il m'a semblé que dans un siècle où l'on recueille les moindres faits qui se rattachent à notre histoire, et jusqu'aux représentations graphiques de ces faits, la description détaillée de l'entrée de Henri VI, écrite probablement par un membre de l'Université de Paris, et peut-être par l'ordonnateur luimême des cérémonies qui y furent faites, pouvait mériter d'être connue.
Je n'ai besoin de rapporter ici aucun des faits qui résultent de ce récit, il faut lire le récit lui-même ; je me bornerai à faire remarquer combien, malgré la joie factice dont l'auteur voulait faire parade, toute cette description porte l'empreinte d'une tristesse intérieure, et combien aussi le poëte officiel avait été malheureux dans ses inspirations, excepté peut-être quand il mit dans la bouche du peuple cette strophe
remarquable par son énergique simplicité :
Le peuple de toute sa puissance A moult peine d'entretenir La ville en votre obéissance; Si, vous en vueillez souvenir !
Il est d'ailleurs assez difficile de s'expliquer pourquoi cette description se trouve transcrite dans les registres de la mairie de Londres qui ne contiennent aucune autre pièce de ce genre. On peut cependant supposer qu'elle y a été insérée par un motif précisément contraire à celui qui fait qu'elle ne s'est pas conservée en France ; mais peut-être aussi par un mouvement de vanité particulière du secrétaire de la ville de Londres. Ce secrétaire, qui signe simplement Jean, était sans doute un des beaux esprits de son temps , auquel un autre personnage éminent et son ami avait demandé une relation des cérémonies faites à Londres pour célébrer le retour du jeune Roi. 11 fit copier les deux relations à la suite l'une de l'autre, afin qu'on pût juger à la fois de la supériorité de son esprit sur celui du rédacteur anonyme de l'entrée du Roi à Paris (1) et de la supériorité de la capitale de l'Angleterre sur celle de
(1) Cette narration de l'entrée de Henri VI à Londres fut trouvée si belle, qu'un des poètes les plus célèbres de cette époque, Jean Lydgate, la mît en vers anglais. Son amplification poétique a été publiée à la suite de la Chronique de Londres.