‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 81 sur 331 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE IL ÇLXIX · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE IL ÇLXIX

un très-grand nombre d'hommages de la noblesse du Périgord et des contrées voisines. Le plus remarquable de ces hommages fut celui de l'évèque de Sarlat ; c'est le seul hommage rendu par un évéque dont le souvenir nous ait été conservé par ce procès-verbal. De Bergerac, le Prince et sa cour se transportèrent à Périgueux. Ils y séjournèrent le 10 et le 15 août et y reçurent les hommages des vassaux du Périgord, du Qucrcy et du Rouergue. Le premier et le plus important fut celui du comte de Périgord lui-même (n° cxcn, art. 540 à 467).

Le premier tableau de l'administration financière de l'Aquitaine sous le Prince Noir montre que le Périgord proprement dit était distinct de ce qu'on appelait alors terre du duché, que dès l'an 1567, les trésoriers du Prince avaient cessé, à cause de la guerre, de toucher les revenus de ces deux contrées, et que dans les années précédentes les revenus avaient à peine dépassé les dépenses (n° ccxxm, art. 582 à 623, 828 à 830).

Le second tableau de Filongleye réunit les comptes du Périgord à ceux du Quercy et ne détermine pas d'une manière précise la portion de bénéfices du monnayage qu'on doit attribuer à l'une ou l'autre de ces provinces; mais on y voit que la guerre , qui avait empêché le trésorier de tenir les comptes du monnayage de l'argent, n'avait pas empêché de tenir ceux du monnayage de l'or, pour Tan 1367. On y voit aussi que le Périgord eut à supporter beaucoup plus de fouages que les autres provinces. 11 en fut levé cinq dans trois ans, tandis que dans le même temps il n'en avait été levé que deux en Quercy (n° ccxxiv, art. 5, 10).

Edward III, étant à Calais, avait donné la ville de Bergerac à Henri, duc de Lancastre (n° clii) ; À la mort de celui-ci, la seigneurie revint au Prince Noir, qui en toucha les revenus à compter de 1365; mais Tan 1370, il donna cette seigneurie à son frère Jean, devenu duc de Lancastre, et qui devait le remplacer dans le gouvernement de l'Aquitaine (n° ccxix). En conséquence, le 15 janvier 1371, le duc de Lancastre étant au siège de Montpon, confia la garde de ce château à Héliot Buade (n° ccxxv).

À la mort du Prince Noir, Edward III se trouva possesseur de la terre de Bergerac et la donna ou la rendit au duc de Lancastre, en y ajoutant plusieurs privilèges, entre autres celui de battre monnaie (n° cclxvh). L'année suivante, Richard II confirma en faveur de son oncle la donation faite par son grand père (n° cclxviii). Ainsi cette seigneurie fut regardée comme annexée au duché de Lancastre, et Ton trouve en effet ses armoiries peintes dans les cartulaires de cette maison. (Voyez page cv.)

En 1381, il se passa au sujet de Bergerac un acte fort curieux pour l'histoire des mœurs de cette époque : les gardiens de Bergerac avaient laissé prendre la ville par les Français, mais savaient un moyen inconnu du duc de Lancastre pour faire

GEXX INTRODUCTION.

rentrer celte ville sous son obéissance. En conséquence, celui-ci abandonna la jouissance de tous ses droits sur Bergerac, s'il était repris sur les Français, i Bertoncat d'Âlbret, ce célèbre chef de compagnie, qui déjà en 1370 ayait reçu de Charte V la seigneurie de Bergerac (archives de Pau), alors qu'elle était encore entre les maint des Anglais. Le duc regarda l'événement comme tellement sûr, qu'il fit le même jour quelques donations de revenus spéciaux de la châtellenie & un éenyer qui avait es* suyéde grandes pertes aux environs de Bergerac («"gclisxii, cclxxxtti, cclxxxiy et cclxxxv).

ARTICLE XI

Limon*» et Querey.

À part quelques noms de marchands de ces provinces qui se trouvent mentionnés dans des actes du xmc siècle, tous les renseignements relatifs à ces contrées se trouvent dans les nM cxcn, ccxxm et ccxxiv.

Le Prince Noir reçut les hommages de la plupart des vassaux du Limousin et du Quercy, en partie à Périgueux, le 10 août 1363, et le reste à Poitiers pendant les différents séjours qu'il y fit (n° cxcn, art. 452 et suivants).

Les comptes de F administration de ce Prince pour le Limousin sont divisés, dans le premier tableau de Filongleye , en deux portions distinctes, le Limousin et le vicomte. Cette dernière contrée ne fut remise au Prince qu'à partir du 18 décembre 1364, et dès 1565, les deux contrées ne lui produisirent rien, parce qu'elles étaient sur les frontières de France. Parmi les recettes, on remarque en 1565 les bénéfices faits par le Prince sur les comestibles qu'il avait fait vendre dans diverses châtellenies. Tout compris, les recettes dépassèrent les dépenses de plus de 10,000 livres (n° ccxxm, art. 367 à 407, 817 h 821% Dans le deuxième tableau, les comptes du Limousin sont confondus avec ceux du Poitou , excepté pour les fouages , qui rapportèrent 22,000 livres (n° ccxxiv, art. 3, 9).

Les comptes du Quercy (n° ccxxm, art. 557 à 581, 826 à 828) ne furent tenus à cause de la guerre que pendant trois ans et demi : ils se résument par 11,000 livres de bénéfice. Dans le second tableau, les comptes de monnayage sont confondus avec ceux du Périgord. Le fouage n'y fut levé que deux fois et produisit 6,600 livres (ri* ccxxiv, art. 5, 12).

ARTICU5 XII.

Il n'est aussi question du Rouergue que dans le procès-verbal des hommages rendus au Prince Noir, et dans les comptes de son administration. Les hommages du

TBOISIÈME PJklXIKr ŒAMTRB IL CUXI

JUoflrgio furent rendu» à Périgneux le 10 août, en même temps que ceux dn Quercy (a0 excu» art. 452). Les comptes particuliers de cette sénéchaussée occupent ua grand nombre d'articles dans le premier tableau de Filongleye (n° ccxxixt v art. 144 à 296, 811 i 814). Ans» les bénéfices y dépassèrent les dépenses de 44,000 livres, et cependant la guerre empêcha les trésoriers de tenir leurs comptes en 1369 et 1370. Le second tableau (n° ccxxivr art. 8, 14) prouve que le Prince Noir ne fit pas frapper de monnaies en Rmiergue, et que le louage y rapporta plus de 12,000 livres.

ARTICLE XIII

Guyenne.

La Gnyenne était la pins ancienne et h pins importante des possessions anglaise* sur le continent; il n'est donc pas étonnant que les documents qui concernent cette province soient proportionnellement très-nombreux dans ce recueil. Pour les faire hîen connaître et les analyser convenablement, il eût peut-être £aHu les diviser ici en plusieurs classes; mais j'ai mieux aimé risquer de donner moins d' intérêt à cette partie de mon travail que de m'éloigner de mon plan, et d'introduire pour ainsi dire un livre dans nn antre livre. Par une singularité remarquable, les plus anciens des documents relatifs a la Guyenne sont précisément ceux dont la nature paraissait ne leur promettre qu'une existence éphémère. Ce sont des actes constatant les événements les (dus ordinaires de la vie des individus les plus obscurs. On a pu voir dans les notes sur l'organisation municipale de Londres en quoi consistaient les registres de Guâd-Hall, où les marchands étrangers et autres venaient faire transcrire les déclarations auxquelles ils voulaient donner plus d'authenticité et de durée ; je ne m'occuperai donc ici que de ce qu'ils offrent de curieux pour l'histoire particulière dn Bordelais.

Parmi les marchands étrangers qui firent enregistrer leurs créances dans les archives de la mairie de Londres , les marchands bordelais étaient probablement les plus nombreux; mais comme le scribe négligeait très-souvent d'inscrire non-seulement le pays du créancier» mais encore la nature de sa créance, il n'y a guère qu'une cinquantaine de marchands désignés comme Bordelais. Presque toutes leurs créances proviennent des bons vins qu'ils ont vendus; l'adjectif n'est jamais oublié. J'ai réuni toutes les indications éparses dans un registre de la fin du xme siècle» et je les ai placées sous une date approximative dans le n° xvm.

La plus importante de ces créances est celle d'Arnauld Chjket de Bordeaux : elle monte à la somme énorme de 1 ,200 livres sterling. On trouve ensuite inscrits pour différentes sommes les noms de Bonet de Labat, Rémond Aleman, P. Gamparian de rue Bouquière , associé cT Amanieu de Safran , Galhard de Spans ,

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