‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 91 sur 331 · CLXXXV1U INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXXXV1U INTRODUCTION

commune de Bayonne d'envoyer ses navires en Espagne, pour y chercher des armes et des vivres.

Dans le procès-verbal des hommages rendus au Prince Noir, on voit que tous les tenanciers des contrées méridionales de l'Aquitaine furent contraints de venir prêter serment hons de leur sénéchaussée. Le Prince ne fit point pour les recevoir de chevauchée dans ces pays comme il en fit dans les autres provinces. C'est le 15 juillet 1363 que les députés des villes de Bayonne, Dax, Saint-Séver, etc., furent contraints de venir prêter hommage à Bordeaux. Les villes de Bigorre, Tarbes, Lourde, Rabastens, etc., ne s'y rendirent que le 20 juillet. Les consuls de Mauléon n'étant pas venus à temps à Bordeaux , furent obligés de suivre le Prince, et ne le rejoignirent qu'à Poitiers. Les vassaux ordinaires prêtèrent leur serment soit avec ceux du Bordelais, soit ailleurs; mais ceux des Landes comparurent principalement le 22 juillet, et ceux du Labour le 28 (n° cxcu, art. 232 à 258, 308 à 327 et 864).

Dans le tableau de l'administration de l'Aquitaine , les comptes de la sénéchaussée des Landes sont joints à ceux des sénéchaussées de Bordeaux et de Bazas , et je ne puis en citer ici les résultats ; mais la sénéchaussée de Bigorre forme un article à part. Les comptes n'y furent pas tenus en 1370, et les dépenses y égalèrent presque les recettes. Le Prince n'y fit frapper que des monnaies d'argent, et il parait qu'il n'y leva aucun fouage (ccxxm, art. 1 à 71, 436 à 537, 803 à 807, 324 à 827 , n° ccxxiv, art. 2, 6, 15).

J'ai placé en 1440 un acte dont il m'a été impossible de déterminer la date d'une manière plus précise, et j'en parle ici pour ne pas interrompre ce qui me reste à dire sur les rapports de la ville de Bayonne avec celle de Londres. Sous la forme d'une supplique ou remontrance adressée au Roi par les deux états de la sénéchaussée des Landes, ce document parait être une espèce d'excuse d'un traité suspect , ou simplement une lettre de recommandation en faveur du sénéchal de Guyenne. Les deux états des Landes, représentés, pour la noblesse , par le lieutenant du sénéchal, le sr de Lescun et le sr de Caunar, et, pour le tiers-état, par les communes de Bayonne, Dax et Saint-Séver, envoyèrent des députés en Angleterre représenter au Roi que , depuis près de cent ans, les habitants de ces contrées ont souffert, pour garder leur foi , des maux incalculables de la part des comtes d'Armagnac, du sr d' Albret et autres rebelles ; que pour obvier à ces dommages ils ont été obligés de s'emparer à leurs frais d'une partie des domaines du sr d' Albret, et que celui-ci, pour se venger, est venu, au nom du roi de France , à la tète des routiers et de 1 4,000 cavaliers ravager tout le pays ; et que, non content de cela, il a mis une forte garnison dans Tartas, d'où il détruit et ravage tous les environs. Dans cette situation, les deux états se sont adressés au lieutenant général en Guyenne , et lui

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