‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 82 sur 331 · CLXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXXII INTRODUCTION

Emeric Martin, J. de Ferrères, Jean Dissote, Rém. Armand, etc., et Gaucelm Bonet, qualiGé quelquefois de marchand ou commis de P. Àgilon. P. Âgilon et Gaucelm Bonet étaient ces marchands de Bordeaux qui, ne s'en rapportant pas assez à la quittance qu'ils avaient reçue en 1284 de la reine douairière d'Angleterre, firent transcrire leur titre dans les registres de la mairie de Londres, et exigèrent en outre que la Reine trouvât des cautions qui répondissent qu'elle ne demanderait pas d'être payée une seconde fois d'une aussi forte somme (n° xxx).

Peu de créanciers domiciliés à Londres firent inscrire leurs créances contre des marchands bordelais; on en trouve cependant quelques-uns. Ainsi, G. Bonet devait 7 livres pour le prix du fret de son vin. Rém. de Savenak et G. de Acre reconnurent devoir 46 livres à Catherine la Française, et 116 sous à dame Philippa, femme de Jean de 'Paris. Rémond de Bordeaux, tisserand, devait à Gobert Gérard de Cahors 50 livres et 15 sous d'argent, et 66 sous 8 deniers pour le prix d'un cheval.

Les autres villes du Bordelais envoyaient aussi leurs marchands à Londres. On trouve les noms de J. de Lasalle et de Georges de Acre, marchands de Saint-Macaire. Laréole, ville ancienne, située au milieu des terres et sur un grand fleuve, faisait alors un commerce important. On trouve dans les registres de Guild-Hall le montant des sommes dues à Amenand d'Espagne, Arn. et Guill. Lafossie, frères, Gaillard de Gaston, marchand, de Reginald de Laroke, bourgeois de Laréolle, etc.

Libourne, qui comptait à peine deux ou trois ans d'existence, avait aussi quel* ques-uns de ses marchands à Londres : Bern. de Lacave et Gérard Roger étaient bourgeois de Libourne. La ville de Saint-Emilion fournit aussi les noms d'Amanieu de Territ et d'Élie Cucuk. Dans an autre acte il est aussi question d'Élie Cucuk

(n° xxxn) .

J'ai déjà mentionné les noms de quelques marchands gascons qui étaient devenus citoyens de Londres (page lxxxvi).

Les rois anglais, pour se concilier l'affection des Gascons ou se procurer de l'argent, avaient accordé ou vendu plusieurs privilèges aux marchands bordelais qui venaient en Angleterre (1). Mais la turbulente commune de Londres, au sein de laquelle fermentait toujours le vieux levain d'insurrection dont le comte de Leycester avait été le héros, et qui gardait rancune aux Gascons de leur haine contre cet an* cien chef du parti populaire en Angleterre, voyait avec envie ces faveurs accordées au commerce jl'une ville rivale. Elle profita du moment où Edward, préoccupé de ses guerres d'Ecosse et de ses démêlés avec la France, avait un intérêt évident A ménager une aussi puissante commune que celle de Londres, pour s'opposer à

(1) Le plus ancien leur avait été accordé par une charte d'Éléonore, mère de Richard, le l«r juillet 1189 ; Henri III les avait confirmés et augmentés le 12 janvier 1280*

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