TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE IL CLXXXT
indemnité par le prince de Galles les villes de La Roche-sur-Yon et Bergerac, puis il obtint aussi une déclaration par laquelle le Prince reconnaissait que, quoique le duc Jean ait accepté la lieutenance d'Aquitaine sans fixation de terme, il ne serait pas obligé de la garder au delà du 24 juin prochain, et que si dans l'intervalle ses gages et ceux de ses gens étaient retardés d'un mois , il serait libre de remettre la principauté à la garde du sénéchal et du connétable, et de s'en aller où il voudrait (n'ccxx). J'ai réuni sous les n" ccxxi, ccxxvi, ccxxvu quelques notes sur les gages que touchaient diverses personnes de la retenue du duc de Lan castre.
Ce duc s'ennuya bientôt de la charge de lieutenant d'Aquitaine. A peine le terme fixé était-il passé, qu'il assembla le conseil d'Aquitaine, et remit en sa prt» sence la garde de la principauté au connétable et au sénéchal, prétendant que» quoiqu'il n'eût rien reçu depuis plus de six mois pour ses gages ni ceux de ses gens, il n'avait néanmoins levé aucun impôt et n'avait point vécu aux dépens du pays ; mais que ne pouvant plus continuer ces sacrifices, et pour d'autres motifs aussi désirant retourner en Angleterre, il se démettait de sa lieutenance. Il promettait d'ailleurs de défendre la principauté, et à ses frais, pendant tout le temps qu'il continuerait à y demeurer (n° ccxxx) .
Le duc de Lancastre resta en effet dans le pays. Le 7 septembre 1371, il reçut 1,100 marcs d'or, que lui amenait William d'Ardenne, parti d'Angleterre cinq mois auparavant et qui était venu par terre (n° ccxlvi) .
En 1372, Edward III préparait une autre expédition contre ses ennemis, mais ne savait pas encore s'il la dirigerait vers l'Aquitaine ou vers l'Espagne. En conséquence il contracta avec son fils , le duc de Lancastre , qui avait pris le titre de roi de Castille , un engagement éventuel par lequel celui-ci s'engageait à servir son père, moyennant une somme déterminée et à condition que Hugues de Calvyley ferait partie de l'expédition, savoir : pendant un an, avec 500 hommes d'armes et 500 archers s'il fallait aller en Aquitaine, et pendant six mois avec 600 hommes d'armes et autant d'archers s'il fallait aller en Espagne (n° ccxli).
On trouvée la suite de ces importants documents plusieurs actes qui le sont moins, mais qui révèlent quelques circonstances curieuses des faits qui se passèrent alors en Guyenne : des convocations de chevaliers ; des mandements pour le payement des gages, le transport des denrées, etc. Les mandements pour le payement des gages surtout font connaître d'une manière frappante l'état déplorable des finances du duc de Lancastre. Les gages et autres dettes de la dernière expédition n'étaient pas encore acquittés, et les réclamations étaient devenues si nombreuses, que le duc défendit a ses trésoriers de délivrer désormais aucun mandat pour le payement des dettes arriérées, excepté pour le rester des chevaux, et seulement aux hommes qui prendraient l'engagement d'accompagner de nouveau le Prince. Cette mesure produisit un effet
CLXXXTX INTRODUCTION.
désastreux : la désertion se mit dans l'armée du duc de Lancastre, et son père, peur s'y opposer, fut obligé de donner l'ordre d'emprisonner à Londres tous ceux qui revenaient d'Aquitaine sans un congé spécial du duc de Lancastre (n" ccxxxvt,
CC XXX VIII, CCXXXIX, CCLXII, CCXLV, CCXLVI, CCLXVIII, CCL, CCLIIl).
Cependant, revenu à Londres, le duc de Lancastre fit payer, en 1374, 500 fr. d'or, que le chapitre de Saint-André de Bordeaux lui avait prêtés (n°ccuv), et l'année suivante 20 I., qui lui avaient été prêtées par le roi d'armes d'Aquitaine (n° cclviii).
Dans une contestation sur la rançon d'un prisonnier, il attesta quelle avait été la décision de la cour de Gascogne (n° cclv). Ce duc fit des présents considérables au comte deFoix et à plusieurs autres (n° cclvii).
A partir de cette époque, on ne trouve plus dans ce volume qu'un seul document concernant la Guyenne proprement dite. En 1419, Henri V voulant savoir au juste quels pouvaient être ses droits sur l'Aquitaine, demanda à l'archevêque de Bordeaux une copie de tous les titres propres à la constater (n° cccl). David de Montferrand répondit, le 4 avril, en envoyant un immense rouleau, dans lequel se trouvait, entre autres, une copie du procès-verbal des hommages rendus au Prince Noir, copie dont je me suis servi (n° cxcn) ; mais de tout le reste, je n'ai transcrit que la lettre d'envoi de l'archevêque. Il m'a semblé qu'avant de publier ces copies il valait mieux essayer de retrouver les actes originaux eux-mêmes dans les autres archives anglaises.
ARTICLE XIV
Agenais, Condomoi*, comté de Gaure, Armagnac.
Les actes qui concernent particulièrement ces provinces pourront paraître rares ; mais il ne faut pas oublier que des personnages de ces localités sont compris dans presque tous les actes où il est question des marchands ou des chevaliers gascons, entre autres dans les n" xvm et lvi, et qu'il est aussi question de ces contrées dans les pièces de la correspondance de Hugues le Despenser avec ses agents (n" ex à cxv).
Dans le procès- verbal des hommages rendus au Prince Noir, en 1363, ceux des vassaux et des communautés de l'A gênais, occupent une place très-importante. Voyez ce que j'en ai dit au chapitre précédent à propos de l'hommage du comte de Fois. Ici j'ajouterai seulement que, le 15 juillet 1363, les représentants non-seule» ment d'Agen, mais des principales villes et bastides de l'Agenais : Penne, Puymirol, Touroon, Marmande, Condom, etc., furent contraints de venir A Bordeaux prêter serment au Prince , quoique celui-ci dût plus tard venir lui-même à Agen pour y