‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 78 sur 331 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE H. CLXI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE H. CLXI

la France , par la différence des fêtes qu'elle avait données. On voit aussi dans ces documents que l'entrée à Londres fut une fête véritablement nationale, tandis que pour l'entrée à Paris, la tristesse et la souffrance du peuple s'étaient reflétées jusque dans le style du narrateur. J'ai cru qu'on verrait avec plaisir cette seconde relation à côté de celle qui intéresse plus particulièrement la France, et je l'ai donnée à la suite de la première (n° ccclxxxii).

Au commencement de mars 1432, la commune de Paris envoya à la commune de Londres la copie d'une lettre qu'elle écrivait au roi d'Angleterre , suppliant celle-ci de vouloir bien appuyer sa demande auprès du Roi, persuadée, disait-elle, que si Londres veut bien s'en mêler, l'état de misère auquel est réduit Paris aura bientôt cessé ( n° ccclxxxiv ).

La lettre au Hoi n'est pas moins remarquable. La ville de Paris rappelle à Henri VI que depuis sa venue elle n'a reçu aucun adoucissement aux maux qu'elle éprouvait et qui se sont accrus d'une manière intolérable. Les remèdes qu'elle implore méritent d'être remarqués; c'est surtout l'envoi d'un plus grand nombre de gens de guerre, et la prise et destruction de Lagny et autres places qui lui sont nuisibles, et dont elle veut faire des villes champêtres ; puis, pour triompher des ennemis, l'emploi de la force au lieu de la corruption, ce qui est nourrissement de guerre et chose damnable contre Dieu et raison (n° ccclxxxiii).

Quelques jours après, le 20 mars, la commune de Paris écrivit encore à celle de Londres en lui transmettant une nouvelle lettre adressée au Roi pour rendre compte de ce qui se passait en France, et des préparatifs que faisaient les ennemis pour assiéger Paris. Elle plaisante sur le sort des chevaliers français qui s'étaient emparés par surprise du château de Rouen (n05 ccclxxxv, ccclxxxvi) .

Le 14 mai 1435 une lettre du duc de Bourgogne apprit aux habitants de Paris le bon état de la santé de la duchesse et de son fils le comte de Charolais, en même temps qu'elle leur annonçait le résultat de la conférence tenue à Nevers et leur demandait d'envoyer leurs députés à Arras, pour le 1er juillet (n° ccclxxxvii).

Les documents du xvi* siècle ne renferment, dans ce volume, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, que très-peu de renseignements relatifs à l'histoire particulière des provinces : pour l'isle de France, le tout se borne à quelques détails donnés par des émissaires anglais sur les nouvelles qui circulent (n09 cdliii, cdliv, cdlvii, cdlxiii).

ARTICLE VI

Champagne et Brie. *

Plus les provinces françaises sont enfoncées dans l'intérieur des terres, moins on trouve de renseignements qui les concernent dans les archives anglaises. Cependant

CLXII INTRODCCTION.

ce volume contient plusieurs renseignements relatifs aux transactions commerciales de la Champagne avec l'Angleterre. Les foires de Champagne et de Brie étaient» comme on le sait, une des plus célèbres assemblées commerciales du moyen âge. Nous avons déjà vu que les marchands de la Champagne fréquentaient tes marchés de Londres et se trouvaient désignés un assez grand nombre de fois parmi les étrangers qui faisaient enregistrer leurs créances à Guild-Hall (pagexcmet n°xvm); nous devons ajouter ici que parmi les actes de toute sorte, enregistrés à la mairie de Londres, se trouve une transaction entre deux marchands anglais, à propos d'une obligation de 122 francs 10 sous, faite à l'un deux, en 1286, par Gauthier de Châtillon, sire de Bersi et connétable de Champagne. Le sort de ce billet d'un des guerriers de saint Louis m'a paru mériter d'être transcrit (n° xxxii).

Quelques années plus tard, on trouve encore dans les archives de la mairie de Londres un document curieux pour l'histoire commerciale de la Champagne* An mois de septembre 1299, P. de Fremeville et Robert de Champagne, gardien des foires de Champagne et de Brie pour le roi de France, écrivirent à la commune de Londres pour se plaindre de n'avoir pas reçu au moins une réponse à leur première lettre, écrite en 1295, et qu'un sergent des foires de Champagne et de Brie avait été lui-même porter à Londres. Cette correspondance s'était établie a l'occasion d une somme fort importante, 1,600 livres petit tournois, que Bourgeois Faubert, citoyen de Florence et marchand de chevaux, devait à quelques marchands de Bar-sur-Àube, tant pour ses achats que pour des amendes encourues pour violation des règlements des foires. 11 est très-probable que l'origine de cette créance remontait a l'achat de quatre-vingts grands chevaux, précédemment fait par ce même Bourgeois Faubert, marchand d© chevaux du roi d'Angleterre, et dont Philippe le Bel n'avait pas voulu permettre la sortie de France (I). Quoi* qu'il en soit, les gardiens des foires de Champagne demandaient à la commune de Londres, à titre de réciprocité de service, de faire saisir les biens de Bourgeois Faubert ou de ses associés, jusqu'à concurrence de la somme due, et si ses biens ne suffisaient pas, de se saisir du corps du débiteur et de le leur envoyer aux dépens des créanciers

(ll° LXIl).

Quatre ou cinq mois après, Èlie Russel, alors maire de Londres, répondit au nom de la commune, que quelque désir qu'il ait de faire quelque chose qui puisse être agréable aux gardiens des foires de Champagne, il n'a pu sévir, comme ils le demandaient, contre Puy de Prat et ses associés, car les ayant fait comparaître devant lui, en présence de Jean de Flechers, que le maire qualifie de. sergent des foires de Champagne; quoique les gardiens se fussent excusés au contraire de ne pas faire

(1) Champollion Figeac, Lettres de Rois, sic, t. 1, p. 28*.

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porter leurs lettres par un de leurs sergents, ledit Puy de Prat et ses associés avaient prouvé qu'ils ne devaient rien à Bourgeois Faubert, ses associes ou héritiers, en exhibant une quittance donnée par ceux-ci en 1293, en présence de Gentian de Paris, panctier du roi de France, et de Robert de Champagne , alors gardiens des foires de Champagne (n° lxviii).

Le maire de Londres n'avait rien dit dans la réponse du motif qui l'avait porté à ne pas répondre aux premières lettres qu'il avait reçues ; dans la nouvelle lettre que lui adressent au mois de mai les gardiens des foires de Champagne, ils rappellent celte circonstance avec aigreur, et renchérissant sur des prétentions qui nous paraîtraient si exorbitantes aujourd'hui , ils ne se contentent plus de demander, A titre de bienveillance réciproque, la saisie des biens et l'extradition des débiteurs, ils prétendent que le maire et la commune de Londres n'ont aucun droit d'examiner si la créance est réelle ou non, car l'appréciation des contestations soulevées à l'occasion des foires de Champagne n'appartient qu'à eux seuls. En conséquence, ils intiment au maire et à la commune de Londres l'ordre menaçant, non-seulement en leur nom, mais encore au nom du roi de France, de faire immédiatement ce qui leur est enjoint, s'ils ne veulent pas que l'entrée des foires et de tout le comté de Champagne soit fermée à leurs concitoyens et à leurs marchandises (n° lxix).

Les menaces des gardiens des foires de Champagne et de Brie effrayèrent peu la commune de Londres. Elle n'y répondit point ; mais, profitant habilement de ce que les gardiens des foires de Champagne avaient fait intervenir le nom du roi de France, elle fit aussi intervenir le nom du roi d'Angleterre, opposa une fin de non-recevoir, et se trouva ainsi tout à fait en dehors de la question. La commune de Londres protesta de nouveau du désir qu'elle avait de faire, autant que le lui permettaient tes droits et les coutumes d'Angleterre, tout ce qui pouvait être agréable aux gardiens des foires de Champagne ; mais comme les débiteurs qu'on lui demandait de poursuivre jouissaient des libertés de la ville, elle n'avait pu y porter atteinte sans consulter le roi d'Angleterre et s'entendre avec lui. Or, le roi d'Angleterre étant dans ce moment occupé à ses guerres d'Ecosse ; elle priait les gardiens des foires de vouloir bien la tenir pour excusée et de s'adresser directement au Roi (n° lxxi).

Il parait d'ailleurs que les gardiens des foires de Champagne se regardaient comme investis d'un pouvoir absolu. En 1262, les marchands flamands avaient été si maltraités par l'un d'eux, qu'ils avaient promis de ne plus fréquenter ces foires (1).

fl . Inventaire analytique des chartes des comtes de Flandres..., publié par Jules de Saint-Génois. Gond, 1*43, in-4".

CLXIV INTRODUCTION

ARTICLE VIL Bretagne.

Il existe à Londres, dans les registres de Guild-Hall, quelques documents relatifs au comté de Richemont, pendant que cette seigneurie appartenait au duc de Bretagne; mais j'ai cru qu'ils n'intéressaient pas assez la France pour les publier dans ce recueil.

On voit dans ce volume que le 12 janvier 1364, le duc de Bretagne était à Agen, où il assista à l'hommage prêté au prince de Galles par le vicomte de Béarn (n°cxcn, art. 983).

Le 8 novembre 1364, Edward III fit proclamer à Londres que tous les capitaines des places et châteaux de ses domaines en France, excepté ceux du duché de Bretagne, eussent à s'embarquer pour la Normandie avec le comte de Kent (n° cxcv).

Dans les comptes des revenus du Prince Noir en Aquitaine (n° ccxxiii, art. 547 et 349), on voit que ce prince ne toucha aucun revenu de quelques seigneuries voisines de la Bretagne, parce que le seigneur de Clisson et celui de Laval s'en étaient emparés. L'intérêt qu'offre celte note se trouve encore augmenté par une des clauses du bail passé en 1571 entre le duc de Lancastre et les sénéchaux de Poitou et de Saintonge, pour la ferme des revenus de la ville de La Roche-sur- Yon. Le duc cédant à ses fermiers les profits à faire sur les terres des rebelles , avait stipulé une diminution du prix de ferme, à dire d'experts, dans le cas où les seigneurs de Clisson et de Laval feraient la paix avec le roi d'Angleterre (n° ccxxxi).

En 1375 le duc de Lancastre envoya en présent au duc de Bretagne un hanap d'or (n° cclvii).

Il existe dans les archives du duché de Lancastre une copie d'un document déjà publié, le traité d'alliance conclu en 1580, entre le roi d'Angleterre et le duc de Bretagne; mais je crois que quelques actes relatifs à ce traité, la nomination des commissaires anglais et la confirmation par le Roi et les barons d'Angleterre, n'étaient pas connus (n° cclxxiii, cclxxvi).

Dans le n° cdliv, il est question d'une flotte de quatre-vingts navires équipés en Bretagne, en 1522.

ARTICLE VIII

Poitou, Aunis.

Le plus ancien document concernant ces provinces est de 1275 ; il constate qu'à cette époque les marchands et même les ecclésiastiques faisaient le commerce des vins avec l'Angleterre (n° xvni, note). Souvent sans doute les marchands poi-

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