‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 86 sur 331 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE II. flMrmç · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE II. flMrmç

cellier», les tonneau devaient être manques «les deux bouts, afinqpu les acheteurs pnsseat savoir ce qu'ils contenaient; et quand ils étaient dans les cellier», ils ne panvaieat être vendus «ni revendeurs qu'après trois jeu». Àueua marchand de fin et grès (groseonr) M terni être taver nier, et vice versa ; aucun tavernier ne devait nNstt*e<son via en fente avant qu'il eût été essayé par les essayeurs jurés, et chaque tonneau marqué i sa valeur. Le meilleur via, à cinq deniers le gallon; le meilleur après, quatre deniers; et l'autre, trois deniers. Les acheteur* avaient le droit de voir tirer le vin du tonneau, et ce qui restait de lie an fend des .barriques devait être mis sur les barriques de moindre prix. l^es degotailles de via devaient être jetées afin qu'elles ae fassent mises dans aucune boisson qui dût entrer dans le corps de l'homme (n° xciv).

Malgré ces mandements, l'irritation durait toujours. Edward II avait plusieurs fais ordonné aux Londoniens de cesser , pendant l'instruction du procès, toute voie de fait et toute opposition aux privilèges des Marchands bordelais ; mais ils n'en avaient tenu aneon compte. De nouveaux sévices eurent lieu ; le Roi s'en plaignit avec plus d'instance, et il lui fat répondu que le viaconfisqué lavait été parce que, contrairement à m autre privilège de la ville , il avait été vendu à on revendeur étranger (n° c). Le Roi répandit qu'il défendait d'en agir ainsi, et fit rendre immr diatemeut les vins saisis (n° ci).

U faudrait suivre, l'histoire de Londres à la main, les différentes phases de œtte latte perpétuelle des marchands gascons et des marchands anglais, pour s'en rendre on compte bien exact; mais les documents que j'ai trancrits peuvent donner une idée du degré de vivacité auquel elle était parvenue lorsque le Roi, profitant, pour payer ses dettes, d'une sédition qui avait lieu, chargea les marchands de Londres, en paiution<de leur rébellion et comme dédommagement du préjudice causé par la populace, de payer à des marchands gascons l'argent qu'il leur devait pour sa provision de vin. Sous divers prétextes, la commune de Londres s'y était refusée; mais le 30 août 1 31 & , Edward écrivit une lettre si impérieuse , que la commune n'osa pas résister phis longtemps. Le registre a conservé le nom de nos compatriotes qui furent chargés de recevoir ce dangereux remboursement (ne au). Les documents qui concernent cette querelle disparaissent pendant quelque temps devant les troubles de la fin du règne d'Edward IL

Le 1er février 1325, Jean Travers, connétable de Bordeaux, écrit à Hugues le Despenser que les Français supportent les trêves avec impatience, qu'ils garnissent leurs châteaux ; qu'ils se sont emparés, après nu siège de plusieurs mois, du château da Hautefort et vont maintenant assiéger Madattlao, qui appartient à Amanieu Dufessal. La Guyenne, disait-il, 6e trouve complètement démunie, et il est urgent de se hâter de la garnir le mieux et le plus tôt qu'on pourra, aGn de n'être pas déçu oar les

CtXXX INTRODUCTION.

paroles et les traités des Français, comme on Ta été déjà plusieurs fois. Le mieux serait d'avoir une bonne et honorable paix ; mais quelque assurance et quelque traité qu'on obtienne, il ne faut pas négliger de se préparer à la guerre. Les Français ont déjà envoyé enLombardie Antoine Pesaigne, qui fut sénéchal de Gascogne et comblé d'honneurs et de biens par le roi d'Angleterre , pour rassembler le plus de galères qu'il pourra contre les Anglais. En passant à Laréole, il a dit au sire de Pomiers, son ami, qui accompagnait le comte de Kent, que si le roi de France voulait lui donner une somme qui n'était pas très-forte , il s'engageait à conquérir l'Angleterre dans un délai qui n'était pas très-long. C'est le sire de Pomiers qui l'a dit lui-même. Jean Travers recommande d'armer des navires et de bien défendre les côtes. Il indique les personnages qui conviendraient le mieux pour maire de Bordeaux et prévôt de Lombrière ; mais avant tout il faut faire préparer des vaisseaux , des armes, des vivres, etc., et envoyer tous les officiers nécessaires pour cela. Si le Roi pouvait venir lui-même, les choses n'en iraient que mieux (n° ex).

Le document qui suit , écrit par le même personnage , nous donne une preuve certaine d'un fait historique assez curieux. Hugues le Despenser, en accordant à J. Travers l'office de connétable de Bordeaux, lui avait fait jurer de le prévenir de tout ce qu'il pourrait apprendre de contraire aux intérêts de son protecteur. En conséquence, quoique le comte de Kent ait envoyé des messagers au Roi , pour lui faire savoir l'état du duché, J. Travers veut peindre aussi cette situation à son protecteur : il lui envoie un serviteur dévoué, auquel il a remis un mémoire plus détaillé, et confié de vive voix ce que pour d'autres raisons il n'a osé écrire. Ce messager est d'ailleurs bien instruit de tout ce qui s'est passé ; il était en A gênais lors de la venue de Charles de Valois, puis à Laréole pendant tout le temps du siège (n° cxi).

Ces deux lettres pourraient faire présumer que Jean Travers est aussi l'auteur d'un mémoire sur les moyens qu il faut employer pour mettre la province en état de défense. Ce mémoire est sans date ni signature, et n'a certainement été écrit que par un confident intime ; mais Jean Travers n'a été nommé connétable d'Aqui». taine qu'en 1324 : il pourrait donc se faire que l'auteur de ce mémoire fût Hugues le Despenser père. La publication des autres pièces de la correspondance, adressée au comte de Glamorgan, lèvera toutes ces incertitudes; mais le document en luimême n'en est pas moins curieux par sa forme et par les renseignements qu'il fournit (n° cxii). Les instructions contenues dans ce mémoire peuvent se diviser en deux classes : les précautions morales, et les préparatifs matériels.

C'est d'Angleterre, où se trouve le Roi, que doivent partir toutes les instructions envoyées en Guyenne ; car l'auteur du mémoire ne peut rien ordonner là où se trouve un frère du Roi; en conséquence l'auteur demande qu'en Angleterre on fasse publier, partout où l'on pourra, les torts du roi de France envers celui d'Angleterre,

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