TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE II. CLXY
tevins ou rochelais étaient compris dans les actes, où ils n'étaient désignés que par la dénomination générique de marchands gascons (voyez article Guyenne) : on en trouve une preuve évidente dans la liste des chevaliers gascons, dont Edward Ier se chargea de payer les dettes à Londres ; l'article 87 entre autres est consacré à quelques habitants de la Rochelle (n° lvi).
Le n° cvn fait connaître le détail des mésaventures arrivées à un marchand écossais qui était venu en Poitou prendre une cargaison de sel, etc., en 1318. Les n08 ccxxiv, ccxxv, ccxxvi, sont relatifs à la mission confiée par le Pape, en 1335, à Bernard Sistre, chanoine de Saint-Hilaire de Poitiers ; mais il faut ensuite passer aux temps de la domination du Prince Noir, en 1363, pour trouver le récit des chevauchées que fit ce prince dans le Poitou (n° cxcn). J'ai déjà dit, au chapitre précédent, en quoi ce document différait du récit de Froissard; ici je me bornerai à suivre Tordre de l'itinéraire , qui me parait le plus vrai.
D'après cet itinéraire, le prince d'Aquitaine et sa cour seraient arrivés de Saint- Jean cT An gel y à la Rochelle, le 27 août 1363. Là ils reçurent dans l'église des frères mineurs les hommages dès seigneurs de Parthenay, de Marans, de Thouars, etc., jusqu'au 29 août. Le 1er septembre ils reçurent les hommages à Benon, et le 3 à Niort, où maître Pierre Perseschausses, maire de la ville, rendit hommage au nom de la commune. Le 6 septembre, le Prince s'arrêta à Saint-Maixent, et le 13 il était arrivé à Poitiers, où il séjourna longtemps et reçut les hommages dans plusieurs églises de la ville et même un jour dans sa chambre.
C'est à Poitiers que le Prince reçut le plus grand nombre d'hommages et les plus importants, soit que réellement les contrées environnantes fussent plus peuplées de noblesse , soit que le Prince y demeurant longtemps , les seigneurs des autres contrées aient profité de la longueur de son séjour pour venir le joindre, comme firent les consuls d'une petite ville du Béa m. Le Prince séjourna à Poitiers du 13 septembre au 19 novembre (n° cxcn, art. 684 à 946).
Les comptes de l'administration financière de l'Aquitaine, dressés par Filongleye dans deux tableaux, forment les n°* ccxxm et ccxxiv de ce volume. (Voyez ce que j'en ai dit au chapitre précédent.) Dans le premier tableau, les revenus et les dépenses de la Rochelle sont joints à ceux de la Saintonge (n° ccxm, art. 71, 144 et 807 à 811). Le tout est tellement mêlé et confondu, qu'il faudrait un travail tout spécial pour le séparer. Je me bornerai à en donner les résultats généraux et communs aux deux sénéchaussées. Les revenus ordinaires furent près de trois fois supérieurs aux dépenses. Il est vrai que le trésorier avait reçu quelques sommes étrangères à sa recette ordinaire ; mais il est vrai aussi que les droits possédés par le Prince dans cette contrée étaient plus nombreux que dans les autres.
Dans le Poitou (n° ccxm, art. 296 à 367 et 814 à 817), les recettes ordinaires
CLXYI INTRODUCTION.
dépassèrent à peine les dépenses. Cependant les droits royaux avaient été et même étaient encore très-nombreux en Poitou ; mais le Prince les avait sans doute aliénés (I), tandis que sa domination n'avait pas été établie d'une manière bien claire sur quelques-unes des prévôtés voisines des frontières de la France.
Le second lableau de Filongleye, en ce qui concerne la Rochelle et le Poitou, ne peut guère nous servir à contrôler l'exactitude des chiffres du premier ; dans ce second tableau, la Rochelle est jointe avec la Saintonge, et le Poitou avec le Limousin. Je renvoie ce que j'ai à dire du monnayage au chapitre x. Le fouage, en Poitou, où il fut levé quatre fois, produisit plus de 38,000 livres, c'est-à-dire deux fois'autant que les recettes ordinaires du Poitou jointes à celles du Limousin, et cependant les frais de perception ne s'étaient pas élevés à un soixantième du produit. Il fout ajouter que les bourgeois delà Rochelle avaient fait exceptionnellement un don de 1,000 livresau Prince, à une époque qui n'est pas indiquée (n° ccxxiv, art. 21).
Le 8 octobre 1370, le Prince étant à son château de Cognac, donna à son frère Jean, duc de Lancastre, le château, la ville et la chastellenie de La Roche* sur-Yon, avec tousses droits et revenus, à la seule charge des redevances féodales ordinaires, il y avait peu de temps sans doute que ce domaine était entré dans ses mains, car il n'en est pas question dans les comptes de Filongleye (n° gcxviii).
Le prince Edward, en quittant l'Aquitaine, y avait laissé pour gouverneur son frère, le duc de Lancastre ; mais celui-ci était également revenu à Londres, et le 5 mai 1371 , il mandait à Thomas de Percy, sénéchal de Poitou, de faire payer par Rert. Palerank, receveur dans l'île d'OIeron, la somme de 600 francs d'or à Guichard d'Angle, maréchal d'Aquitaine, à compte sur les recettes provenant de l'impôt d'un franc ou guyonnais hardy, sur chaque tonneau de vin croissant dans le pays d'Aunys. Cet impôt, octroyé l'année précédente au duc de Lancastre, avait été donné par lui au maréchal d'Aquitaine, qui n'en avait pas été payé (n° ccxxvm).
Bientôt après, le duc de Lancastre se trouvant à la Rochelle, afferma pour tout le temps de la guerre, sa ville de La Roche-sur-Yon, à Th. de Percy, J. de Harpedenne et Regnaut de Yivonne, moyennant une rente annuelle de 500 marcs. Dans cette somme étaient formellement comprises toutes les confiscations des biens des vassaux rebelles dont la valeur ne dépasserait pas 100 livres. Le duc abandonnait en outre les rançons à imposer sur les terres de Bretagne et d'Anjou, en spécifiant que si les seigneurs de Laval et Clisson venaient à faire la paix avec le roi d'Angleterre, ce qui diminuerait les terres sur lesquelles on pouvait faire des courses, il serait fait une diminution sur le prix de ferme, à dire d'expert (n° ccxxxi).
(1) Nous savoos entre antres qae le ehambarlmtgt de Poitiers <&ait tenu en fief (n° cxcii, art. 1038).