‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 88 sur 331 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE IL CLXXXUi · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE IL CLXXXUi

par l'étrange bizarrerie de son style» mélange confus des idiomes français, anglais, normand et gascon (n° cxiv) .

Quelque temps après la mort d'Edward II, un ancien trésorier de Guyenne se plaignit aux barons de l'Échiquier du nouveau gouvernement à Londres, qu'un autre clerc du Roi s'était refusé à faire avec lui une endenture sur les vivres qui lui avaient été autrefois livrés. Les barons de l'Échiquier demandèrent des explications,. et aussitôt les officiers de la cour de Gascogne, dont les noms sont insérés dans l'acte, écrivirent respectueusement que le débiteur ne refusait point de donner quittance, et envoyèrent aux barons de l'Échiquier une expédition des pièces du procès (n° cxv).

En 1342, le Roi fut obligé de faire un nouveau mandement pour l'exécution du règlement de 1311 sur la vente du vin à Londres (1), et pour fixer le prix du vin de Gascogne à 4 deniers (n° cxt).

En 1346, on publia à Londres une proclamation pour régler l'exportation des blés en Gascogne (n° cxlviii), et une autre en 1356, pour annoncer que tous les navires qui devaient se rendre en Guyenne eussent à se réunir à Plymouth , sous la protection de la flotte qui devait porter le sénéchal et le connétable de Bordeaux (n9 clix).

En 1353, comme les trêves étaient toujours mal observées, surtout sur mer, où les pirates se réunissaient dans la saison des vendanges, Edward III fit encore défendre aux commandants des navires de partir seuls pour la Gascogne (n° clx v) .

J'ai déjà donné dans le chapitre précédent, pages 126 et suiv., l'analyse du long et important procès-verbal de la réception des hommages qui furent rendus au prince d'Aquitaine, du 9 juillet 1363 au 4 avril 1364 : il est d'autant moins nécessaire d'y revenir que dans l'acte lui-même (n° cxcii), j'ai rassemblé, sous chaque localité, les renseignements que le copiste avait enregistrés sans ordre. Je dois cependant ajouter que la nomenclature des tenanciers qui prêtèrent hommage dans chaque ville ne donne point la liste exacte de tous les vassaux du pays, nonseulement par les motifs dont j'ai précédemment parlé , mais encore parce que plusieurs feudataires furent obligés, par diverses circonstances qui nous sont inconnues, de faire leur hommage hors de la circonscription territoriale de leurs fiefs.

Le chapitre précédent contient aussi, à la page 131 , sur les comptes de l'administration financière de la Guyenne , pendant la domination du Prince Noir, plu* sieurs observations qu'il est inutile de répéter ici. J'ajouterai seulement que le Prince recueillait à Bordeaux, comme capitale de sa principauté, un assez grand

(1) En 1365, le Roi ordonna qu'il n'y eût plus à Londres que trois tavernes pour vendre le Yin doux. Archiva de la mairie de Londres, reg. G, fol. 157, 168 T°.

CLXXUY INTRODUCTION.

nombre de revenus, qu'il ne faut pas confondre avec les revenus particuliers au Bordelais. Je me sers à dessein de ce nom, parce que dans les comptes de Filongleye, les pays qu'on désigne ordinairement par le nom de Guyenne ou Gascogne , n'y sont point indiques par ces mots : chacun porte le nom d'une sénéchaussée particulière : Sénéchaussée d'Agen, de Bordeaux, etc. Cette remarque peut avoir une certaine importance dans les controverses sur l'étendue et la signification, jusqu'ici assez mal connues et comprises, des mots : Guyenne, Gascogne et Aquitaine.

Les revenus particuliers du Prince étaient considérablement réduits. Il ne possédait plus que quatre prévoies : le quart des revenus du marché ; quelques péages ou coutumes sur les pèlerins, les vaches, le vin, la faïence, l'huile, le miel, etc. Les revenus généraux que le Prince avait conservés étaient aussi très-peu nombreux. C'étaient quatre ou cinq droits de greffe et de sceau de la cour de Gascogne, puis quelques droits sur les ventes, les amendes, les confiscations, le change des monnaies, le "jaugeage des navires, les dons ou secours volontaires accordés par les villes; les esporles, dont le trésorier ne tint compte qu'une fois ; les produits du sceau de la chancellerie, qui ne s'élevèrent pas au double des frais de perception ; puis enfin les fouages, qui ne furent levés dans le Bordelais que deux fois (n° ccxxm, art. 1 à 71, 803 à 807, et n° ccxxiv, art. 2, 15, 18).

Malheureusement les comptes du Bordelais sont mêlés à ceux du Bazadais et des Landes. On ne peut donc tirer de ces tableaux que des considérations générales. Le total des recettes s'éleva à 1,473,000 1., celui des dépenses à 1,415,000 1.

En 1366, quoique la guerre n'eût pas été ouvertement déclarée, le duc de Lancastre leva une armée, à Londres, pour passer en Guyenne ; et comme ses finances étaient épuisées, il obtint de son père la permission de mettre en gage le comté de Richemond pour sûreté des obligations qu'il contractait (n° ccu).

Le 19 mai 1370, le duc de Lancastre, de retour à Londres, certifiait qu'un écuyer auquel le Roi avait fait grâce en 1367, à condition qu'il allât combattre en Guyenne , y était en effet venu et avait fait son service (n° ccxvi).

Le 1er juillet suivant, Edward III, obligé de renvoyer le duc de Lancastre en Guyenne au secours de son frère, comprit que le seul moyen d'arrêter la défection des peuples qui se retiraient peu à peu de la domination anglaise, était de les attirer non-seulement par l'espoir du pardon, mais encore par la perspective de faveurs et de privilèges nouveaux ; en conséquence il donna au duc de Lancastre le pouvoir d'accorder toute espèce de grâces, pardons et privilèges, comme lui-même aurait pu le faire (n°ccxvn).

Il paraît que le duc de Lancastre se souciait assez peu que les affaires de son frère prospérassent ou non en Aquitaine; à peine arrivé, il se fit donner comme

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